Pont Réan : la porte d’entrée, entre falaises et légendes
La route commence souvent à Pont Réan, comme une mise en bouche avant le grand voyage. Le bourg, partagé entre Bruz et Guichen, s’étire le long de la Vilaine, dans une cluse spectaculaire où les falaises culminent à plus de 50 mètres. Le Bois de Saint Jean, perché à 84 mètres, domine la vallée comme un balcon naturel. Le schiste rouge, omniprésent, donne au paysage une teinte chaude, presque méditerranéenne. Le petit bourg de Pont-Réan est un site touristique connu, notamment par l'attrait du lieu-dit Le Boël.
Le Boël se situe dans une cluse, une vallée encaissée formée par la Vilaine, elle est surplombée de part et d’autre par des falaises culminant à 50-60 m. Sur ces falaises, le bois de Saint-Jean culmine à 84 m tandis que le bourg de Laillé se situe à une altitude supérieure à 100 m. Admirer le Moulin du Boël construit en 1652, sur la Vilaine et sa première écluse datant du xvie siècle. Muni de solides contreforts et de deux roues à aubes, aujourd'hui disparues, il revêt une forme d'étrave de navire fendant le courant. Lors de votre flanerie, vous remarquerez sans aucun doute le schiste rouge de l’ordovicien inférieur. Des carrières ont été exploitées jusqu’au XXe siècle dans ce secteur.
Les vestiges de nombreuses carrières se trouvent sur les deux rives de la Vilaine dont la carrière des Landes côté Pont-Réan, site naturel classé de 0,78 hectare. De nombreux sentiers offrent de remarquables panoramas sur la Vilaine. Le sentier de grande randonnée 39, Mont-Saint-Michel − Guérande passe sur la rive gauche de la Vilaine, surplombant des carrières.
Admirer le Pont de Pont-Réan en dos d’âne construit en 1767, Cet élégant pont en schiste possède neuf arches, la cinquième marquant la limite entre Bruz et Guichen. Le pont date de la Gaule romaine, mais fut reconstruit de 1753 à 1767.
Profitez de cette pause pour visiter l’église de l’Immaculée-Conception de 1865, bâtie entièrement en schiste rouge typique de Pont-Réan, issu des carrières locales. Passer voir le Château de la Massais du XIXe siècle avec réemploi de l’ancien château de 1630.
Les berges de la Vilaine s’étendent sur 12 km depuis le Pont de Pont-Réan jusqu'au confluent du Canut, à Saint-Senoux. Après cette mise en bouche, direction Guichen via D577 (4 km).
Guichen : terres anciennes, châteaux et villages disparus
En poursuivant vers Guichen, la vallée se fait plus historique. Le vieux bourg a disparu, mais son passé affleure partout : dans les manoirs, les châteaux, les vestiges gallo-romains, les villages aux noms évocateurs. Il ne reste aujourd'hui plus rien du vieux Guichen, dont les origines connues remontent à 1101, avec la fondation de la paroisse de Guichen. L’église paroissiale aurait été implantée primitivement au niveau du hameau de Saint-Marc, aujourd'hui partie intégrante du centre-ville. L'église actuelle, construite en 1620 par maître Jacques Blouet, puis reconstruite en 1838.
Le bâtiment des Halles est constitué d'acier et de briques. Il a été construit en 1895 par Jean-Marie Laloy et rénové en 2007. Il fait partie intégrante du patrimoine communal. Guichen est un véritable catalogue de demeures anciennes.
La commune compte de nombreux châteaux : Le château de la Massaye, bâti au 1630. Le château de la Grésillonais, du XIVe siècle.Le château de Bagatz, du XVe siècle, haut lieu de l'histoire guichenaise. À Bagatz, une eau de source jaillissait et était exploitée jusque dans les années 1970 et exportée dans toute la région et le château du Gai-Lieu, du XVIIe siècle, sur les hauteurs, au-dessus de l'écluse et du moulin du même nom.
