Adossé à la forêt de Bellême, La Perrière a longtemps vécu des différents métiers liés à l’exploitation du bois : bûcheron, scieur de long, charpentier, menuisier, tonnelier, sabotier… De 1850 à 1950, La Perrière a été également le haut lieu d’expression d’une technique artisanale remarquable, le filet. Le village ne connut pas moins de trois fabriques de grande renommée, qui employaient nombre de « filetières à domicile » dans tout le Perche: les maisons Hervieux, Husset et Reine.
Prenez le temps de déambuler au gré des nombreuses ruelles de La Perrière qui dévoilent de belles et imposantes bâtisses, des maisons aux façades colorées dont la pierre de roussard donne un charme si particulier. Le nom de La Perrière vient du latin "petraria" désignant une carrière de pierre. Le village est construit sur un éperon, promontoire calcaire majoritairement recouvert de sables pour partie agglomérés en gros blocs d’un grès ferrugineux rouge sombre communément appelé "grison" ou "pierre de roussard". C’est cette pierre qui est utilisée ici pour la construction de la plupart des maisons, parfois en alternance avec le calcaire dans un but décoratif. On retrouve ce matériau à l'ouest de la "Petite cité de caractère", sur le site de L'Eperon. Ce site marque une rupture paysagère entre la plaine de Mamers et le relief bosselé du Perche. Cet endroit offre une vue remarquable sur les collines et sur la forêt de Bellême.
Après avoir stationné votre véhicule, dirigez-vous vers l'office de tourisme situé rue de la Juiverie, de la petite cité typiques du Perche. Une fois avoir récupérer un maximum d'information pour votre visite prendre la direction de la Maison d’Horbé, sur la grande place. Les rampants de pignon et du logis principal, en pierre de taille, sont caractéristiques du XVIème siècle. La glycine plantée en 1850, visible sur l’aile ouest, est une des plus anciennes du Perche. L'ensemble de ces bâtiments occupé aujourd’hui par le Relais d’Horbé et la Maison Charles Husset, etait constitué autrefois en un seul et même ensemble. On y fabriquait du filet et des broderies essentiellement pour l’ameublement. Paul Poiret, grand couturier parisien de la Belle Epoque passait commande à la Maison Charles Husset.
Le filet à fait la renommée de La Perrière entre 1850 et 1950.En 1862, sur le canton de Bellême 17 marchands employaient 2000 ouvrières. Le village comptait 3 fabriques de filet : maisons Husset, Hervieux et Reine. Ces maisons employaient des filetières qui travaillaient à domicile. Il n’était pas rare de voir les filetières travailler sur le pas de leur porte. Installées devant un guéridon rond sur lequel était fixé l’ouvrage elles manipulaient la navette gonflée de fil blanc Elles travaillent souvent en groupe. Le filet était surtout utilisé pour la décoration intérieure et pour le prêt-à-porter. Mais c’est surtout le filet perlé enrichi de perles en verre, en jais ou en bois et de paillettes qui faisait la renommée du village.
Engagez-vous dans la Grande rue, sur votre droite le "Logis de Mauré". Ce logis, abusivement appelé « Prieuré », fut construit au XVIe siècle par la famille de Mauré qui détenait la seigneurie d’Orignyle-Roux. A l’arrière, un tourelle coiffée en poivrière abrite un escalier en colimaçon desservant les différents étages du logis. Poursuivre dans cette rue, sur votre gauche se trouve le "Logis de l’Evêque". Beaucoup plus haute qu’elle ne l’est aujourd’hui la couverture d’origine fut probablement dérasée à la même époque. Aux angles nord et sud de la façade est, deux tourelles reposant sur un double rang de mâchicoulis confèrent à cette demeure un aspect défensif accentué par la présence de part et d’autre du porche d’entrée daté de 1636 de deux pavillons édifiés sur un plan bastionné.
Selon la tradition locale, c’est à cet emplacement que naquit en 1280 Guillaume Mauger, évêque du diocèse de Sées, dont la résidence aurait-été détruite par les anglais au XVe siècle. Le logis actuel fut construit dans la première moitié du XVIIe siècle. par la prestigieuse famille de Fontenay. Celui-ci affectait un plan en T dont l’aile arrière, en retour d’équerre, fut démolie au XIXe siècle. Le relais de poste était adossé au mur d’enceinte du Logis de
l’Évêque. Cette maison aujourd’hui lotie en deux propriétés constitue un bel exemple d’architecture villageoise du XVIIIe siècle. Une tour carrée vient marqué l’angle nord-ouest de l’enceinte du Logis dit de l’Evêque. La tradition veut qu’elle ait autrefois fait office, en sa partie basse, de cachot, d’où son surnom : la "Prison". A proximité, les anciennes écoles, c’est ici que se tenaient, de 1842 à 1934, les anciennes écoles du village. Le jardin actuel était divisé par un mur séparant l’école des filles de celle des garçons. L’étage comprenait les logements respectifs de l’instituteur et de l’institutrice.
