Un peu d'histoire pour mieux comprendre le patrimoine du village. Une première mention en 1164 dans une bulle d’Alexandre III confirmant les droits et biens de l’Église du Puy et notamment le castrum de Saint-Laurent. Vers 1169, Galburge et son fils Hugues d’Ucel rendent hommage à Raymond V, comte de Toulouse, pour les castra d’Ucel, de Saint-Laurent et de Rochecolombe avec toutes les fortalicias qui sont dans ces castra ou pourront y être construites à l’avenir, et s’engagent à les rendre à toute réquisition du comte ou de ses envoyés. Philippe, abbé de Mazan, reçoit en 1220 d’Hugues d’Ucel le quart de ses pâturages situés dans le mandement de Saint-Laurent. A Saint-Germain-en-Laye, Héracle de Montlaur rend hommage lige au roi de France en 1226 et reconnaît tenir du comte de Toulouse les castra d’Aubenas, de Saint-Laurent et d’Ucel. Le mardi suivant, Héracle reçoit ces châteaux de l’évêque du Puy, il n’en fera hommage à personne d’autre. Plus tard, lors du siège d’Avignon, Héracle de Montlaur reçoit du roi ces castra et jure de les rendre à toute réquisition.
En 1230, Etienne, évêque du Puy, fait savoir à tous que lui ou ses successeurs doivent recevoir pour les castra d’Aubenas, de Saint-Laurent et d’Ucel hommage et fidélité d’Alphonse, frère de Louis IX, et époux de la fille de Raymond VII, comte de Toulouse, quand il sera majeur, ou de tout autre qui sera comte de Toulouse. Le roi Louis IX concède en 1230 que son frère Alphonse, lorsqu’il sera majeur, ou tout autre qui sera comte de Toulouse, devra rendre hommage à l’évêque du Puy pour les castra d’Aubenas, Ucel et Saint-Laurent, lesquels castra relèvent du fief de l’évêque. Le comte de Toulouse et ses prédécesseurs avant lui les tenaient de l’évêque comme le comte l’a reconnu lui-même devant le roi.
En 1230, Louis IX demande à Héracle de Montlaur de rendre hommage à l’évêque du Puy pour les castra d’Aubenas, de Saint-Laurent et d’Ucel mouvant du fief de l’Église du Puy, comme le fera son frère Alphonse, lorsqu’il parviendra à la majorité ou tout autre qui sera comte de Toulouse. En 1267, le pape Clément IV confirme les biens et privilèges de l’Église du Puy dont le castrum de Saint-Laurent. Hommage en 1274 d’Héracle de Montlaur à l’évêque du Puy, pour "le château de Saint-Laurent à l’exception d’une partie au pied d’icellui que ledit Héracle dit relever de l’Église de Viviers". Guy de Montlaur déclare en 1304, entre autres choses, que Raymond de Vogüé, seigneur de Rochecolombe, tient en toute justice avec lui la coseigneurie de Saint-Laurent. Hommage en 1309 de Guy de Montlaur à l’évêque du Puy pour le château et le mandement de Saint-Laurent.
Autrefois ceinturé d'un rempart dont il reste quelques éléments architecturaux, Saint-Laurent-sous-Coiron est dominé par les ruines du château. La porte du village s’élève dans un décrochement du rempart. L’architecture est rudimentaire et aucun élément stylistique ne permet d’avancer une datation absolue sans avoir recours aux archives. La voûte en arc segmentaire est faite de moellons équarris posés de chant et liés au mortier. Le parement de la porte est harpé avec le rempart, côté est, la porte se poursuivait derrière le mur de soutènement d’un jardin en terrasse postérieur à la porte. Caractéristique des constructions de la région du Coiron, les élévations sont en moellons de basalte à assises irrégulières et les éléments taillés sont érigées de basalte noir et calcaire, créant ainsi un fort contraste.
Le bourg castral s’étage sur les pentes situées au pied du château. Ce petits hameaux possède des habitations caractéristiques en basalte et encadrement de portes et de fenêtres en calcaire. La terrasse proche de l'Église offre une belle vue sur le Massif du Coiron, on découvre entre la tour Mirabel, facilement reconnaissable à sa haute tour carrée du XIIIe siècle et la montagne Sainte-Marguerite, une belle vue sur le bassin d'Aubenas. L'intérêt de l'église de style roman de Saint-Laurent-sous-Coiron réside dans son portail Roman abrité par un clocher porche moderne. Construit en calcaire blanc, son ouverture est encadrée de trois voussures. Celle de droite qui pourrait être d'origine antique est coiffée d'un chapiteau historié, représentant un quadrupède à visage humain. L'origine de l'église remonterait au VIIème siècle. Il ne reste aucun vestige de cette époque, mais son existence est à nouveau attestée à la fin du XIe siècle.
Aujourd'hui, le village de Saint-Laurent-sous-Coiron est réputé pour le panorama qu'offre le village sur le plateau du Coiron, mais, dans des temps plus anciens, c'était son château qui faisait sa fierté. A la fin du XIIe siècle, le château de Saint-Laurent appartient à la famille d'Ucel, puis, au début du XIIIe siècle, il passe aux mains des puissants seigneurs de Montlaur, également seigneurs d’Aubenas. Au XVe siècle, Saint-Laurent est le centre d'une châtellenie comprenant les paroisses de Lavilledieu et de Lussas. Reste, de nos jours, seulement quelques vestiges…
Ce château occupait un petit plateau basaltique sur le rebord sud-ouest du Coiron, à 500 m d'altitude, taillé en son centre par un fossé. Les traces d'une enceinte autour de la plate-forme ainsi qu'une épaisse muraille descendant dans la pente apparaissent encore. Vers 1663, après les sièges de Privas et de Mirabel, le Roi Louis XIII ordonna la destruction du donjon et des murailles, pour que ces fortifications ne servent point d'appui aux révoltés. Ainsi, il ne reste aujourd'hui que les ruines du donjon du XIII ème, possédant au moins 2 étages, construit en moellons de basalte avec chaînage d'angle et encadrement d'ouverture en calcaire. Cette construction possédait une porte au rez-de-chaussée dont subsistent un piédroit et un départ d’arc en plein cintre. Sur la même façade, une étroite ouverture avec fort ébrasement intérieur est encore en place. Ce bâtiment, malgré son très mauvais état de conservation, peut être daté de la fin du XIIe siècle ou plus sûrement du XIIIe siècle. Il faut ajouter à celui-ci, à l’extrémité occidentale de l’éperon, les vestiges d’un autre bâtiment englobé dans une construction récente utilisant de très nombreux réemplois médiévaux, ce qui rend très difficile son analyse. On remarque enfin, sur la pente sud de l’éperon, une courtine de basalte ceinturant encore partiellement la plate-forme et, au nord, une épaisse muraille descendant dans le sens de la pente. L'ancien Château, actuellement chambres d'hôte, a été restauré et aménagé sur les bases de l'ancien château fort.
Au départ du village de Saint-Laurent-sous-Coiron, vous trouverez des sentiers balisés et en contre bas différents sites d'escalade dans la vallée de Louyre à Chabanes, Courpatas.. La commune se caractérise également, dans sa partie calcaire, par un réseau souterrain important, la Combe Rajeau, des avens et des marmites des géants. L'aven de la Combe Rajeau, dont l'entrée est située au nord de la commune, est la grotte la plus profonde du département (- 250 m). Accessible seulement aux spéléologues, ses galeries s'étendent sur plus de 12 km de long dont 45 km de rivière souterraine.