Locminé, une porte d'entrée chaleureuse vers la Bretagne intérieure
Le voyage débute à Locminé (km 0), une petite cité dynamique dont le nom signifie littéralement « l'ermitage des moines ». Rappelant ainsi l'origine de la ville, un monastère fondé au VIIe siècle. Quelques maisons à pans de bois situées dans le centre ancien témoignent de cette époque d'expansion. Visiter l'église Saint-Sauveur, également appelée église Saint-Colomban de Locminé, en grande partie reconstruite en 1975. De l'édifice d'origine, il ne reste que les façades datant du XVIe siècle, inscrites aux Monuments Historiques, tout comme le calvaire de granit dit croix du Clandy. Non loin de l'église, la chapelle Notre-Dame du Plasker, elle aussi inscrite aux Monuments Historiques, en partie reconstruite au XVIe siècle. L'intérieur ne manque pas de charme.
Le centre-ville se découvre facilement à pied. Les façades de granit rappellent l'identité architecturale bretonne tandis que les commerces de proximité témoignent d'une ville restée vivante tout au long de l'année. Les jours de marché, les producteurs locaux viennent présenter légumes, fromages, miel, cidre et spécialités régionales dans une ambiance conviviale où les échanges se font naturellement.
Idéalement située au cœur du Morbihan. Entre vieux manoirs et églises anciennes, vous découvrirez une ville restée proche de ses traditions ancestrales. Ville de campagne, Locminé présente un intéressant patrimoine architectural, mais également un très riche patrimoine naturel permettant d'apprécier la faune et la flore locales le temps de quelques balades.
Autour de la ville, les petites routes traversent un paysage agricole particulièrement préservé. Les haies bocagères abritent une riche biodiversité tandis que les chemins invitent à des balades à vélo ou à pied. Au lever du soleil, une légère brume enveloppe souvent les prairies, créant une atmosphère presque irréelle qui annonce parfaitement l'esprit de cette escapade. Dès les premiers instants, l'atmosphère diffère de celle du littoral breton. Ici, les paysages s'ouvrent sur une campagne vallonnée où alternent bocages, prairies et cultures qui dessinent un damier de verts aux multiples nuances.
Quittez Locminé pour prendre la direction de Pontivy via la D767 (25 km). Construit par la puissante famille bretonne des Rohan au XVe siècle, vous ne pourrez qu'être impressionnés par la silhouette massive du château fortifié de Pontivy.
Une campagne bretonne où chaque kilomètre raconte une histoire
En quittant Locminé, la route serpente entre hameaux, fermes traditionnelles et chapelles discrètes qui apparaissent parfois au détour d'un bosquet. Cette Bretagne intérieure surprend par sa douceur. Les paysages changent lentement, sans rupture brutale. Les champs bordés de talus succèdent aux petits bois, les ruisseaux traversent les vallées et les villages dévoilent leurs clochers d'ardoise bien avant que les premières maisons n'apparaissent.
Au fil du parcours, les amateurs de patrimoine remarquent rapidement la richesse du petit patrimoine rural. Fontaines, croix anciennes, lavoirs, moulins et chapelles jalonnent les routes secondaires. Beaucoup témoignent de la profonde spiritualité qui a marqué cette région pendant des siècles. Cette omniprésence du patrimoine donne au voyage une dimension culturelle permanente. Même les paysages semblent raconter une histoire, celle d'une Bretagne façonnée par des générations d'agriculteurs qui ont patiemment modelé le territoire sans jamais rompre l'équilibre avec la nature.
Pontivy, la ville aux deux visages
Après avoir traversé cette campagne paisible apparaît progressivement Pontivy, sans doute l'une des villes les plus fascinantes du Centre Bretagne. Dès l'arrivée, deux époques semblent cohabiter harmonieusement. D'un côté, la vieille ville conserve son héritage médiéval. Ses ruelles pavées invitent à la flânerie entre les maisons à pans de bois, les hôtels particuliers et les petites places ombragées où les terrasses s'animent dès les beaux jours. Les vitrines des artisans côtoient les cafés et les librairies, créant une ambiance particulièrement agréable.
