Plélan-le-Grand est une porte d'entrée idéale pour vous faire visiter le Pays de Brocéliande et commencer votre escapade sur cette route touristique. Selon les historiens, la commune serait née au IXe siècle suite à la construction de bâtiments religieux par les moines de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes. Ils construisirent des bâtiments religieux au Gué près de l'oratoire qui leur avait été donné par Salomon, roi du comté de Porhoët.
Le village du Gué est le lieu de la paroisse primitive constituée autour de la Motte-Salomon où s'élevait au Moyen Âge le château de Judicaël, occupé aussi par le roi Salomon. On peut toujours découvrir les vestiges de la motte féodale, plateforme circulaire de 2,2 m de hauteur, de 58 m de diamètre à sa base, entourée d'une douve d'une dizaine de mètres de largeur et partiellement comblée.
Le nom du village de Plaisance situé à environ 300 m proviendrait du repos qu'y aurait pris le roi dans les moments de calme, avec l'hypothèse d'un souterrain reliant les deux sites et se prolongeant vers le bourg actuel. Une excavation se serait ouverte dans une étable à la Ruisselais au XIXe siècle.
Jusqu'à la Révolution française, Plélan-le-Grand possédait la particularité de voir le sud de son territoire constitué en une sorte de république. Avant son déplacement dans le bourg de Plélan au milieu du XIXe siècle, le marché , "un des plus considérables", se tenait en ce village le samedi matin. Aujourd'hui, le marché de plélan est reconnu dans tous le secteur.
Visitez l'église Saint-Pierre construite à partir de 1850 à la place d'une église du XIIIe siècle dont ne subsiste que la très belle chapelle Sainte-Anne. Côté nord, une tour datant de 1620 joue le rôle de clocher.
En vous promenant dans la commune, vous pourrez découvrir l'hôtel de ville aménagée dans les anciennes halles ou la fontaine de saint Fiacre, saint patron des agriculteurs, au début de la route du Thélin, à côté d'une vieille croix portant "1506 Thoumas Dannet", l'Hôtellerie de la Fleur de Lys. Admirer le Château du Pont-Mussard. C'est aussi ici que l'on comprend que Brocéliande ne se résume pas à ses légendes : elle est avant tout un territoire vivant, habité, où les habitants cultivent avec passion leur patrimoine.
Une partie des Forges de Paimpont prend place à Plélan-le-Grand. Inscrit aux Monuments Historiques, il s'agit d'un ancien site industriel qui représentait autrefois les plus grandes forges à bois de toute la Bretagne. Il est possible de visiter le site via un parcours libre ou lors de visites guidées retraçant l'histoire des lieux.
Quitter Plélan-le-Grand par le village du Gué, en direction de Paimpont via la D38 (7 km).
À mesure que l'itinéraire s'enfonce dans le massif forestier, les paysages deviennent de plus en plus captivants. La forêt de Paimpont, souvent identifiée comme le véritable cœur de Brocéliande, déploie ses milliers d'hectares de chênes, de hêtres, de pins et de landes colorées. Selon les saisons, elle change complètement de visage. Au printemps, les jeunes feuilles illuminent les sous-bois d'un vert éclatant. L'été embaume les fougères chauffées par le soleil. L'automne transforme les sentiers en tapis d'or et de cuivre, tandis que les brumes hivernales enveloppent les arbres d'une atmosphère presque irréelle.
Cette forêt est depuis toujours une source d'inspiration. Les écrivains médiévaux y ont situé les aventures du roi Arthur et de ses compagnons. Au fil des siècles, les conteurs ont enrichi cet héritage, mêlant traditions celtiques, récits populaires et croyances chrétiennes. Aujourd'hui encore, chacun est libre d'y croire ou simplement de se laisser porter par l'ambiance unique qui règne sous la voûte végétale.
Le voyage prend alors une dimension différente. Chaque pierre semble raconter une histoire. Chaque clairière paraît avoir accueilli un ancien rituel. Les ruisseaux serpentent discrètement entre les fougères comme s'ils cherchaient eux aussi à préserver les secrets de la forêt.
Les nombreux mégalithes disséminés dans la région rappellent d'ailleurs que ces terres étaient déjà habitées plusieurs milliers d'années avant notre ère. Dolmens, allées couvertes, tumulus et menhirs témoignent d'une occupation humaine très ancienne. Bien avant les chevaliers de la Table ronde, les premiers habitants avaient choisi ces lieux pour y célébrer leurs rites, honorer leurs morts ou observer les cycles de la nature.
