La localité tire son nom de celui du cours d’eau qui l’arrose. Beuvron, « la rivière aux castors », est un nom gaulois bien connu. Si l’origine remonte probablement à la conquête des gaules et à la création de la Neustrie, c’est au XII siècle qu’une petite communauté rurale entreprend les défrichements nécessaires aux cultures pour sa subsistance.
La baronnie de Beuvron, d’abord fief de la vicomte d’Auge et relevant de la châtellerie de Touque, passa dans la maison d’Harcourt en 1374 par le mariage de Philippe d’Harcourt avec Jeanne de Tilly, qui lui apporta les fiefs de Héricourt, Tilly, Beuvron, Beaufou, Druval et Sainl-Aubin-de-Lébizay. Ces terres sont donc liées à la famille d’Harcourt qui les possède de 1382 à 1793. Le marquisat de Beuvron fut formé en 1593 de la réunion des fiefs d’Auricher et d’Angerville en la vicomté d’Auge, ainsi que des baronnies de Méry et de Cléville, aux baronnies de Beaufou, Beuvron, Druval et Saint-Aubin-de-Lébizay.
Le développement du bourg commence vraiment au XV siècle pour atteindre son apogée au XVIIè et XVIIIè siècles. A la fin du XVIIIè et au début du XIXè siècle, le tannage et le tissage assurent la prospérité du village. Au XIX siècle, c’est un centre important pour le commerce des bestiaux et le chemin de fer y fait son apparition en 1879. De nombreux commerçants et artisans s’installent sur la place autour de la halle en bois construite en 1850 (détruite en 1958).
Entre vallons parsemés de pommiers et fermes à colombages, la route en direction de Beuvron-en-Auge, est agréable, ferme, manoirs et haras se dispersent dans le bocage, qui font vivre les traditions. Dirigez-vous vers le Parking VL, situé avenue de la Gare, ornées de géranium, les façades en pisé enduit ou en briques roses des maisons à pans de bois droits ou croisés rappellent les quatre siècles d’or du village. Les toitures assez pentues sont revêtues d’ardoises ou de tuiles. Rendez-vous vers l'office de tourisme, 2 esplanade Woolsery, vous en apprendrez ainsi davantage sur l’histoire du village et glanerez même quelques anecdotes sympathiques comme celle de la rue de la Catouillette.
Prendre l'avenue de la gare, bordée de tilleuls centenaires cette voie reliait la place de village à la gare de Beuvron-en-Auge, restée en activité jusque dans les années 60. Il subsiste l'ancienne Gare, aujourd'hui habitée et la halle de stockage. Arretez-vous à l'espace des Métiers d’Art où de nombreux artisans exposent leur travail, il s’agit de l’ancienne école communale qui a été réhabilitée. L'école, encore fréquentée jusque dans les années 80, a été restaurée récemment et abrite désormais le centre des métiers d"art ainsi que diverses expositions temporaires ou permanentes que vous pourrez visiter, telle que "le rail à l'école" par exemple, avec Alain le "chef" de gare. Si vous y passez, vous aurez peut-être la chance d’entrevoir le minutieux travail réalisé par ces artistes passionnés. Ébénisterie, photographie, bijouterie, poterie : nombreux sont les arts qui sont mis en avant dans cet espace.
Revenez vers le centre de Beuvron-en-Auge. Beaucoup des maisons de Beuvron-en-Auge sont maintenant des magasins vendant des produits locaux tels que le cidre et le calvados, ou des cafés et des restaurants, ainsi que plusieurs magasins d'antiquités et des ateliers d'artistes. Prendre à droite la rue des Haras, jusqu'au manoir situé au n°2. Ce manoir, de plan rectangulaire à un étage carré, a été construit à la fin du XVe siècle. Le cadastre ancien nous montre la division en quatre parcelles avec de nombreux appentis en élévation postérieure, correspondant à des remises ou appentis et les lieux d'aisance. A l'occasion d'un rachat complet la fin du XIXe siècle, l'édifice a été fortement remanié. Lui ont été accolés pavillon, oriel en surplomb, galerie et serre, transformant ainsi la demeure seigneuriale en chalet normand.
