L'expression touristique « Oise normande » a été créée pour valoriser le patrimoine local, dont les maisons à colombages et son appartenance traditionnelle au pays de Bray évoquent la Normandie. Cependant, cette région n'en a historiquement jamais fait partie.
L’histoire de cette petite cité de Gerberoy remonte au Xe siècle lorsque, face à l’appétit expansionniste des Vikings, la cité cherche à canaliser les ardeurs de ses attaquants. Elle se fortifie et devient une place forte stratégique à la frontière du royaume de France et de la Normandie. Sur ses puissantes fortifications, Guillaume Ier, Bourguignons et guerroyeurs de la guerre de Cent Ans s’y firent les dents.
Il règne à Gerberoy une atmosphère particulière… La circulation y est limitée à 20 km/h et les parkings pour les non résidents sont situés aux entrées de la commune. Ils sont obligatoires et si l'idée vous venait de tenter de stationner dans le Gerberoy, vous aurez bien peu de chance de trouver une place. Dès les premiers pas dans la cité médiévale nichée sur sa butte, le charme opère.
Emprunter le chemin de ronde permet de se faire une idée de ce que fut cette ancienne place forte. Vous pourrez emprunter le circuit des remparts pour rejoindre, à l’ombre des arbres, les hauteurs de Gerberoy. Entrez par la porte Saint-Jean, l’accès
nord, qui conduit à la rue principale du village : la rue du Logis-du-Roy. De part et d’autre s’alignent des maisons avec des pans de bois naturel ou peint.
C’est avec l’arrivée du peintre Henri Le Sidaner, en 1901, que le village de Gerberoy devient réputé. Il souhaitait s’installer à la campagne, comme Monet qui a trouvé l’inspiration à Giverny. C’est le sculpteur Rodin qui lui conseille une maison à Gerberoy.
Au pied de la collégiale Saint-Pierre, vous découvrez de somptueux jardins et une réplique du Temple de l’Amour du Parc du château de Versailles, une mosaïque végétale et colorée, posée sur les ruines du château féodal, chef-d'œuvre de Henri Le Sidaner. Grand ami du sculpteur Auguste Rodin et bienfaiteur de Gerberoy, le peintre impressionniste était littéralement tombé sous le charme de la merveilleuse cité de l'Oise, devenue pour lui une inépuisable source d’inspiration. Un siècle avant les promeneurs du monde entier...
Ses jardins, construits sur une ancienne forteresse, de 4 000 m2, sont ordonnés sous forme de
terrasses. L’artiste y a d’ailleurs bâti son petit atelier. L’entrée du jardin de Gerberoy et ses 25 espèces de rosiers, tout au bout du village, coûte 5 euros. Le village entier est une roseraie. Roses trémières, hortensias, glycines et rosiers ornent chaque maison du village en grimpant le long des pierres, des volets et portes sont de toutes les couleurs.
Au gré de votre promenade dans ce village, vous pourrez admirer les traditionnelles maisons à colombages, parés de murs en briques et torchis. Les maisons des XVIIe et XVIIIe siècles, impeccablement restaurées, mêlent leurs colombages de pur style normand aux appareillages de brique rouge et de silex, signe de leur appartenance picarde.
Au bout d’une rue pavée, la plus vieille maison du village, photographiée par de nombreux touristes, date de 1691. Elle séduit toujours autant avec ses charmants volets bleus.
visiter les expositions, découvrir les ateliers d’artistes ou encore vous arrêter devant la halle-hôtel de ville du XVIIIe siècle. La place de l’Hôtel-de-Ville, tapie dans le jeu d’ombre et de lumière des imposants marronniers, seringas et hêtres rouges, présente une belle halle tout en petite brique, reposant sur une série d’arcades.
Au premier étage de l’hôtel de ville, la « salle de justice du Vidamé » abrite un petit musée présentant les archives de la commune, des tableaux d’artistes ou encore d’anciennes affiches. La promenade dans ce village soigné est un véritable enchantement.