Cette superposition des époques constitue l'une des plus grandes richesses de Brocéliande. Les légendes médiévales ne remplacent pas l'histoire ; elles viennent simplement s'y ajouter, offrant au visiteur plusieurs niveaux de lecture. Les passionnés d'archéologie y découvrent un patrimoine exceptionnel, tandis que les amateurs de littérature retrouvent les héros qui ont bercé leur imagination.
Au fil de la route, le silence devient un véritable compagnon de voyage. Il n'est jamais pesant. Il invite simplement à ralentir, à observer davantage, à écouter le chant des oiseaux, le craquement d'une branche ou le souffle du vent dans les hautes futaies. Cette quiétude explique en grande partie pourquoi Brocéliande continue de séduire aussi bien les randonneurs, les photographes, les amoureux de la nature que les familles venues partager quelques heures hors du temps. Le circuit touristique révèle alors toute sa philosophie : offrir une parenthèse où l'on prend plaisir à parcourir des paysages préservés, à rencontrer un patrimoine exceptionnel et à laisser libre cours à son imagination. Ici, chaque étape prépare la suivante, comme les chapitres d'un immense livre dont le visiteur devient peu à peu le héros.
Car l'aventure ne fait que commencer. Très vite apparaîtront les lieux les plus emblématiques de Brocéliande : l'abbaye de Paimpont reflétée dans son étang, le mystérieux Val sans Retour, le château de Comper où résiderait la fée Viviane, la chapelle de Tréhorenteuc dédiée à la quête du Graal, ou encore le célèbre tombeau de Merlin. Autant de sites où le patrimoine, les paysages et les récits légendaires s'entremêlent pour composer l'un des plus fascinants itinéraires touristiques de Bretagne.
Au cœur de Brocéliande : Paimpont, le village où commence la légende
Impossible d'évoquer Brocéliande sans s'arrêter à Paimpont. Niché au bord d'un vaste étang dont les eaux calmes reflètent les frondaisons de la forêt, ce village est bien davantage qu'une simple étape : il constitue le véritable cœur battant de Brocéliande. C'est ici que convergent les visiteurs venus des quatre coins de la France, et bien souvent du monde entier, attirés par la promesse d'un voyage entre nature, patrimoine et imaginaire.
Dès l'arrivée, le charme opère. Les façades de pierre aux volets colorés, les petites boutiques d'artisans, les terrasses accueillantes des cafés et les senteurs de galettes bretonnes composent une atmosphère chaleureuse et authentique. Rien n'est ostentatoire. Tout semble inviter à ralentir le pas, à profiter de l'instant et à laisser la forêt imposer son rythme. Ce n'est qu'au cours du XIXe siècle, bien après la vente de l'abbaye comme bien national en 1790, que le bourg de Paimpont commença à prendre la physionomie qu'on lui connaît aujourd'hui. Le monastère fondé au VIIe siècle par Judicaël est devenu abbaye Notre-Dame de Paimpont au XIIIe.
L'étang de Paimpont joue ici un rôle essentiel. Immense miroir naturel, il accompagne la vie du village depuis des siècles. Au lever du soleil, ses eaux prennent des reflets argentés tandis que les premières brumes s'élèvent lentement au-dessus de la surface. Les promeneurs apprécient particulièrement cette ambiance paisible, ponctuée seulement par le chant des oiseaux aquatiques ou le léger clapotis des barques.
Face à l'étang se dresse l'imposante abbaye de Paimpont. Fondée au XIIIᵉ siècle sur les vestiges d'un ancien prieuré, elle constitue l'un des principaux témoins de l'histoire religieuse de la région. Son architecture élégante, mêlant influences gothiques et classiques, contraste avec la sauvagerie de la forêt environnante. À l'intérieur, la lumière filtrant à travers les vitraux crée une atmosphère propice au recueillement. On y découvre également un mobilier remarquable ainsi que plusieurs œuvres d'art qui racontent plusieurs siècles de vie monastique.
Située au bord du lac de Paimpont, l'abbaye est de style gothique médiéval pour les murs, les ouvertures, le baptistère et la chapelle du St-Sacrement et la voûte, l'abbatiale présente un décor intérieur de style baroque du XVIIe siècle. La sacristie contient le trésor de l'abbatiale composé d’un Christ en ivoire, d’un reliquaire offert par la duchesse Marguerite de Bretagne, mère de Anne de Bretagne, qui contiendrait un radius de St Judicaël. Longtemps le bourg de Paimpont ne fut constitué que de l'abbaye avec ses bâtiments associés tels que l'hôtellerie pour l'accueil des pèlerins, du cimetière et de quelques habitations.
