Saint-Marcel-d'Ardèche est l’une des communes les plus anciennes du Vivarais. Le peuplement du territoire constituant la commune de Saint-Marcel remonte aux temps les plus anciens, avec de nombreux signes d'implantation humaine dès la préhistoire. Le village médiéval se construit à partir du IXe siècle. Au Moyen Âge, le village s'entoure de remparts et s'affirme comme un patrimoine épiscopal d'importance. Au XVIIIe siècle, le Cardinal de Bernis, a joué un rôle important dans l'administration de la cité. Membre de l'Académie Française à trente ans, ambassadeur à Venise, et finalement ministre de Louis XV, le Cardinal du Bernis est un enfant de Saint-Marcel. A tel point qu'avant 1790, le village s'appelait Saint-Marcel-de-Pierre-Bernis. Après la Révolution, elle prend le nom de Commune La Raison !
Le cœur médiéval du village correspond à l'ancien enclos et concentre la plus grande partie des services et des commerces disponibles. Le reste de la commune se répartit en une quinzaine de quartiers bien définis. Vous vous laisserez gagner par le charme de ce chaleureux village aux couleurs ocres et aux petites ruelles pavées de galets du Rhône, avec une ramification de constructions alliant charme et modernité aux abords. Église, chapelle et château témoignent de l’histoire locale de Saint-Marcel-d'Ardèche, tout comme ces têtes sculptées que l’on peut découvrir sur certaines façades en se promenant dans les rues. Comme dans la Grand’rue, au dessus d'une boulangerie et sous la génoise, qui joue avec la lumière au fil des saisons et des heures. Dans la Rue de la Riaille, en voici d'autres, tantôt de forme humaine, tantôt en forme animale comme cette tête de cochon...
Vous trouverez un parking pour stationner votre véhicule, sur la place Hongroise, à proximité de Avenue de Provence. Engagez-vous dans la rue du Lavoir jusqu'à la place du Ponteil. Sur la Place du Ponteil, il existait au XVIIe siècle une fontaine éponyme alimentée depuis la fontaine Soubeyran, la fontaine du Ponteil a été remaniée à plusieurs reprises. En 1872-1873 un nouvel ensemble remplace celui édifié au cours des siècles précédents. La fontaine originelle avec son auge monolithe a été réinstallée à la fin des travaux. Le dosseret présente à l’intérieur d’une bordure en relief, un cadre orné de torsades de pierre. Un vase de style Médicis, au socle accompagné de volutes de pierre, est délicatement posé au sommet de l’édifice. S’il faut s’attarder sur quelque chose en particulier à Saint-Marcel d’Ardèche, c’est sans doute sur ses fontaines intra-muros.
Remarquez également le lavoir du Ponteil, construit au XIXe siècle, alimenté depuis par la fontaine Soubeyran. Un joli petit patrimoine qui donne du cachet au village de Saint-Marcel-d'Ardèche. Le lavoir comprend un bassin de près de 10 m sur 4, bâti en calcaire dur des carrières de Saint-Marcel. Les piliers étaient en pierre de Saint-Restitut, et la toiture en pierres plates de Marseille, ils ont été remplacés à l'identique en ce qui concerne la forme en 2009 .
Poursuivre votre balade par la rue du Ponteil, passez devant le Château de Bernis XVIIe siècle avec son corps central flanqué de 2 tours. Derrière son grand portail, le château attire les regards autant que les touristes. Privé, l’édifice appartient à la famille du Marquis de Bernis et ne se visite pas qu’exceptionnellement avec l’Office de tourisme. Attaqué lors de la révolution Française, le château a été reconstruit sous l’Empire. Le Cardinal de Bernis, né à Saint-Marcel-d’Ardèche en 1715 et surnommé « le cardinal des plaisirs », fut un proche de Louis XV et un confident de la marquise de Pompadour.
Traversez la place du Monuments aux morts, puis tournez dans la rue de l'hotel de ville jusqu'à la place du même nom. Sur la Place de l'hotel de ville, vous pouvez vous s’exercer à la lecture des façades des édifices. Le village va se transformer au XIXe siècle avec la destruction des remparts, la construction d’une nouvelle église autour du clocher médiéval, l’élargissement des rues, et l’implantation de fontaines.
L’église actuelle de Saint-Marcel d’Ardèche date de la seconde moitié du XIXème siècle, elle a remplacé l’édifice primitif dédié à Saint-Marcel qui existait déjà au VIème siècle et dont il ne reste aujourd’hui que le porche et le clocher. L’ancien bâtiment occupait le secteur aujourd’hui appelé place de l’Eglise, la nouvelle construction a été réalisée à l’opposé par rapport au clocher à l’emplacement d’anciennes maisons et du cimetière. Les travaux qui ont débuté en 1862 se sont achevés en 1870. A l’intérieur, 8 statues sur piliers rappellent le martyr de Saint-Marcel, que le récit hagiographique situe en 177, ainsi que la transmission de son culte au cours des âges. Plusieurs tableaux rappellent la Crucifixion, la Nativité et Saint Marcel. Toutes ces œuvres sont du XIXème siècle.
