A sa mort, vers 475, Amable est proclamé bienheureux, son corps est rapatrié vers 640 dans le nouveau choeur de l'église Saint-Benigne de Riom par Saint-Gal, archidiacre de Clermont. Changeant de nom à cette occasion, l'église Saint-Benigne ne fut désormais connue que sous le nom de Saint-Amable. Des miracles se produisent, attirant une foule de pélerins, le tombeau, qui se trouvait dans la crypte, permettait au curé du village de maintenir le culte des reliques. L'édifice est agrandi. Bien qu'il n'y ait aucun document pour la période allant du VIIIe siècle au XIe siècle, on peut tout de même penser que l'abbaye devait être prospère puisqu'une communauté de chanoines réguliers de Saint-Augustin vint s'y installer en 1077.
La basilique Saint-Amable de Riom est le plus vaste édifice clérical d’Auvergne après la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont-Ferrand. Elle conserve la trace des siècles qu’elle a traversés et offre de ce fait un intérêt archéologique indéniable. Réalisée par l'ingénieur du Roi François-Charles Dijon en 1750, la façade occidentale de style baroque forme un ensemble avec la fontaine Ballainvilliers placée sur la place de la basilique. S'élevant sur deux étages en pierre de Volvic, cette façade est percée par trois portes pour le premier niveau. Les portes latérales, de plus petite dimension, sont surmontées par des oculus décorés d'un cartouche formant une coquille et encadré par des guirlandes de fleurs accrochées à un anneau. La porte principale, elle aussi surmontée d'un cartouche, est encadrée par deux grands pilastres formant une légère saillie et décorée de guirlandes de fleurs.
Reconstruit dans le style roman pour ce dernier entre 1125 et 1160, l'édifice ne conserve malheureusement de cette époque que les sept travées de la nef, les bas-côtés et une partie du transept : portail avec plusieurs chapiteaux sculptés. De nouveau modifiée au cours du XIIIème siècle, l'église est dôtée vers 1230-1250 d'un choeur et de chapelles de style gothique septentrional. Voulant certainement laisser une trace de son passage dans la basilique, Jean de Berry ne fut probablement pas étranger à la construction des chapelles nord. Ces chapelles de style flamboyant furent construites à la fin du XIVème siècle et ont pour modèle la célèbre Sainte-Chapelle.
Long de près de 65 mètres et s'élevant à plus de 16 mètres de haut, l'intérieur de basilique Saint-Amable est constitué d'une nef romane à sept travées toutes légèrement asymétriques. La nef bordée de bas-côtés rappelle les édifices romans mais la brisure des grandes arcades et du vaisseau ainsi que l'emploi de la pierre de Volvic indiquent une date tardive sans doute la fin du XIIe siècle. Fermée par un berceau brisé dépourvu de doubleaux, la nef est rythmée par un ensemble d'arcades reposant sur des piliers munis de colonnes sur trois angles.
La voûte des bas-côtés est soutenue par des arcs-doubleaux. Les chapiteaux de ses nefs latérales sont absolument identiques, par la forme et la décoration, à ceux de la grande nef. Un décapage des piliers en (1975) a permis de découvrir sur une des voûtes du bas-côté nord des fresques sur fond rouge relatant la vie de Jésus-Christ qui sont datées du début XVe. Au-dessus, la tribune en tiers-points est percée par un jeu d'arcatures. Les bas-côtés, voûtés d'ogives, ouvrent sur des chapelles latérales construites entre le XVe et le XVIIIe siècle.
Le transept débordant conserve quelques éléments du XIIe siècle. Refaite par Mallay au milieu du XIXe siècle, la croisée du transept supporte tout le poids du clocher et de la flèche. Le choeur, de style gothique, est entouré par un déambulatoire communiquant avec trois chapelles réalisées vers 1250. Surmonté d'une voûte nervurée sur croisée d'ogive, le choeur s'élève sur quatre niveaux. On retrouve un ensemble d'arcatures soutenant un triforium aveugle, lui-même placé en dessous de fines lancettes terminées par des oculus.
La décoration, essentiellemment concentrée au niveau du choeur, est composée de vitraux réalisés par Thévenot et de peintures exécutées par Franc-Lamy. Les fines lancettes du choeur représentent pour la plupart des épisodes de la vie de Saint-Amable ou des miracles survenus aprés sa mort. La totalité des peintures qui orne le choeur fut réalisée par Franc-Lamy après 1880. Ces peintures, inserées dans les niches du triforium et dans les angles des arcades, représentent une multitude de saints sur des fonds dorés. Le bas-côté nord possède lui aussi plusieurs fresques datant du XIVe siècle. Ces peintures murales figurent un cycle de la Nativité et de l'Enfance du Christ.
Dans la sacristie sont également déposées un ensemble de 54 stalles réalisées en 1687 par des ateliers de sculpteurs locaux. D'autres éléments, comme le maitre-autel en marbre polychrome réalisé par le sculpteur Jacques-Baptiste Arbie en 1765 et la chasse de Saint-Amable réalisée par Laroze et fils en 1814, complètent le mobilier liturgique de la basilique.
Le clocher de l'église actuelle date du milieu du XIXe siècle ; il a été reconstruit par l'architecte Mallay. Il est surmonté d'une flèche en bois recouverte d'ardoise qui était, avant la Révolution en pierre de taille et de hauteur bien plus imposante. Les deux étages du clocher sont séparés par une moulure en bandeau. Le premier de style roman, le second de style gothique. Aujourd'hui il abrite de superbes cloches.