Véritable porte d'embarquement vers les Causses et les Cévennes, Ganges (km 0) sera le départ de cette route touristique. Située entre plaines et montagnes, aux confluents de la Vis, de l’Hérault et du Rieutord, la ville est réputée pour la confection des bas de soie d'une grande qualité. Dédales de ruelles étroites, traverses voûtées, jardins et cours en étage, la vieille ville est typique des villes cévenoles médiévales.
De nombreux vestiges ou quelques traces éparses de Ganges sont encore visibles notamment dans le quartier historique du "vieux" Ganges. On peut voir, rue Fréderic Mistral, l’une des neuf fontaines qui ornaient la ville au XVIIIème siècle. Le château se dressait à l’emplacement actuel des Halles marchandes et fut détruit en 1905. A ses côtés, l’Eglise, construite au XII ème siècle dans le style néo-roman, dédiée à Saint-Pierre, d’où son nom.
La place couverte, aujourd’hui Place Fabre d’Olivet, est le lieu qui abritait le marché médiéval. A l’époque, pour entrer dans ce quartier qui était bel et bien une ville médiévale entourée de murailles, il y avait quatre portes : la porte du Bouquié, la porte de la Croix, la porte du Four et la dernière, la porte de Laroque. Au n° 27 de la Grand Rue, l’Hôtel Bertrand de Maisonneuve a tout conservé de ces maisons d’aristocrates industriels du XVIIème siècle.
Beaucoup de magnaneries dans la région de Ganges permettaient la culture du ver à soie. A découvrir : Le temple protestant (1851) de forme rare et originale heptagonale possédant un haut et curieux clocher. Le beffroi communal de la fin du XVIIe siècle supportant un très gracieux campanile.
Dirigez-vous vers Saint-Julien-de-la-Nef, puis prendre la direction de Pont d'Hérault via la D999 (10,8 km) jusqu'a Beaulieu (18,6 km). Ce village viticole traversé par la Via Domitia est réputé dans la région pour ses pierres extraites dans les carrières, sur le plateau du Regagnat, au sud de la commune. Beaulieu est située sur une colline de calcaire, s'étend sur des plaines et des coteaux arborés ou cultivés de vigne.
En flanant découvrez l'église Saint-Pierre construite en 1860, la Chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié de Beaulieu et le Château de Beaulieu, construit au XIe siècle.
Restez sur la D999, puis prendre la D329 et la D323 en direction de Taleyrac (30,1 km). Vous traverserez la belle vallée de Taleyrac, que l’on aborde en traversant le Mazel. Vallée essentiellement agricole, l’oignon doux y est la principale ressource.
Poursuivre vers Valleraugue via la 323 et la D986 (40,6 km), niché dans la vallée au confluent de l’Hérault et du Clarou,dans un paysage magnifique. Sur son territoire se trouve le mont Aigoual, second massif des Cévennes et point culminant du Gard au Cœur du Parc national des Cévennes.
Les plus anciennes mentions de Valleraugue datent du XIII° siècle. Le pont roman qui enjambe l’Hérault est l’un des témoins de cette époque ancienne. Dans cette petite citée, le patrimoine est aussi très présent. Du XII° siècle avec la fondation de l’abbaye du Bonheur en passant par la guerre des Camisards puis à la résistance Maquisarde, Valleraugue s’inscrit dans l’histoire des Cévennes.
Tout un savoir-faire en pierre de rivière qui donne son cachet au village de Valleraugue et à ses hameaux. Les drailles, les bergeries et la transhumance racontent l’agropastoralisme qui rythme les saisons. Admirer l'église reconstruit au XVIIe siècle, son clocher possède à l'un de ses angles, un petit campanile en fer abritant une cloche datant de 1522. Les nombreuses façades, portes et ferronneries du XVIIe au XIXe siècles.
Sans oublié le prieuré Notre-Dame-de-Bonheur. Fondation de la famille de Roquefeuil, confiée à des chanoines résidents. Les jours de neige et de brouillard, ils sonnaient la cloche afin de guider les voyageurs et les pèlerins, d'où parfois le surnom de Saint-Bernard des Cévennes.
Continuez vers Col du Pas via la D10 (50,1 km), pour arriver aux Plantiers par la D193 (60,9 km). Les Plantiers, petit village au coeur des Cévennes, un bourg charmant sur ce circuit touristique. Venez découvrir la maison de l'eau, musée situé dans l'ancien moulin des Plantiers. Vous découvrirez un monde merveilleux et magique sous chaque pierre de la rivière ou le long d'un chemin.
Les Plantiers valorise et entretient son patrimoine, église romane de Saint Marcel de Fontfouilhouse du XIIe siècle, sentiers de randonnée avec de magnifiques panoramas dont le col du Pas, le col de l'Asclier et son pont moutonnier, la draille de Bomperrier. Les sentiers balisés vous conduiront vers les crêtes où l'on domine les Cévennes. Les chemins empruntés passent par d'anciens hameaux.
