Partir à la découverte de Saulges, c’est partir à la redécouverte d’une histoire de 400 000 ans. Démarrer votre escapade touristique de la petite cité de caractère de Saulges au départ de l'église Saint-Pierre. Sans doute construite en bordure d’une nécropole mérovingienne, la chapelle Saint-Pierre fut le premier sanctuaire de Saulges.
Au VIIIème siècle, une église partiellement conservée et dédiée à Saint-Pierre fut construite, à Saulges. Elle fait partie des plus anciennes églises de la région, à l’intérieur de laquelle s’y retrouvent une statue peinte et les reliques de Saint-Cénéré. Vous découvrirez une intéressante collection de statues en bois, pierre et terre cuite des XVIIe et XVIIIe siècles. On y admire également de somptueuses peintures murales et une ancienne chapelle.
De l’autre côté de la rue, le vieux logis est une ancienne maison priorale des XVIIe et XVIIIe siècles, rattachée à l’église Saint-Pierre, lieu de pèlerinage. Le “fruit” important des murs, diminution de l’épaisseur de la maçonnerie à mesure que l’on s’élève donne une impression de robustesse.
À côté, se trouve l’église Notre-Dame. Au XIème siècle, l’église Saint-Pierre de Saulges, devenue trop étroite pour accueillir les paroissiens, est remplacée par une seconde église, dédiée à notre Dame. De cette construction d’origine, subsiste aujourd’hui son aspect imposant du haut de ses longs murs latéraux, de la nef aux fenêtres romanes. Au sud, s’y trouve une puissante tour-clocher, coiffée d’une toiture pyramidale du type des donjons romans.
À l’intérieur, une Sainte Trinité du XVème siècle et un retable du Christ au Calvaire de 1401, y sont à découvrir. A l’entrée, une plaque de marbre rappelant le martyre du bienheureux Julien Moulé, curé de Saulges, guillotiné à Laval en 1794.
Poursuvez votre visite de Saulges en quittant le centre-bourg en direction de Chéméré-le-Roi, jusqu’au château du Plessis, à 300 m. Vers 1050, Guy de Saulges, seigneur local, en fit un prieuré. Reconstruit au XIXe siècle, il devint la résidence d’été des évêques de Laval pendant une dizaine d’années.
Revenez vers la cité de Saulges, prenez à gauche la rue du Prieuré, puis encore à gauche le chemin en descente. Remarquez les deux sarcophages mérovingiens affleurant à même le talus. Saulges est en effet implanté sur une importante nécropole mérovingienne, qui témoigne que le village était une “cité sainte”, un lieu de pèlerinage vénéré, où l’on réservait des lieux de sépulture.
Descendez le chemin de l’oratoire vers Montguyon, un ancien château féodal et moulin, traversez le parking et empruntez à gauche la passerelle sur la rivière. L’oratoire de Saint-Céneré fut construit à l’endroit même où l’ermite Céneré vécut au VIIe siècle et où il fit jaillir une source, ouverte à tous les vents. En 1849, une chapelle en pierre remplaça l’humble oratoire en bois. Il s’agit aujourd’hui d’un lieu de pèlerinage très fréquenté, où aire de pique-nique et salon de thé viennent équiper les lieux.
Revenez sur vos pas et rejoignez l’aire de loisirs. Longez la rivière en empruntant le sentier qui passe au-dessus du camping. Au panneau “Le pont du Gué” prenez à gauche la direction des grottes. La rivière de l’Erve prend sa source à Vimarcé et se jette dans la Sarthe à Sablé. Au XIXe siècle., elle actionnait quarante-trois moulins à grains, deux moulins à tan, une scierie, une pilerie de trêfle et, sur la commune de Sainte-Suzanne, de nombreux moulins à papier.
Sur le site de l’Espace Nature & Préhistoire , la vallée de l’Erve forme un petit canyon aux falaises calcaires. Le paysage est comparable aux causses du Sud du Massif central, la végétation comprend des landes et des pelouses sèches, des buis et des genévriers atypiques dans notre région.
Lieu protégé tant pour son patrimoine historique que naturel, cette partie de la vallée a été classée Zone Natura 2000. Vous pouvez soit rester sur cette rive de l’Erve, soit emprunter le “pas japonais”.
22 grottes sont actuellement connues dans la vallée de l'Erve. C’est un site préhistorique majeur pour l’étude des premiers peuplements de l’ouest de la France. Les plus importantes cavités sont Margot et Rochefort. Elles sont ouvertes à la visite depuis la fin du XIXème siècle. Les Grottes de Saulges furent occupées par l’homme pendant le paléolithique, notamment au cours de la dernière ère glacière.
À cet endroit, la vallée de l’Erve possède un micro-climat; cette particularité a poussé les homo sapiens à se réfugier dans les grottes ou y faire des campements. Ils y passaient la saison froide puis repartaient au printemps suivre les troupeaux de rennes, de bisons et de chevaux.
Ils ont laissé dans les grottes de nombreux témoignages de leur passage : peintures, gravures et silex taillés. Les grottes Margot et Rochefort sont ouvertes à la visite de mars à novembre; les autres (une vingtaine) font le bonheur des spéléologues. Pendant l’été les archéologues du CNRS pratiquent des fouilles.
Au parking du haut revenez sur Saulges en prenant le sentier sur votre droite qui domine le canyon. Le four à chaux des fourneaux , construit en 1838, produisait de la chaux destinée à fertiliser les sols, pratique couramment répandue en Mayenne. Racheté et restauré par la commune et des bénévoles, il a conservé son environnement avec sa carrière de calcaire (accessible), ses trois ébraisoirs et sa maison du chaufournier.
C’est au creux de la vallée de l’Erve que les combustibles nécessaires à la production de chaux étaient fournis en abondance. C’est pourquoi impossible de parler de Saulges sans faire allusions à ses fours à chaux.
Parmi eux figure le four à chaux des Hauts Fournaux. Il était destiné à fertiliser les sols. Un monument que ses villageois fiers ont pris soin de restaurer, ce qui en fait aujourd’hui un environnement accessible avec sa carrière de calcaire et sa maison du chaufournier.