De l'autre côté, la ville napoléonienne révèle un urbanisme étonnamment géométrique. Les larges avenues, dessinées au début du XIXᵉ siècle, traduisent l'ambition de Napoléon Ier de faire de Pontivy un centre administratif majeur en Bretagne. Cette organisation très rationnelle contraste élégamment avec le charme irrégulier du quartier ancien. Cette dualité fait tout le caractère de la cité. Pontivy fut l'un des grands projets urbains de l'empereur avec La Roche-sur-Yon. Clin d'œil amusant, la cité prendra même, le temps d'une décennie, le nom de Napoléonville,... Quel étonnement de voir, jouxtant la ville médiévale, les avenues rectilignes et les façades néoclassiques de la période napoléonienne.
Le château des Rohan, gardien de l'histoire bretonne
Impossible d'évoquer Pontivy sans admirer l'imposant château des Rohan, dont les puissantes tours dominent la ville depuis le XVe siècle. Construit pour protéger le duché de Bretagne, il impressionne autant par ses dimensions que par son remarquable état de conservation. Les murs de granit semblent encore porter les traces des siècles durant lesquels ils ont résisté aux guerres et aux transformations du territoire.
En parcourant les abords du château, on imagine facilement l'animation qui régnait autrefois autour de cette forteresse. Marchands, soldats, artisans et voyageurs franchissaient quotidiennement ses portes, faisant de Pontivy un carrefour commercial important. Aujourd'hui encore, le monument demeure le symbole de l'identité historique de la ville. Au pied de ses deux tours en poivrière, entre ruelles médiévales sineuses et façades napoléoniennes, la balade de la vieille ville, autour de la place du Martray, est un enchantement. Maisons à colombages et façades médiévales rappellent que la cité connut son heure de gloire grâce à la fabrique de cuirs et de toiles sur les rives du Blavet. Le canal du Blavet et le canal de Nantes à Brest oxygènent la ville de part et d’autre.
Une ville où il fait bon prendre son temps
Pontivy ne se visite pas dans la précipitation. On s'attarde volontiers sur les places animées, devant les halles ou sur les terrasses des cafés où l'on savoure une bolée de cidre accompagnée d'une généreuse galette de blé noir. Les restaurants mettent à l'honneur les produits locaux : beurre salé, andouille, légumes du terroir, poissons et desserts traditionnels composent une cuisine sincère et généreuse.
Les boutiques permettent également de découvrir le savoir-faire breton à travers les faïences, les créations textiles, les bijoux celtiques ou encore les spécialités gourmandes qui feront le bonheur des visiteurs souhaitant prolonger leur voyage une fois rentrés chez eux. Lorsque le soleil décline, les pierres blondes des façades prennent des teintes dorées tandis que les eaux calmes du canal reflètent les derniers rayons du jour. C'est un moment privilégié où la ville révèle toute sa douceur.
Pontivy incarne parfaitement l'esprit de cette Route touristique : "Escapade en Centre Bretagne" : une destination où patrimoine, nature et art de vivre s'entremêlent harmonieusement. Avant de reprendre la route vers les grands espaces du lac de Guerlédan et les paysages forestiers qui attendent le voyageur, cette étape offre déjà un magnifique condensé de tout ce qui fait le charme discret mais profondément attachant du cœur de la Bretagne.
Le canal de Nantes à Brest, une parenthèse de sérénité
Quelques pas suffisent pour rejoindre l'un des plus beaux atouts de Pontivy : le canal de Nantes à Brest. Long ruban d'eau bordé d'arbres centenaires, il offre un cadre particulièrement paisible. Les anciennes maisons éclusières, les passerelles fleuries et les péniches de plaisance composent un décor propice à la détente. Marcher le long du chemin de halage procure une sensation immédiate d'apaisement. Seuls le chant des oiseaux, le bruissement des feuilles et parfois le passage discret d'un bateau viennent troubler le silence.
