A la sortie d’Olette, la route grimpe en jolis lacets, jusqu’àu village d'Evol. La surprise tient alors dans l’unité des constructions de cet ancien village médiéval. Les maisons rustiques d’Evol, groupées sur les pentes d’une colline de la rive gauche de la rivière, généralement orientées vers le midi, constituent autant de modèles de l’architecture rurale du Haut-Conflent.
Les murs des maisons sont en schiste, les pierres empilées les unes sur les autres, les toits en belles lloses. Construites avec le schiste brun ou noirâtre local et couvertes d’ardoises bleutées dont plusieurs anciennes carrières existent dans la vallée.
Ces maisons utilisent toujours judicieusement la pente naturelle du terrain, comportent généralement des portes et fenêtres à linteaux de bois et ont conservé un certain nombre de typiques balcons de bois à encorbellement, établis en direction du meilleur ensoleillement et des escaliers extérieurs donnant accès au premier étage, seul réservé à l’habitation humaine, le rez-de-chaussée étant réservé au bétail et aux ustensiles agricoles.
Les maisons s’allongent sur une bande le long de la route, sous l’église Saint-André classée Monuments Historiques depuis 1943. Deux églises furent construites à Evol. La première, dédiée à St André, est un édifice du XIe siècle comme le prouve son architecture rustique au clocher orné d’arcatures et de lésènes.
Au XVe siècle un retable consacré à Saint Jean Baptiste fut installé. St André sera modifié en profondeur en 1723 avec l’ajout de la chapelle du rosaire. La deuxième église était consacrée à St Etienne. Elle existait en 1347, mais on ne connaît pas sa date de construction exacte. Toujours est-il qu’elle fut construite probablement au début du XIVe siècle, comme semble l’indiquer les trois arcs en ogives et l’arc diaphragme de la nef.
A l’entrée du village, a été conservé un lavoir. Evol en compte trois au total. L’eau n’y manque pas. Un petit canal traverse le village et berce de son chant le hameau. Des efforts ont été faits pour remettre sur pied les maisons, en respectant les constructions d’autrefois. Les rues y sont étroites, parfois en escalier.
Dans le village on trouve les restes d'un Conjurador, petit édifice destiné à conjurer l'orage lorsqu'il menaçait. La population y allait en procession, précédée du curé d'Evol. Il est accolé à l’église et à l’origine, il était couvert. La toiture n’existe plus mais le mur avec les deux ouvertures en plein cintre est remarquable.
Vous pourez encore voir les ruines du château et un oratoire, avec une Vierge gothique. La rive Ouest de la vallée est nommé "Oceillans", ce qui fait référence à un ancien village situé sur le plateau. Il ne reste absolument plus rien de cet ancien village de nos jours.
Le château d'Evol est à l'état de ruine, il dispose encore de quelques pans de murs et d'une tour ronde assez bien conservée, mais le reste n'est qu'un tas de pierres.Le mur nous montre un appareillage grossier fait à base de pierres de schiste. Les murs sont peu épais, ce qui est assez étonnant pour une construction du XIIe siècle.
L'environnement sur la colline est recouverte de petits arbres et grands arbustes, surtout des épineux, ce qui rend la balade difficile dès qu'on sort du sentier. Mais la vue est particulièrement jolie de là-haut.
L’ancienne école du village a été transformée en salle d’exposition consacrée en partie à l’écrivain Ludovic Massé, né dans la commune en 1900 et à un petit musée rassemblant des outils araires du début du siècle. La typicité du village a été conservée. Ses fours à pains débordant des parois témoignent encore de la vie rurale du début du siècle.