Continuez vers le quartier de Vaugeley, le Manoir Vaugeley a la particularité de se compose de deux logis. Le centre de la cour est encore occupé par le manoir initial ajouré de baies caractéristiques du XVe siècle. Celui-ci fut transformé en grange au XVIIIème s. Le second logis date quant à lui du XVIIème s. Le porche est un élément remarquable. Détruit en 1913, lors de l’aménagement de la route, il a été reconstruit en 2008. Revenez sur vos pas, puis prendre sur votre gauche la rue de l'église. Profitez du panorama avant de visiter l'église Notre-Dame du Rosaire. Réservée aux seigneurs elle était rattachée à l’ancienne paroisse du village de Saint-Hilaire-de-Soisay. La reine Blanche de Castille serait venue avec Saint-Louis y faire leurs dévotions lors du siège de Bellême.
Agrandie et modifié à plusieurs reprises depuis le XIIe siècle. et jusqu’en 1902, l'église Notre-Dame du Rosaire était à l’origine la chapelle du château fort. Le clocher actuel repose sur la base d’une tour de défense de l’ancienne cité. La tour a conservé sa vocation défensive. A l’arrière du clocher, sous l’horloge, on deux meurtrières sont visibles. Sur le mur opposé du clocher on peut encore voir l’ancien porche roman. A gauche se trouve un petit cadran canonial. Il permet d’indiquer les heures des prières.
Poursuivre votre balade en direction du cimetière implanté sur les restes de l’ancien site du château. Le village de La Perrière était une cité fortifiée dominée par un château, détruit au début du XVème s. par les troupes anglaises. L’éperon était barré par des talus de terre sur lesquels étaient édifiés une palissade en bois ou des remparts en pierre. Si l’enceinte a aujourd’hui disparu, les talus des fortification sont visibles en contrebas de l’Eperon. Le N°10-b correspond à l’emplacement d’une ancienne tour de guet.
Le cimetière primitif de la "Petite cité de caractère" s’étendait alors au pied de la façade sud, l’emplacement de l’ancienne barbacane du château - le cimetière actuel, est transformé en pré qui devient au XVe siècle la propriété d’une "Fabrique", conseil de clercs et de laïcs chargés de gérer les revenus affectés aux travaux de l’église. Vers 1850, les dimensions réduites du cimetière imposent le déplacement de celui-ci dans le pré au nord-ouest de l’église, sur le site de l’ancien château. Délimité par un muret de grès, il n’occupe pas toute la place, l’autre partie au nord devant le presbytère est conservée en l’état.
Un sentier, souligné par des pins laricio, contourne le cimetière. Il permet de se promener le long de la corniche. A l’extrémité du village, le site de l’Eperon, ici et là, à travers les arbres, vous pourrez profiter de remarquables panoramas sur les départements de l’Orne et de la Sarthe: le bois de Clinchamps, la forêt de Perseigne... Après cette promenade bucolique, revenez sur la rue de l'église. Sur votre gauche, la Maison du Rosaire construite à l’initiative de la confrérie religieuse du Rosaire, établie dans le Perche à partir du XVe siècle, afin de servir d’habitation au chapelain de la chapelle du Rosaire. Elle sera largement remaniée au XVIIe siècle. Dans ses caves est encore visible l’entrée d’un sous-terrain qui aurait été relié à l’ancien donjon du château.
En face de la Maison du Rosaire, le Presbytère. Selon la tradition locale, Marguerite de Navarre (1492—1549), sœur de François Ier et comtesse du Perche, fit construire sur ce site une maison dans laquelle elle résida. Le logis actuel repose sur l’ancien château fort, il date du XVIIIe siècle et les piliers de son porche portent encore chacun une fleur de lys, étonnamment épargnées par la Révolution... Le presbytère a été transformé dernièrement en gîte rural communal.
A l’extrémité de la rue Notre-Dame s’ouvre un point de vue remarquable sur sa tour de guet du château de Montimer, vraisemblablement élevée par les anglais après la destruction de la forteresse entre 1429 et 1450. Une étoile de David datée de 1581 est gravée au fronton d’une fenêtre de ce manoir, cartellisé à la fin du siècle dernier. Il est relié au bourg par la rue de Juiverie ainsi nommée parce que des prêteurs sur gages de confession israélite s’y établirent au cours du Moyen-âge. Cette activité, alors interdite aux chrétiens et soumise à de forts impôts, privait ceux qui l’exerçait du "droit de cité".
