Le Sap s'est donc développé à la fin du XIe siècle autour du Fort Montpellier dont les importants vestiges sont encore visibles. Il subsiste encore les traces du grand fossé qui suit le tracé d’une partie des douves, un reliquat du mur d’enceinte et deux lieux dits. Miraculeusement épargné lors des batailles de Normandie, le village du Sap semble tout droit surgi d'une nouvelle de Maupassant, avec ses ruelles et ses passages pavés débouchant sur des cours insoupçonnées, ses maisons anciennes à pans de bois, et les façades de brique rouge de ses belles demeures bourgeoises...
Garez votre voiture sur la Place du Marché et allez vous perdre dans les ruelles, vous y découvrirez des trésors d'architecture ! La commune compte plusieurs maisons typiques en briques rouges et de belles demeures à colombages et pans de bois, construites entre le XVIIe et le XIXe siècle. La rousseur dorée de ses façades de briques et l’esprit médiéval de ses maisons à pans de bois ont permis à ce charmant village de conserver son cachet d’antan.
Sur la place centrale du Sap trône une Halle aux grains toute en brique. Ancienne salle d'audience de la vicomté, prison et halle aux grains : en 1836, le nouveau bâtiment en brique enduite est achevé, sur les plans de Lefèvre, entrepreneur du Bosc-Renoult, et comprend marché couvert, corps de garde et prison au rez-de-chaussée, halle des fils et lin, école et mairie à l'étage, à laquelle on accède par un escalier droit situé dans la cour centrale. Les deux maisons conservées à droite ont reçu des façades harmonisées avec le portique.
Engagez-vous dans la rue de la Vérette, puis dans l'impasse du Fort. "Fort Montpellier" etait le nom porté par l'ancien château féodal du Sap depuis 1153, en raison de la présence, à cette époque, du Comte de Montpellier, à qui Henri II Plantagenêt avait confié le gouvernement de ce château fort en remerciement des services qu'il avait rendu. Il se situait autrefois sur une île formée par les deux bras de la Vérette. Cet aspect insulaire est encore visible dans la rue du Bois Bénard.
De ce côté, il est protégé par une sorte d'éperon terminé par une tourelle ronde découronnée. Démolie vers 1380 et après de multiples vicissitudes, la forteresse a été remplacée vers 1450 par un simple corps de logis à toit élevé dont seuls les pignons sont en pierre, l'un d'eux pouvant être un vestige du donjon. Le reste de l'édifice est en colombage avec de petits encorbellements. Le côté occidental est protégé par des ardoises.
Prendre à droite la rue du Bois Biquet, puis de nouveau à droite dans la rue Boudin, au bout de cette rue, vous voici au Grand Fossé. Le Grand Fossé est le ruisseau qui s'écoule dans le village. Autrefois, le Grand Fossé servait de retranchement qui protégeait la place forte du Sap. Poursuivre dans la rue Nicolas Lesieur, sur votre gauche les édifices accueillirent la gendarmerie au début du XIXe siècle. Une partie de l'édifice etait une écurie et une remise. Les logements furent démolis et reconstruits dans les années 1830 avec une façade en briques avec des pilastres. Au n°8 de la rue Nicolas Lesieur, admirez la Maison en colombages du XVIe ou XVIIe siècle. C'est une des dernières maisons qui ne fut pas reconstruite en briques au XIXe siècle. Elle est, peut-être, la dernière maison originelle de Sap-en-Auge.
Continuez votre parcours sur votre gauche dans la rue Hono jusqu'à la place de l'église. L'église Saint-Pierre est un bel exemple d'église du pays d'Ouche, avec les motifs en damier de la nef du XVIe siècle et le choeur du XVIIe siècle qui mêlent marne, silex et grison. L'édifice tel qu'il se présente aujourd'hui date essentiellement des XIIIe et XVIIe siècles. L'église avait été donnée par les Giroie à l'abbaye de Saint-Evroult en 1128. Elle fut brûlée quelques années plus tard, lors des luttes entre Etienne de Blois et Geoffroi Plantagenêt, comte d'Anjou. L'édifice actuel succède à l'édifice plus vaste du XIIIe siècle et aux remaniements dus aux destructions des guerres de Religion (1562).
L'église Saint-Pierre comprend une nef dont la première travée supporte le clocher, et un choeur plus étroit terminé par un chevet plat. Une chapelle est accolée à la façade nord de la nef, et une sacristie à la façade nord du choeur. La nef semble dater du 13e sècle pour ses contreforts et son pignon
occidental. L'appareillage est en silex coupé horizontalement par des bandes de pierre calcaires. Toutes les baies latérales sont de style flamboyant. La porte de la façade sud a été refaite au XVIIe siècle. Un reste d'appareillage en damier mi-silex, mi-pierre blanche, est visible sur la première travée au sud. La chapelle nord a été construite au XVIIe siècle et s'orne d'un décor classique avec pilastres cannelés. Le choeur a été entièrement reconstruit au XVIIe siècle.
Prendre face à vous la rue du Grand Jardin, jusqu'à l'Ecomusée du Grand Jardin. Le site du Grand Jardin, autrefois une ancienne fermette d’environ 3 hectares, entièrement restaurée. La particularité de l’écomusée de la Pomme au Calvados est d’être intégré sur un ancien site de production cidricole, en témoignent les cuves en ciment-verre. Sont exposées quelques centaines d’objets relatant la fabrication du cidre et celle du Calvados, de façon traditionnelle. Le gadage et le pressoir longue étreinte sont les pièces les plus impressionnantes du Musée, tant par leur taille et leur matière, que par leur état de conservation. Ils sont tous deux en état de fonctionnement.
Entièrement en bois et datant de la fin XVIIIe et début XIXe siècle , le gadage et ses meules, actionnées par un cheval de trait écrasent les pommes. On obtient ainsi le marc de pommes, qui monté en motte, sera étreint par le pressoir longue étreinte. L’écomusée c’est aussi un espace d’exposition à l’intérieur même des cuves en ciment - verre, là où dés 1926 était conservé le cidre, une bouillerie, lieu traditionnel de la distillation.