L'histoire de Paimpont est intimement liée à celle de la forêt. Pendant des générations, les habitants ont vécu de ses richesses. Le bois alimentait les forges, les verreries et les charbonnières. Les nombreux étangs fournissaient l'énergie hydraulique indispensable au fonctionnement des moulins et des ateliers métallurgiques. Dès le XVIIᵉ siècle, les célèbres forges de Paimpont participèrent au développement économique de toute la région, produisant un fer réputé dans tout le royaume. Aujourd'hui encore, les vestiges industriels rappellent cette époque où la forêt n'était pas seulement un décor de légendes, mais aussi un formidable moteur économique.
Cette dualité constitue l'une des grandes singularités de Brocéliande. Derrière les récits merveilleux se cache un territoire profondément humain, façonné par le travail des forestiers, des forgerons, des moines, des paysans et des artisans. Chaque génération a laissé son empreinte, enrichissant un patrimoine où histoire et imaginaire avancent main dans la main.
Depuis Paimpont, de nombreux sentiers permettent de pénétrer dans la forêt. Très rapidement, le village disparaît derrière les arbres. Les chemins s'enfoncent sous une voûte végétale où alternent chênes majestueux, hêtres élancés, pins sylvestres et houx centenaires. Les fougères recouvrent les talus tandis que les rayons du soleil dessinent d'étonnants jeux d'ombre et de lumière.
La forêt change constamment de visage. Au printemps, les sous-bois se couvrent d'anémones sylvies, de jacinthes sauvages et de digitales. L'été diffuse les parfums résineux des pins chauffés par le soleil. En automne, les feuilles embrasent les paysages de teintes rouges, cuivrées et dorées, offrant un spectacle qui attire de nombreux photographes. Même l'hiver possède ici une beauté singulière : les brumes épaisses enveloppent les arbres d'un voile mystérieux qui semble tout droit sorti d'un ancien manuscrit médiéval.
C'est précisément cette ambiance qui nourrit depuis des siècles les récits arthuriens. Les premiers auteurs médiévaux ont trouvé dans ces paysages une source d'inspiration idéale pour mettre en scène les aventures des chevaliers de la Table ronde. La forêt devenait alors un lieu d'épreuves, de rencontres inattendues, d'apparitions merveilleuses et de révélations spirituelles.
Continuez vers Tréhorenteuc via la D40 (en direction de campéneac), puis la D312 et la D134 (26 km). Au coeur de la forêt de Brocéliande pour partir à la découverte des légendes avec la proximité du site populaire de cette forêt, le Val sans Retour qui doit son nom à la fée Morgane.
Tréhorenteuc, le village où le Graal est toujours vivant
Le circuit conduit ensuite à Tréhorenteuc, charmant village niché aux portes du Val sans Retour. Ici, tout semble respirer la légende. Les maisons de granit s'organisent autour d'une église qui constitue sans doute l'un des édifices religieux les plus étonnants de Bretagne. Tréhorenteuc est entourée de landes et des collines du Val sans retour, dont les plus élevées culminent à 240 et 256 mètres.
Les pierres de schiste rouge typique de cette région de Bretagne s'y trouvent en abondance, particulièrement à la carrière située au lieu-dit la Troche. Après 1942, l'abbé Gillard restaure l'église communale qui se fait connaître sous le nom de la chapelle du Graal, et fait visiter le Val sans retour.
Commencez votre balade dans Tréhorenteuc par la visite de son église unique en son genre, une curiosité incontournable dans le pays de Brocéliande pour ceux qui s’intéressent au légendaire arthurien. Alors que l'édifice est en ruine, l'abbé Gillard est envoyé dans ce petit édifice en pleine campagne en 1942, en raison de conflits avec sa hiérarchie. Il restaure l'église à ses frais.
Le premier vitrail dit « de la Table ronde » est réalisé et posé en 1943 par le peintre verrier nantais Henri Uzureau. En 1945, l'abbé est aidé par deux prisonniers allemands, l'ébéniste Peter Wissdorf, qui fabrique les bancs et la voûte en coque de bateau ainsi qu'un artiste peintre, Karl Rezabeck, qui réalise quatre tableaux représentant à la fois le monde celte, la légende arthurienne et le christianisme.
Dans cette église, les vitraux, les tableaux et la mosaïque du Cert blanc au collier d'or créée par l'artiste contemporain Jean Delpech, représentent des éléments de ces trois mondes que l'abbé veut en harmonie. Pour cela, il trouve un tronc commun entre ces trois mondes, qui est le Graal. Ce dernier est fréquemment représenté, c'est pourquoi l'église porte aussi le nom de chapelle du Graal. Elle est dédiée à sainte Onenne.
