Aux confins du Languedoc et du Quercy, au pied des derniers contreforts du volcan cantalien, l'histoire d'Aurillac n'est réellement connue qu'à partir de 856, année de naissance du comte Géraud d'Aurillac, au château dont son père, nommé aussi Géraud, était le seigneur. Vers 885, celui-ci fonde une abbaye bénédictine sous le double vocable de Saint-Pierre et Saint-Clément, avant de prendre plus tard celui de son fondateur : Saint-Géraud. C’est dans ce monastère, reconstruit au XIe siècle, qu’étudiera Gerbert, premier pape français sous le nom de Sylvestre II.
Après la mort de Saint-Géraud, les miracles qui se produisirent autour de son tombeau attiraient une telle affluence de "foules venues des plus lointains pays" que l'on dut construire une église plus vaste. Etienne II, évêque d'Auvergne, vint la consacrer en 972 et, nous dit un document de cette année-là, l'évêque décida que l'église d'Aurillac serait désormais considérée comme la deuxième de son évêché après celle de son siège épiscopal à Clermont. Les "bourgeois" d'Aurillac, autrement dit les citoyens de la ville, apparaissent pour la première fois dans les textes à la fin du XIIe siècle. Au centre de leur bourg, ils construisent une église dédiée à Notre-Dame sur l'emplacement de l'actuel hôtel de ville.
C’est au XIIIe siècle que l'on commence à bien connaître les coutumes municipales grâce à un conflit entre les consuls et les abbés. Après la prise du château Saint-Étienne, demeure de l'abbé, en 1255 et deux sentences arbitrales appelées les Paix d'Aurillac, les relations se normaliseront. Aurillac soutient plusieurs sièges contre les Anglais, en Auvergne, la région d'Aurillac eut surtout à souffrir des ravages des bandes de routiers qui s'efforcèrent en vain de prendre la ville protégée par ses remparts et ses portes cadenassées. En 1569, la ville est livrée par trahison aux protestants, les habitants torturés, rançonnés et l'abbaye saccagée. Toute sa bibliothèque et toutes ses archives sont brûlées. Avant la Révolution, Aurillac abrite un présidial et porte le titre de capitale de la Haute-Auvergne. En 1794, après une période d'alternance avec Saint-Flour, Aurillac devient définitivement le chef-lieu du Cantal. C’est l'arrivée de la voie ferrée, en 1866, qui accélère le développement de la cité.
Plongez au cœur des volcans et montagnes d'Auvergne, en vous rendant sur la route de vos vacances, dans la ville d'Aurillac. Laissez-vous enchanter par ce lieu unique, en plein cœur du pays vert. Aurillac est entourée de toute une nature verdoyante qui apaise et appelle à de longues balades, la ville semble hésiter entre plaines et montagnes. Un circuit historique vous permettra d'aller à la rencontre des attraits de la vieille ville. Vous pouvez laisser votre véhicule au parking Doumer. En quittant le quartier des Carmes via la rue du 139ème RI, vous longez les bâtiments de la médiathèque communautaire et des archives départementales. Arrivés au carrefour giratoire, vous tournez sur votre gauche en vous engageant dans la rue Paul Doumer.
Après avoir parcouru une centaine de mètres, vous découvrez dans une courbe, à votre droite la rivière Jordanne et sur votre gauche une bâtisse dotée d’un long balcon. Il s’agit de la maison de naissance de Joseph Athanase Doumer dit Paul Doumer. Il devient président de la République le 13 juin 1931 et sera assassiné à Paris le 6 mai 1932 par l’anarchiste Paul Gorguloff. Avant de porter le nom de Paul Doumer, la rue que vous empruntez s’appelait rue des tanneurs en témoignage de la forte présence de tanneries dans le secteur.