Poursuivre votre périple en direction de Saumane par la D193 et la D20 (66,4 km). Situé dans la vallée Borgne, non loin de la commune du Vigan. Il se trouve au milieu des champs et des prairies. Autrefois appelé Saumane le Castellas en raison de la présence d'un petit ouvrage fortifié, Saumane a énormément souffert des guerres de religion et s'est vu détruit en grande partie au début du XVIIIe siècle.
Saumane connaît cependant son âge d'or entre le XVIIIe et le XIXe siècle avec le travail de la soie et la présence de deux filatures de grande renommée.En vous promenant dans le village, vous pourrez apprécier le temple construit durant la seconde moitié du XIXe siècle, ainsi que l'église récemment restaurée.
Plusieurs ponts en pierre sont également à découvrir dans les alentours, le temps d'une petite promenade dans la campagne environnante.
Après l'Estréchure, traversez le pont sur la D39 direction le Col du Mercou par la D193 et la D39 (76,8 km). Le col du Mercou était un lieu de passage incontournable pour la transhumance, des centaines de troupeaux passaient par le Mercou venant de la plaine en passant par Saint Jean du Gard, Lasalle…. et allant vers l’Aigoual.
Cela peut nous paraître impossible de nos jours mais un marché se tenait ici au col, à tel point que le nom du col est directement lié au dieu du commerce, Mercure, celui-ci dériva en Mercou. L’ascension au sommet de Mauripe vaut le détour. Une vue sur les vallées cévenoles au nord et, au sud une vue dégagée sur la vallée de la Salendrinque, la mer Méditerranée, le Mont Ventoux à l’ouest par beau temps.
Poursuivre vers Lasalle par la D39 (82,8 km) étiré sur 2 km le long de la Salindrenque, rivière qui le traverse. La vallée qui l'abrite se nomme le Val d'émeraude en raison d'un changement de végétation assez net par rapport à la garrigue toute proche. Lasalle fut déchiré par les guerres de Religion, celle menée par le duc de Rohan puis celle des Camisards. Les camisards (paysans protestants) trouvent refuge au village pendant les guerres de religion.
Les vieilles maisons cévenoles, qui bordent la rue principale, malgré leur aspect austère, témoignent d’un riche passé. Hautes de trois ou quatre étages, elles sont révélatrices de l’exiguïté du site. Le village de Lasalle fut fortement marqué par l'industrie de la soie : il reste de nombreuses magnaneries aujourd'hui transformées en habitations privées. À l’entrée du Pont Vieux du 16ème enjambant la Salindrieque se trouve la filature Roux, édifiée en 1854.
Par une calade remontant au XVIe siècle, la visite se prolonge à l’extérieur du village vers le château de Cornelly, le Rocher de la Lune et le Bosquet du souvenir.
La prochaine étape de ce parcours touristique sera Colognac par la D39 et la D153 (92,5 km). Avant d’arriver au village, vous verrez l’ancien moulin restauré de la Mouleyrette de la fin du XVIe siècle. Colognac est situé sur un plateau à 600 m d'altitude, Cette situation offre un panorama du Cap d'Agde jusqu'au Mont Blanc.
Du Vieux village de Colognac, on y découvre des constructions cévenoles et la vie communautaire d'autrefois : mas en granit, des calades, puits, clèdes, fours à pain...
Pour finir cette boucle, prendre la direction de Sumène via la D153 (111,8 km) situé dans la vallée du Rieutord, précisement à l'endroit où le Recodier rejoint le Rieutord. C'était le passage obligé pour rejoindre Le Vigan jusqu'à l'ouverture de la route menant directement de Ganges au Vigan.
Ancienne capitale de la tonnellerie, Sumène est célèbre pour son école de menuiserie fabriquant les armoires de Sumène. Le village fait partie aujourd'hui de la zone de production des Appellations d'Origine Protégée (AOP) oignon doux des Cévennes et du pélardon (fromage de chèvre).
Vers 1850, avec la disparition du ver à soie et la crise de l'industrie, ce fût le déclin et Sumène fût alors isolé commercialement avec pour conséquence l'exode rural. Sumène est riche d'une vingtaine de bâtiments d'intérêt historique ou architectural, datant en partie du Moyen Âge. Découvrez son patrimoine en flanant dans les ruelle de la ville.
L'ancien hôtel la Galère, date des XIIIe et XIVe siècles. La tour dite le Font de Ville a été la demeure de l'un des premiers pasteurs du bourg qui est la seule tour des remparts à ne pas avoir été détruite. La porte du Pied-de-Ville, aussi surnommée Arceau de Pied-de-Ville, sur lequel on peut lire la devise du village, datant des guerres de Religion.
Sans oublier les vestiges d'un cimetière wisigoth, remis au jour lors de fouilles archéologiques. Les Erbuns sont des passages souterrains qui donnaient accès aux anciens remparts. Ce lieu, qui dessert aujourd'hui les caves de certaines habitations du vieux village, est également appelé chemin de ronde. Ils furent construits pendant la Guerre de Cent Ans pour se protéger des Anglais, présents au Vigan...
Retour vers Ganges via la D11 et la D4 (118,1 km).