Le château d'Ainay-le-Vieil veille sur un petit village auquel il donne son nom et surprend le visiteur dès le premier coup d’œil. En effet, entouré de douves, il donne une impression de forteresse massive. Cet héritage de l’époque féodale est renforcé par les créneaux du rempart qui laissent imaginer un chemin de ronde mais aussi par les nombreuses meurtrières que l’on peut distinguer sur sa façade.
De l’époque féodale subsiste une enceinte sertie de remparts crénelés à neuf tours équipées de meurtrières, et d’un chemin de ronde. L’entrée de la forteresse d'Ainay-le-Vieil est défendue par un puissant châtelet qui, outre un système d’assommoirs et était pourvu d’un pont-levis. Il est aujourd’hui remplacé par un pont dormant.
Les douves, toujours en eaux, correspondent à un ingénieux système de canaux arrosant les jardins. Le donjon a disparu à la Renaissance pour être remplacé par un corps de logis. Le château d’Ainay-le-Vieil présente deux parties, l’une médiévale et l’autre pré-Renaissance
La visite est jalonnée de souvenirs historiques et familiaux et d’anecdotes transmises de génération en génération. Ce château d’Ainay-le-Vieil eut par le passé comme illustre propriétaire le fameux Jacques Cœur que l’on ne présente plus.
Une fois franchi le pont, qui fait penser à juste titre à un bon vieux pont-levis, l’architecture de l’édifice change radicalement. Vous voilà transportés entre Moyen-Âge et Renaissance avec l’expression d’un style gothique flamboyant détonnant. Cela s’explique par les 2 périodes qui ont vu la construction de ce château, le XIIIème siècle pour la forteresse et le XVème siècle pour le corps de logis.
La visite fait découvrir le corps de garde situé au dessus de la porte. Puis, les créneaux et merlons du chemin de ronde, sans parapet côté intérieur pour accroître la visibilité des soldats, qui traverse plusieurs tours de défense. Ces remparts offrent des points de vue remarquables sur le système de canaux qui alimente les douves et sur la forêt de Tronçais.
Ce chemin est interrompu par le château Renaissance créé début XVème pour apporter lumière et confort à ses habitants. La façade est marquée par une forte influence italienne : le lanternon de la tour d’honneur, les 2 loggias par exemple.
L’abondante décoration sculptée de la façade et de la tour est inspirée d’une imagerie familière à l’époque gothique où le fabuleux, voire le surnaturel, voisine avec le réalisme : des gargouilles, des monstres, des fleurs, des animaux, des personnages, la fée Mélusine… Le fronton porte les armes Bigny, celles de la famille qui a fait construire ce logis.
Le château d’Ainay-le-Vieil possède un intérieur richement décoré qui nous rappelle que les châteaux de la Loire ne sont pas si loin. On y distingue
d’ailleurs une cheminée monumentale à faire rougir ses cousins d’Amboise ou de Blois qui rappelle la visite du Roi Louis XIII.
A l’intérieur, le grand salon est remarquable par sa cheminée décorée en l’honneur d’Anne de Bretagne et de Louis XII, une des plus belles du Val de Loire. La suite de la visite vous mènera à une chapelle intéressante par ses éléments architecturaux : le plafond à caissons sculptés, de belles fresques attribuées au peintre Jean Boucher et sa suite, et des vitraux dus à Lécuyer, maître verrier qui a travaillé sur la cathédrale de Bourges.
Parsemés dans les différentes pièces du château, on retrouve de nombreuses toiles de maître ainsi que de nombreux souvenirs des ancêtres de la famille et amis prestigieux de passage.
Le parc et les jardins, ainsi que les murs de clôture font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 5 juillet 1993. Les jardins du château d'Ainay-le-Vieil, avec leur roseraie et leurs chartreuses, furent aménagés par les familles d'Aligny de la Tour d'Auvergne et Peyronnet, les propriétaires actuels. Ils bénéficient du label "jardins remarquables", décerné par le ministère de la Culture.
Enfin, les deux pavillons d'entrée du jardin, la pêcherie et la pièce d'eau voisine, le potager avec le canal qui l'entoure, les chartreuses et le portail d'entrée de la ferme font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 3 décembre 1998.