Admirer le manoir des Rues-Neuves ou château de Gerwan dont on peut associer le nom à celui d'un prince breton du IXe siècle. Restauré depuis son classement au Monument Historique, ce manoir est lié à plusieurs légendes de la forêt de Brocéliande et a servi de décor pour un téléfilm avec Jean Markale.
Ce bâtiment présente une double porte charretière et piétonne. Il est aussi accosté d’une tourelle d’escalier polygonale. Une loggia donne accès à la cour. Dans cette cour, une belle porte moulurée du xvie siècle se mélange parmi les bâtiments de la ferme.
Les hauts lieux de la légende : là où Brocéliande dévoile toute sa magie
En poursuivant la route touristique de Brocéliande, le voyage prend une dimension presque initiatique. Les paysages deviennent plus sauvages, les chemins plus secrets, les sous-bois plus profonds. Chaque étape semble rapprocher le visiteur d'un univers où la nature et les légendes ne font plus qu'un. C'est ici que se concentrent les lieux les plus emblématiques de l'imaginaire arthurien, ceux qui, depuis des siècles, nourrissent les récits des conteurs et l'imagination des voyageurs.
Prenez le temps d'une balade au Val sans retour, un prolongement naturel du massif forestier de Paimpont, dont l'entrée est située près de Tréhorenteuc.
Le Val sans Retour, royaume de la fée Morgane
Parmi tous les sites de Brocéliande, le Val sans Retour est sans doute le plus spectaculaire. Lové au cœur des landes rouges de Tréhorenteuc, ce vallon encaissé est bordé de schistes pourpres qui prennent, selon la lumière, des nuances flamboyantes. Dès les premiers pas sur le sentier, le décor impressionne. Les ajoncs dorés, les bruyères violettes et les pins tourmentés composent un paysage presque irréel.
La légende raconte que la fée Morgane, demi-sœur du roi Arthur, y enfermait les chevaliers infidèles dans une prison enchantée dont nul ne pouvait s'échapper. Seul un chevalier au cœur parfaitement loyal pouvait briser le sortilège. Cette histoire, transmise depuis le Moyen Âge, accompagne encore aujourd'hui les promeneurs qui parcourent les sentiers du vallon.
Au fil de la marche, les panoramas se succèdent. Les falaises de schiste dominent les vallées boisées, tandis que les chemins serpentent entre les chaos rocheux. Les amoureux de photographie apprécient particulièrement les lumières changeantes qui métamorphosent sans cesse les paysages.
À l'origine, le Val sans retour, porte le nom de val de Rauco et sert de lieu de pacage pour les animaux. La localisation du légendaire Val sans retour, domaine de la fée Morgane dans la légende arthurienne, s'y substitue vers 1850. Des poteaux indicateurs placés durant la seconde moitié du XIXe siècle entérinent cette nouvelle identité, que Félix Bellamy fixe définitivement dans les années 1890. Le Val sans retour, compte différents points d'intérêt comme la création artistique l’Arbre d'Or, le site mégalithique dit Hotié de Viviane ou Tombeau des druides ou Maison de Viviane, grand coffre funéraire Néolithique, le siège de Merlin ou Roche Dentelée : une roche sculptée par l'érosion.
L'Arbre d'Or, symbole de renaissance
Au détour du sentier apparaît soudain une silhouette éclatante : l'Arbre d'Or. Entièrement recouvert de feuilles d'or, il tranche avec les teintes naturelles de la forêt. Cette œuvre monumentale fut créée après le terrible incendie de 1990 qui ravagea une partie du massif forestier. Bien plus qu'une simple sculpture, l'Arbre d'Or est devenu le symbole de la renaissance de Brocéliande. Son tronc doré rappelle la fragilité de la nature mais aussi son extraordinaire capacité à renaître après les épreuves. Les visiteurs s'y arrêtent volontiers pour admirer cette création artistique qui dialogue harmonieusement avec la forêt.
À proximité, le Miroir aux Fées offre une parenthèse de sérénité. Cet étang paisible reflète les arbres et les falaises environnantes dans une eau d'une remarquable limpidité. Selon la tradition, les fées venaient s'y contempler lors des nuits de pleine lune. Qu'importe que l'on adhère ou non à ces récits : le calme absolu qui règne ici suffit à nourrir l'imaginaire.
