Une fois votre véhicule stationné sur l'un des parkings de Gournay-en-Bray, dirigez-vous vers la collégiale Saint-Hildevert, située non loin du centre ville de Gournay-en-Bray. La collégiale Saint-Hildevert se dresse fièrement dans ce lieu depuis le XIIe siècle. Cette église a été bâtie sur les vestiges d'un édifice du Xe ou du XIe siècle, alors dédiée à saint-Étienne. A l'origine, elle présentait une nef à collatéraux de six travées, un transept avec croisée surmontée d'une tour et de courtes absidioles, un chœur de trois travées et un chevet plat.
En 1174, la collégiale Saint-Hildevert fut incendiée comme le reste de la ville. A l’intérieur la chapelle Saint Joseph fut épargnée. En 1192, la nouvelle Collégiale renaît en style gothique normand permettant de hausser et voûter la nef. En effet, ce n’est que lors de sa reconstruction que les arcs gothiques vinrent se poser sur les murs de la nef romane. Le choeur a partiellement été reconstruit et le transept et la nef ont reçu des voûtes d'ogives. Cette nouvelle église fut consacrée le 29 Avril 1192.
C’est au XIIIe siècle, lors de la venue de trois clercs de Meaux qui transportaient de ville en ville les reliques de saint Hildevert, évêque de cette ville en 672, que remonte la dédicace de la collégiale. Saint Hildevert, fut abbé de Saint Riquier. Disciple de saint Faron, évêque de Meaux, Hildevert lui succéda vers 670 en exerçant un ministère épiscopal admiré pour sa douceur. Saint Hildevert, fut l'un des promoteurs de la construction de la cathédrale de Meaux. Il mourut le 27 mai 680. Il fut canonisé au Xe siècle à l’occasion de travaux dans la cathédrale de Meaux. Les trois clercs parcoururent la France avec la Châsse contenant le chef du Saint, c’est ainsi que la châsse fut déposée à Gournay pour la présenter à la dévotion des fidèles. Plusieurs miracles se produisirent. Au moment de partir, la châsse était tellement pesante qu’ils ne purent la soulever. Le Sire de Gournay soumit la relique au feu, celle-ci s’éleva. Le Sire décida alors de construire une église digne du Saint.
Saint Hildevert est honoré traditionnellement le 26 mai ; ce jour là son chef était imposé sur la tête des pèlerins particulièrement ceux que l'on nommait les "fols en tête" qui se trouvaient guéris de leur folie ou de leurs maux.
Au début du XIIIe siècle, la façade occidentale de la collégiale Saint-Hildevert a été renouvelée et la travée extrême a été surmontée de deux tours carrées inachevées afin de donner plus d’importance à l’édifice. Au XIVe siècle, le chevet plat est percé d’une grande fenêtre. Au XVe siècle, une sacristie a été accolée au transept. La tour de la croisée du transept fut remplacée en 1617, elle sera remplacée par une tour lanterne qui est détruite en 1649. Sur la façade les tours carrées seront surélevées par des clochers en charpente et ardoise. De 1650 à 1660, les deux tours ont été surélevées par un clocher en charpente couvert d'ardoise. En 1874, une restauration complète a été menée par de la Roque. Cette élégante collégiale du pays de Bray voit une partie de ses vitraux détruits lors de la seconde Guerre Mondiale, ils seront renouvelés en 1954 par J. Gaudin en évoquant la vie de Saint Hildevert.
En arrivant devant la Collégiale Saint-Hildevert de Gournay-en-Bray, vous découvrez à l’extérieur, une façade avec deux tours carrées, percées de quelques ogives et soutenues par des contreforts, elles sont surmontées de toits d’ardoises ajoutés au XVIIe siècle. Les deux tours encadre un portail central, surmonté de trois grandes fenêtres ogivales du XIIe siècle. La façade est composée de trois portails dont deux sont surmontés par deux clochers carrés inégaux. Le portail central met en évidence la Châsse de Saint Hildevert, soumise à l’épreuve du feu, qui s’élève au-dessus des flammes. Le tympan central est surmonté de la statue du saint. Le tympan de la porte droite représente la lapidation de Saint Etienne, patron primitif de l’église. La porte gauche est surmontée d’un autre tympan montrant saint Hildevert bénissant un enfant.
