La ville est l’une des plus anciennes cités du Cantal, l'origine de Mauriac remonte à une époque fort lointaine : une présence gallo-romaine est attestée par la découverte de nombreux vestiges. Mais son histoire jaillit dès le VIe siècle à travers la légende, celle de Théodechilde, fille de Clovis et de l’apparition qu’elle a eue, dans les forêts sauvages environnantes, de la Vierge entourée d’une lionne et de ses lionceaux. Son souhait fut alors d’édifier en ce lieu un sanctuaire dédié à la vierge et rattaché à l’abbaye de Saint-Pierre-le-Vif de Sens dans l’Yonne. C’est au IXème siècle que la ville prend son essor autour du monastère Saint-Pierre de Mauriac, de statut royal. La cité devient alors un important centre de pèlerinages attirant les foules (Saint-Mary, Notre-Dame…).
De grands pèlerinages dynamisent le commerce de la ville. Mauriac connaît trois périodes de fortifications et au fil des siècles s’urbanise ; quatre portes ferment la cité, la porte Saint-Georges, la porte Saint-Mary, la porte Saint-Jean, la porte Saint-Thomas. Au cours des XIe et XIIe siècles, l’église Notre-Dame fut construite, en remplacement d'une chapelle ancienne intitulée en 1110 par Louis VI le Gros "Chapelle des rois francs". Le monastère s’agrandit avec l’édification de l’église abbatiale et du doyenné. Les deux églises furent séparées par le cimetière situé à l’emplacement même de la Place Georges Pompidou actuelle où se trouvait également une halle aux grains. Par un édit (1472) de Louis XI, la foire Saint-Mary fut instaurée, fierté locale et besoin économique ; huit foires fixes, et deux marchés hebdomadaires eurent lieu sur la ville, Mauriac se développa.
A la fin du XVIème siècle, fondation d'un collège de jésuites. La ville souffrit beaucoup des attaques protestantes. Notamment le monastère qui, déjà malmené pendant la guerre de Cent Ans, fut la cible des Huguenots. Au XVIIIème siècle, il entra en décadence et, après la Révolution, disparut complètement, l'église abbatiale servant en 1824 de carrière pour la construction de la mairie. Du XVIIème au XIXème siècles, Mauriac, capitale du nord Cantal devint le siège des institutions publiques préfigurant ainsi la mairie, construite par Pierre-Joseph Grasset maire de Mauriac, la sous-préfecture actuelle, ancien hôtel privé, après qu’au XVIème ait été créé un des premiers collèges de jésuites de France (collège royal).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1944, Mauriac fut la première ville libérée du département par une résistance très active dans la région. L’histoire de Mauriac est passionnante, démontrant comment cette cité a su surmonter la violence de ses périodes d’invasion, des guerres de religion à la Révolution en se reconstruisant malgré les déchirements temporels, et se relevant toujours plus forte. En bordure de l'Auze, la ville de Mauriac est une cité de caractère aux nombreux charmes naturels. Elle doit notamment sa beauté toute particulière à un amphithéâtre dominé de sept colline et visible du plan d'eau artificiel de la ville.
Après avoir stationné votre véhicule, dirigez-vous vers l'office de tourisme de Mauriac situé Rue Chappe d'Auteroche. Dans la ville historique, il est possible d'apercevoir les anciens remparts de la cité, grâce à la présence de nombreux murs en pierre sèche. Prendre la rue Notre-Dame vers la Basilique Notre-Dame-des-Miracles, situé Place Georges Pompidou. Édifice de style roman auvergnat, la basilique Notre-Dame-des-Miracles a été entreprise au XIIe siècle à partir de pierres de taille. Construite sur le lieu d'une chapelle, transformée en église au XIe siècle avec pour nom Notre-Dame-des-Miracles, puis érigée en basilique par le pape en 1846 en sa qualité d'église de pèlerinage. C'est l'un des plus beaux édifices romans d'Auvergne.
On peut notamment y admirer un portail languedocien sculpté unique en haute Auvergne, ainsi qu'une porte sculptée de style Renaissance. Des corbeaux figurant le diable ornent le chevet. A l'intérieur de la basilique Notre-Dame-des-Miracles, du mobilier de style baroque, une cuve baptismale romane polychrome ou encore la lanterne des morts parfont l'ensemble. A noter également que différents objets ont été classés objets artistiques historiques, comme un tableau des miracles de la Vierge ou un lutrin à l'aigle du XVIIIe siècle.
