À l'époque gauloise, la Risle délimitait le territoire de deux puissantes tribus, les Véliocasses et les Lexoviens. Montfort-sur-Risle est désigné dans la Chronique du Bec par ces mots Vetus castrum. Le nom de la localité est attesté sous la forme Muntfort en 1055, puis Montfort en 1754. Montfort-sur-Risle est une étape du pèlerinage du mont Saint-Michel sur le chemin venant d'Amiens par Barneville-sur-Seine. Montfort-sur-Risle doit sa grandeur à la famille qui lui donna son nom lors de la période anglo-normande. Ses différents vicomtes s'illustrèrent durant plusieurs siècles tant par leurs faits d'armes que leurs réalisations architecturales locales.
Tout commence vers 980, Torsten de Bassebourg, premier possesseur des lieux attesté, reçut le domaine de Montfort. Portant le titre de vicomte, son nom provient du lieu-dit de Basse(m)bourg situé à la limite de Brucourt dans le Pays d'Auge dont il était originaire. Il donna naissance à Hugues Ier de Montfort, dit Hugues à la barbe, qui hérita du domaine. Hugues Ier édifia la forteresse de pierre dans sa première configuration. En 1039, il trouva la mort dans un combat contre Vauquelin de Ferrières à Plasnes près de Bernay. Hugues II de Montfort qui lui succéda était dévoué au duc Guillaume dont il était le connétable. Il l'accompagna dans la plupart de ses expéditions guerrières. En 1054, aux côtés de Guillaume, il remporte sur les Francs l'éclatante victoire de Mortemer.
Hugues II accompagne le duc Guillaume le Conquérant à Hastings en 1066 et se voit gratifié de 114 manoirs répartis sur l’Angleterre. Il reçoit également l'honneur d'Haugley et se voit confier, avec Odon de Bayeux, la gestion de l'ensemble du comté de Kent. Ses deux fils Hugues III de Montfort et Robert Ier de Montfort recevront respectivement les terres anglaises et les terres normandes. Hugues III ne jouit pas longtemps du domaine de son père. Trouvant la mort en terre sainte lors des croisades, les possessions anglaises échouèrent à Robert Ier excepté l'honneur d'Haugley qui sera la base de forts désaccords entre le futur roi d'Angleterre Henri Ier et les Montfort.
Robert Ier, connétable héréditaire, s'illustra aux côtés de Guillaume le Roux, roi d'Angleterre. Sur son ordre, il s'empare de la tour du Mans et s'illustre brillamment à travers d'autres faits d'armes. Mais, en 1102, il abandonne le duc de Normandie au siège de Vignat et combat contre lui en 1106 à la bataille de Tinchebray. En l’absence de postérité, le domaine de Montfort revint à son neveu qui prit le nom de Hugues IV de Montfort. Il participa à la conspiration de la Croix-Saint-Leufroy en 1122 visant à élever au pouvoir Guillaume Cliton au détriment du roi Henri Ier.
Il en résulta un fort ressentiment du roi Henri qui assiégea le château en 1122. En deux jours, le village est brûlé et la fortification est prise jusqu'au donjon, dans lequel résistent des hommes de Montfort, commandés par Raoul de Gandnote. Henri fait venir des troupes du Cotentin et finalement les assiégés font la paix avec le roi. Le château fut remis entre les mains de Galéran IV de Meulan, beau frère de Hugues de Montfort, qui fut prisonnier du roi jusqu'en 1135.
