Les écrivains, en quête d’inspiration sur la Côte normande, ont également été attirés par la sérénité de Trouville, tels qu’Alexandre Dumas, Flaubert qui y écrivit deux de ses célèbres ouvrages « L’éducation sentimentale » et « Les mémoires d’un fou », directement inspirés par la rencontre de l’amour de sa vie à Trouville « Elisa Schlesinger », mais également Proust et Marguerite Duras, qui séjournèrent aux Roches Noires… Plus récemment, le célèbre affichiste Savignac eut un coup de cœur pour cette ville et y résida les 20 dernières années de sa vie.
En 1859 un banquier, Mr Donon, accompagné du docteur Olliffe, décidèrent d’acheter, à l’Ouest de Trouville, d’anciens marais pour y construire le "nouveau New York". Un projet ambitieux qui met à mal les désirs d’extension de la station balnéaire voisine de Trouville. C’est à partir de 1910, lorsque le Casino de Deauville voit le jour, et plus encore dans les années suivantes lors de la création de l’hôtel de luxe, Le Normandie, puis celle du Royal Hôtel, du golf et de l’hippodrome que Deauville voit sa notoriété grandir. C'est à cette époque que l'on voit s'ériger en bordure de mer de splendides villas, hôtels et casinos. Toutes ces constructions forment aujourd'hui un riche patrimoine architectural pour la station. La grande histoire de Trouville débute, le coeur historique s’est développé sur les rives du ruisseau Callenville !
Même si Deauville s’accapare tous les superlatifs liés au luxe et au raffinement, et bénéficie d’une notoriété internationale, vous allez voir que sa voisine, Trouville-sur-Mer, mérite elle aussi largement le détour. Se promener dans la vieille-ville de Trouville-sur-Mer vous enchantera sans hésiter. Après avoir stationné votre véhicule, prendre la direction de l’Office de Tourisme de Trouville-sur-Mer, situé sur les quais, au 32 boulevard Fernand Moureaux. L'office de tourisme met à votre disposition des programmes d’activités ainsi que diverses autres brochures pour vous faire découvrir la ville. Le musée trouvillais a également sa galerie dans l’Office, où sont exposées des œuvres d’art graphique mais aussi et surtout des œuvres du célèbre affichiste amoureux de la ville Raymond Savignac, dont le musée possède la plus importante collection publique.
Débutez votre promenade en direction de l'église Notre-Dame-des-Victoires, 9 Place Notre Dame, on accède à l'église par un long escalier. L'église a été construite par l'architecte Desplen de 1834 à 1848 en style néo-classique, selon un plan de croix latine. La façade présente un fronton triangulaire au-dessus du portail en plein cintre du milieu, encadré de deux colonnes adossées. Le deuxième niveau de la façade est percé de quatre niches, tandis que le troisième niveau présente une grande niche en demi-lune obstruée, surmontée d'un fronton triangulaire. Un clocher polygonal, couronné d'une flèche, surplombe la croisée du transept. Sous la tribune, vous remarquerez une grande fresque représentant Jésus en train de prêcher et une fresque dans la chapelle axiale représentant le Couronnement de Notre Dame, ainsi que divers tableaux de style néo-classique. Des petites fresques représentent l'enfance de Jésus : Nativité, Adoration des Rois mages, Jésus adolescent prêchant au Temple,...et les apôtres sont figurés au-dessus des arcades du chœur.
En sortant de l'église Notre-Dame-des-Victoires prendre sur votre droite, puis à gauche sur la rue Verdun jusqu'au marché aux poissons dite poissonnerie, boulevard Fernand Moureaux. C’est un lieu typique, traditionnel et incontournable à Trouville-sur-Mer. En 1840, la poissonnerie était toute de bois. En 1880, on l’a remplacée par une construction métallique. La nouvelle poissonnerie avec un style néo-normand arrive en 1937, sous l’impulsion de Fernand Moureaux, maire de l’époque, est et construite par l’architecte Maurice Vincent. Son architecture pittoresque, faite de colombages et de briques respire l’histoire. Vous pourrez y découvrir toutes les saveurs de la mer : selon les saisons coquilles saint-Jacques, maquereaux, soles...
