La Basilique Notre-dame possède trois merveilles qui méritent amplement une visite lors de votre passage dans Alençon : son porche en gothique flamboyant, sa voûte qui rappelle le style anglais et ses onze verrières Renaissance. On peut scinder le corps extérieur de l'édifice en deux parties bien distinctes : d'abord la nef et le porche, datés de la fin du XVe siècle et du début du XVIe. Ces deux éléments constituent le joyau de l'architecture de la basilique. Ensuite vient la partie orientale : transept, chœur, clocher, reconstruite au milieu du XVIIIe siècle après l'incendie de 1744 provoqué par la foudre.
Son portail gothique flamboyant est souvent comparé à de la dentelle, en référence au savoir-faire local. Construit sur un plan trapézoïdal, ce porche flamboyant présente un original fronton : sept personnages sont symétriquement disposés évoquant "La Transfiguration", rarement représenté. Jean tourne le dos au peuple de la rue. Il lève la tête vers le Christ entouré de Moïse et Elie. Le flanc sud de la nef est serré par des maisons d'habitation et de commerce, n'est guère accessible aux visiteurs. Et ceci depuis l'origine. Seul le flanc nord, depuis la place de la Magdeleine, s'offre à la photographie. Selon un processus habituel, la nef a d'abord été bâtie sans chapelle. Le corps central, surmonté d'une voûte de pierre, était soutenu par une série d'arcs-boutants que rien ne reliait entre eux. Les chapelles ont été ajoutées dès la fin du XVe siècle au gré des grandes familles d'Alençon : posséder une chapelle privée, c'était entretenir son statut social. Pour ce faire, on abattait le mur gouttereau entre les arcs-boutants au niveau de la travée de la future chapelle. Puis on élevait les côtés et on voûtait selon des règles uniformes imposées par le chapitre. Cet ajout architectural pouvait n'intervenir que plusieurs décennies après l'élévation de la nef.
La façade contraste avec le chœur et le clocher. En Aout 1744, le transept, le chœur et la tour de croisée sont incendiés et détruits. Ils sont rebâtis entre 1745 et 1762 par l’ingénieur de la Généralité d’Alençon, Jean-Rodolphe Perronet (1708-1794), célèbre pour la construction de ses Ponts et Chaussées.
Jehan Lemoyne dote également la nef du XVème siècle, d’une voute en forme d’étoile, ornée de sculptures de chimères, de monstres ou de plantes. L’église devient une parfaite illustration de style gothique flamboyant, caractéristique de Normandie du Moyen-Age finissant.
Parmi les merveilles de la Basilique Notre-dame, les verrières nord et sud des fenêtres hautes de la nef. Les onze verrières du XVI siècle sont des témoins incomparables de l’art des peintres-verriers de la Renaissance. Les vitraux de l'église ont connu bien des malheurs. Au cours des siècles, elles ont subi maintes restaurations qui nous ont permis de conserver ce patrimoine. Elles furent mises à l’abri pendant la deuxième guerre mondiale. Ces vitraux racontent de nombreux faits religieux qui ont marqués la basilique d'Alençon ou ont tout simplement marqués le christianisme.
La Basilique Notre-dame contient de nombreux vitraux mettant en avant la vie de nombreux épisodes de la vie de Marie connues par les évangiles ou encore racontés par la Bible. Un des vitrail les plus connus dans cette basilique est le vitrail représentant le mariage de la vierge. On peut voir dans ce vitrail une cérémonie ou plusieurs hommes et une seule femme sont présentent. Le vitrail représentant le souffle créateur est aussi très célèbre. Un des autres grand vitrail est le vitrail représentant la création, un vitrail ou l'on voit donc Adam et Eve avec un pommier a l'arrière plan. On peut voir également un vitrail de Louis Barillet qui rappelle le baptême de Thérèse Martin , la future sainte Thérèse dans la basilique d'Alençon.