Pendant trente six ans, Galéran occupa les lieux et fit réparer le château. Cependant Robert II de Montfort, fils aîné de Hugues IV reprit à Galéran en 1153 le château que ce dernier avait accaparé. Robert II possédait les trois honneurs de Coquainvilliers, Orbec et Montfort ; vingt-et-un chevaliers relevaient de lui pour l'honneur de Montfort, vingt-trois pour l'honneur de Coquainvillers et onze pour l'honneur d'Orbec, soit un total de cinquante-cinq chevaliers ce qui est considérable à l'époque. Robert II mourut en 1179 et c'est Hugues V de Montfort qui hérita du titre de sire de Montfort. Il est assez peu question de lui dans l'histoire sauf ce que rapportent les Rôles Normands ainsi que de sa participation au paiement de la rançon de Richard Cœur de Lion en 1195. À la suite de la prise de Château-Gaillard par le roi de France, le château de Montfort s'inscrivit dans la seconde ligne de défense du duché et devint ainsi une pièce maîtresse. Hugues V, fidèle au duc de Normandie Jean sans Terre reçut de nouvelles faveurs.
Mais en 1203, Hugues V disparaît des textes et il est fort probable qu'il perdit la vie lors d'un combat. Le château échut à Hugues de Gournay, qui abandonna Jean sans Terre en livrant Montfort aux troupes de Philippe Auguste. Par son importance stratégique, la forteresse fut reprise par le roi d'Angleterre qui la détruisit partiellement, démolissant les tours, démantelant les murailles, ruinant les chemins couverts, comblant le puits et démolissant les étages supérieurs du donjon. Aussi, quand les envoyés de Philippe Auguste vinrent reprendre possession de la forteresse, ils n'y trouvèrent plus que des ruines...
Aujourd'hui, le château médiéval représente encore cette puissance de la famille Montfort, sentinelle de pierres presque inattaquable et à l'histoire mouvementée. La position stratégique de la forteresse de Montfort-sur-Risle offre une vue panoramique d’exception sur la vallée. Situé à proximité de la forêt domaniale de Montfort l’ensemble s’étend sur 4,6 hectares et fait l’objet d’un programme de conservation et de mise en valeur. Le site est en accès libre toute l’année. Il est aisément accessible depuis le centre-ville pour les piétons, voitures et autocars (aire de stationnement aux abords immédiats du château). Parcourez ce site exceptionnel et poursuivez votre exploration entre vestiges de tours, courtines, donjon, basses cours et fossés.
Egaré dans un coin de la mémoire collective depuis des lustres, l'ancienne forteresse de Montfort-sur-Risle émerge progressivement de l’oubli et de sa gangue végétale. La volonté d’une municipalité et l’enthousiasme de bénévoles passionnés sont à l’origine de ce petit miracle. Pendant que certains s’ingénient à détruire les témoins du passé, d’autres fort heureusement se démènent pour en faire surgir les vestiges. Ainsi à Montfort-sur-Risle, où quelques passionnés s’attachent à donner la plus claire lecture archéologique possible du château fort de Toustain de Bastembourg. Tels les moines cisterciens du XIIe siècle, les adhérents de Montfort Culture et Patrimoine défrichent. A tour de bras !
Le château de Montfort-sur-Risle actuel, aurait été construit sur l'emplacement et avec les débris des premières murailles romaines. D’origine vraisemblablement gallo romaine, puis franque, cette hypothèse est partiellement vérifiée par les nombreux morceaux de tuiles à rebords servant de blocaille dans les pans de murs. D'une superficie totale de 4,6 hectares, le site représente un emplacement particulièrement avantageux lui permettant de contrôler les voies terrestres menant de Pont-Audemer à Brionne et de Lieurey à Montfort. Le château forme un vaste ensemble de 280m de long par 165m de large.
La forteresse de Montfort-sur-Risle, comprenant l’enceinte de pierre et les deux basses cours attenantes, présente une structure particulièrement remarquable. La superficie de la haute cour représente à elle seule 3 600 m2 formant une courtine protégée par quatre tours d’angle, une tour-porte dite Saint-Nicolas et deux tours semi-circulaires. Près de la tour-porte se trouvait la chapelle du lieu, élevée sous le vocable de Saint-Nicolas.