Ancienne villégiature de la famille Marbœuf, le château domine de ses jardins entourés de terrasses la Vilaine, sur laquelle il s'ouvre par une grille du XVIIIe siècle. Outre les châteaux, Guichen possède sur son territoire, le manoir de la Quemerais, du XVIIe et XVIIIe siècle. Le manoir de la Provostais, du XIIIe siècle. Le manoir du Champ-Gerard et le manoir de Traveuzot, bâti sur un gisement fossilifère.
Sur le Coteau du Chatelier, vous trouverez le vestige d'un oppidum, et d'un ancien camp romain. Le mot chatelier signifiant par ailleurs « village fortifié ». A voir aussi le village de la Grande Sadouve, autrefois appelé "le Village Rouge", dû aux vestiges d'un village gallo-romain, bâti sur les abords de la voie romaine Duretie II.
Le village de Yot, et son moulin, nommé Diot sur le cadastre napoléonien de 1832, bâti sur le Canut, qui coupe l'unique route d'accès durant les inondations hivernales. On y voit des « dents de chaussée » nom local de pierres de gués, utiliser pour marcher sans se mouiller les pieds et le hameau de Glanret, site d'un ancien manoir désormais détruit, village bâti sur les berges de la Vilaine.
Continuez votre route vers Bourg-des-Comptes via la D38 (12 km). Visiter l'église Notre-Dame de 1851.
Bourg des Comptes : élégance classique et paysages encaissés
En descendant vers Bourg des Comptes, la vallée se resserre. Le site de la Courbe et du Gai Lieu offre un paysage pittoresque, très encaissé, où la Vilaine semble chercher son chemin entre les falaises. Admirer le château du Boschet avec ses jardins, édifié de 1660 à 1680 et rénové et agrandi de 1720 à 1740. D'architecture classique, celui-ci se compose d'un vaste corps de logis surmonté d'un toit à la Mansart, flanqué de quatre petits pavillons. Les ailes, moins élevées, sont coiffées d'un campanile sommé d'un soleil, l'autre d'un croissant de lune. Le parc à la française s'étendait jadis jusqu'à la Vilaine.
Plusieurs manoirs se trouve sur la commune de Bourg-des-Comptes : le manoir des Provotières, la Gouverdière, la Rivière Chereil, la Réauté. A la Prégaudais se trouve un Menhir dit le Grand Tua.
Sur votre chemin, découvrer le site de la Combe. Situé en bordure de Vilaine, c'est une ancienne gravière. L'accueil du public, très présent sur ce site, que ce soit pour la pêche ou pour la promenade, a été prévu : aires de pique-nique, cheminements. Le visiteur peut ainsi découvrir, tout près de Rennes, un espace préservé et agréable. Le site du Gai-Lieu et de la Courbe, paysage pittoresque sur les rives de la Vilaine, très encaissé.
L'étape suivante sur cette route touristique sera Pléchatel via D77 (17 km). La voie romaine de Nantes à Rennes et celle d'Angers à Carhaix passe sur la commune.
Pléchâtel : falaises, menhirs et panoramas grandioses
Pléchâtel est une étape majeure pour les amoureux de paysages spectaculaires. Pléchâtel est connue pour sa "Levée", une falaise de schiste dans laquelle ont été creusés des grottes et escaliers. Le site fut aménagé durant l'hiver 1812 par le curé de la paroisse pour donner du travail à la population.
Le pont de Cambrée permet de découvrir un beau panorama sur la vallée de la Vilaine. D'autres lieux-dits offrent des points de vue remarquables : « Le Pont de la Charrière », vue sur la confluence entre la Vilaine et le Semnon ; "Le Rocher d'Uzel", point élevé d'où l'on domine la vallée de la Vilaine. La butte de Huneau d'où l'on peut voir l'écluse de Macaire.
Commune de Bretagne, Pléchâtel ne déroge pas à la règle et conserve menhir et dolmen sur son territoire. Le menhir de Pierre-Longue ou de Perrain ou de Perrin situé au sud du Moulin de Quénouard, le menhir du Pierre-Longue est un bloc de quartz haut de 4 m. Avant la christianisation, les menhirs jouaient un rôle dans la vie religieuse des populations. Ils symbolisaient la force, l'immortalité et certainement la fécondité.