Autre espace emblématique de Trouville-sur-Mer, le quartier des pêcheurs ; il s’organise en paliers successifs selon les courbes de niveau qui suivent la topographie particulière. Les quais sont la partie la plus ancienne de la ville, en effet, c’est de ce petit port de pêche qu’est née Trouville-sur-Mer. Point de départ des promenades en mer, les quais offrent aussi une jolie balade à pied le long de la Touques. Le quartier des quais offre donc à la fois une ambiance authentique et chaleureuse propice à l’évasion et à la convivialité. Boulevard Fernand Moureaux, impossible de ne pas admirer l’hôtel de ville et sa superbe rotonde.
Sur votre droite prenez la rue Amiral-de-Maigret, passez devant le Bureau de poste de Trouville-sur-Mer. L'hôtel des postes fut construit au cour des années 1920 afin de répondre à l'essor de la ville et en remplacement de l'ancien datant de 1838. Les façades sur rue sont marquées par un style vernaculaire : faux pan de bois, débord de toiture, oriel frappé aux armes normandes. Cependant, des éléments plus modernes de style Art Déco ont été également favorisés. La construction en béton armé opte pour une toiture traditionnelle pour l'alignement sur rue uniquement, la construction massée restante adoptant un couvrement en terrasse. La salle réservée au public a préservé l'ensemble de ses arrangements intérieurs : tambour de porte, mobilier, comptoir et cabines téléphoniques. Le peintre-verrier Tambouret réalisa les vitraux pour les grandes baies et l'on fit appel au mosaïste parisien Massacry pour le revêtement mural et pavemental. Au début des années 80, un faux plafond fut installé puis d'autres modifications plus modestes furent apportées sans toutefois menacer le caractère authentique de l'ensemble.
Prendre à droite la rue Victor Hugo, pour admirez l'église Notre-Dame-du-Bon-Secours, rue du Chancelier. Reconstruite en 1883 par l'architecte Toutain, cette grande église d'inspiration néo-gothique avec une façade de style néo-classique domine la ville par son haut clocher polygonal d'ardoises. La haute façade superpose les registres avec des colonnes. L'église présente un plan ramassé sans transept saillant. L'intérieur est illuminé de verrières aux vitraux colorés, avec des lancettes et des oculi. On remarque une chaire de 1880 et des confessionnaux dans le style troubadour. Les bénitiers à l'entrée sont en forme de dauphins supportant une grande coquille Saint-Jacques. Des concerts de musique classique y sont souvent donnés, notamment pendant la saison estivale, mais l'église Notre-Dame-du-Bon-Secours, demeure avant tout un édifice religieux.
A proximité, se trouve la petite chapelle Notre-Dame-de-Pitié-de-Bon-Secours (ex-votos), construite au XVIe siècle par la famille Croix/Pichon. La première trace écrite de l'existence de cette chapelle remonte au 21 juin 1761. La famille Croix, propriétaire de l'édifice depuis sa construction, était tenue de la conservation de la chapelle et de ses ornements. Elle aurait été entièrement reconstruite en 1902 suite à sa destruction en raison d'une tempête au frais de la famille propriétaire et de l'aide de pêcheurs ayant échappé au désastre maritime. Cette chapelle témoignerait de la mésalliance entre Guillaume Croix, modeste pêcheur et Marie de Surtainville. Guillaume Croix aurait fait construire cette chapelle pour rendre grâce à la Vierge de lui avoir permis d'épouser une fille issue de la haute noblesse d'Honfleur.
Poursuivre votre déhambulation vers la Villa Montebello, rue Général Leclerc qui préserve les collections du musée de Trouville. Ornée d’une petite tourelle, cette villa historique à l’architecture typique des demeures balnéaires du Second Empire, construite en 1865 est l’une des plus vieilles de la ville de Trouville-sur-Mer. La villa Montebello a été construite par l'architecte Louis Jean Celinski de Zaremba pour Marie Augustine Mathilde Périer, petite-fille de l'un des quinze régents fondateurs de la Banque de France : Claude Perier, veuve du comte Alfred Lannes de Montebello, fils du maréchal Lannes, duc de Montebello.
