Vers 1260, Alphonse de Poitiers et Bompar d'Auzon accordèrent aux bourgeois alzoniens leurs franchises communales. Auzon possède sa communauté de marchands, arts et métiers. Nombreux sont les artisans et les professions libérales. Véritable centre féodal, commercial , administratif et judiciaire, Auzon devient une des 'treize bonnes villes d'Auvergne' et attire les grandes familles seigneuriales : les Montmorin, les Montravel, les Polignac, Peirenc de Moras. Depuis la fin du XIIIe siècle et jusqu'au XVIe siècle, on appelait "Bonnes Villes", celles qui étaient closes, qui avaient leur municipalité et leurs milices et dont les privilèges étaient sous la sauvegarde immédiate du roi. Il y en avait 6 pour le Haut Pays et 13 pour le Bas Pays.
On raconte qu'autrefois pendant la Guerre de Cent Ans, Auzon fut sauvé par un cochon. A cette période, Auzon, perchée sur son éperon rocheux et ainsi protégé, vivait ses heures de gloire. Les Anglais vinrent alors l'assiéger. L'ennemi comptait sur la famine pour pouvoir prendre possession du bourg, ils s'installèrent et attendirent. Un jour suffit pour qu'il ne resta plus, dans l'enceinte fortifiée, qu'un sac de blé et un cochon. Les habitants gavèrent l'animal avec le blé restant et le lâchèrent hors des murs. Les Anglais, voyant ce porc bien portant, crurent que les greniers étaient encore pleins et levèrent donc le siège. Voilà comment Auzon fut sauvé, selon la légende, par un cochon. On montre toujours la porte par laquelle apparut le cochon.
Perchée entre deux ravins, Auzon, est aujourd'hui une bourgade pleine de charme avec ses vieilles demeures, , ses rues étroites, ses murs d'enceinte. Sur ce rocher, l'ancienne forteresse etait le verrou de l'une des portes du Livradois-Forez, un accès menant sur les anciens carrefours routiers des plateaux de Saint-Germain-l'Herm et de la Chaise-Dieu. Vous pouvez garer votre véhicule dans le parking en bas de la Petite Cité de Caractère d'Auzon et suivre l'une des voies pavées jusqu'au sommet, traversant la porte d'entrée de pierre fortifiée en route.
Passez la Porte du Brugelet pour commencer votre promenade dans le vieux village fortifié d'Auzon. Au XVe siècle, à cause des risques d'attaques des routiers, reconstruction d'un mur d'enceinte. Si la ville était bien gardée au nord par le château et le mur d'enceinte, elle était vulnérable côté plaine. Un mur sud fut élevé et défendu par quelques tours et percé d'une porte. La porte fortifiée prit le nom du quartier, le Brugelet. La porte est constituée d'un mur en moellons flanqué sur la partie Est d'une base de tours en encorbellement qui servait à la défendre et à assurer le guet. Le mur est percé d'une ouverture en arc brisé côté sud, tandis que côté nord le passage est plus large et couvert d'un arc surbaissé mais appareillé plus grossièrement.
Après avoir passé la porte du Brugelet, vous arrivez à hauteur de l'église Saint-Laurent, ancienne collégiale bénédictine. Pur Joyaux d’art roman, la construction de cet édifice remonte au XIIe siècle, elle est d’influence languedocienne construite à l’apogée de l’art roman auvergnat. Elle possède, comme la basilique Saint-Julien de Brioude, un porche sud que l'on appelle ganivelle dans l'architecture romane auvergnate. L'ensemble de l'édifice repose sur une excroissance rocheuse qui domine la place environnante. Les matériaux utilisés sont l'arkose, le grès houiller, et la leptinite.
