A l'époque gallo-romaine, l'Ardèche se nommait province d'Helvie. Plus tard, sous les carolingiens, à l'époque de Charlemagne, la province d'Helvie devient le Pays du Vivarais et sera divisée en vigueries. Parmi les cinq vigueries, celle de Meyras sera, par sa position centrale, la plus importante. On peut penser que ce remarquable poste de guet a été aménagé très tôt. Le château contrôlait les routes permettant d'accéder au Puy, par le col du Pal ou celui de la Chavade. L’utilisation de ces routes est très ancienne, ainsi Jules César aurait emprunté la vallée de la Fontauliére et le col du Pal, au-dessus de Montpezat, pour surprendre les troupes de Vercingétorix. Il faut mentionner la borne milliaire trouvée au pied du rocher en 1859, portant une dédicace à la gloire du jeune empereur Constantin Ier, maintenant placée au bord de la route, près de l’église de Pont-de-Labeaume.
La première route suivait la rive gauche de l'Ardèche en venant d'Aubenas, passait au pied de Nieigles, face au château, franchissait la Fontaulière de rive gauche à droite soit au Gua (gué), soit sur un pont de bois à Veyrières, devenu en pierre en 1740 pour filer sur Meyras, Armanier et Montpezat et le col du Pal ; la D536 n'existe pas encore. La seconde, toujours partant d'Aubenas, suivait la rive droite de l'Ardèche jusqu'au lieu dit « La Garde », soit 2 km avant Pont de Labeaume, et bifurquait par le Coulet pour rejoindre les ponts du Réjus et du Barutel afin de remonter ensuite sur Meyras puis Thueyts et le col de la Chavade.
Une théorie place au pied de la forteresse au Moyen Âge d'un pont dit "du Pourtalou" légèrement en amont du confluent Fontaulière-Ardèche, sur la Fontaulière. Ce pont décrit par plusieurs chroniqueurs comme un pont à péage, aurait pu relier la route des rives gauches au château par un ou plusieurs chemins, dits eux aussi du Pourtalou. Ainsi, le voyageur de la rive gauche n'aurait eu d'autre solution, pour relier au plus court Meyras, que de passer à Ventadour et y acquitter des droits de passage, le château étant ensuite relié à Meyras par deux chemins, un sud par « les Portes » et « le Meynades », et un nord par « le Pradel » et « Sabastier ».
Jusqu'à la révolution, le château s'est appelé le château de Meyras du nom du village situé à deux kilomètres, caché par la butte qui domine la forteresse. Ce village, finalement lointain, a donné son nom au château car le lieu où il est bâti appartenait au fief de Meyras. Le nom de château de Ventadour est beaucoup plus récent, il apparaît dans les textes après la Révolution et a pour origine le nom de la famille, sans aucun doute la plus puissante à qui le château ait appartenu : Les Ventadour, ducs et Pairs de France. Les Ventadour furent une famille puissante qui dirigea le fief de Meyras durant l'époque de la Renaissance : les Lévis Ventadour, seigneurs de Meyras de 1490 à 1663. La Dame de Ventadour était de son vivant, connue sous le nom de Jacqueline du Mas. Elle était l'épouse Gilbert I, comte de Ventadour. Pendant que son mari guerroyait en Italie, elle résidait de façon semi-permanente dans le château de Meyras. Jacqueline du Mas est surtout associée à la période faste du château, elle laissa de précieux témoignages. Son souvenir resta si vivant à Meyras, qu'on ne l'appellera plus que la Dame de Ventadour. De même, le château initialement nommé le Château de Meyras, prendra le nom de château de la Dame de Ventadour, puis château de Ventadour. Ventadour est un nom que l'on retrouve souvent dans la commune. Aujourd'hui, une eau minérale, un château et une rue le portent.
Depuis sa construction, le château de Ventadour, dans le sud de l’Ardèche, résidence seigneuriale et haut lieu de la vie campagnarde en temps de paix, il fut forteresse et refuge en temps de guerre, il a été heurté, puis abandonné, toutefois il reprend vie, pierre après pierre. Depuis 1969, le château fait l'objet d'une restauration commencé par Pierre et Françoise Pottier. Depuis des années ce sont de nombreux bénévoles qui ont participé à la reconstruction, se succédant au fil des ans. De nombreux jeunes ont trouvé là leur vocation d'architecte, d'ingénieur en travaux publics, ou de compagnons du devoir en charpente et taille de pierre. C'est le début d'une formidable aventure que nous vous invitons à visiter…
D’après les travaux de recherche effectués et la notice sur le château de Meyras, la construction la plus ancienne est le donjon carré. Cependant, bien que l’origine du château soit imprécise, les premiers documents connus et les pièces de monnaie retrouvées lors des travaux de fouilles conduisent à penser qu’il n’a pas été construit avant la fin du XIIe siècle. Le plan du château est basé sur le modèle des châteaux savoyards (carré savoyard), le donjon étant attaché à la muraille. C'est principalement entre le XIIe et le XIVe siècle, à l'époque où il était encore habité de manière permanente, que le château acquiert sa structure définitive.
Le château de Ventadour avec ses créneaux et ses tours compactes comprend trois enceintes. Une première enceinte, comprenant notamment la chapelle romane, entoure complètement le château. La petite chapelle Saint-Martin, curieusement détachée de la citadelle, est en cours de reconstruction. Il semble qu’elle serait plus ancienne, du Xe siècle et établie sur une source. La chapelle Saint-Martin est un petit édifice à nef unique et abside semi-circulaire, elle est encore utilisée au début du XVIIe siècle.
A cette première enceinte, désaffectée dès le XVIe siècle, succède une deuxième enceinte, qui protège la face sud du château. De dimensions modestes, elle abrite le jardin seigneurial et le logis du portier. Défendue par une porte à assommoir, elle conduit à une seconde porte qui donne accès à la cour haute, originellement défendue par un pont-levis plus tard remplacé par un escalier. C'est autour de cette cour que s'ordonnent les bâtiments du château proprement dit.
Sur le front ouest, face à la colline, se succèdent trois tours reliées par des courtines atteignant une dizaine de mètres de hauteur: à gauche la tour du Reloge, surélevée au XIV et XVe siècle, flanquée de deux échauguettes dont celle qui est détruite et est en cours de restitution, contre laquelle s'appuie le bâtiment des cuisines; puis la Tournelle, ou donjon, édifice rectangulaire flanqué perpendiculairement du bâtiment seigneurial, et formant avec lui l'ensemble castral primitif. Sous le bâtiment seigneurial, un passage voûté conduit à une petite cour où se trouve la citerne. Enfin, au nord, s'élève la Tour de la chambre basse où réside le gouverneur du château; un bâtiment appelé Membre de la Dépense la jouxte immédiatement.