La fleur de narcisse, fidèle à sa réputation, concentre tous les regards puisqu'une réserve naturelle a été dessinée en son honneur. Espèce endémique des îles, le narcisse des Glénan est une fleur unique au monde, elle tapisse le sol de l'île Saint-Nicolas au printemps. A cette époque, le tableau naturaliste est parfait et pour rien au monde on échangerait ces paysages contre ceux des îles tropicales !
Ces îles offrent un dépaysement total. Aujourd'hui, une grande partie de ces îles sont privées ou classées réserves ornithologiques, comme l'île Giautec et ses îlots où les oiseaux : sterne caugek et pierregarin, gravelot à collier ininterrompu, cormoran huppé, viennent trouver refuge et se reproduire. Le reste de l'archipel n'est habité qu'à la belle saison et entièrement voué aux loisirs nautiques.
Le passé des îles des Glénan est parsemé de fortunes et d'infortunes. Habitées dès la préhistoire, elles étaient le repaire des corsaires et des pirates au début du XVIIIe siècle. A son apogée en 1881, l'archipel abritait 85 âmes, tous pêcheurs, agriculteurs, goémoniers ou fabricants de soude. Les "travailleurs de la mer" de tout le Finistère venaient alors dans ses eaux pêcher la langouste et le homard.
Peu à peu, l'archipel sera quasi abandonné. C'est à la fin des années 1940, avec l'installation du centre nautique sur le site puis du centre international de plongée, que l'archipel a pris peu à peu son essor. S'il est devenu pour de nombreux visiteurs un espace privilégié de découvertes et de loisirs, il ne faut pas oublier que, pour le préserver, il faut avant tout le protéger...
Car certains jours d'été ce sont environ 1 000 bateaux de plaisance qui sont présents dans l'archipel ! Du coup, trop sensibles au dérangement, certaines populations d'oiseaux marins délaissent l'archipel. L'un des plus beaux herbiers de zostères du littoral, les " prairies marines ", se trouve également mis en danger par les ancres des bateaux. Il faut donc impérativement utiliser les mouillages organisés de La Pie et de la Chambre.
Sans oublier aussi de respecter les recommandations concernant la pêche avant le retour de la marée. En se retirant, la mer découvre de vastes étendues de sable et de roche et laisse derrière elle des mares où se réfugient poissons et crustacés. Parcourir l'estran sans protéger les écosystèmes
présente un sérieux danger pour l'avenir. Attention : la chasse sous-marine est interdite dans la plus grande partie de l'archipel !
L'île Saint-Nicolas, l'une des îles principales, est une riche et minuscule réserve naturelle. Il y a près de deux siècles, en 1803, un botaniste de Quimper découvre sur cette île un narcisse jusqu'alors inconnu et que l'on ne trouve nulle part ailleurs. La nouvelle ne tarde pas à se répandre et l'île est littéralement pillée. En 1973, une réserve naturelle est créée mais le lieu est envahi par genêts et ronces.
Aujourd'hui, pour contenir les broussailles, on fait appel aux moutons d'Ouessant et aux ânes. C'est ainsi que, depuis trente ans, botanistes et naturalistes tentent de le sauver. L'équilibre écologique assuré, le narcisse peut s'épanouir. Des visites sont possibles au début du printemps, à la floraison.
Des liaisons quotidiennes vers les Glénan se font au départ de la cale de Port la forêt, elles sont assurées par la compagnie des Vedettes de l’Odet. Si d'aventure, vous préférez vous en remettre au savoir-faire d'un capitaine expérimenté afin de ne pas perdre une seule nuance de la palette insolite de couleurs qui se détachent sous vos yeux, sachez qu'il existe des départs quotidiens l'été de Concarneau, Fouesnant ou Loctudy.
Pour une traversée plus mouvementée embarquez à bord du Glenn, du Rivage, du Capitaine Némo ou de l’Aigrette pour une journée dans l’archipel comme dans un rêve.