Le siège de Merlin et le souffle des anciens druides
Plus loin, une étonnante formation rocheuse attire le regard. Connue sous le nom de siège de Merlin, cette pierre sculptée naturellement évoque un fauteuil monumental posé au milieu des bois. Les traditions populaires racontent que le célèbre enchanteur venait y méditer avant de conseiller le roi Arthur. Les historiens rappellent qu'il s'agit avant tout d'un remarquable chaos géologique, mais cette explication n'enlève rien au charme du lieu. Bien au contraire, elle souligne combien les paysages de Brocéliande ont naturellement inspiré les récits merveilleux.
Autour du rocher, le silence règne presque en permanence. Seuls quelques chants d'oiseaux ou le bruissement des feuilles viennent troubler cette atmosphère propice à la contemplation. Beaucoup de visiteurs prennent le temps de s'asseoir quelques instants, simplement pour savourer cette impression d'être coupés du monde.
Passez ensuite au Jardin aux Moines, site mégalithique, au croisement de la route menant à Mauron et de celle reliant Paimpont à Néant-sur-Yvel. Il est rattaché à cette dernière commune, mais sa légende l'associe au vil seigneur Gastern de Tréhorenteuc. Menant une chasse le jour de la Toussaint, ce mauvais seigneur aurait été pétrifié et changé en pierres blanches avec son équipage, et les moines corrompus qui l'accompagnent.
Reprenez votre parcours en direction de La Saudraie par la D141, au hameau nommé "Folle pensée" sur votre droite, vous trouverez la fontaine de Barenton, elle est assez difficile d'accès dans la forêt de la Folle Pensée. Citée dans la littérature médiévale, cette fontaine a conservé une caractéristique déjà évoquée alors : elle "bout à froid", c'est-à-dire que de temps en temps on voit des chapelets de bulles monter à sa surface.
La mystérieuse fontaine de Barenton
Parmi les sites les plus célèbres de Brocéliande figure également la fontaine de Barenton. Cachée au fond de la forêt, elle semble d'une étonnante simplicité. Son eau claire s'écoule discrètement parmi les pierres couvertes de mousse. Pourtant, la légende lui attribue d'étranges pouvoirs. Les anciens affirmaient qu'en versant son eau sur une dalle voisine, un violent orage éclatait aussitôt. Les légendes associées à ce lieu sont nombreuses. Selon une légende tardive, c'est là que Merlin rencontra Viviane et l'eau de cette fontaine aurait le pouvoir de guérir les maladies mentales. C'est aussi ici que Yvain, le Chevalier au Lion, décrit par Chrétien de Troyes défia le Chevalier Noir, gardien de la fontaine.
La coutume veut aussi que les jeunes gens et jeunes filles visitent la fontaine en quête de mariage. Les filles y jettent des épingles pour la faire sourire et les garçons y cherchent le reflet de leur fiancée. Depuis des siècles, écrivains, érudits et simples curieux viennent observer cette fontaine mythique. Même si les orages ne répondent plus systématiquement à l'appel des visiteurs, le lieu conserve une atmosphère singulière. L'eau, omniprésente dans les traditions celtiques, y symbolise autant la vie que le passage entre le monde des hommes et celui de l'imaginaire.
Le sentier qui conduit jusqu'à la fontaine traverse une forêt particulièrement préservée. Chênes, houx, bouleaux et fougères composent un décor d'une grande richesse écologique où prospèrent une faune et une flore remarquables.
Revenez sur vos pas, passer La Saudraie par la D141 (31 km) pour arriver à Concoret (41 km). la commune situé à la lisière de la forêt de Brocéliande a reçu le label de Bourg du Patrimoine Rural de Bretagne qui reconnaît l'intérêt patrimonial du bourg et du village des Closiaux. Un chêne âgé d'environ 1000 ans, le chêne à Guillotin se trouve à l'ouest du village.
Il fait 15 m de haut et sa circonférence était de 9,51 m en 2000. Son nom vient de Pierre Paul Guillotin, prêtre réfractaire qui a trouvé refuge à Concoret en 17917. Il se cacha dans le tronc de l'arbre, lequel peut contenir une douzaine de personnes. Une légende raconte qu'au moment où il y trouva refuge, Notre-Dame de Paimpont est descendue sur terre transformée en araignée, et tissa une toile pour boucher l'entrée du tronc et ainsi rendre invisible la présence du prêtre.