Au cœur du village, sur l’un des côtés du parvis de l’église Saint-Marcel coule une fontaine datant du XVIIIe siècle contemporaine de celle du Portail du Rhône et alimentée par la même source de la Font de Mazade. Le dégorgeoir est implanté au centre d’une rosace de métal appuyé sur un dosseret plat identique à celui d’une fontaine adossée. Un vase orne le sommet, le bassin rectangulaire repose sur un socle. Le temps a largement érodé la pierre en façade de l’édicule. Cette fontaine qui participait autrefois à l’animation de cette place est aujourd’hui le lieu de rencontre des pigeons qui viennent s’y abreuver.
Tournez dans la rue de la Tour, puis sur la droite dans la rue Soubeyran et continuez vers la place Soubeyran où trône la Fontaine Soubeyran, construite en 1888 par le célèbre architecte Baussan. Elle est réalisée en pierres extraites des carrières du Louby et selon la conception de l’architecte bourguésan Baussan. Du bassin rond décoré d’un tore ; moulure ronde, s’élève un piédestal dont les quatre panneaux moulurés sont ornés de cartouches sculptées érodées par le temps. L’ensemble est agrémenté de quatre consoles d’angles. Au sommet la corniche sert de socle à une urne sommée d’une pomme de pin.
Conçue pour abreuver les hommes et les animaux, il était interdit d'y laver du linge, ou de quelconques objets. De cette Fontaine Soubeyran, élément clé du réseau d’alimentation du village, partait une conduite construite avec des bourneaux en terre cuite avec de l’huile de noix pour assurer son étanchéité, elle alimentait la fontaine du Ponteil à laquelle un lavoir a été adjoint. La source de la Font Mazad, alimentait les fontaines de la ville à l’aide de canalisation qui passaient sous les remparts. Cette conduite était construite avec des bourneaux en terre cuite avec de l'huile de noix pour assurer cohésion et étanchéité du ciment. Celle aujourd’hui située rue de l’Hôpital a été reconstruite en 1888.
Revenir sur vos pas, au bout de la rue Soubeyran, tournez à gauche vers le Barry Est. Prendre à droite vers la Place du Portail du Rhône. Un lavoir a été édifié en 1857 tout près de l’ancienne porte du Rhône. En façade coule une fontaine datant du XVIIIème siècle dont l’auge en pierre est un bloc monolithe. Le mur de protection du lavoir a été ouvert de chaque côté de la fontaine lors des travaux d’aménagement de la place. L’ensemble est alimenté par les sources du quartier de la Font de Mazade, il complète le dispositif établi jadis avec les fontaines de Soubeyran et du Ponteil.
Les trois Fontaine : Fontaine-lavoir du Ponteil, fontaine-lavoir de la Porte du Rhône, fontaine de Soubeyran sont situées à proximité des anciennes portes de la ville. La rue du le Barry correspont au ancien remparts de la cité. Rendez-vous à présent vers la place des Mûriers. Depuis la place des Mûriers ou depuis la minuscule rue de la Cure, il faudra admirer la perspective vers le clocher de l’église Saint-Marcel. Dans la rue de la Cure, admirez la chapelle des Pénitents.
Construite au cœur du village, tout près de l’ancienne cure, la chapelle des pénitents date du début du XVIIème siècle au moment de la Contre Réforme catholique. Dépendante de la confrérie des Pénitents Blancs qui outre leur vocation pastorale, s’occupaient des défunts et pratiquaient l’entraide. En 1743, le mur ouest menaçant de s’effondrer, on jeta un arc au dessus de la rue de la cure pour l’appuyer contre la maison d’en face, aujourd’hui l’Oustaou. Cet arc est toujours en place. Sous la Révolution, la chapelle servit un temps de salle de réunion à la société des Amis de la Constitution, particulièrement influente à Saint-Marcel-d'Ardèche.
Autre site remarquable à voir sur la commune Saint-Marcel-d'Ardèche, la grotte de Saint-Marcel, située sur le territoire de Bidon mais propriété de la commune de Saint-Marcel d’Ardèche. Les Grottes de Saint-Marcel présentent une cavité d'un attrait exceptionnel. Bien que découverte en 1838, c'est la plus récente des grottes aménagées en Ardèche, elle offre, sur près de 40 km de galeries, ses cascades de gourds exceptionnelles (également appelés bassins de dentelle) dans des salles de grandes dimensions. Spectacle son et lumière. Un sentier botanique présentant la flore méridionale passe près d'un dolmen et d'un menhir.
Arrêtez-vous à la chapelle romane Saint-Sulpice à Trignan isolée dans un écrin de bois et de vignes. La chapelle Saint-Sulpice a été construite à l'époque où s'établissaient, non loin de là, les Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, sans doute vers le XIIIe siècle. La chapelle romane Saint-Sulpice est entourée d’une part de mystère. Sur les murs de cet édifice classé aux Monuments historiques dont la reconstruction date du XIIe siècle, on y trouve des pierres de réemploi carolingiennes. À l'intérieur, une courte nef comprend deux travées avec de rares ouvertures de taille modeste. La chapelle a connu des périodes d'abandon mais a été restaurée à plusieurs reprises. Toujours dans le hameau de Trignan se trouve les ruines de l'ancienne maladrerie des Templiers.