Les cyclistes apprécient particulièrement cette voie verte qui permet de découvrir la Bretagne intérieure sans difficulté, tandis que les familles profitent des nombreuses aires aménagées au bord de l'eau. Le canal raconte lui aussi une page importante de l'histoire bretonne. Construit au XIXᵉ siècle afin de faciliter le transport des marchandises tout en évitant les côtes exposées aux attaques ennemies, il constitue aujourd'hui un formidable espace de loisirs et de découverte.
Pour ceux qui préfèrent se laisser porter par le clapotis de l’eau, embarquez sur une péniche et profitez de paysages inédits : de maisons éclusières en haltes nautiques, vous pourrez parcourir le canal de Nantes à Brest en empruntant le Blavet jusqu’au Lac de Guerlédan, le plus grand lac de Bretagne.
En quittant Pontivy, la route s'élève doucement à travers une campagne où les reliefs deviennent plus affirmés. Les vallons se succèdent, les forêts gagnent en densité et l'air semble encore plus pur.
Après avoir longé le Blavet, découvrez Saint-Aignan via la D767 (40 km). La commune de Saint-Aignan se trouve le long du lac artificiel de Guerlédan et son barrage. Située le long du GR341, l’anse de Sordan est le point d’accès le plus facile de la rive sud du lac. Les forêts de Quénécan et de Branguily ouvrent quelques kilomètres de sentier pour respirer la nature à pleins poumons.
Saint-Aignan compte trois monuments historiques : le Camp protohistorique du Castel-Finans, classé en 1971 situé sur un éperon barré au-dessus du Blavet et dont il ne reste que des traces. Le Site archéologique du Corboulo, inscrit en 1995 et la ferme Le Corboulo, inscrit en 1987. Avant votre départ, visiter l’église Saint-Aignan, remontant au XVe siècle.
Poursuivez votre périple sur la route touristique vers Sainte-Brigitte via la D15 A - plus sympathique (60 km). Le château des Salles de Rohan, dit aussi Penret, ou encore Pen-Raithé, se situe dans la forêt de Quénécan, à la limite de Sainte-Brigitte et Perret. Le terme « Salles » vient de l'ancien français et désigne un logis. Le château des Salles de Rohan appartient au réseau de forteresses des Rohan avec Pontivy, Josselin,.... Il contrôle un site connu très tôt pour la fabrication du fer : on voit encore, sur la plage de l’étang, des concrétions de cristaux d’oxyde de fer, les fameuses “macles” qui ornent le blason des Rohans.
Après avoir longé le Blavet, découvrez le village sidérurgique des Forges des Salles : une trentaine de bâtiments témoigne de l’activité industrielle du XIXe.
Les Forges des Salles, un village figé dans le temps
En poursuivant la Route Escapade, le voyage prend une dimension inattendue. Niché au cœur de la forêt de Quénécan, le village des Forges des Salles offre l'impression de pénétrer dans un décor de cinéma. Pourtant, tout est authentique. Dès les premiers pas, les maisons de schiste aux toitures d'ardoise semblent raconter la vie de centaines d'ouvriers qui, pendant près de deux siècles, travaillèrent dans cette véritable cité sidérurgique.
Le haut fourneau, les ateliers, les logements ouvriers, la maison du maître des forges, la chapelle, l'école ou encore la cantine composent un ensemble remarquablement conservé. Rarement un site industriel ancien aura conservé une telle cohérence architecturale. La visite permet de comprendre comment le minerai de fer, le charbon de bois produit dans les forêts environnantes et l'énergie hydraulique ont permis le développement d'une activité métallurgique prospère dès le XVIIᵉ siècle.
