Au XIVe siècle, les Anglais conquièrent la Normandie à l'exception du Mont-Saint-Michel qu'ils tentent pourtant d'investir depuis le port de Genêts. En 1442, les défenseurs du Mont-Saint-Michel prennent le bastion et chassent les Anglais définitivement. Charles VII, ayant compris l'intérêt stratégique de Granville, décida d'en faire une ville fortifiée et signa en 1445 une charte octroyant armoiries et exemptant d'impôts les habitants. Sous Louis XIII, les fortifications sont modifiées pour tenir compte des progrès de l'artillerie. Au fil des siècles, Granville devient un important port morutier. À partir du règne de Louis XIV, les navires granvillais eurent le droit de pratiquer la course. Dès lors, entre soixante-dix et quatre-vingts bâtiments sont armés et Granville donne quinze amiraux à la France, dont le plus connu est Georges-René Pléville Le Pelley.
A partir des années 1850, la saison des bains attire des estivants toujours plus nombreux. En 1860, le premier casino en bois construit par l’ancien maire Méquin est inauguré. Durant trois mois, Granville, se transforme en un "quartier élégant de Paris". Ville de garnison et cité côtière fermant la baie du Mont-Saint-Michel, Granville a toujours été convoitée lors des conflits armés. Le 17 juin 1940, les Allemands entrent dans Granville. Dès le début, les Allemands construisirent des fortifications sur la pointe du Roc et interdisent l’accès au port. Le 20 mai 1942, un nouveau conseil municipal est installé par le préfet. Le 1er avril 1943, la totalité de la Haute-Ville doit être évacuée, des barrières et des barrages antichars en empêchent l’accès. L’hôtel Normandy est transformé en kommandantur et en antenne de la Gestapo.
Le plus préférable pour découvrir Granville s’est encore de se balader à pied dans les jolies ruelles de la cité, tant dans la partie basse que dans la partie haute de la ville. La Haute Ville constitue le site historique de Granville, il s'agit du quartier historique fortifié de la ville témoignant du riche passé militaire et portuaire de la cité corsaire. La construction et la reconstruction des fortifications s’étendront sur plusieurs siècles, tandis que le développement urbain s’opérera vers l’Est : modestes demeures, hôtels particuliers, dont les propriétaires arment les bateaux pour la Grande Pêche à Terre-Neuve ou pour les guerres de Courses, et qui feront notamment la prospérité de la Ville du XVIème siècle au XIXème siècle.
Vous trouverez un parking place Albert Godal, après avoir stationné votre véhicule dirigez-vous vers l'office de Tourisme Granville Terre et Mer, 2 Rue Lecampion. Vous y trouverez toutes les informations utile à votre visite. En sortant de l'office de tourisme, prendre à gauche la rue Saintonge, puis à droite la rue des corsaires, filez tout droit pour arriver dans la rue Georges Clemenceau. Montez l’escalier attenant aux remparts de la Haute Ville. Sur environ 450 mètres de long et une centaine de mètres de large, s'étendent les remparts. Longez les remparts côté mer en empruntant la promenade Charles VII.
Après le tunnel, remontez la rue du Nord à gauche sur 50 m et empruntez la rue des Platriers, puis la rue du Marché au Pain. En vous arrêtant, vous apercevez aussi bien les immeubles de rapports, dans lesquels les familles vivaient en appartement, que les hôtels particuliers du XVIIe et XVIIIe siècles. Le théâtre de la Haute-Ville fait l’angle avec la rue Notre Dame, que vous descendez. Le bâtiment du théâtre de la Haute-Ville, a été construit en 1821 sur les fondations de l’hôtel de l’amirauté est d’abord un tribunal de commerce. Le tribunal quitte la rue Notre-Dame et laisse sa place, en 1994, à une compagnie de théâtre : le théâtre de la Presqu'île, dirigée par Michel Vivier.
Prendre à droite rue Notre-Dame, que vous descendez jusqu'à la Place Cambernon, elle marque le cœur de la vieille ville. Quelques commerces subsistent ici mais il faut imaginer que tout le quartier était rempli d'échoppes jusqu'à la moitié du XXème siècle. On y trouve l’Espace Cambernon qui au cours des siècles fut tout d’abord une école d’hydrographie, puis une halle à poissons et enfin la bibliothèque municipale jusqu’en 1996. À l'angle de la rue Notre-Dame et la rue Cambernon, vous apercevez une plaque. Celle-ci a été révélée récemment par le Prince Albert II de Monaco en tant que descendant des comtes de Matignon.