Le dolmen ruiné de Pierre-Blanche, situé entre le village du Châtellier et celui de la Guinois. Des vestiges préhistoriques de mégalithes, villas et thermes gallo-romains. Des traces de fortification au Châtellier, à Rochefort, à Riadun et à la Motte-Marlin. Des restes d'un alignement appelés les Pierres-Blanches : cinq pierres de quartz blanc alignées au coin d'un champ nomme le Champ des Meules. Une Sépulture mégalithique et tertre est situé au lieu-dit les Landes.
Pléchatel possède un patrimoine d'une grande richesse. Pour découvrir ce fabuleux patrimoine blotti dans un cadre naturel d'une rare beauté, il vaut mieux chausser vos chaussures de randonnée. De nombreux circuits sont à votre disposition pour découvrir ces lieux chargés d'histoire et l'environnement naturel recelant une faune et une flore remarquables.
Commençons par les châteaux : Le château de Mainténiac du XVIIe et XIXe siècle. Ce château est mentionné dès 1086 dans le cartulaire de l'abbaye de Redon. Le château du Plessis-Bardoult, récemment restauré. Plessis-Bardoul possédait jadis un droit de haute justice. C'est là, semble-t-il, que naquit Jacques Bardoul, chevalier de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem et défenseur de Rhodes contre Mehmed II en 1480.
Le manoir du Pont-Neuf du XVIIe et XVIIIe siècle. On y signale une chapelle datée de 1709 et détruite au xixe siècle. Le Pont-Neuf semble avoir été le théâtre de deux batailles, l'une en 578 dans laquelle Guéroch, comte de Vannes, battit les Francs du roi Chilpéric Ier, l'autre en 843, où Erispoë et le comte Lambert furent battus par les Francs de Rainald, comte de Nantes.
Au fil de votre promenade, vous pourrez également découvrir de nombreux manoirs du XVIeet XVIIe siècle et d'anciennes maisons bourgeoises. Le manoir de La Touche du XVIe siècle, Il possède une chapelle privée. Le manoir de la Pungerais du XVIe et XVIIe siècle. Le manoir de Riadan ou Riadun, Maison de maître des ardoisières de Riadun. Le manoir de Trélan, propriété des seigneurs de Trélan en 1375. L'ancien manoir du Perrain ou Perrin XVIe siècle, situé près du menhir de Pierre-Longue. L'ancien manoir de la Motte. L'ancien manoir du Perray. L'ancien manoir du Bois-Tenet.
Profitez de votre passage à Pléchatel pour visiter l''église Saint-Pierre de 1884 - 1891, œuvre de l'architecte Henri Mellet. L'église primitive romane est démolie en 1892. L'église tient une part importante dans l'histoire du village et de nombreux vestiges du passé jalonnent encore les rues de la commune. Pléchâtel vous accueille donc entre vieilles pierres et cours d'eau.
Au fil de votre balade, continuez vers Saint-Malo-de-Phily via la D84 (24 km). En poursuivant vers Saint Malo de Phily, la vallée se fait plus douce.
Saint Malo de Phily : fresques, spiritualité et douceur rurale
Visiter l'église néo-romane Saint-Malo, édifiée en 1900 par l'architecte Henri Mellet. Cette église est surtout connue pour les fresques murales de 1933 du transept et de l'abside, des œuvres du peintre Émile Bernard et représentent la translation du corps de saint Malo. Le bourg, paisible, est une halte idéale pour ressentir la dimension spirituelle de la vallée, sa profondeur humaine, son lien ancien avec les saints bretons.
Poursuivez votre parcours sur la route de la vallée de la Vilaine vers Messac via la D42 et D51 (32 km). Messac et Guipry, aujourd’hui réunis en une seule commune, forment un duo incontournable. Les deux bourgs se font face, reliés par leurs ports, leurs ponts, leurs histoires.