La position stratégique de l'édifice sur la plage et dominant la baie de Seine lui vaut d'être repérée et réquisitionnée par l'armée allemande. La Villa Montebello devient un abri tactique pour les radars et possède un poste central de tir pour les batteries d'artillerie d'Hennequeville. Le rez-de-chaussée est caparaçonné d'une chape de béton pour abriter un émetteur radio. L'aspect extérieur n'est pas touché. Bombardée à deux reprises par les Alliés, elle n'est pas irrémédiablement atteinte. Après la libération, en 1946, un commando de déminage, composé de prisonniers allemands, y installe son quartier général. Par la suite, la chape de béton de plus d'un mètre est détruite. La villa est transformée en groupe scolaire.
Non loin de la villa Montebello, un imposant bâtiment attire l’œil autant qu’il impressionne ; c'est l’ancien hôtel des Roches Noires, surnommé à ses débuts "le roi de la côte normande". L'ancien Hôtel des Roches Noires, construit en 1866 avec son annexe dite Les Roches Normandes, avec sa masse grandiose, superbe, flanquée de ses deux ailes parallèles, avec sa carcasse de briques entablées dans la pierre, ses colonnes de stuc, ses bas-reliefs largement accusés, son perron, ses balcons et ses mille fenêtres s'ouvrant sur la mer fut considéré à l'époque comme le plus pittoresque et le plus original des grands palaces, en même temps que l'un des plus modernes et des plus confortables. Ce fut le deuxième grand hôtel de luxe édifié sur cette partie de la côte normande. Tout le gotha s'y succéda, et notamment les Russes et les Américains. Marcel Proust le fréquenta entre 1880 et 1915. Marguerite Duras en fit le décor de trois de ses films. Transformé en partie en 1924 par l'architecte Mallet-Stevens qui jouait le rôle de vitrine française vis-à-vis de l'étranger, il a conservé de cette époque son hall aux lignes strictes et sobres, sa véranda et son garage. Il a été distribué en appartements en 1950.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l'hôtel des Roches Noires est réquisitionné en 1939 par les forces armées françaises comme hôpital complémentaire, puis il est occupé par l'armée allemande. Claude Monet, un artiste impressionniste français, a peint cet hôtel en 1870, son tableau "Hôtel des Roches Noires" est aujourd'hui exposé au musée d'Orsay à Paris. Que l’on soit dans les jardins de la villa Montebello ou sur la plage, on ne peut pas le louper !
Après cette page d'histoire, nous vous conseillons de filez en direction du calvaire de la Corniche. Le calvaire de la corniche est un site connu pour son point de vue, qui permet d'admirer la vue sur les plages de Trouville et Deauville. Prenez ensuite la direction de la promenade des planches. A l’image de Deauville, Trouville-sur-Mer possède également sa promenade des planches ainsi que ses cabines de plage. Sans même vous en rendre compte, vous marcherez sur un sol foulé par des promeneurs de 1867. Le long de cette promenade, maintenant appelée la promenade de Savignac, vous pourrez non seulement apercevoir les œuvres du célèbre affichiste du même nom, mais aussi découvrir des noms d’écrivains, de photographes et de peintres sur les bancs bleus qui la longent. Cette plage-là a vu défiler Proust et Flaubert, mais aussi Eiffel, Duras et une flopée de grands noms de la noblesse et de la haute bourgeoisie...
Entièrement recouverte de sable fin et de coquillages, la plage de Trouville-sur-Mer s’étend sur 1200 m. Véritable atout de la cité balnéaire, cette large plage propose un grand nombre d’activités aux visiteurs. Lorsqu’on longe cette grande plage, on tombe sur le quartiers des bains plus cossu avec des belles demeures parfois admirablement bien rénovées. Au cours de la seconde partie du XIXe siècle, la "Reine des plages" attire de plus en plus de touristes, la pratique répandue des bains de mer donne naissance aux quartiers des bains. Au cours de cette période, on assiste au développement de la station, avec la construction de villas balnéaire, d’hôtels, de palaces et de casinos.
