Longtemps dénommée Domfront-en-Passais, cette ville est une forteresse des XIe et XIIe siècles. Surplombant de 80 mètres la Varenne, elle est la porte d’entrée vers les bocages du Passais. La région de Domfront, que l'on appelle le Passais, n'appartenait pas encore à la Normandie après les trois concessions de 911, 924 et 933. La première fortification du site de Domfront fut érigée au XIe siècle sous le règne de la seigneurerie de Bellême. En 1049, Guillaume le Conquérant occupa Domfront et le Domfrontais fut incorporé à la Normandie. Puis les seigneurs de Bellême revinrent pour être finalement chassés par les habitants de la ville. Au XIIe siècle, Domfront, sous le règne des rois anglo-normands, devint la possession personnelle d’Henri 1er Beauclerc qui entreprit en 1123 une campagne de fortifications sur la frontière méridionale de la Normandie.
En 1152, Henri II épousa Aliénor d’Aquitaine qui reçut Domfront en douaire. Celle-ci donna naissance à une fille prénommée également Aliénor qui fut baptisée à Domfront, soit à l’église Notre-Dame-sur-l’Eau, soit au prieuré Saint-Symphorien, dans l’enceinte du château. Celle-ci fut la mère de Blanche de Castille et donc la grand-mère de Saint Louis. Après la conquête de la Normandie par Philippe Auguste en 1204, la place forte devient capétienne. Le 21 juin 1608, sur l’ordre du roi Henri IV, le château de Domfront fut démantelé. On peut voir encore actuellement d’énormes débris éparpillés autour du château, résultat du minage. Du Moyen-Âge au XXe siècle, Domfront a traversé toutes les époques. Domfront est maintenant une paisible cité !
Ville frontière et halte sur l’ancienne route de Paris au Mont-Saint-Michel, Domfront domine l’horizon bocager de toute sa superbe. Construite sur un promontoire de grès culminant à 211 mètres d’altitude et dominant la cluse de la Varenne, Domfront, petite cité médiévale, présente un ensemble unique dans le bocage ornais. À première vue, le bocage Domfrontais offre un paysage d’eau : la Varenne, l’Égrenne et la Mayenne drainent ce pays en formant de fort bucoliques vallées où la randonnée est reine.
Le cœur de "petite cité de caractère" fort joliment rénové est un exemple d’architecture urbaine du Moyen-Âge. Son centre ancien se délimite par une enceinte dont subsiste 13 des 24 tours originelles. La cité médiévale présente un plan serré avec un mur de protection jalonné de tours, des ruelles pavées, des cours et des hôtels particuliers sans oublier de nombreuses maisons en colombage. Découvrez à votre rythme les charmes multiple de Domfront.
Après avoir stationné votre véhicule, rejoignez directement l'office du Tourisme du Pays de Domfront, situé place de la Roirie, afin de vous documentez sur le déroulement de votre visite. Au Moyen-âge, sur cette place de la Roirie, ce trouvait les halles pour le marché aux grains. On y trouve depuis 1847 l’Hôtel de Ville, sur l’emplacemement du couvent St-Antoine. L'Hôtel de Ville est installée dans un vaste édifice, autrement tenu par une communauté religieuse. Entre les deux rues, se trouve l’hôtel particulier Barré de Jumilly, datant du XVIIe siècle. En général, ces nobles qui vivaient principalement des rentes de leurs propriétés avaient également des pied-à-terre dans la cité médiévale qu’on appelle des hôtels particuliers comme celui de la place de la Roirie ayant appartenu à Barré de Jumilly.
Commencez votre balade par le Château de Domfront, bâti sur un éperon de grès armoricain forme un site de défense remarquable. Le château fut pendant plusieurs siècles l'une des plus puissantes forteresses de France. Ce château dont on peut visiter les grands vestiges date de la charnière XIe-XIIe siècle et fut construit par Henri 1er Beauclerc, seigneur de Domfront et aussi roi d'Angleterre. Il s'agit aujourd'hui d'un ensemble de ruines s'étendant sur plus d'un hectare. Les murailles les plus impressionnantes sont celles du donjon, dont il subsiste deux hauts pans de murs de plus de 4 m d'épaisseur à leur base. Comme bien d’autres forteresses, le château a été démantelé à partir de 1610 sur ordre de Sully. La chapelle fortifiée romane en croix latine, Saint-Symphorien, prieuré de l’Abbaye de Lonlay jusqu'à la Révolution, a été construite vers 1090-1100. Elle fut ruinée probablement à la suite de la destruction du château en 1610. Les ruines du château s'élèvent dans un parc public, et sont donc libres d'accès.
Engagez-vous dans la rue Saint-Julien, anciennement rue Froide. Sur la droite, se trouve une maison de marchand à pans de bois avec un léger encorbellement et une inscription dessus : MDXV (1515). Traversez la place Saint-Julien, sur cette place se dressait la première église Saint-Julien, détruite en 1744. Par la suite, c’est ici que se tenait le marché aux fruits, légumes et fleurs. On peut y découvrir une belle maison à pans de bois : le Bistrot Saint-Julien.
Poursuivre dans la rue du Docteur Barrabé, ancienne rue principale au Moyen-âge, son nom actuel rend hommage au maire de Domfront (1888-1910), à qui l’on doit notamment l’eau courante et le téléphone à domicile. Au n°18 bis, noter le linteau armorié. Prendre à droite la rue de la Poissonnerie, à l’angle de cette rue, on peut observer une façade en essentage ; bardeaux de bois en façade qui protègent le torchis. Vous voici sur la place du Panorama, appelée ainsi pour son panorama qu’elle offre sur la campagne bocagère. Les bombardements alliés du 14 juin 1944 ont détruit les quelques habitations bâties à cet endroit. La tour carrée que vous pouvez voir rue Clément Bigot, anciennement rue Tripière, est une tour d’escalier.
