Second miracle, arrivé au bas dudit plateau avec ses disciples, il appose sa main sur un rocher qui s'ouvre en deux, révélant un passage qui leur permettra de gagner le haut du plateau. Dans une version plus romantique de la légende, la petite troupe est poursuivie par des brigands et ne doit la vie sauve qu'à ce miracle. Installés au sommet, Florus et ses disciples vont construire une chapelle à un endroit, troisième miracle, délimité dans la neige par Dieu lui-même. Son rayonnement est immense et durant près de cinq siècles, sa réputation de Saint va attirer les pèlerins autour de son tombeau où, peu à peu, vont se grouper des habitations qui deviendront la Villa Sancti Flori.
Au XIe siècle, un enfant du pays, le moine Odilon de Mercoeur, futur abbé du grand Ordre de Cluny, dote la cité d'un prieuré. Ainsi s'amorce la vocation de cette petite cité en centre de civilisation, lieu de prières mais surtout... place forte. La "Villa Sancti Flori" se transforme alors en "Oppidum Sancti Flori". En 1317, sous le pontificat de Jean XXII, Saint-Flour devient le siège d'un nouveau diocèse. La cathédrale romane d'Odilon de Mercoeur avait au XIe siècle remplacé le vieil édifice carolingien. Le pape Urbain II l'avait lui-même consacrée le 7 décembre 1095.
L'édifice donnait des signes de fragilité à cause de la véritable crise sismique qui secoua alors l'Auvergne, Haute et Basse. L'on étaya la voûte mais ce ne fut pas suffisant et en avril et en août 1396 tout d'abord le chœur, puis la tour des cloches s'écroulèrent. Autour de la cathédrale Saint-Pierre, se crée un foyer intellectuel et religieux alimenté, au cours des siècles, par la présence de notables, consuls de la commune, gens de robe et de justice. La ville ne cessera ensuite de se développer pour atteindre son apogée au XVIIIe siècle en étant à la fois le siège de l'évêché, un carrefour commercial et une place juridictionnelle avec ses tribunaux, ce qui en fit la capitale de la Haute-Auvergne.
La cathédrale Saint-Pierre, symbole de la capitale religieuse de la Haute-Auvergne qu'est Saint-Flour, constitue un exemple majeur de l'art gothique dans le Cantal. L'édifice a été remanié à plusieurs reprises, notamment après la Révolution où il fut très endommagé. Le parvis de la cathédrale Saint-Pierre se trouve à une altitude de 892 m, soit la plus haute d'Europe. La couleur de la pierre basaltique et le caractère massif des deux tours carrées percées de quelques fenêtres à meneaux donnent à la cathédrale une allure d'une forteresse posée à la pointe du promontoire qui accueille la ville et à la façade symétrique une certaine austérité, en contraste avec les richesses de son patrimoine intérieur.
Sur le portail de la cathédrale Saint-Pierre, une inscription fixe la date de la construction de la façade et probablement aussi de l'église entière : « Cette esglise fust desdiée par le révérend père Mgr Antoine de Montgon, évêque de Saint-Flour, à l'honneur de Dieu, de saint Pierre, apôtre, et de saint Flour, confesseur. L'an du Seigneur 1466, cette esglise fust construite par Pierre et Antoine de Montgon, frères et évesques de Saint-Flour. Que leurs asmes reposent en paix. »
À proximité de l'entrée, sous la tribune d'orgues, une peinture murale datant du XVe siècle n'a pourtant été découverte qu'en 1851, car elle était recouverte d'un badigeon. La fresque représente le purgatoire à gauche ; un prêtre célébrant la messe pour la délivrance des âmes, et l'enfer à droite. Dans la tour nord, se trouve une peinture murale décrivant une joute chevaleresque. À l'entrée du chœur, contre le pilier gauche, se dresse un grand Christ noir en bois de noyer peint, désigne sous le nom de "Beau Dieu noir", unique en Europe et qui date, d'après une étude menée en 2019, du XIe ou du XIIIe siècle. Dans le chœur, on y remarque aussi un maître-autel en marbre polychrome, surmonté d'un ciborium en bois doré, ainsi qu'un lutrin, tous deux du XVIIIe siècle.
Des vitraux du peintre-verrier clermontois Émile Thibaud ornent la chapelle Saint-Pierre et la chapelle Saint-Jean-Baptiste. Dans cette dernière, l'autel est surmonté d'une pietà en calcaire polychrome du XVe siècle. La chapelle du Tombeau abrite une châsse en bronze doré, qui contient les reliques de Saint-Flour (1897), mais également un Christ au tombeau (1842) de Fauginet.
À proximité de la cathédrale, sur les anciens remparts, le visiteur découvrira la terrasse des Roches et sa table d'orientation vous offriront un beau panorama sur la ville basse et les monts de la Margeride !