Tournez à gauche sur la rue Cambernon, poursuivre jusqu'à la Grand'Porte et son pont-levis construit entre 1580 et 1640. La construction de ce pont levis était destinée à se protéger contre les attaques ennemies qui arrivaient souvent par la mer. Devant la Grand Porte, retournez-vous, traversez la rue et arrêtez-vous sur cette petite place face au pont-levis. Vous apercevez une plaque évoquant une "charte de franchise". La Grand Porte est également le témoin historique d' un épisode militaire-clé dans les Guerres de Vendées. À l'automne 1793, les armées royalistes sont en pleine "virée de galerne" suite à la défaite de Cholet. Au 14 novembre, elles tiennent le siège sur Granville afin de contrôler un port et de rallier les Anglais. Cette bataille voit s'affronter plus de 20 000 "blancs" face à 5 500 soldats "bleus" aidés par les civils réfugiés dans la place forte.
A proximité se trouve le Musée d'art et d'histoire de Granville, situé au 2 Rue Lecarpentier. Prenant place au-dessus de la Grand’Porte à pont levis qui donne accès à la vieille ville fortifiée, le Logis du Roi était à l'origine la résidence du Commandant de la Place, puis devint maison commune pendant la Révolution, d'où fut organisée notamment la défense de la place contre l'attaque des Vendéens en 1793. Après votre visite au Musée d'art et d'histoire, engagez-vous, juste avant cette porte, dans la rue du Midi qui monte à droite jusqu’à la Maison du Guet, et le parvis de l’église Notre-Dame du Cap Lihou. Vous passez alors au pied de la Maison du Guet. Cette charmante bâtisse fait partie intégrante de la silhouette de la citée fortifiée.
Le point de vue sur l'avant-port et le bassin à flots est tout-à-fait remarquable. Le port de Granville a été construit en granit de Chausey dès le XVIIIème siècle. Sur le plan du patrimoine historique, vous visiterez avec intérêt l'église Notre-Dame du Cap Lihou, faites en le tour par le sud en suivant le sentier qui la contourne. À l'intérieur, on découvre une église définitivement orientée vers la mer avec sa chapelle nord consacrée à la Vierge et sa chapelle sud consacrée à Saint-Clément ornée de remarquables ex-voto. Enfin, le tour du déambulatoire est absolument incontournable pour observer les magnifiques vitraux du maître-verrier Jacques Le Chevallier datant de la seconde moitié du XXe siècle.
Descendez les escaliers et tournez à gauche pour franchir la porte Saint-Jean. Vous vous trouvez à proximité des anciennes casernes de Granville ayant accueilli différents régiments d'infanterie jusqu'en 1984. Tournez à droite vers les remparts et longez les anciennes casernes. Témoin du passé militaire de Granville, l'ancienne caserne Bazeilles fut édifiée en 1752 sur des plans de Vauban. Profitez de la vue et des embruns, on aperçoit Chausey au loin, cet archipel aux milles nuances minérales. Du rempart nord, on contemple les îles Chausey et la côte jusqu’à la Pointe d’Agon et, du rempart du Midi, on devine la pointe de Carolles et la côte bretonne jusqu’au cap Fréhel. Poursuivez votre balade jusqu'à la Pointe du Roc.
La Pointe du Roc offre un cadre enchanteur et vous invite à une balade à la découverte de ce promontoire rocheux, anciennement dénommé Cap Lihou. Visitez quelques bunkers réhabilités situés sur la pointe, pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands ont investi les lieux et édifié une batterie afin d’en faire une vraie forteresse. Déambulez tranquillement vers la forge aux marins et la cabane aux clairons. A proximité, ne manquez pas de visitez "le Roc des curiosités, musée Aquarium". Ce musée propose un parcours dans un univers étonnant et poétique de spécimens et pièces rares, à travers des collections de coquillages, coraux, minéraux, insectes et papillons du monde entier, ainsi qu'un aquarium !
Après votre visite du musée descendez vers la Grande Jetée, pour découvrir le Corps de garde et ses latrines construit au XVIIIe siècle. Les corps de garde côtiers s'inscrivent parmi une série de constructions voulues par Sébastien Le Prestre de Vauban à la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle, pour surveiller et défendre les côtes. Au retour sur les quais, admirez le bassin de la forme de radoub. Curiosité du port, la forme de radoub est un équipement portuaire situé quai du Pan-Coupé. Achevant les travaux d'aménagement du port, ce bassin a été construit en 1887 pour l'entretien des terre-neuviers. Vous apercevez sans doute le Marité, dernier terre-neuvier en bois existant, témoignage du passé de la Grande Pêche.
Après la criée, longez les commerces et tournez à gauche juste avant le poste des Douanes, en face des filets de pêche. Empruntez le chemin "Rampe du Monte à regrets" pour rejoindre la rue des Juifs. Cette rue est l'accès traditionnel, emprunté autrefois par les charettes, pour atteindre le pied des remparts. On y apprécie son ambiance artistique entre galeries d'art, librairies, antiquaires et autres commerces donnant un charme tranquille à cette petite montée. Descendez cette rue d’ateliers d’artistes, sur votre gauche se trouve le Musée d'art moderne Richard Anacréon, autrefois couvent puis école, place de l'Isthme.