Au bout de la rue Paul Doumer, tournez à droite en direction du parking du Gravier. Sur votre droite, se dresse l’Hôtel du Département et au centre du carrefour, la statue d’Alexis Delzons, fils d’Antoine Delzons président du Présidial. Après avoir remonté le cours Monthyon et admiré le kiosque à musique, vous longez le bâtiment de la Préfecture, édifice d’Empire inauguré en 1807. De style néo-classique, il se compose d'un avant-corps à fronton sur la façade ouest et d'une rotonde, tous deux ornés d'un décor de pilastres doriques et de frise à métopes. L'intérieur de la rotonde abrite un salon Empire avec parquet en marqueterie étoile et coupole à caissons en stuc. Face à vous, la statue de Gerbert, ce monument rend hommage au jeune pâtre, élève brillant de l’Abbaye de Saint Géraud. Il va devenir un grand érudit de son temps, précepteur de grand personnages, faiseur de rois avant de revêtir l’habit de Pape sous le nom de Sylvestre II le 9 avril 999. Il décèdera à Rome en 1003. Gerbert était à la fois philosophe, savant et mathématicien. C’est à lui que l’on doit entre autres, l’introduction des chiffres arabes en Europe.
Non loin de la statue de Gerbert, vous admirez la colonne Monthyon en hommage au Baron du même nom, intendant d’Auvergne en 1768, connu pour avoir travaillé à l’embellissement des villes de la région. Derrière cette colonne, découvrez l’ancien lavoir, parfaitement conservé, dernier témoin de la présence du canal qui longeait le cours Monthyon. A votre droite, le pont Rouge enjambe la Jordanne. La petite rivière cantalienne apporte un charme tout particulier à la ville, notamment du côté du pont Rouge, où vous pourrez profiter d'une belle vue sur les pittoresques maisons anciennes qui se dressent au bord de l'eau. Empruntez le pont Rouge afin d’admirer la vue la plus photographiée de la cité : les vieilles maisons sur la Jordanne situées entre la rivière et le clocher de l'église Saint-Géraud que vous apercevez en fond. Construites après la destruction du mur d’enceinte, elles sont devenues des incontournables de la ville. Continuez votre chemin jusqu’au pont du Buis et tentez d’apercevoir au loin, le château Saint Etienne, demeure du fondateur de la ville.
Vous empruntez pendant une centaine de mètres le boulevard du Pavatou avant de bifurquer vers la gauche en direction du vieil Aurillac, via la rue des frères Delmas. Vous arrivez au pied du clocher de l’Abbatiale Saint Géraud. Aurillac est née ici, autour d’une abbaye bénédictine, fondée vers 885 par le comte Géraud. Très fréquentée en son temps en raison de miracles qui auraient eu lieu autour du tombeau de Géraud, l’abbaye d’Aurillac, centre intellectuel réputé au Moyen Age, était aussi célèbre pour son enseignement et sa bibliothèque. L'église abbatiale ne conserve plus, de l'époque romane et du XIIIe siècle, que des soubassements : l'édifice a été complètement remanié au XVe siècle.
Prendre la rue Saint-Jacques, puis dirigez-vous vers le château Saint-Étienne, château médiéval situé sur la hauteur qui domine la ville d'Aurillac. Berceau de la ville d’Aurillac, le château fut maintes fois détruit puis reconstruit, sauf la tour dont la base est datée du XIIe siècle. Du premier castrum il ne reste qu'une tour carrée, offrant sa masse imposante. Trois périodes de construction se distinguent à l’appareillage : le IXe siècle à la base, le XIIe siècle, puis le XIVe siècle. L’arase supérieure date du XIXe siècle et une terrasse a remplacé l’ancienne toiture en pavillon du XVIIIe siècle. Le Château Saint-Etienne vit naître Géraud et servit de résidence aux abbés de l'abbaye d'Aurillac ainsi qu'au premier préfet.
Le château Saint-Étienne est aujourd'hui le site du musée la Maison des volcans et du Centre d'étude et de protection de l'environnement de la Haute-Auvergne. Un site passionnant sur l'histoire volcanique du Cantal et les mystères de la planète Terre, doté d'une collection permanente de roches, minéraux et animaux naturalisés. Après la visite, n'hésitez pas à faire un petit tour dans le joli parc situé en contrebas du château, de là vous aurez un très beau panorama sur la ville !