Les cinq verrières côté Nord illustrent des récits bibliques fondamentaux dans l’Histoire du Salut ; la Création, la Faute Originelle, le Sacrifice d’Abraham, le Passage de la Mer Rouge et le cycle de Moïse et le Serpent d’airain (1543). Celles du Sud présentent des épisodes de la vie de Marie connus par les évangiles ou racontés dans la Légende Dorée : la Présentation de la Vierge au Temple, le mariage de la Vierge, la Vierge de Pitié, l’Annonciation et la Visitation, la Dormition et l’Assomption.
Dominant le buffet des grandes orgues (1540), en façade ouest un grand Arbre de Jessé fut offert en 1511 par la confrérie Notre-Dame de l’Angevine qui regroupait les professions du cuir. Un cartouche, au bas de la fenêtre, présente la Nativité de la Vierge.
Avec ses colonnes et sa gloire, l’autel majeur a été offert au XVIIIe siècle par l’intendant d’Alençon,après la reconstruction du chœur. A la même époque, on a installé les fonts baptismaux dans la première chapelle nord. Au-dessus de l’autel, la sculpture monumentale représente l’Assomption de Marie. Elle remplace une Vierge de Pitié détruite à la Révolution.
La chaire présente les particularités d’être une cuve en pierre sculptée, et d’être accessible par un escalier creusé dans un pilier. Comme la plupart des vitraux des fenêtres hautes de la nef, elle fut réalisée à l’époque du gouvernement du duché par Marguerite de Navarre, soeur du roi de France François Ier. Par son programme iconographique, cette chaire témoigne de la redécouverte évangélique de la Renaissance, à un moment de riches débats théologiques qui conduiront certains à la Réforme.
La Basilique Notre-dame d’Alençon reste célèbre pour avoir été le lieu de mariage le 13 juillet 1858 de Louis et Zélie Martin, parents de Sainte Thérèse de Lisieux, le 13 Juillet 1858 à minuit. Leur fille Marie-Françoise Thérèse, future sainte Thérèse de Lisieux y a reçu le sacrement du baptême le 4 janvier 1873, deux jours après sa naissance. Il est encore possible aujourd’hui de voir le baptistère ainsi que sa robe de cette cérémonie exposée dans l'église, entourée de nombreux ex-voto.
Après la béatification du couple Martin le 19 octobre 2008 à Lisieux, des pèlerinages se rendent de plus en plus nombreux en cette église Notre-dame. C'est ainsi que l'église Notre-Dame d'Alençon a été officiellement érigée en basilique mineure par le pape Benoît XVI, le 10 août 20092. Quant à Louis et Zélie Martin, ils ont été canonisés le 18 octobre 2015 par le pape François. La ville d'Alençon, fait partie de l'association des villes-sanctuaires, comme Lourdes ou Chartres ou Lisieux et les touristes en quête de spiritualité affluent. La maison des parents de la sainte est l'une des étapes incontournables du circuit du petit train que la ville d'Alençon. La béatification des parents et la cathédrale, devenue basilique en 2009, ont donné un coup de projecteur sur l'histoire religieuse de la ville.
Notre-Dame, basilique ou cathédrale... Mais quelle est la différence entre église et basilique ?
Cathédrale, basilique, chapelle, abbatiale, prieurale, collégiale… toutes sont des églises dédiées à la célébration du culte. La taille de la ville ou de la bâtisse ne décide en rien le titre d’une église. La cathédrale, c’est l’église principale d’un diocèse, dans laquelle réside l’évêque. On y trouve le "cathèdre", siège de l’évêque. En revanche, la basilique est une église bien particulière : elle obtient son titre uniquement par décision du Pape parce qu’elle est construite sur le tombeau d’un Saint, en contient les reliques, et/ou parce que le lieu fait l’objet d’un pèlerinage, ce qui est le cas ici.
Pour Alençon, c’est la deuxième circonstance qui a joué avec sainte Thérèse et ses parents Louis et Zélie Martin, béatifiés en 2008 et canonisés en 2015. L’élévation de l’église Notre-Dame d’Alençon au rang de basilique a eu lieu en 2009 par le pape Benoît XVI à la suite d’une demande de l’abbé Thierry Hénault-Morel, aujourd’hui curé de la commune de Domfront.