Fief des seigneurs de Montlaur, Arlempdes est attesté à partir de 1267. Charles III de Poitiers devenu baron d’Arlempdes par son alliance avec Anne de Montlaur de la maison d’Arlempdes, y vécut et transforma le château. En 1429, le site passe aux mains de la famille Poitiers-Valentinois, à la faveur d’un mariage. Cette famille est célèbre grâce à l’une de ses membres : Diane de Poitiers, dame d’Arlempdes, qui influença le roi Henri II, se mira, sans nul doute, du haut des tourelles d’Arlempdes dans la même Loire si limpide où le soir encore, au soleil couchant, comme dans un mirage, les ruines fantastiques d’Arlempdes s’étalent.
1538, un siècle plus tard, le calme d’Arlempdes est troublé par les guerres de religion. Le château tombe entre les mains du fameux Capitaine Huguenot Antoine de Chambenas seigneur du Bouchet. Toute la région fût saccagée. Ce fut le meurtre et le pillage. Le baron de Saint-Vidal, chef des ligueurs, marcha sur Arlempdes pour délivrer le pays mais l’occupant était solidement établi dans cette forteresse naturelle. Finalement, le cadet de Chambenas tomba sous l’épée d’un soldat et les catholiques, avec la Duchesse de Bouillon, dame de la baronnie d’Arlempdes, reprirent possession de ce castel.
Ce fut en 1596, à la demande de Henri de la Tour d’Auvergne, Vicomte de Turenne, Maréchal de France, devenu baron d’Arlempdes, que le roi Henri IV donna à Amiens des lettres de rémission en faveur des habitant d’Arlempdes. À partir du XVIe siècle, les propriétaires sont de grands personnages. Ils vivent loin de cette résidence, dont ils confient la garde à la famille Goys. Pendant les Guerres de religion, Arlempdes est occupé militairement par un capitaine huguenot, qui rançonne les habitants. C’est la population du village elle-même qui parvient à le chasser. Au XVIIe siècle, la seigneurie d’Arlempdes appartient à des familles du Puy, qui n’y résident pas et l’entretiennent peu. Une partie des bâtiments est progressivement abandonnée. Le lent déclin s’achève en 1963, lorsque le domaine est racheté par des descendants de la famille Goys, anciens gardiens du site. Une restauration est entamée.
Arlempdes donne à voir à ceux qui le découvrent, au détour d'un virage, un véritable spectacle. À l'arrivée de ce village médiéval de la Haute-Loire, le visiteur est tout de suite charmé par la vue spectaculaire qui s'offre à son regard au détour d'un virage : ce petit bourg typique aux maisons en pierre, est perché sur un piton volcanique qu'entoure un méandre de la Loire. Vous êtes dans une boucle de la jeune Loire ; elle a parcouru une quarantaine de kilomètres depuis sa source et vient se heurter ici à un énorme massif basaltique aux formes tourmentées, aux parois verticales de près de 80 mètres de hauteur, qu’elle doit contourner avant de poursuivre son chemin vers le nord.
La notoriété d’Arlempdes est en partie due à la singularité ainsi qu’à la grande beauté du site au coeur duquel ce petit village est situé. Le paysage somptueux est en effet dominé par de magnifiques coulées basaltiques qui prennent parfois l’apparence d’orgues, et qui témoignent d’une activité volcanique particulièrement importante dans cette région, il y a plusieurs centaines de milliers d’années. Dressé au sommet d'un piton volcanique que la Loire entoure d'un méandre, le village dévoile les vestiges de son château, le premier du fleuve depuis sa source.
Vous pouvez stationner votre véhicule sur le parking est situé au bord de la D 54 tout près du village d'Arlempdes. Le village s'étire autour d'une ravissante petite place sur laquelle se trouve l'église Saint-Pierre. Cette église romane est remarquable par son clocher comportant quatre arcades. C’est un édifice typiquement roman, daté du XIIe siècle ; il est construit en pierres volcaniques, tuf et brèche, aux couleurs variées : rouge, brun violacé, noir, crème. Le clocher, plus récent, est en granit, ainsi que le contrefort qui a été construit en même temps pour assurer la solidité de l'édifice.
L'église Saint-Pierre a été fortement remaniée au XVIe, son clocher à peigne à quatre arcades est typique du Languedoc, son très beau portail occidental est orné de quatre colonnes supportant une archivolte polylobée, décor de style vellave bien connu. Deux des colonnes qui reçoivent ces voussures sont décorées d’hélices. À l'extérieur de la nef, on remarque la décoration d'arcatures en plein cintre. Au XVe siècle, les seigneurs de l'époque, qui étaient les Poitiers-Valentinois, ont ouvert une chapelle latérale, percée d'une belle fenêtre gothique et placé leur blason à la clef de voûte. À la tribune, qui a été réaménagée, on peut voir les instruments de la Passion que portaient les Pénitents lors des processions. Des maisons étant adossées à l'église, on ne peut en faire le tour.
Dans le centre du petit village, autour de la place, outre l'église Saint-Pierre se trouvent le Portalet, et la Croix de pierre. Non loin de église Saint-Pierre, vous pouvez voir la croix monumentale en pierre du XVe siècle qui se trouvait autrefois sur le mur de l'ancien cimetière. Elle se compose d'une partie supérieure ornée d'une Pietà et d'une crucifixion. Sculptée dans la pierre , deux scènes y sont représentées, d'un côté, c'est une pietà encadrée de saint Pierre et d'un abbé mitré, de l'autre le calvaire avec saint Jean et la Vierge ; les bras de la croix sont fleuronnés. On remarque que les pieds du Christ sont croisés, alors qu'ils seraient placés côte à côte dans une œuvre de l'époque romane.
