A deux pas de sorties Tain-l'Hermitage de A7 l’autoroute du soleil, longeant la vallée du Rhône, Charmes-sur-l'Herbasse se trouve sur un itinéraire bis la D67 qu’aiment emprunter les vacanciers désireux de découvrir les attraits de la Drôme des collines. Charmes représente le paysage typique de Drôme des collines avec ses vallons boisés propices à la promenade d’où le regard s’échappe vers les crêtes du Massif du Vercors, au sud, ou des Monts d’Ardèche, à l’ouest. Les collines de la vallée de l'Herbasse, à l'instar des collines du Bas-Dauphiné, sont constituées essentiellement de sables jaunes molassiques présentant des couches irrégulières de grès.
La partie de ce département de la Drôme, située au nord de la rivière Isère, faisait partie du territoire de la tribu gauloise des Allobroges. Au Moyen age la seigneurie était du fief de l'église archiépiscopale de Vienne, au Xe siècle : les terres de Charmes est possédée par un certain chanoine Premencus, bienfaiteur de la Collégiale Saint-Barnard de Romans-sur-Isère. À l'emplacement actuel du château, il fait dresser une tour en bois, ainsi qu'une enceinte où les habitants peuvent se réfugier. La terre est inféodée aux Hauterivesen 1227. Elle passe aux seigneurs de Nerpol, qui vécurent à Charmes entre 1160 et 1300, firent bâtir le château actuel dans lequel ils incorporèrent le donjon bâti au siècle précédent. Les armes de cette famille sont sculptées dans la pierre sur la façade méridionale du château. Par héritage, elle passe aux Bathernay, en 1340, Aymare de Nerpol, fille d'Arthaud épouse Jordan II de Bathernay. Leur fils Joachim, qui épousa en 1387 Agnès de Chavannes, hérita de son grand-père Arthaud de Nerpol, en 1406, du château de Charmes.
Le bourg de Charmes-sur-l'Herbasse s'est développé sur les flancs et au pied d'un promontoire boisé abritant le château féodal. Au XIXe siècle, la vie économique se structure et l'habitat se densifie de part et d'autre de l'axe de communication principal, l'actuelle D67. Dans la vallée, l'agriculture, l'artisanat et l'industrie : moulinage, filatures, … se développent à la faveur du système d'irrigation lié à un canal dérivé de l'Herbasse. Dans la Vallée, dominée par son château médiéval, l’Herbasse dessine un cordon de verdure à travers les champs bien cultivés et alimente le lac de Champos, lieu de baignade apprécié des familles pour son écrin de nature.
Aujourd'hui, un petit circuit dans les ruelles du village de Charmes-sur-l'Herbasse permet de découvrir les bâtiments privés qui se présentent à la vue tels le château, la maison de la justice, la magnanerie, un ancien atelier de coordonner, ou une demeure Renaissance. Ainsi que des biens publics comme l 'église, le lavoir communal, le pigeonnier et l'éolienne au lac de Champos. Découvrez la richesse patrimoniale de ce petit village !
Après avoir stationné votre véhicule, commencez votre parcours touristique au lavoir de la commune. Le lavoir communal récemment restauré se situe à l'entrée du village après avoir traversé l'Herbasse venant de Margès. La place tout autour va être embellie pour en faire un espace accueillant. Dirigez-vous vers la Ferme traditionnelle, impasse Aristide Robert.
Dans l'avenue du facteur Cheval, remarquez les anciennes plaques directionnelles en fonte. Ces plaques directionnelles en fonte étaient placées en hauteur pour être bien visibles par les cochers. A Charmes, elle se trouve à proximité d'un ancien relais postal qui a longtemps abrité la mairie du village. La commune conserve son ancienne plaque d'identité au bleu fané par les ans, elle sera bientôt remise en valeur pour être à nouveau vue de tous. Une ancienne borne kilométrique subsistant dans le village témoigne aussi d'une époque plus récente.
Toujours dans l'avenue du Facteur Cheval, continuez vers l'ancienne mairie et relais de poste, puis la Maison de justice. Plusieurs maisons très anciennes bâties au XVIe siècle sont très bien conservées dans le village Charmes-sur-l'Herbasse. L'une est visible dans la montée du cordonnier, une autre, au centre de la rue principale, était liée à la seigneurie. Elle faisait office de maison de justice et comportait une prison. Une autre, non visible, possède un escalier remarquable protégé au titre des monuments historiques. Admirez le Puits dans la Montée du Cordonnier, l'ancien atelier de cordonnier, l'ancienne demeure Renaissance.
Poursuivez vers la Route du Château, le château de Charmes occupe une position typique des constructions féodales, en surplomb et dominant la vallée de l'Herbasse, afin d'assurer surveillance et défense du territoire. Ce château vous offre une vue sur le Lac de Champos situé en contre bas sur la commune de Saint Donat sur l’Herbasse. Une splendide bâtisse, ancienne forteresse médiévale devenu résidence de plaisance. Il fut la résidence principale de Imbert de Bathernay, grand père de le célèbre Diane de Poitiers, Comtesse et Duchesse mais avant tout favorite du roi Henri II. Une atmosphère unique se fait ressentir au Château de Charmes une découverte étonnante d'un haut lieu de patrimoine, qui est passé d'un squat à une réhabilition puis un lieu de visite. Découvrez comment ce château XIIème siècle a traversé le temps.
Revenez vers le coeur du village par la Rue Notre-Dame de la Garde, passez devant l'École Notre-Dame de La Garde. Prendre la direction de l'Église paroissiale Saint-Alban, L'église de Charmes telle qu'elle se présente aujourd'hui fut construite à la toute fin du XIXe siècle, entre 1898 et 1900. La bénédiction de la 1ère pierre eut lieu le jeudi 30 novembre 1899. L'ancien presbytère Route de Bathernay mérite également votre attention. Erigé après la première guerre mondiale, en 1922, le monument aux morts de Charmes est l'oeuvre du sculpteur parisien Charles-Henri Pourquet qui l’a réalisé en fonte de fer bronzée. Il représente un poilu symbolisant l’un des 44 soldats de la commune parmi des milliers restés sur les champs de bataille de la Grande Guerre.
Située à l'entrée ouest du village de Charmes-sur-l'Herbasse, une ancienne magnanerie est visible depuis la route venant de Saint-Donat. Une magnanerie ou magnanière, de l'occitan magnan, qui désigne le ver à soie du bombyx du mûrier, est un ancien lieu d'exploitation de sériciculture traditionnelle, c'est-à-dire l'élevage du ver à soie. Elle témoigne qu'autrefois au XIXe siècle, Charmes-sur-l'Herbasse a connu une activité importante de sériciculture (élevage du ver à soie).
Pour finir votre visite, rendrez-vous au Domaine du lac de Champos, route de Saint-Donat. Aménagé en 1974 avec la création d'un lac de baignade, le domaine de Champos est devenu un site majeur du tourisme vert. Une imposante tour ronde abritant un pigeonnier rappelle la vocation agricole du domaine. Subsiste une éolienne qui alimentait la ferme en eau, depuis le canal desservant autrefois une scierie (bâtiment logistique du camping aujourd'hui).