Mais au-delà des explications historiques, ce sont surtout les ambiances qui marquent les visiteurs. Le craquement du gravier sous les pas, les façades patinées par le temps, les jardins fleuris et les immenses arbres qui entourent le village créent une atmosphère presque hors du temps. On imagine facilement les forgerons quittant leurs ateliers à la tombée du jour tandis que les fumées s'élevaient autrefois au-dessus des hauts fourneaux. Cette plongée dans le patrimoine industriel constitue l'une des plus belles surprises de l'itinéraire.
La forêt de Quénécan, une Bretagne mystérieuse
Autour des Forges des Salles s'étend la vaste forêt de Quénécan. Souvent surnommée « la petite forêt de Brocéliande », elle nourrit depuis toujours les légendes bretonnes. Ses chemins ombragés, ses étangs, ses landes et ses rochers moussus offrent un décor où l'imaginaire trouve naturellement sa place. Au fil des saisons, les couleurs évoluent constamment. Le vert tendre du printemps laisse place aux feuillages denses de l'été avant que les ors et les rouges de l'automne ne transforment complètement le paysage.
La forêt est aussi un refuge pour une faune particulièrement riche. Avec un peu de patience, il n'est pas rare d'apercevoir un chevreuil traversant une clairière, un héron au bord d'un étang ou encore quelques écureuils sautant d'arbre en arbre. Les promeneurs apprécient cette nature généreuse qui invite autant à la randonnée qu'à la simple contemplation.
Après cette belle leçon d’histoire pour une découverte très instructif, continuez votre escapade vers Guémené-Sur-Scorff labellisée « Petite Cité de Caractère », via D18 (76 km). Une déambulation dans les rues et ruelles du centre historique s’impose pour découvrir le charme des maisons anciennes, dignes héritières du Moyen Âge.
Guémené-sur-Scorff, une cité de caractère au riche patrimoine
La route poursuit ensuite son chemin vers Guémené-sur-Scorff, petite cité bretonne dont le charme opère immédiatement. raversée par la rivière du Scorff, cette ancienne place forte possède un patrimoine remarquablement préservé. Les ruelles pavées serpentent entre les maisons anciennes aux façades de granit, les passages voûtés et les hôtels particuliers qui témoignent de son passé prospère.
La Cité de caractère de Guémené-sur-Scorff a conservé plusieurs maisons en pierre de taille datant d'avant la Révolution française, principalement situées sur le « Grande Rue ». Parmi les plus remarquables, nous pouvons citer : l'hôtel des Princes du XVIe, la maison du Sénéchal du XVIIe siècle, l'ancien relais de diligence, la taverne les Trois Marchands... L'ancien château des Rohan, dont subsistent plusieurs vestiges, rappelle l'importance stratégique de la ville durant le Moyen Âge.
De l'ancien château de Guémené-Sur-Scorff, demeure des seigneurs de Guémené, ne subsistent plus aujourd'hui que la tour Prison issue du « chastel anglais », la porterie dite Porte des Rohan du XVIe siècle, à l'intersection de la rue du château et la rue Joseph Le Calve et, à l'intérieur de l'enceinte à mâchicoulis, quelques pans de murs ou fragments de pièces dans lesquels se trouvent des portes géminées et une excavation appelée « bain de la Reine Anne ».
Au détour des rues apparaissent également de nombreuses maisons à colombages, des escaliers de pierre et des détails architecturaux qui récompensent les promeneurs attentifs. Le cœur de la cité se découvre lentement, presque sans itinéraire précis. Chaque ruelle dévoile une nouvelle perspective, une cour discrète ou une façade soigneusement restaurée.
Le royaume de l'andouille de Guémené
Impossible d'évoquer Guémené-sur-Scorff sans parler de sa plus célèbre spécialité gastronomique. Depuis plusieurs siècles, l'andouille de Guémené fait la réputation de la ville bien au-delà des frontières bretonnes. Son procédé de fabrication, particulièrement minutieux, repose sur l'empilement successif de chaudins de porc qui donnent à la tranche sa célèbre structure concentrique. Les artisans perpétuent ce savoir-faire avec passion, proposant aux visiteurs des dégustations qui permettent de découvrir toute la finesse de cette charcuterie emblématique.