Visiter l'église Saint-Laurent avant de partir vers château de Comper via la D2 (44 km). Le château de Comper est considéré dès le XIIIème siècle, comme l'une des plus fortes positions de Haute Bretagne. Il a été le théâtre de nombreux combats et de sièges et a vu passer entre autres, Du Guesclin et le Duc de Mercoeur.
Le domaine est passé de l'histoire à la légende puisque le château abrite le Centre de l’Imaginaire Arthurien qui réalise chaque année une exposition sur deux niveaux, six scénographies avec accessoires et costumes, accompagné de textes et d'images pour découvrir la légende Arthurienne. Harpe éolienne dans le parc du château.
Plusieurs fois par an, le château de Comper devient le théâtre d'animations : contes, musique médiévale, chevaliers, spectacles et marionnettes, et bien d’autres. Le château de Comper cache dans le lac, aux yeux des curieux, le palais de cristal de Viviane construit par Merlin pour sa belle. Lancelot, enlevé à sa mère par Viviane, y fut élevé jusqu'à son départ pour la cour du roi Arthur...
Poursuivez votre périple en direction de Saint-Malo-sur-Mel via la D31. A environ 5 km, vous tournerez sur votre droite pour vous rendre au tombeau de Merlin situé au au nord de la forêt de Brocéliande.
Le tombeau de Merlin, entre histoire et imagination
Ancienne allée couverte du Néolithique qui a été détruite en 1894, à la suite de fouilles et dont il ne reste aujourd'hui plus que deux dalles de schiste rouge, perpendiculaires, adossées à un vieux houx. De nos jours, de nombreuses personnes vouent un culte à ce monument en y déposant un mot adressé à Merlin, en général un souhait qu'on désire qu'il exauce ou un objet.
Selon la légende, après l'avoir séduit Viviane emprisonna Merlin dans une prison invisible, puis l'enferma dans un tombeau : Merlin s'étant allongé dans une fosse, la fée fit rabattre sur lui deux énormes pierres.
Le visiteur découvre un site d'une grande sobriété. Aucun décor spectaculaire, aucune mise en scène artificielle : seulement quelques pierres anciennes, des arbres majestueux et le silence de la forêt. C'est précisément cette simplicité qui renforce l'émotion. Chacun est libre d'y voir un simple vestige préhistorique ou l'un des lieux les plus mystérieux des légendes arthuriennes.
La fontaine de Jouvence ou plutôt la fontaine dite de Jouvence est un modeste trou d'eau situé près du tombeau de Merlin. Autrefois, lorsque les croyances populaires étaient fortement liées aux rythmes des saisons et à la nature, le recensement des enfants nés pendant l'année se faisait proche des fontaines.
À la date du solstice d'été (21 juin), ces enfants étaient présentés aux grands prêtres afin qu'ils puissent être lavés et inscrits sur le "marith" (registre). Les enfants qui n'avaient pu être présentés au recensement de l'année étaient ramenés l'année suivante et inscrits comme nouveau-nés de la nouvelle année, de sorte qu'ils se retrouvaient rajeunis d'un an. Ceci est peut-être à l'origine de l'appellation "fontaine de jouvence".
Rendez-vous à Saint-Malo-sur-Mel via la D31 (53 km). Saint Malon était un prieuré-cure qui relevait de l’abbaye Saint-Jacques de Montfort. Son origine semble devoir se rattacher à un monastère crée par Saint Maëlmon, évêque d’Alet au VIIème siècle. Les anciennes possessions des Chevaliers Hospitaliers de St Jean de Jérusalem en St Malon, ont pu avoir pour point de départ ce premier établissement charitable.
La Chapelle St Jean ou St Jouan-des-Landes fut probablement érigée par les Chevaliers Hospitaliers de St-Jean de-Jérusalemen, qui avaient installé leur premier établissement charitable à Saint Malon-sur-Mel. Les Chevaliers du Temple encore appelés Templiers appartenaient à un ordre religieux fondé à Jérusalem en 1118 et défendant la foi et les chemins conduisant à la Palestine.
Les Chevaliers de St-Jean-de-Jérusalem eurent quelques possessions en Saint-Malon-sur-Mel, notamment le manoir des Maisons neuves. A 300 m environ de la chapelle, vous pouvez trouver la fontaine Saint Jean. L'église Saint-Malo dans le centre du bourg a la particularité d'avoir un clocher penché.
Autre époque… Saint Malon-sur-Mel possède depuis 1946, une réplique de la grotte de Lourdes (près du cimetière, route de Saint Gonlay). Elle fut construite en schiste de la vallée de la Marette, à l’initiative de l’abbé Dehoux en remerciement à Notre-Dame de Lourdes.