L'église Saint-Laurent d'Auzon constitue un véritable musée d’art religieux, elle conserve une épitaphe gallo-romaine, gravée dans le mur de l'église. D'une architecture caractéristique de la région, les archivoltes des arcatures qui décorent chacune des faces sont ornées de sculptures ainsi que de modillons sur la corniche. Un porche ouvert est bâti contre l'entrée latérale. Il est élevé sur piliers et colonnes avec des chapiteaux portant des sculptures d'animaux, des devises et des scènes de la vie du Christ. Des inscriptions sont gravées sur les marches de la porte d'entrée byzantine. Cette porte est garnie de ferrures du XIe ou XIIe siècle, en fer forgé et ciselé, elle est encore partiellement couverte de cuir. L'édifice a été agrandi au nord par trois chapelles bâties au XVe siècle. Le clocher, élevé sur la troisième travée, est également du XIIe siècle.
En face de la Collégial Saint-Laurent se trouve le château d’Auzon. Comme beaucoup d’anciens châteaux de défense militaire, le château d'Auzon construit entre le XIVe et le XVIe siècle fit l’objet de nombreux réaménagements au cours des siècles. Il en résulte un site complexe, témoin de l'enchevêtrement des styles architecturaux correspondant aux différentes campagnes de construction ou d’aménagement. En partie démoli au XVIIe, le château d'Auzon a été presque entièrement détruit suite à la Révolution française. Installé sur un éperon rocheux, il présente encore une tour d'escalier de l'ancien corps de logis, ainsi qu'un local voûté orné d'une peinture murale. Propriété privée, le château dispose également d'une porte fortifiée, de vestiges de fortifications extérieurs, ainsi que de caves voûtées. Les petites maisons verrues, appelées ainsi, car elles remplissent les grandes arcades sous la terrasse du château.
Les ruelles et rues de l’ancienne citée médiévale d'Auzon sont pour la plupart pavées de galets de rivière. Ces dernières portes également des noms assez évocateurs comme la rue de l’Enfer, le passage du Diable, ou encore la rue des remparts. En sortant de l’église, il suffit de descendre quelques mètres pour emprunter le chemin de ronde. Une promenade rénovée qui entoure la cité.
Une fois le tour du chemin de ronde effectué, poursuivre votre escapade vers la Halle du XIIe ou XIIIe siècle en suivant la rue le Pavé. L'édifice est couvert d'une charpente et poutres sur une seule travée dans sa largeur, soutenu par un mur dans sa partie postérieure qui surplombe un chemin descendant vers la basse ville. La face principale sur la rue d'arrivée est portée par des piliers reliés par une banquette. Ils portent un chanfrein sur leurs
angles. Des tailloirs simples à chanfrein les couronnent. L'un d'eux est orné de billettes, rencontrées d'ordinaire sur des édifices du XIIe siècle. Un mascaron est apparent à deux mètres de hauteur de la travée d'entrée. La Mairie d’Auzon se situe a côté de la Halle.
En continuant à déambuler dans les rues pavés d’Auzon, vous trouverez sur votre chemin la maison dite du cordonnier, la seule à avoir conservé une façade à pans de bois. La maison du Bailly avec sa tour et son escalier à vis, elle est construite à l'emplacement des anciennes fortifications du bourg ; elle conserve des boiseries en noyer du XVIIe siècle et des toiles peintes naïves du 19e siècle dans le salon. Un pressoir installé depuis le XVIe siècle dans la cave.
Située à l’écart de la vielle ville par rapport à la mairie, admirer la Chapelle Notre-Dame du Portail. La chapelle découverte, un petit saut à l’éco-musée s’impose. L’Écomusée propose un panorama des anciennes traditions et savoir-faire du monde rural du siècle passé. En parcourant les 10 salles, vous découvrirez les objets et métiers d’autrefois: la minéralogie, la passementerie, la vie quotidienne, les outils de travail, l'école, le coin des enfants, la mezzanine et ses histoires, les innovations, le forgeron et le sabotier.
Après la visite de la Petite Cité de Caractère d'Auzon, votre balade nous emmène à présent aux bords des 3 rivières qui traverses la commune : le Goudarel, l’Auzon et l’Allier. Le Pont d’Auzon permet de passé d’une rive à l’autre. Pour finir votre exploration, rien de tel que de terminer sa visite d’Auzon au point sublime. Le lieu porte son nom à merveille. Sur les hauteurs du village, on y domine les monuments.