Messac et Guipry : ports fluviaux, moulins et patrimoine vivant
Messac dispose d'un patrimoine bâti très riche. Le patrimoine civil est composé de plusieurs maisons de caractère et de châteaux du XVIIe siècle, d'anciens moulins à eau et à vent. Il regroupe également de nombreuses constructions en schiste (four, puits, enclos de palis et cadrans solaires).
La Vilaine explique la présence d'un patrimoine génie civil constitué d'écluses, de ponts routiers et d'un viaduc ferroviaire. Le Port, signalé au XIe siècle, est l'ancien port de la ville de Rennes... Sans oublier les nombreux édifices religieux presque millénaires tels : l'église Saint Abdon et Saint Sennen de Messac avec son retable, véritable chef d'œuvre du XVIIe siècle et le Temple de la Coëfferie, ancienne chapelle d’une commanderie de Templiers du XIIe-XIIIe siècle...
Toutes ces richesses séculaires sauront vous émerveiller lors de votre périple sur ce circuit touristique. Passer sur la rive droite de la Vilaine pour arriver à Guipry via D772 (35 km). Elle fait face à Messac, les deux bourgs sont reliés par les ports de Guipry et de Messac.
Admirer le château des Champs, construit au XVIIe et considérablement agrandi en utilisant notamment des matériaux provenant du château de Lohéac. L'église Saint-Pierre, construite au XVIIIe sur la base d’une église romane.
Prochaine étape, Saint-Anne-sur-Vilaine via la D127 (48 km). C’est une halte pleine de charme, où l’histoire industrielle rencontre la douceur rurale.
Saint Anne sur Vilaine : pont historique et moulin vivant
Le château de Port de Roche, sur les bords de la Vilaine a été construit de la fin du XVIIe par Guischardy. L’église Sainte-Anne a été bâtie de 1832 à 1846 sur des plans de Louis Richelot.
Le pont de Port-de-Roche composé de trois travées de 25 m est le premier pont français en acier, appelé alors "métal Bessemer", construit pour l'Exposition universelle de 1867 dans le prolongement du pont d'Iéna, à Paris, et démonté après l'exposition, transporté et remonté sur la Vilaine. Le moulin de Belle née, de type moulin-tour, a été construit en 1832 et est en état de fonctionnement ; il est géré par l'Association de Sauvegarde du Moulin de Belle Née.
Continuez en direction de Langon via la D54 et D56 (53 km). Langon est une étape pour les passionnés d’archéologie, d’histoire sacrée, de paysages anciens.
Langon : trésors gallo romains et patrimoine sacré
Cette commune possède un patrimoine important, dont trois bâtiments monuments historiques. De plus, 405 monuments sont inventoriés dont une voie romaine et deux aqueducs ainsi que 160 objets.
Visiter l’église Saint-Pierre, inscrite monument historique par arrêté du 14 janvier 2002 ; elle abrite cinq objets eux-mêmes monuments historiques : un calice de 1653, un retable et un maître-autel d’époque Louis XIV, une peinture du XIVe siècle et des fonts baptismaux et leur baldaquin. La chapelle Sainte-Agathe de Langon mérite votre attention.
Prenez le temps de passer voir l'ensemble mégalithique dit des Les Demoiselles de Langon et les tertres mégalithiques dits des Les Pillons Garougnaux, situés près du hameau de la Gaudinais.
Brain sur Vilaine et La Chapelle de Brain : sur les pas de saint Melaine
A Brain-sur-Vilaine via la D56, rendez-vous avec l’histoire : vous partirez sur les pas de saint Melaine, l’enfant du pays devenu évêque puis conseiller de Clovis, grâce à un sentier d’interprétation évoquant gastronomie, histoire et nature. L'église Saint-Melaine à Brain-sur-Vilaine, possède un chevet roman et a été remaniée aux XVe et XVIIe siècles. Le clocher-porche a été ajouté en 1921 par Hyacinthe Perrin.
Passer La Chapelle-de-Brain (anciennement nommée La Chapelle-Saint-Melaine) via D177 et D56 (61 km), visiter l'église Saint-Melaine construite en 1823, devenue église paroissiale en 1839. Une tour-clocher est ajoutée par Arthur Regnault en 1908.