Cette grande plage de Trouville-sur-Mer est l’une des seules de la Côte Fleurie à être bordée de prestigieuses villas, construites entre 1865 et 1885, présentant chacune un style architectural différent, allant du style Louis XIII au néo-italien, néo-normand, néo-mauresque, en passant par le néo-classique. Cette époque prospère du Second Empire est le temps de l’éclectisme architectural. À la suite de voyages, on s’inspire des styles architecturaux des autres pays visités et on les adapte selon ses propres inspirations. Toute cette richesse architecturale offre un environnement somptueux, tels un décor de théâtre, que le temps aurait épargné.
Amusez-vous à retrouver toutes les plus belles villas et hôtels de Trouville-sur-Mer. Parmi elles : La toute première villas est le chalet de Charles Mozin qui date de 1846, elle se situe à l’actuel emplacement de la bibliothèque. La villa Roy et sa façade rose, édifiée en 1850 par un avocat parisien et rachetée en 1898 par un carrossier, M. Roy. Romantique : les pavillons Bouin, ou chalets normands, deux maisons identiques bâties en 1884 par un père pour ses filles jumelles. Insolite : la tour Malakoff, édifiée en 1855 par Mozin, le peintre qui découvrit Trouville, rachetée ensuite par la famille Pauwels, avec son allure de château fort dressé face à la mer. La villa Persane, de style oriental, eut pour propriétaire Hélie de Talleyrand-Périgord, prince de Sagan, dont l'épouse deviendra la Mme Luxembourg dans "À la recherche du temps perdu" de Marcel Proust, habitué des lieux. La villa Les Flots, qui accueillit Gustave Eiffel et sa famille. La Villa Thénard, construite par la famille de Louis Jacques Thénard, qui donna aussi son nom à la place Thénard voisine.
Peut-être trouverez-vous également, La villa Aumont qui se trouve non loin du Trouville Palace. Cette bâtisse se démarque par son étonnante simplicité. Mais la quasi-totalité de ses spacieuses villas, vestiges de la grande époque de Trouville, quand l'aristocratie et la bourgeoisie la préféraient à Dieppe pour sa plage de sable fin, sont désormais divisées en appartements. Une seule maison en front de mer avec un jardin reste en propriété privée. C'est la plus belle, la majestueuse villa Honoré ou villa Sidonia construite en 1866, avec ses briques bicolores d'inspiration Louis XIII, ses lucarnes Renaissance et ses statues graciles, appartient toujours à la famille parisienne qui l'a rachetée en 1924 et, à voir la façade rutilante et le jardin au cordeau, la bichonne.
En longeant la plage de Trouville-sur-Mer, vous tomberez sur la Pointe de la Cahotte. Poursuivre votre balade en direction du Casino de Trouville-sur-Mer. Un casino se trouvit déjà à cet emplacement depuis 1847. L’actuel fut inauguré en 1912, oeuvre d'Alexandre Durville, puis agrandit en 1927 par l'architecte Georges Wybo. Quelques années plus tard, autour de 1936, le casino de Trouville traverse une période difficile. En effet, la notoriété grandissante de Deauville a pour conséquence une perte de population et d’attrait pour la ville de Trouville. Le casino doit même fermer, il est reconverti en musée jusqu’en 1956. Il fît l’object d’une rénovation partielle en 2011 et 2013.
Passez devant la statue de Gustave Flaubert situé dans le square, réalisée d'après une sculpture de Léopold Bernstamm. La statue regarde toujours en direction de l’Hôtel Bellevue et, plus précisément, dit-on, en direction de la chambre d’Élisa Schlésinger où elle séjournait lors de ses séjours trouvillais. C’est en août 1836 que Gustave Flaubert rencontre le grand amour de sa vie en la personne d’Élisa Schlésinger. Gustave se promenait à la plage et vit une superbe pelisse rouge rayée noire que la marée montante mouillait. Il la saisit et la rendit à sa charmante propriétaire : Élisa Schlésinger. Suite à cette rencontre, Elisa restera l’unique passion de Gustave au cours de sa vie et lui inspira "Les Mémoires d’un Fou" et fut aussi l’une des héroïnes de "l’Education Sentimentale". Avant de revenir au parking, flanez tranquilement sur le quai de la Tonque.