Autour de la place Georges-Pompidou, vous trouverez beaucoup de bâtiments intéressants, dont notamment l'hôtel de ville de style restauration, l'ancien palais de Justice et des maisons particulières du XVIIIe siècle. Continuez votre promenade vers l'ancien monastère Saint-Pierre construit au XIIe siècle sur l'emplacement d'un monastère carolingien reprenant lui-même le site d'un édifice mérovingien, et avant lui un temple païen dédié à Mercure. Au cours des siècles, le monastère a subi des modifications dues à des aménagements ou des destructions. L'église du monastère se signalait par sa longueur exceptionnelle et la hauteur de la flèche du clocher qui atteignait 54 mètres, la plus haute de Haute Auvergne. Cette église selon Mérimée ressemblait à la cathédrale de Tulle.
L'ensemble des bâtiments monastiques, dont il ne reste que des vestiges dans des constructions aménagées après la Révolution, remonte aux XIe et XIIe siècles, à l'exception du cloître construit au XIVe siècle en remplacement de celui du XIIe siècle. La salle capitulaire du XIe est ornée de colonnes d’un édifice gallo-romain, la galerie située à l’est du cloître présente des éléments romans et gothiques. En accomplissant le tour du bâtiment qui a hébergé plus de 30 moines pendant plusieurs siècles, on peut avoir une vision complète du monument. Le prieuré possédait des biens importants dans la région et à Mauriac. Installé dans les anciennes dépendances du monastère Saint-Pierre, le musée de Mauriac se compose de belles salles voûtées. On peut y admirer régulièrement des expositions exceptionnelles sur l'art des artistes locaux. Le monastère possède 2 maquettes en liège réalisées par un mauriacois. L’une représente la basilique Notre Dame des Miracles et l’autre l’ancienne porte Saint-Mary.
Poursuivre vers la Rue du Collège pour admirer l'ancien collège de Jésuites créé en 1563 grâce à un legs testamentaire de Mgr Guillaume Du Prat, évêque de Clermont, fils d'Antoine Du Prat, Chancelier de France. Destiné à l'enseignement dispensé par l'ordre des Jésuites, il a été étendu et reconstruit au XVIIIe siècle, recevant à cette occasion un magnifique portail de facture antique, avec des colonnes, et une chapelle de style baroque avec un beau retable. Cette porte, qui était la porte de la chapelle, fut déplacée et constitue maintenant l'entrée de l'établissement. Il s'agit d'une porte monumentale dont l'ouverture est un arc plein cintre reposant sur deux piedroits. Quatre colonnes corinthiennes l'encadrent, assemblées par paires. Ces colonnes reposent sur des piédestaux et supportent un entablement classique. Deux vantaux en bois et imposte fixe semi-circulaire s'inscrivant dans l'arcature forment la porte proprement dite. Ces vantaux s'ornent de carrés et de losanges en saillie, piqués de gros clous de fer.
Dans cette rue du Collège, vous trouverez aussi l'ancien Hôtel d'Orcet. L'hôtel d'Orcet, qui accueille aujourd'hui la sous-préfecture, est un monument incontournable de Mauriac. Construit au XVIIIe siècle à partir d'une tour du XVe siècle, par un receveur des tailles, Gabriel de Vigier d'Orcet. L'hôtel particulier éponyme comporte notamment un beau salon d'apparat avec deux superbes tapisseries d'Aubusson du XVIIIe siècle de style galant représentant des jeux de plein air : jeu du cheval fondu et jeu de la main chaude, ainsi que de très belles boiseries de la salle à manger et l'escalier de la tour qui mène au 1er étage. Au-dessus du portail de l'entrée de la cour, un tympan représente Samson terrassant un lion.
Continuez vers le boulevard Monthyon où se trouve également de beau bâtiments qui comporte par ailleurs une belle fontaine de cette époque avec un vibrant éloge de l'intendant Monthyon par Marmontel au nom de la ville reconnaissante. Une promenade dans la ville historique permet d'admirer aussi les anciens remparts, les nombreux murs en pierre sèche, les toitures en lauze.
Au bout du boulevard Monthyon ; en surplomb de la rue des Pradals, la fontaine de Monthyon a été édifiée en 1770. La fontaine est un édicule en pierre volcanique composé d'une vasque à godrons surmonté d'un mufle de lion crachant l'eau, l'ensemble étant amorti par un obélisque. Elle a été élevée pour rappeler l'action de l'intendant Monthyon qui organisa des ateliers de charité afin de fournir du travail aux indigents et de réaliser des travaux d'urbanisme. Randonnées et promenades culturelles sont aussi au programme de cette cité pleine de charme et où le calme règne en maître.