À l’intérieur de l’enceinte, placé au sud-ouest et assez loin de l’entrée, se distingue un donjon de forme rectangulaire de 18 × 16 mètres et dont ne subsiste que le premier niveau est implanté au sud ouest de la haute cour. Il a été dépouillé de son parement extérieur au XIIIe au profit de la construction de l’église d’Illeville-sur-Montfort. De forme rectangulaire, il présente des vestiges de contreforts plats aux angles et au milieu. Une chemise l’entoure encore partiellement et l’isole du reste de la haute-cour.
Les matériaux composant les maçonneries sont pour l’essentiel composés de silex à parements et de blocaille. Les arêtes et les soubassements révèlent un appareillage de pierre calcaire bien agencé. Cette pierre calcaire proviendrait d’une carrière située à Pont-Authou. Les structures de la poterne au niveau de la tour porte Saint-Nicolas ont été relevées lors du sondage archéologique réalisé en 1977 et 1978. À noter à l’arrière du donjon, le mur de courtine réalisé en Opus spicatum témoignant d’un type de maçonnerie ancien mis en œuvre dès les IXe et Xe siècles. l'Opus spicatum est également appelé "en épi de blé", cet appareil est utilisé de l'Antiquité au Haut Moyen Age. À la différence de l'opus piscatum, dit "appareil en arêtes de poisson", le joint entre les lits successifs n'est pas horizontal et rectiligne mais en zig-zag.
L’enceinte maçonnée est ceinturée dans sa totalité par des fossés dont la profondeur atteint parfois 10 mètres alors que la largeur s’étend jusqu’à 39 mètres. Les murs de courtines, épais de 2 mètres, atteignent une hauteur maximale de 5 mètres mais un remblai important interdit une lecture précise de leurs dimensions. Les parties sommitales ont été reprises rehaussant les murs de l’enceinte et un glacis a été ajouté sur l’extérieur des courtines. Ces deux éléments attestent un renforcement évident en vue d’une défense militaire accrue. Il en est de même pour les tours d’angles et la tour éperon dont l’implantation vient clairement s’ajouter dans un dispositif initial plus sommaire.
Ces modifications reflètent vraisemblablement les transformations effectuées par Hugues IV de Montfort, son arrière-petit-fils, l’améliora dans la première moitié du XIIe siècle, ceci correspond vraisemblablement à la période de la conspiration de La Croix-Saint-Leufroy à laquelle avait participé le sire de Montfort. La construction du donjon et des tours d’angles et de flanquement correspond sans doute à cette période. Différents récits ont évoqué deux périodes de construction pour le château.
Afin de vous aider à découvrir l’ampleur de ce château de Montfort-sur-Risle, laissez-vous guider par des tables de lecture jalonnent le circuit de découverte aménagé parmi les vestiges. Dans un cadre champêtre et bucolique vous pourrez vous ressourcer et faire une agréable pause pique-nique. Des tables sont disposées à cet effet. Un bâtiment-préau est disponible pour s’abriter.
Poursuivez votre visite de Montfort-sur-Risle en suivant le parcours entre Risle et coteau, pour découvrir le patrimoine culturel et historique du bourg. Le départ se fait depuis l’office de tourisme et présente sous forme d’une boucle. Par ailleurs chaque site est matérialisé par une signalétique disposant d’un flash code donnant accès à une visite audio commentée depuis votre smartphone. 6 points d’intérêt sont à découvrir le long de ce circuit dans Montfort-sur-Risle
La maison natale du peintre René Sautin. Né en 1881, il est un des rares peintres normands à décrire ses paysages d’une manière très personnelle par leur puissance, avec une certaine violence maîtrisée et une forte sensibilité. L’ancienne usine de tissage représentative du patrimoine industriel et hydraulique de la vallée de la Risle. Le lavoir la Source tient son nom de la source qui jaillit sous son dallage et qui l’alimente en eau. Le château La Motte tire son appellation du fait que son manoir seigneurial était ceint de douves creusées à même la prairie. La maison natale du peintre Albert Lebourg. Né en 1849, sa peinture est empreinte de nuances et de légèreté. L’église Saint-Pierre, son cadran solaire et son mobilier classé.