La Place de l'Isthme est divisée en deux parties séparées par un fossé datant du XIXème siècle. Le Musée se trouve sur la partie ouest de la place. La fameuse Tranchée aux Anglais, quant à elle, est visible de la partie est, lorsqu'on vient chatouiller les flèches du Casino. Les Anglais au XIV siècle obtiennent les terres en les achetant au seigneur local, Jean d’Argouges, et commencent par creuser une tranchée large de sept mètres, où se situe actuellement le casino. Cela permet alors de transformer Granville en île à chaque marée haute. De ce point de vue, on saisit toute l'importance de l'essor du tourisme balnéaire à Granville. Casino, hôtels ou anciens hôtels, digue-promenade, la promenade du Plat Gousset.
Si vous souhaitez poursuivre, offrez-vous une balade citadine entre basse-cour et haute couture. Engagez-vous dans la rue Georges Clemenceau sur votre droite, puis descendez la rue Paul Poirier et tournez à gauche sur la rue du Docteur Letourneur. Le marché couvert dans la rue Ernest Lefrant, a été inauguré en même temps que l’Hôtel des postes le 17 et 18 juillet 1937. Il est dû à l’architecte de la ville Monsieur Nillus et la décoration au sculpteur Guibourgé. Très rapidement, les Halles vont servir de lieux de distraction comme lors du bal d’ouverture du Carnaval, les étales étaient retirées pour laisser la place à un parquet. Des matchs de boxe y étaient aussi très souvent organisés.
Au bout de la rue Ernest Lefrant, empruntez le passage pour piétons en direction de la Poste. Poursuivez tout droit et remontez la rue du Commandant Yvon pour atteindre la rue Couraye. Prenez à droite pendant 20 m et engagez-vous à gauche dans la rue Charles Guillebot, qui vous mènera au parvis Saint-Paul. Longez le monument et prenez à gauche rue de la Corderie, rue Tardif, et descendez à gauche par le passage Gautier. Traversez la rue Couraye, poursuivre en face pour rejoindre le "chemin du Val-ès-Fleurs". Tournez à droite après l’ancienne voie ferrée, sur le boulevard Louis Dior, puis prenez à gauche.
Découvrez le parc du Val-ès-Fleurs, que vous longez. Il constitue, avec le jardin Christian Dior, et le square Marland l’un des trois parcs remarquables de Granville. Au bout de la ruelle, tournez à droite pour surplomber le parc. Rejoignez, en fond de vallon, le chemin des Moulins. Et montez l’escalier sur votre gauche pour atteindre le chemin de Choisel. Traversez et suivez à gauche l’avenue de la Libération. Au feu tricolore, engagez-vous à droite, rue d’Estouteville, puis traversez le jardin municipal Christian Dior. Le jardin Christian Dior a été conçu à l'origine par le couturier éponyme et sa mère, Madeleine Dior, qui vouait une véritable passion à l'art paysager. La propriété fut acquise par la famille Dior en 1906, puis revendue dans les années 1930, à la Ville de Granville qui en fit un jardin public, dès 1938. Recomposé sous l'impulsion de l'architecte-paysagiste Guillaume Pellerin, ce jardin situé au sommet d'une falaise dominant la mer, face aux îles Chausey et aux Anglo-Normandes, s'étend sur un hectare.
Le jardin Christian Dior constitue un véritable écrin de verdure pour la villa "Les Rhumbs", maison d'enfance du couturier aujourd'hui transformée en musée dédié à sa mémoire et son oeuvre. Découvrez par vous-même les couleurs, les formes et les parfums du jardin qui ont marqué pour toujours ce petit garçon qui deviendra un des plus grands noms de la haute-couture. A l'intérieur de la villa familiale, robes, tailleurs et accessoires de mode de la maison Dior sont visibles lors d’expositions thématiques.
Profitez du point de vue, et descendez l'escalier plongeant sur la mer. Suivre la promenade du Plat Gousset jusqu'au Casino. La promenade du Plat Gousset doit son nom à sa gratuité au XIXe siècle, ce qui permettait aux plus démunis de se promener le long de la plage même s’ils avaient le gousset plat. Le gousset est la montre qui se portait dans une petite poche dans la veste masculine et que sa présence témoignait de l’aisance de la personne qui la portait. La promenade payante était celle qui longeait le casino, elle était accessible que par les plus aisées.
Le casino de style Art nouveau et Art déco, a été construit entre 1910 et 1925 par l’architecte Auguste Bluysen. Avant d’avoir un bâtiment en dur comme aujourd'hui, le Casino de Granville, n’était non pas un lieu où on jouait de l’argent mais plutôt un établissement pour les baigneurs, un lieu de conversation et aussi pour chauffer son bouillon et le linge, c'était une cabine en bois montée en début de saison et démontée en fin de saison. Revenez vers votre parking.