Suivre la rue Notre-Dame, passez devant l'ancien collège Jean Dadré. Jean Dadré, chanoine et théologien célèbre né à La Perrière en 1550, fonda cet établissement en 1607. le bâtiment repose sur des caves et maçonneries de l’ancienne forteresse. Tournez à droite dans la rue de l'Huilerie. Les noms "huilerie", "puante" et "sale" témoignent de l’existence, par le passé, d’une fabrique d’huile de lin dans le bourg de La Perrière, activité aux déchets poisseux et odorants. Tournez à gauche dans la rue sale, puis engagez-vous dans la rue puante.
Vous voici devant "la Grange" construite à la fin du XVIe siècle par le théologien Jean Dadré, vicaire général de Rouean, ce logis fut habité durant deux siècle par les de Fontenay, illustre famille, qui compta dans ses rangs au XVIIe siècle un gouverneur du Perche. Le porche monumental en pierre de grison ferme la cour d’accès au corps de logis, qu’augmente une tour carrée à échauguettes et une galerie ouverte dont les arcades en anse de panier sont portées par des piliers octogones. Remarquez les sculptures au bas des rampants représentant un lion et un sphinx ailé.
Prendre le chemin de la petite grange, jusqu'au site de l’usine Dreux. En 1937, Gaston Dreux, implante son usine qui a employé jusqu’à 500 personnes. Elle produisait des parquets, des bungalows et des maisons à ossature bois, ce qui pour l’époque était avantgardiste. L’usine a définitivement fermé ses portes en 1989. Suivre la rue de la Juiverie, sur votre gauche l'ancienne maison Hervieux. Dans cette maison siégeait la "Maison Hervieux", fabricant de filets unis et bordés. Prendre sur votre gauche, en direction de la place du jeu de boule. Entre deux beaux jolis point de vues, admirez la Villa "Les Hortensias".
Cette villa "Les Hortensias" fut construite dans le premier quart du XXe siècle par un riche américain, Louis Howland, représentant du fisc américain à Paris. C’est le fils d’Hortense Howland, grande mondaine parisienne de la fin du XIXe siècle, célèbre en son temps, et amie intime de nombreux artistes tel qu’Edgard Degas, Gustave Moreau, Guy de Maupassant ou encore Marcel Proust. C’est en l’honneur de sa mère qu’il nomme la villa les
"Hortensias". A la mort d’Hortense en 1920, celle-ci fut enterrée au cimetière de La Perrière à la demande de son fils Louis, qui repose à ses côtés. L’architecture atypique de la villa s’inspire du style méditerranéen, Howland ayant vécu de nombreuses années à Tanger.
Revenez sur la rue de la Juiverie, prendre à gauche, puis de nouveau à gauche au niveau de l'office de tourisme jusqu'à la Ferme dite de la Croix. On peut distinguer, sur la croix cette inscriptions : « cette croix fut faite en l’an 1619, mon Sieur de la Croix estant de ce lieu seigneur. Priez Dieu pour les donateurs ». De hauts piliers en pierre de grison déterminent l’entrée vers le bâtiment principal, dont la façade présente un cadran solaire portant l’inscription « Fait par Marguerite Orgius de Marolles, 1804 ». Un second porche ouvre sur la rue de la Juiverie, rehaussé par un écusson datant de 1649.
Déambulez vers l'ancienne mairie-école. Le groupe scolaire et la Mairie ont été inaugurés le 8 juillet 1934. Les plans ont été réalisés par M. Poupin. L’école de La Perrière à fermé ses portes en 2008, date à laquelle elle a été transférée à Pervenchères. En quittant le village, faîtes un crochet par le château de Monthimer du XVe siècle, le hameau de Bouvigny, les chemins de la forêt de Bellême ou bien encore le manoir de Soisay ouvert à la visite en été.
Isolée devant le château de Monthimer, la tour circulaire est couronnée d'une galerie de mâchicoulis. Au rez-de-chaussée, une porte flamboyante est datée de 1506, mais la tour est antérieure. L'accès primitif se trouvait au premier étage, avec une poterne à pont-levis. A l'intérieur, la tour est carrée. Un escalier à vis hélicoïdal, sans noyau central, desservait les étages. A l'ouest se trouvent les niches de guet, et des meurtrières s'ouvrent aux angles sud-ouest et nord-ouest. La charpente porte la date de 1742.