Poursuivre votre escapade en suivant la rue du château Saint-Etienne, vous arrivez sur la place d’Aurinques, ancienne porte de la ville. C’est ici que les marchands en provenance du Limousin dételaient leur charrettes, les rues de la cité étant trop étroites. Naturellement, de nombreuses auberges étaient installées sur cette place comme l’ancienne auberge du Lion d’or, devenue immeuble locatif et situé tout en haut de la place. La chapelle d’Aurinques que vous découvrez à la sortie de la rue de la Coste fut construite sous le règne du roi Henri IV pour commémorer la délivrance de la ville assaillie pour les huguenots en 1581. D’ailleurs, une trompette prise aux Huguenots est conservée dans la chapelle.
Continuez dans la rue de la Coste, vous y découvrez en premier la Maison Consulaire. Cet Hôtel des Consuls marque en réalité la limite entre l’ancienne enceinte de la ville et ce que l’on appelle à l’époque la "ville nouvelle"». Juste au dessus de la Maison Consulaire se dresse le théâtre municipal. D’abord couvent puis salle électorale, le lieu devient théâtre de 1807 à 1809 après de coûteux travaux. Un premier incendie le détruit en 1881. En 1883, le nouveau théâtre est inauguré. Il est fermé en 1947 pour des raisons de sécurité. Il ne rouvrira qu’en février 1971. Le 3 décembre 1999, il est à nouveau entièrement détruit par un incendie. Totalement reconstruit, il accueille depuis les années 2000 les spectacles de la saison culturelle.
Après avoir admiré ces batiment, descendez la rue de l'hôtel de ville en direction de la place du même nom pour découvrir la maison communale. Ce vaste bâtiment rectangulaire est construit entre 1801 et 1806 en lieu et place de l’ancienne église Notre Dame. Entièrement rénové il y a quelques années, l’Hôtel de Ville arbore désormais une couleur orangée et chatoyante. Poursuivre jusqu'à la place du salut. La création de cette place est récente. Le 29 juillet 1964, vers 8h40, une terrible explosion retentit dans le cœur de la cité. Un immeuble est soufflé par une fuite de gaz. La présence d’une armurerie et de munitions dans cet immeuble va accélérer et nourrir le brasier. Le bilan est lourd. Trois personnes sont décédées dans l’incendie.
Descendez la rue des forgerons, tournez à gauche par la rue Victor Hugo puis la rue des Frères qui vous amène sur la place du Square Vermenouze. Modernisée il y a quelques années et rendue en grande partie aux piétons, elle constitue encore aujourd’hui le cœur de la ville. La place du Square est bâtie autour d’un jardin dessiné par l’ingénieur Adolphe Alphand en 1877. Lieu incontournable de détente et de promenade des aurillacois, la place et le jardin accueillent également la statue des Droits de l’Homme inaugurée en 1898 et le monument aux morts de la ville.
Faites un détour par l'église Notre-Dame aux Neiges, situé rue des Carmes. Il est impossible ici d’ignorer la présence de l’église Notre Dame aux Neiges, ancienne église des Cordeliers, bijou de l'art roman construit en 1245. Souvent remaniée et seul vestige de l’ancien couvent. Près de l'agréable jardin des Carmes, c'est le musée d'Art et d'Archéologie que vous pourrez visiter. Installé dans l'ancien couvent de Visitandines du XVIIe siècle, il abrite en plus de ses collections d'archéologie et de beaux-arts, une reconstitution d'un intérieur traditionnel cantalien, un fonds de photographies contemporaines, ainsi qu'un espace consacré à l'industrie locale du parapluie.
À la sortie d'Aurillac débute la route des Crêtes, un très bel itinéraire à parcourir en voiture, en moto ou à vélo, pour profiter de magnifiques points de vue sur les monts du Cantal...