La poterne marquant l'entrée dans le rempart fermant le village primitif d'Arlempdes, correspondant à la première enceinte du château, a pu être construite au XIe siècle. L'ouvrage porte une plaque de marbre avec l'inscription suivante : "Portail féodal construit en 1066". L'élément central de cette poterne est composé d'une haute voussure en berceau légèrement brisé portant une petite salle ouverte sur l'intérieur par une fenêtre à meneau. Un arc de décharge est disposé sur les deux faces. A l'étage supérieur sous combles, une fenestrelle ouvre sur l'extérieur, mais peut avoir été rajoutée postérieurement, lors d'une surélévation. Une différence d'appareillage existe entre le premier et le deuxième étage, sans doute rajouté au XIVe ou XVe siècle. Cette voussure est épaulée de deux contreforts importants.
Un chemin monte jusqu'au château du XIIIe siècle, aujourd'hui entièrement en ruines. Premier château situé sur le cours de la Loire, il permet encore de découvrir un mur de forteresse en débris, une tour circulaire ou encore un pan de mur de l'ancien logis seigneurial. Construite au XIIe siècle, la chapelle castrale Saint-Jacques est entièrement en pierre rouge et a été récemment rénovée, elle dévoile un aspect assez rustique et nu en son intérieur. Sa visite offre un point de vue remarquable sur les gorges de la Loire et les environs. L’unique accès au château se fait par une rampe qui part entre les maisons d'Arlempdes, juste après l’église Saint-Pierre et que l’on ne pouvait donc atteindre qu’après avoir franchi la porte d’entrée du bourg castral. Sur sa droite, ce chemin longe le rocher couronné par une imposante courtine.
Vous arrivez d’abord vers une porte dont l’encadrement de granit gris à moulures toriques forme un arc en anse de panier. C’est le reste d’une première ligne de défense rajoutée par les Poitiers-Valentinois au début du XVe siècle. Tout de suite après, le chemin fait un virage à 180 degrés formant une chicane qui protégeait la porte d’entrée du château d'Arlempdes, encadrée également de granit gris et portant les armoiries des Poitiers-Valentinois. Comme pour l’entrée du bourg castral, cette porte est percée dans une tour carrée et s’ouvre sur un passage voûté en berceau brisé. Dominée par une bretèche, elle était également protégée par une canonnière datant du XVe siècle et pouvait être barrée par des madriers coulissant dans des ouvertures encore bien visibles.
Le château d'Arlempdes et les édifices attenants, par l’ampleur des constructions et le lieu choisi, confirment la puissance de cette famille des Poitiers-Valentinois. Le site fut bien choisi car facile à défendre, sur les hauteurs de la Loire, à deux pas de son confluent avec la Méjeanne. Commençez notre visite par les vestiges situés au sud-est de cette cour, qui sont adossés à l’éminence rocheuse portant la chapelle. La présence de la chapelle dédiée à saint-Jacques le Majeur atteste la fréquentation du site par les pèlerins ralliant Saint Jacques de Compostelle depuis Le Puy en Velay.
On y accède par un perron semi-circulaire taillé dans le roc et on pénètre dans une grande salle, toute en longueur, habituellement désignée « galerie ». Elle est couverte d’une voûte en berceau très rustique et s’ouvre sur la cour par une porte et trois fenêtres cintrées ; les encadrements en sont très soignés, ainsi que les chaînages d’angles. On y voit la margelle de la citerne ornée d’un décor en dents de scie. À l’extrémité de cette galerie s’ouvre une salle voûtée d’arêtes qui était la cuisine. Deux grandes cheminées s’y font face sur deux murs opposés ; dans l’une s’ouvre la porte du four à pain qui formait à l’extérieur un saillant semi-circulaire encore visible. L’étage situé au-dessus de la galerie abritait sans doute un complément des appartements seigneuriaux situés au-dessus de la cuisine ; il en subsiste une fenêtre à meneaux restaurée.
Oubliant son passé mouvementé et violent, le château d'Arlempdes s'ouvre à la culture en offrant chaque été le décor de ses ruines aux "Théâtrales du Velay". Nous vous conseillons vivement d’effectuer une petite promenade qui conduit au bord de la Loire en longeant extérieurement l’enceinte du bourg castral. Suivez l'enceinte, à partir de la porte du village, d’abord entre des maisons, puis bientôt sur un chemin qui, rapidement, tourne à droite pour continuer à suivre le mur dont on remarquera l’appareillage en prismes de basalte remarquables de régularité. Parvenu sur la plage, on se rend bien compte combien le château, accroché à son rocher abrupt, domine le fleuve.
Depuis la route départementale ou du bord de l'eau s'offre à nous un joli point de vue sur la Loire, le rocher volcanique, les ruines du château et la chapelle Saint-Jacques. En plus des vestiges et du charmant village, vous pourrez découvrir de magnifiques paysages volcaniques. La région abrite de superbes coulées basaltiques, parfois sous forme d’orgues. Au cours de randonnées, vous parcourrez ainsi des vallées profondes, creusées par des eaux tumultueuses, découvrirez d’imposants plateaux qui offrent de superbes panoramas.