A la Carrière de la Marette se trouve un site d’un intérêt géologique international où un étang et un camping se côtoient. La caractéristique de la carrière de la Marette tient aux deux couches de schiste d’âge différent. Le schiste vert datant de l’ère primaire est recouvert par du schiste rouge datant lui de l’ère tertiaire. La carrière de la Marette permet de reconstituer l’histoire géologique de la Bretagne.
En contrebas de la carrière, un étang alimenté par les eaux de la forêt de Brocéliande ainsi que par la fontaine de Jouvence a été aménagé en 1976. Si aujourd’hui on peut y pêcher, au temps des druides, l’on baptisait les enfants à la fontaine, située au dessus de l’étang sur la commune de Paimpont, une seule fois dans l’année le jour du solstice d’été entre le coucher de la lune et le lever du soleil.
De grands feux (à l’origine de la fête de la St Jean) étaient allumés à proximité des fontaines dans lesquelles les enfants étaient baignés. Comme le temps était réduit, certains nouveaux nés pouvaient n’être enregistrés que l’année suivante ; ce qui, au fil du temps, faussait l’âge des enfants d’où le nom de la fontaine de Jouvence.
Selon une autre interprétation, venir, pieds nus et à jeun, 7 jours de suite entre le coucher de la lune et le lever du soleil, boire de l’eau de cette fontaine permettrait de retrouver une nouvelle jeunesse.
Saint Malon-sur-Mel est dotée d’un menhir, "le menhir de la Roche Trébulente", ou autrement appelé "le menhir de la Ville Guichais" ou encore "le Menhir la Chaise du Diable"». Il se situe à l’Est de la commune sur la route de Concoret entre la Ville Eon et la Ville Guichais. Celui-ci en forme de siège aurait des vertus de guérison.
Le Tombeau des Anglais se trouve sur le teritoire de la commune.
Poursuivez votre escapade touristique vers Saint-Peran via la D59 et D40 (63 km), avant d'arriver sur la commune de Saint-péran, une halte au vallon de la chambre au loup s'impossera. Laissez vous séduire par la beauté du pourpre des affleurements rocheux, l'or de ses ajoncs et genêts associé au violine des bruyères et au bronze des lichens.
Le vallon de la Chambre au Loup est un espace naturel sensible, aux airs de "petit canyon" ou de forêt canadienne. Prenez de la hauteur et profitez de la vue magnifique sur un paysage de landes boisées qui encadrent le ruisseau au pied de hautes falaises de 35 mètres qui ont été creusées par un effondrement dû aux failles apparues dans les plissements de schiste et à l'érosion provoquée par la rivière.
Après cette pause bucolique dirigez-vous vers Saint-Peran sur la lisière de la forêt de Paimpont, mais jadis perdu dans les grands bois de Brocéliande, Saint-Péran était, au moyen-âge, un petit prieuré membre de l’Abbaye de Montfort-sur-Meu, situé dans la paroisse de Paimpont.
Petit village certes mais riche de son patrimoine, Saint-Péran garde en son sein de nombreuses traces du mode de vie de nos anciens : fontaines, lavoirs, puits, fours, bâtis… La qualité architecturale du bourg réside dans la polychromie des matériaux de construction, dont les maçonneries traditionnelles à gros moellons sont dominées par le rose du grès de Corrouët.
Visiter l'église de Saint-Péran, bâtie au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, en schiste rouge à l'image des églises du pays de Montfort, elle possède un porche d'entrée appuyé sur deux gros piliers cylindriques. Elle a l’architecture typique des vieilles églises rurales du département d’Ille et Vilaine, elle se compose d’une nef à chevet droit, d’un transept et d’un clocher à l’ouest.
La grosse tour carrée surmontée d’une flèche en ardoise porte le monogramme IHS avec la date 1709, date de reconstruction de l’église, au dessus d’un écusson ; sur le coté s’ouvre le vieux « chapitret » que soutiennent deux grosses colonnes cylindriques, c’est là où l’on publiait les bans sous l’ancien régime. Ce porche abrite de vieux fonds baptismaux de 1402 devenus bénitier.
Au dessus de la porte, le nom des ouvriers qui ont oeuvré à la construction de l’église : Demeuré, Colas, Brise-Orgueil. L’intérieur de l’église contient une pierre tombale aux armes des Rolland, avec deux autres écussons frustes et un bénitier ovale sculpté. Dans le transept, on peut voir une très petite statue de la vierge sculptée,avec une longue inscription latine rappelant qu’elle a été trouvée dans le tronc d’un chêne en 1522 et apportée à l’église en 1661.