L’église mesure 48 mètres de long, 19 mètres de large et 19 mètres de hauteur. Les façades sud de la basse nef et ouest du transept comportent dix fenêtres romanes. Sur la façade sud, au-dessus des fenêtres de la basse nef, des figures grimaçantes sont sculptées. La visite du monument permet d’apprécier la belle hauteur de la nef dont la blancheur de la pierre et des voûtes s’apprécient par une lumière assez fantastique, les espaces sont harmonieux et surtout la beauté des sols transparaît avec des motifs noirs et blancs. La nef, longue de 28m, se compose de six arcades dont cinq sont cintrées. Elle est soutenue de chaque côté par cinq gros piliers carrés, cantonnés de quatre colonnes demi-rondes, qui toutes ont des chapiteaux particuliers : personnages grotesques, entrelacs, damiers, fers de lance… A l’origine, la nef n’était pas voûtée, elle le fut vers la fin du XIIe siècle ; les voûtes sont sexpartites.
Au seuil du chœur, nous pouvons observer sur la droite, les colonnes supportant des arcs en plein cintre d’époque romane, et, à gauche, des arcs ogivaux. Le chevet contient un magnifique vitrail sur la vie de Saint-Hildevert exécuté par le peintre verrier de Paris Jean Gaudin. Sa réalisation a été décidée pour marquer la reconnaissance des paroissiens à leur Saint Patron et à la Vierge, protecteurs de la Cité pendant les bombardements de 1944. Ce vitrail représente en quatre lancettes la vie de Saint-Hildevert, et la rosace supérieure évoque les sept dons du Saint-Esprit. Il a été inauguré en 1954.
La collégiale Saint-Hildevert de Gournay-en-Bray abrite également un mobilier et une statuaire de qualité. Ce qui reste cependant remarquable, ce sont la centaine de chapiteaux de la nef et du chœur. Les chapiteaux romans de la collégiale Saint Hildevert sont sans doute parmi les plus intéressants de la Haute-Normandie. Les spécialistes estiment être des œuvres exemplaires des styles architecturaux normands. La plupart d'entre eux sont décorés de palmettes et d'entrelacs ; quelques-uns s'ornent de damiers, de chevrons, guirlandes ou des fers de lance et des motifs de feuillage plaqués. Quelques visages humains figurent sur ces chapiteaux... montrant en particulier des personnages grotesques.
La collégiale Saint-Hildevert abrite également un buffet d'orgue des XVI et XVIIIe siècles. La partie la plus ancienne du grand-orgue de la collégiale est un petit instrument construit en 1538 par un facteur non identifié, pour l'église Notre-Dame de Gournay. Cet instrument comportait un clavier de 9 jeux. En 1793, l'instrument est démonté et reconstruit par un facteur également non identifié, qui installe le nouvel orgue dans la tribune ouest de la collégiale, au fond de la nef. Il agrandit le buffet en l'élargissant de chaque côté du buffet primitif de 1538. Le bois utilisé pour cet agrandissement semble être identique au bois du buffet central de 1538.
L'orgue est porté à 15 jeux, sur 2 claviers. Plusieurs organiers de la région sont amenés à assurer des réparations de l'instrument au cours des siècles, sans que leurs noms soient mentionnés. En 1923, la manufacture d'Ignace Pleyel de Paris réalise un relevage des tuyaux et un nettoyage du buffet. Sans doute est-ce Ignace Pleyel qui ajoute un pédalier de 27 notes.En 1950, Joseph Gutschenritter reconstruit l'orgue dans le buffet de 1793, en réutilisant une partie du matériel sonore existant. Il installe des transmissions électropneumatiques pour les notes et les jeux et une machine Barker au grand-orgue, porte l'étendue des claviers à 56 notes et celle du pédalier à 32 notes. Il construit un petit buffet de Positif sur la balustrade, qui est postiche et factice.Un relevage de l'orgue est assuré par Philippe Petitmange en 2013.Les transmissions des notes et des jeux sont électropneumatiques.
Admirez juste en face de la collégiale Saint-Hildevert, la plus ancienne maison de Gournay. Sa façade à encorbellement est datée de 1467 ; elle faisait partie d’une dépendance qui entourait le cloître. En 2011, la collégiale a fait l'objet d'importantes réhabilitations, notamment la mise aux normes pour les visiteurs à mobilité réduite ou encore la restauration totale de la voûte. Rendez-vous à l’office de tourisme de Gournay-en-Bray et munissez - vous de la brochure « Au fil des pas » un excellent moyen de découvrir toutes les richesses de la ville et d’admirer ses nombreuses architectures, notamment la tour du rempart, seule témoignage de la ville fortifiée au Moyen-Âge.