Orcival, dans la vallée étroite du Sioulet, fut de tout temps un lieu sacré, reconnu de quelques ancêtres des Arvernes. Ils érigèrent là des pierres de fécondité à côté d’une source guérisseuse, placées sous la protection de la grande Déesse-Mère. Le pèlerinage trouve sans doute là son origine. Au XIème siècle, une église, située à l'est du village, accueillait une statue de la Vierge, extrêmement vénérée; une légende prétendait qu'elle avait été sculptée par Saint-Luc. Les terres d'Orcival furent propriété des comtes, puis des Dauphins d'Auvergne jusqu'en 1243.
Lors de votre arrivée dans le village, les maisons à tourelles attirent l'attention, de belles maisons anciennes sur fond d'andésite et de louzes. Mais la curiosités particulièrement intéressantes à découvrir à Orcival reste la basilique Notre-Dame d'Orcival. Cette belle Basilique romane du XIIe siècle, surnommée la Perle des Monts Doré, est parfois appelée Notre-Dame des fers pour son intercession en faveur des prisonniers. Des chaines et boulets sont suspendus sur les murs du transept Sud, ils ont été déposés par des prisonniers libérés, qui avaient prié pour Notre Dame d'Orcival.
Appartenant aux cinq majeures d’Auvergne avec son massif barlong, son chevet étagé en forme de pyramide, son architecture homogène, la basilique Notre-Dame d’Orcival abrite une magnifique Vierge en Majesté, constituée d’une âme en bois recouverte d’argent et de vermeil, dans son chœur baigné de lumière. La basilique actuelle fut édifiée en raison du succès grandissant d'un pèlerinage. Notre-Dame d'Orcival devint alors le nouveau lieu d'accueil de la célèbre statue, conservée aujourd'hui dans le sanctuaire de l'église, et qui est depuis l'objet d'un pèlerinage qui a lieu tous les ans le Jeudi de l'Ascension. La veille au soir, les pèlerins, venus dans la nuit de toute la région, assistent à une retraite aux flambeaux et à une messe de minuit.
Sous l'influence d'un pèlerinage toujours croissant, un chapitre avec 26 chanoines fut érigé à Orcival en 1245. Les nombreux bienfaiteurs de ce chapitre ont permis de construire d'importantes maisons à tourelles dans le bourg.
Pour les plus courageux, la vallée de Fonsalade la roche branlante d’Orcival, accessible à pied, au départ de la Basilique, est le résultat de l’érosion qui en a dégagé son articulation. Ce bloc de trachyte, en équilibre, de 7 mètres de long, 2.6 mètres d’épaisseur et 5.4 mètres de hauteur émet selon la légende une légère oscillation à la seule force de l’homme. Cette étrange roche, semblant tenir un peu par magie ou hasard et paraissant pouvoir basculer à tout moment, est entourée de légendes. Certains l’appellent “les Portes du Soleil”, à cause des pierres alignées en dessous du site qui se trouveraient dans l’alignement des rayons du soleil lors du solstice d’été
De nombreuses autres randonnées et spots d'activités de pleine nature entourent Orcival. Comme le lac de Servières, un maar (un lac de cratère), situé à 1 200 mètres d’altitude. D’une superficie de 15.5 hectares, d’une profondeur de 26 mètres, il est né d’une explosion volcanique. Sa création résulte de la réponse explosive d’un magma ascendant et d’une eau superficielle, laissant place à un cratère situé au ras du sol, qui s’agrandit à chaque explosion. Le lac de Servières est bordé de forêts et d’une estive qui abritent des vestiges archéologiques : les tras. Ces étranges monticules sont les stigmates d’anciens burons.
A proximité du lac du Guery dans la vallée de Fontsalade, vous pouvez également vous rendre aux Roches Tuilière et Sanadoire, deux anciens volcans. Haute de 1288 mètres, la forme particulière de la Roche Tuilière est liée la friction de la lave contre les parois, lors de sa progression dans la cheminée volcanique. On a exploité ces lauzes pour couvrir de nombreux toits de la région, d'où le nom de Roche Tuilière. Le site est à cheval sur deux communes : la roche Tuilière fait partie de Rochefort-Montagne tandis que la roche Sanadoire est située sur Orcival. Les deux « sentinelles » du lac du Guery, appartiennent au massif volcanique de l’Aiguillier dont la période d’activité s’échelonna entre 2.2 et 1.8 millions d’années. A l’époque, ce volcan était en partie recouvert d’une calotte glaciaire.
Au Moyen-Age, la Roche Sanadoire était surmontée d’un château qui était réputé pour être imprenable. Il servit de repaire aux mercenaires anglais qui ravagèrent notamment la contrée pendant la guerre de Cent Ans. En 1373, les ducs de Bourbon et les seigneurs d’Auvergne durent l’assiéger pendant trois semaines afin de déloger les quelques 300 soldats anglais présent sur ce site. C'est vraisemblablement le tremblement de terre de la fin du XVe siècle qui paracheva sa disparition.
A voir également le château de Cordès, cette forteresse médiévale est devenue, après de nombreux remaniements, demeure de plaisance. Le château comprend deux corps de logis en équerre flanqués de trois tours rondes ainsi qu'une imposante tourelle quadrangulaire. Des charmilles cernent un jardin à la Française dessiné par Le Nôtre où Paul Bourget situe l'intrigue de son roman "Le Démon de Midi". Ce manoir des XIIIème et XVème siècles est classé Jardin Remarquable.