Servie chaude avec une purée de pommes de terre, intégrée à une galette ou simplement dégustée en fines tranches, elle constitue une véritable signature culinaire du Centre Bretagne. Les épiceries fines et les producteurs locaux offrent également l'occasion de repartir avec quelques spécialités régionales : miel, cidre fermier, biscuits bretons, caramel au beurre salé ou encore confitures artisanales.
Quittez Guémené-Sur-Scorff pour une immersion au cœur du moyen-âge à Melrand via la D142 (91 km). La commune de Melrand possède un patrimoine architectural riche et diversifié, composé de l’église, de nombreux calvaires, des fontaines, et chapelles dominent les terres de Melrand.
Melrand, un voyage dans la Bretagne rurale
Quelques kilomètres plus loin, Melrand prolonge cette immersion dans la Bretagne traditionnelle. Le village est notamment connu pour son remarquable patrimoine religieux, avec ses chapelles disséminées dans la campagne, mais aussi pour son village de l'An Mil, véritable reconstitution d'un habitat rural médiéval. Cette visite permet de mieux comprendre le quotidien des habitants de la Bretagne il y a plus de mille ans. Les maisons en bois et en torchis, les jardins, les ateliers d'artisans et les démonstrations de savoir-faire offrent une expérience aussi pédagogique que vivante.
Découvrez le Village de l'An Mil de Melrand, ce site archéologique permet de découvrir la vie quotidienne des populations rurales du Moyen-Age. Mis en valeur au travers d'un jardin présentant des plantes attestées à l'époque, de reconstitution des bâtiments nécessaires à la vie de ces paysans, et d'animaux de races se rapprochant de celles qu'ils devaient élever il y a 1 000 ans, le Village donne une bonne idée de l'univers de nos ancêtres. Chaque année, le Village de l'An Mil de Melrand propose des animations au fil des saisons. Sur une journée ou sur un mois, petits et grands, ensemble, peuvent y participer lors de leur visite du site.
Autour de Melrand, les chemins creux bordés de fougères invitent à la promenade. Ils traversent une campagne paisible où alternent bois, prairies et petits cours d'eau. À chaque saison, cette nature dévoile une nouvelle palette de couleurs et de parfums. Les ajoncs en fleurs illuminent le printemps, les champs de blé ondulent sous le vent estival, tandis que les sous-bois prennent des teintes flamboyantes lorsque revient l'automne.
Ici, le voyage retrouve toute sa simplicité. On prend le temps d'écouter le chant des oiseaux, de respirer l'odeur des sous-bois après une averse ou de discuter avec les habitants qui partagent volontiers anecdotes et traditions locales. Cette authenticité constitue sans doute l'une des plus grandes richesses de la Route Escapade en Centre Bretagne. Bien loin des itinéraires les plus fréquentés, elle révèle une Bretagne profondément attachée à son histoire, à ses paysages et à son art de vivre.
Alors que la route s'oriente progressivement vers le sud du Morbihan, une nouvelle facette du territoire s'annonce. Les vallées s'élargissent, les influences maritimes se font peu à peu sentir et l'histoire industrielle rejoint bientôt le patrimoine médiéval. Le voyage est loin d'être terminé : Hennebont et Lorient s'apprêtent à offrir un final où se mêlent fleuves, ports, cités historiques et ouverture sur l'océan.
Avant la fin de votre circuit touristique, une escale à Hennebont s'impose via la N24. Cité d'art et d'histoire, Hennebont s'impose d'emblée avec ses deux tours majestueuses entourant la ville close et sa basilique du XVIe siècle. Le charme de la commune réside aussi dans les belles demeures du XVIe et XVIIIe siècle de la ville close.
