Dominant les gorges du haut de sa falaise escarpée, au confluent de l’Aveyron et de la Vère, vous apparait le château de Bruniquel, lorsque vous l’abordez en arrivant par Penne. Si vous voulez accéder au village de Bruniquel, il est préférable de laisser votre voiture au parking et de vous enfoncer à pied dans
les venelles médiévales et caillouteuses qui vous mèneront vers le château où la vue plongeante sur la confluence des deux rivières vous récompensera de vos efforts.
Dès la fin du XII° siècle, Bruniquel sera entouré d’une première enceinte de fortification qui suit approximativement le tracé de la rue Droite. Il en subsiste encore des éléments ainsi que des maisons du XV° et XVI° siècle dont la maison Payrol qui fut une hostellerie cistercienne dépendante de l’Abbaye de Beaulieu en Rouergue, certains éléments d’architecture en portent la trace.
Bruniquel, ancienne cité marchande florissante où se négociaient notamment le chanvre, le lin et le safran, a quelque chose d'impalpable : une ambiance, une atmosphère, ou tout simplement une beauté qui laisse au promeneur une impression inoubliable. Tout ici en atteste: grandes bâtisses, escaliers à vis, portes ouvragées, fenêtres à meneaux, beffroi… sont les vestiges architecturaux construits par de riches négociants ayant faits fortune du XIIIe au XVe avec la culture de la vigne, du chanvre ou du safran.
Se promener dans ses ruelles pavées pleines de charme, c'est comme replonger dans l'atmosphère des fastes du Moyen-Âge, et c'est découvrir nombre de demeures en pierre dont certaines sont agrémentées de belles fenêtres à meneaux. Votre parcours touristique dans le dédale de ruelles étroites et escarpées pour vous rendre aux châteaux, sera jalonné de magnifiques demeures de pierres aux façades ouvragées, aux portes en accolades, aux fenêtres géminées ou à meneaux…
Vous pourrez à loisir, musarder dans le quartier haut où vous aurez peut-être l’impression, en fonction de la saison, que les maisons et les jardinets sont à l’abandon. Alors, avec un peu d’imagination et en regardant de plus près les pans de murs mangés par les herbes folles et les grandes demeures en pierres grises ou dorées d’où émane une certaine opulence révolue, vous ressentirez l’empreinte d’un riche passé commerçant.
Superbe exemple de l'architecture civile médiévale, la maison Payrol, ancienne demeure des gouverneurs de Bruniquel, abrite des peintures murales datées du XIIIe siècle, un plafond Renaissance, ainsi qu'un musée exposant une collection d'objets liés à l'histoire locale. Et, perchés à plus de 90 mètres au-dessus des méandres de l'Aveyron, le château jeune et le château vieux, qui comme toutes les vieilles pierres se nourrissent de légendes et participent activement à la magie de ce bourg fortifié.
Les châteaux de Bruniquel sont perchés sur un éperon rocheux dominant les vallées de l’Aveyron et de la Vère, pour surveiller le passage de l’Aveyron, entre la ville de Cahors et l’Albigeois. Un deuxième château dit le "Château Jeune" est élevé, de 1485 à 1510, sur la falaise, donnant à l'ensemble le nom "Les Châteaux de Bruniquel". Les propriétaires du "Château Vieux" étant catholiques et ceux du "Château Jeune » protestants, ils ne vont cesser de se quereller.
Le château jeune conserve l’essentiel de ses élévations du XVème siècle mais il a connu des remaniements à la fin du XVIIème siècle et au XVIIIème siècle. Les châteaux accueillent deux expositions permanentes, l’une sur le tournage du film Le Vieux Fusil, l’autre sur la pierre et la sculpture à Bruniquel ainsi que sur la préhistoire. La salle d’apparat et la galerie du Château vieux ont été récemment restaurées.