Votre chemin vous emmène à present à Tréffendel via la D36 (68 km), hameau de la paroisse primitive de Plélan-le-Grand, devenue paroisse indépendante seulement en 1803. L'église, reconstruite en 1574, fut alors consacrée à saint Pierre ; mais elle avait pour patrons sainte Marie-Madeleine en 1727, et saint Malo au milieu du xviiie siècle.
Prenez la direction de Maxent par la D63 (80 km) pour votre dernière étape de cette route touristique de Brocéliande. Vers 860, les moines de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon demandent protection au roi de Bretagne Salomon, pour se protéger des incursions normandes. Le roi, qui possède une résidence sur le territoire de l'actuelle commune de Maxent, leur fait construire un monastère richement doté sur ce territoire.
Ce monastère prend le nom de "Saint-Maxent" lorsque Salomon fait déposer dans l'église du jeune monastère le corps de saint Maxent, ce qui accroît la renommée du site, jusqu'à ce que le corps du saint soit finalement restitué à sa paroisse poitevine d'origine. La renommée des lieux grandit rapidement : le monastère Saint-Sauveur de la paroisse de Plélan prend le nom de Saint-Maxent.
Visiter la magnifique église bâtie par Arthur Regnault entre 1893 et 1896, au nord de l’ancienne église. Pour cet imposant édifice de plan centré, il choisit le parti de la polychromie. Il emploie, pour le gros œuvre, le schiste pourpre local et, pour les ouvertures et les détails d’ornementation, le granite et la calcaire.
Sur le territoire de la commune, vous pouvez admirer le château des Hayes du XIXe siècle, édifié à l'emplacement du manoir des Hayes, route de Loutehel. Ancienne propriété de la famille de Poulpiquet du Halgouët
Retour sur Plélan-le-Grand par la D38 (85 km).
Les paysages ne sont pas seulement beaux : ils racontent des histoires. Les pierres ne sont pas de simples vestiges : elles deviennent les témoins silencieux de plusieurs millénaires de civilisation. Quant aux légendes, elles continuent d'accompagner le voyage sans jamais s'imposer, laissant à chacun la liberté de construire sa propre Brocéliande. Au fil des kilomètres, le visiteur comprend que la véritable magie de cette forêt ne réside peut-être pas dans les fées ou les enchanteurs, mais dans cette extraordinaire capacité qu'ont les lieux à éveiller l'imagination, à ralentir le temps et à rappeler que les plus beaux voyages sont souvent ceux qui laissent une place au rêve.
Option :
Visiter les Forges de Paimpont dont une partie se trouve sur le territoire de Plélan-le-Grand, a voir l'ancienne cantine des ouvriers devenu restaurant gastronomique, la maison de l'Évêché… Les forges de Paimpont sont un ancien site industriel remarquable de la forêt de Paimpont.
Elles furent les plus importantes forges à bois de la Bretagne dès le XVIIIe siècle. Elles fonctionneront jusqu'à la fin du xixe siècle. Leur implantation est permise par la proximité d'un gisement de minerai de fer extrait à ciel ouvert, l'existence d'un réseau hydrographique important et l'approvisionnement aisé en charbon de bois produit sur place. La forêt fut surexploitée pour les besoins des forges.
Au bord de la route allant des Forges au Pont du Secret, se trouve le bâtiment principal des forges d'en-bas qui étaient alimentées en eau par un petit canal.
Pour l'histoire : Le 3 mai 1794, l'ouest de la commune de Plélan-le-Grand fut le théâtre d'un épisode de la Guerre de Vendée : l'armée royaliste commandée par Puisey attaqua à l'improviste l'armée républicaine qui franchissait sans précaution particulière le vallon séparant Plélan de Beignon au "Pont du Secret" ; la vigueur de l'attaque força les 3 000 fantassins et les 90 cavaliers à se replier sur les hauteurs au village de la Vieille-Ville.
Des manœuvres militaires furent commandées par le duc de Nemours en septembre 1843 dans les landes du Thélin. Le commandant du camp établi en cet endroit, le comte de Rumigny, se serait tué en jetant son cheval dans le vide ; si les lieux rendent cet événement plausible, cela n'a jamais été attesté autrement que par la date de 1843 qu'on trouve gravée dans le schiste des rochers dits de Ruminy .
Dans ce site escarpé, un ancien directeur des forges se blessa très grièvement en voulant prouver la possibilité de voler comme un oiseau en battant des bras après s'être enduit de plumes ; il mourut quelques jours après.