L'activité d'armateur de Jacques Coeur est également rappelée dans ces lieux. La chambre des galées (les galées étaient les bateaux du riche marchand) témoigne de cette activité. C'est dans cette pièce que se trouve un vitrail d'époque, le seul qui ait subsisté, et qui montre un navire richement esquissé.
Des sculptures finement réalisées représentent également les bateaux de l'armateur.
Les richesses de cette demeure sont à la démesure de celles de l'homme. Mais la fortune considérable de Jacques Coeur a provoqué sa chute. On ne pouvait, à l'époque, être plus riche que le roi. Et le Berruyer l'était. Cette richesse et ce magnifique palais ont suscité bien des jalousies. Arrêté en 1451 Jacques Coeur n'en profitera pas.
Tous ses biens, dont sa demeure berruyère, ont été confisqués par le monarque. Mais posséder un tel palais ne sert pas à grand-chose si on ne peut en tirer du profit en le revendant. Le garder coûte cher. Charles VII pensait trouver un acquéreur assez rapidement. Ce ne fut pas le cas et, en 1457, le roi de France se vit dans l'obligation de le rendre à la famille Coeur. Henri, Ravan et Geoffroy, les fils du Grand argentier, récupérèrent donc le bien familial.
En 1501 e fils de Geoffroy le vendit à un notable de Bourges. Lequel ne le garda pas longtemps : en 1522 il le revendit, à Claude de L'Aubespine, secrétaire d'État et des finances. Le palais connut alors pendant plus de cent ans la vie animée et brillante des gens du pouvoir. Pendant un siècle le palais fut le théâtre des dîners, des fêtes et des salons du cercle du pouvoir local et national.
A partir de 1679 le palais de Jacques Coeur devint la propriété de Jean-Baptiste Colbert, ministre du Roi. Lequel le céda à la Ville de Bourges en 1682. Les murs de la demeure abritèrent alors des services administratifs et judiciaires. La Révolution française épargna le palais, même si quelques bas-reliefs furent détruits pendant cette période, de même qu'une statue de Charles VII à cheval qui se trouvait au niveau du porche d'entrée.
En 1820 la Cour d'Appel du Cher et des tribunaux furent installés dans les locaux. La tradition et la richesse de ce patrimoine historique remarquable ne faisait à l'époque pas grand poids face aux besoins d'espace généré par cette activité. Le remodelage intérieur sans souci de conservation souleva l'ire de certains. Prosper Mérimée se fit le porte-parole de ce scandale et dénonça en 1837 cette destruction du patrimoine.
En 1840 le classement sur la liste des monuments historiques du bâtiment permit d'arrêter les dégâts. Le palais fut restauré, de façon heureuse et moins heureuse, un architecte décidant de supprimer purement et simplement la toiture conique du donjon.
La Cour d'appel et les tribunaux quittèrent le palais en 1920. En 1923 il devient propriété de l'Etat qui mène une campagne rigoureuse de restauration pendant une dizaine d'années, à partir de 1927. En 1999 un nettoyage des façades est effectué.
Pour construire une telle demeure, sa « Grant’Maison » comme Jacques Cœur disait, il fallait être immensément riche. La croissance de sa fortune était telle que de nombreuses personnes l’ont soupçonné d’être en fait un alchimiste, qu’il aurait trouvé le secret de la transmutation du plomb en or… et on peut les comprendre, d’autant plus que le palais regorge de détails qui rappellent l’alchimie.
Aujourd'hui, ce joyau de Bourges est un monument absolument incontournable de la ville. Devant la façade de la rue Jacques Coeur une statue du Grand argentier semble contempler la demeure dans laquelle il n'a jamais pu s'établir.
Pour changer un peu des cathédrales et autres églises du Moyen Âge, une visite s’impose à l’un des plus beaux édifices médiévaux de France, le Palais Jacques Coeur. Une référence à l’histoire de Tristan & Iseut se retrouve dans le Palais faisant un parallèle avec une idylle supposée entre Jacques Cœur et Agnès Sorel, la favorite du Roi Charles VII, saurez-vous la retrouver pendant cette étape des routes touristiques dans le Cher ?