Hennebont, entre remparts, fleuve et mémoire médiévale
En poursuivant la Route Escapade en Centre Bretagne vers le sud, les paysages évoluent progressivement. Les vallées deviennent plus larges, les cours d'eau gagnent en ampleur et l'air porte déjà une légère influence maritime. C'est dans ce décor que se dévoile Hennebont, l'une des plus belles cités historiques du Morbihan. Lovée sur les rives du Blavet, la ville séduit immédiatement par son équilibre entre patrimoine, nature et animation. Dominant les quais, les puissants remparts rappellent qu'Hennebont fut longtemps une place forte stratégique, chargée de protéger l'accès à l'intérieur de la Bretagne.
Flâner dans les ruelles pavées du centre historique, c'est parcourir plusieurs siècles d'histoire. Les maisons anciennes, les portes fortifiées, les passages voûtés et les places ombragées composent un décor où l'on imagine facilement le tumulte des marchés médiévaux et le passage des marchands venus de toute la région. Les remparts offrent de magnifiques points de vue sur le Blavet. Depuis leurs chemins de ronde, le regard embrasse les méandres du fleuve, les ponts qui relient les deux rives et les toitures d'ardoise qui dessinent la silhouette harmonieuse de la ville.
À quelques pas de là, le haras national apporte une touche d'élégance supplémentaire à la visite. Installé dans un vaste domaine arboré, il perpétue la grande tradition équestre française. Les visiteurs peuvent y découvrir les écuries, admirer les chevaux de différentes races et assister, selon la saison, à des démonstrations qui mettent en valeur le savoir-faire des écuyers. Cette alliance entre patrimoine militaire, culture équestre et douceur des paysages fait d'Hennebont une étape particulièrement attachante.
Hennebont a su conserver un bel héritage de son architecture moyen-âgeuse. Découvrez-la à pied, de préférence le jeudi, jour du plus grand marché du pays de Lorient. Mais c'est du haut des tours, du chemin de ronde et le long de la partie restaurée des remparts que la vue sur la ville est la plus jolie.
Enfin, dernière étape Lorient via la N24 (141 km), ville d'art et d'histoire du XXe siècle, de part le monde réputée pour son Festival Interceltique, offre tous les avantages d'une ville tournée vers la mer. Sur cette terre de marins ouverte sur l'océan, les loisirs nautiques sont rois. Le littoral, où s'entremêlent plages de sable fin et rochers, fait le bonheur des amateurs de farniente, de châteaux de sable, de pêche à pied et de voile...
Lorient, là où la Bretagne intérieure rencontre l'océan
Quelques kilomètres suffisent ensuite pour rejoindre Lorient, ultime étape de cette Route touristique : "Escapade en Centre Bretagne". L'arrivée dans cette grande cité maritime marque un contraste saisissant avec les paysages ruraux découverts tout au long de l'itinéraire. Ici, les horizons s'ouvrent largement sur la rade, les ports de plaisance et les bassins où se côtoient voiliers, bateaux de pêche et navires de course au large. Pourtant, malgré cette ouverture vers le monde, Lorient demeure profondément liée à l'histoire bretonne.
Fondée au XVIIᵉ siècle avec le développement de la Compagnie française des Indes orientales, la ville est rapidement devenue un important port de commerce. Les épices, les étoffes, les porcelaines et les produits venus d'Asie y transitaient avant d'être redistribués dans toute l'Europe. Aujourd'hui encore, cette vocation maritime se retrouve dans l'ambiance de ses quais, de ses marchés et de ses espaces culturels.
Les passionnés d'histoire peuvent consacrer plusieurs heures à la découverte de la base de sous-marins de Keroman, impressionnant témoignage de la Seconde Guerre mondiale, désormais reconverti en lieu de mémoire, de culture et d'innovation maritime. Les amateurs de voile retrouvent quant à eux un univers mondialement reconnu, puisque Lorient accueille plusieurs équipes engagées dans les plus grandes courses océaniques. Cette ville en perpétuel mouvement constitue un magnifique point d'orgue à cette traversée du Morbihan.