Point central du village, la place Michel Vermughen et ses halles à pans de bois sont entourées de magnifiques maisons à colombages, elle vous plonge directement dans une ambiance typique normande en vous offrant un point de vue global sur le village. Les antiquaires et autres ateliers d'artistes prennent place pour présenter de très jolies vitrines à l'ancienne. Prenez le temps de détailler chaque maison, des plus anciennes aux plus récentes. Les maisons de commerçants et d’artisans se répartissent le long de la grand’rue. Les maisons qui la borde datent du XVè au XVIIIè siècles. Elles sont bâties en pans de bois et torchis. Parfois essentées de bois, d’ardoises ou même de tuiles, elles sont couvertes de tuiles plates ou d’ardoises.
Entre elles, quelques habitations du XIXè siècle en briques s’insèrent parfaitement dans un ensemble très pittoresque. Toutes les façades sont restaurées, le bourg est fleuri en abondance, la halle abrite des commerces touristiques et les visiteurs sont nombreux tant sa renommée est grande. L'ancienne auberge de la Boule d'or, du XVIIIe siècle, mérite également qu'on s'y attarde.
Déhambuler dans la rue de l'Enfer, suivre la rue Michel d'Ornano, puis continuez vers l'église Saint-Martin construite au milieu du XVIIe siècle avec ses pierres rouges. L’église de Beuvron est en forme de croix, avec un choeur à pans coupés ; des deux côtés de la porte, on a établi de grandes niches cintrées, destinées à recevoir des statues. De petites fenêtres tréflées, du XVe. siècle, se voient dans les murs de la nef, au nord et au midi. Une litre extérieure porte, alternés, l’écusson des Harcourt et un écusson parti d’Harcourt et d’azur à la tour d’argent qui est Le Tellier de Tourneville ; ces deux écussons sont séparés par des écussons de plus grande dimension portant les armes d’Harcourt.
Après cette visite poursuivre votre visite vers la route de Gerrots, où se trouve le Manoir de la Hogue. Manoir élevé en 1660, construit sur plan rectangulaire avec escalier à cage carrée placée en demi hors-oeuvre en façade arrière. La cheminée d'une des chambres de l'étage conserve un décor peint sur son manteau, représentant, dans un médaillon, la " Fuite en Egypte ", cantonnée par deux anges. Les jambages et les piédroits reproduisent une chute végétale en grisaille sur fond rouge. Cette cheminée devait être l'élément principal d'un décor mural disparu.
Disséminés tout autour de Beuvron-en-Auge, vous pouvez également observer de nombreux manoirs, remontant pour certains à la fin de l’époque médiévale. Un chemin pédestre, bordé d'une magnifique hêtraie plusieurs fois centenaire, vous permettra de rejoindre, à 3 kilomètres, la Chapelle Saint-Michel-de-Clermont qui offre un panorama exceptionnel sur la plaine de Caen jusqu'aux collines du Mont Pinçon. Édifice remarquable, édifiée au XIIe siècle dans un style roman. Le chœur rectangulaire est très-petit et en retrait sur la nef. Les murs actuels paraissent modernes, surtout dans toute, la partie méridionale ; il reste, du côté du nord, un contrefort plat avec une étroite fenêtre cintrée qui a été bouchée à l’époque où l’on a percé des fenêtres modernes, et le mur nord du chœur présente des pierres noyées dans un épais mortier disposées en arêtes de poisson : ce sont les seules traces de l’époque romane que l’on puisse constater.
Plusieurs sentiers pédestres permettent de découvrir les environs de Beuvron-en-Auge. N’hésitez pas à emprunter le chemin du vieux Château, voie d’accès à l'ancienne "motte féodale" du village, pour vous perdre à pied dans la campagne… Non loin de Beuvron-en-Auge se trouve le bois de Dozulé, un espace où la fraîcheur feuillue du bois offre un panorama sur Dozulé et sa campagne environnante. Si vous ne le saviez pas, sachez que le bois de Dozulé a donné son nom à un circuit de randonnée de 14 km qui relie les communes de Dozulé, Saint-Jouin et Saint-Léger-Dubosq. En empruntant le sentier, votre route vous mènera en direction de l’ancienne station de monte du Haras (un très beau bâtiment du XIXe siècle en brique rouge) ainsi que vers l’église Sainte-Barbe (XIIIe siècle) à Saint-Jouin.