Prendre la direction de l'église Saint-Julien, tout à fait originale et implantée au cœur de la cité médiévale, l’église Saint Julien a été construite en 1924 et 1926 selon une architecture révolutionnaire, tout en béton armé dans un style alliant Art Déco et style Néo-byzantin. Son clocher domine toute la cité, du haut duquel s’offre une vue remarquable. Cette église a fait l’objet d’un vaste programme de restauration qui permet aujourd’hui de découvrir une riche décoration intérieure due à Gaudin avec de formidables mosaïques aux formes géométriques de couleurs or et bleues. L'orgue a été installé par le facteur Gloton, de Nantes, en 1931.
En sortant de l'église, rejoignez directement la Cour Marie du Rocher, elle fait le lien entre la rue Saint-Julien et la Rue Docteur-Barrabé. Joliment pavée et entièrement restaurée, la cour Marie-du-Rocher fait partie de ces lieux à visiter incontestablement. Ce passage conduit également à l’ancien hôtel particulier de la famille Marie du Rocher, sans doute construit au début du XVIIe siècle dont tous les appuis de fenêtres sont moulurés. On peut y admirer également la tour d’escalier circulaire de l’hôtel Roullin-Martinière.
Au 38 rue du Docteur Barrabé, la Maison du Tailleur est une maison à pans de bois du XVIe siècle à encorbellement ; étage surplombant le rez-de-chaussée et son étal en bois. Au n°48, cette demeure appartenant au Vicomte au XVIIe siècle avec une façade en faux colombage. Vous trouverez une autre maison en granite, visible derrière depuis la rue des Fossés Plisson. A noter, les boules de noblesse sur les cheminées. Continuez dans la Grande rue, face au restaurant portant le même nom, se trouve une échauguette en ardoise qui permettait de guetter la Grande rue pour les gouverneurs de la ville.
Continuez vers la rue du maréchal Joffre, puis prendre à gauche la rue du chêne vert jusqu'à la place du Champ de Foire, vaste terrain rocailleux, voyait le marché aux bêtes, notamment les chevaux. Au nord, le lycée Chevalier, fondé en 1689, est un des plus anciens établissements scolaires normands. A côté, sa chapelle, bâtie en 1730, a été transformée en théâtre. Sa façade actuelle, qui date de 1904, a été restaurée. Profitez du beau panorama. Prendre la rue de Godras. Sur votre droite, deux tours d’un ouvrage avancé formaient les barbacanes. Dans la rue, l’arrière du Pavillon de Boudé, seul bâtiment subsistant du château de Godras, demeure des gouverneurs de Domfront du XVIe au XVIIIe siècle.
Au bout de la rue de Godras, tournez à droite vers la place de la Liberté où se trouve le Palais de Justice, construit au milieu du XIXème siècle quand Domfront était sous-préfecture, aujourd’hui inactif. Poursuivre dans la rue du Maréchal de Matignon. Cette rue dispose d’un caniveau central et de chasse-roues, comme au Moyenâge. Son nom provient du maréchal de l’armée royale qui captura le chef protestant Gabriel de Montgommery à Domfront en 1574. Tournez à droite dans la rue de la Poterne. Il ne reste qu’une tour de la Poterne qui permettait de rentrer par le nord dans la cité médiévale. Il y avait 5 autres portes : d’Alençon, de Normandie, du Château, de la Brière et Cadin.
Suivre la rue des barbacannes, un peu plus bas sur la droite, on peut apercevoir le rempart de la ville au sommet duquel subsiste une série de corbeaux. Prendre à droite la rue des Fossés Plisson. L’unique tour de la Porte d’Alençon qui subsiste aujourd’hui domine l’entrée de la Grande Rue par laquelle on pénètre dans la cité médiévale. C’est au sud que les tours sont les plus nombreuses. A proximité, la Tour Chemineau est partiellement arasée, elle a perdu tout aspect défensif. Toujours dans la rue des Fossés Plisson, la Tour Patry-Heuzé est également sévèrement arasée, il n’en reste que la base. Elle est à peine visible depuis la rue.
Après le croissement de la rue du Palais de justice, prendre tout droite. Vous trouverez la Tour Bigeon. Bien conservée, on distingue encore quelques corbeaux sous le toit. A la base, les murs dépassent 2,5 mètres d’épaisseur. La Tour Coroller est la mieux conservée, elle possède encore ses mâchicoulis. A gauche, la façade de l’hôtel particulier Coroller date du XVIIe siècle. La Tour Lafaye a conservé ses corbeaux mais pas ses mâchicoulis. On peut remarquer un certain nombre de meurtrières. Et enfin, la Tour Guérin-Leriverain, dernière les tours sur la face sud, sont écrêtées.
Prendre sur votre gauche la rue du Pavé et la rue Notre-Dame en direction de l'Eglise Notre-Dame-sur-l'Eau. Au pied de la forteresse, l'église Notre-Dame-sur-l'Eau est posée à proximité d'un ancien gué sur la Varenne. Il s'agissait à l'origine du sanctuaire de la paroisse de Domfront. Ce joyau de l'art roman normand, a reçu des hôtes célèbres comme Louis IX et Louis XI en pèlerinage vers le Mont Saint Michel mais aussi Thomas Beckett, archevêque de Canterburry, où encore Henri II Plantagenêt qui fit baptiser sa fille Aliénor d'Angleterre en 1162. L'église Notre-Dame date probablement de la seconde moitié du XIe siècle, bâtie par le fondateur du château. Elle doit son nom à sa situation en bordure d'un gué de la Varenne.