Tout commence en 837 lorsque l'archevêque de Vienne, Barnard, fonde une église sur les bords de l'Isère à Romans. Les moines assèchent et canalisent les marais et les étangs sur le territoire de Peyrins et instaurent des droits d’eau entre peyrinois et romanais. Les seigneurs du Royans s’approprient la terre de Peyrins, construisent un donjon et mènent une guerre perpétuelle contre les moines de l’abbaye romanaise. Des remparts sont construits pour protéger, les maisons, l’église Saint Julien et le donjon qui dominait la plaine entre Peyrins et Romans-sur-Isère. Il était visible de Bourg-de-Péage.
Mentionnés dès 1078, la seigneurie et son château appartiennent alors à la famille de Royans puis, en 1262, ils relèvent du Dauphiné. Cependant, dès 1349, le domaine est légué à la couronne de France. L'histoire rapporte également que le roi Louis XI fit étape en 1450 à Peyrins et qu'en 1606, Henri IV donna un château proche de la cité à son ministre Soffrey de Calignon qui avait épousé la fille du seigneur local.
Vous visite peut débuter par les vestiges du château féodal dit de Châteauroux qui dominent le village. Au Moyen Âge, doté d'un haut donjon, séparé du bourg inférieur par un fossé, il était cerné de remparts qui protégeaient une église et des habitations. Dans l’enceinte, l’église saint Julien, des masures, une place de marché, des jardins formaient un village. Le donjon était très haut, on y avait une vue imprenable sur la plaine peyrinoise qui descendait jusqu’à l’Isère. À noter qu'en dehors de certains éléments de remparts, les autres vestiges relèvent d'une propriété privée. Ils sont cependant accessibles aux piétons en partant de la place du Champ de Mars en empruntant les petites ruelles du vieux village, telle la rue du Puits. Depuis le site où des bancs ont été installés, la vue est imprenable sur le bourg et les alentours.
Poursuivre votre exploration par deux anciennes maisons fortes : le château du Gâtelet (privé) du XIIIe juste à la sortie du village sur la route de Margès et le site de La Mèche. Puis le château de Sallemard, au sud-est du bourg. Le château de Salmard (privé) a été construit au milieu du XVIe siècle par Soffrey de Calignon puis, remanié avec des ailes sur les côtés. L'édifice fut offert par Henri IV à son ministre Soffrey de Calignon en 1606 en remerciement de sa participation à l'élaboration de l'Edit de Nantes. Édifié au XVIe siècle, agrandi via l'ajout d'ailes latérales, il fut propriété des seigneurs de Peyrins dont Soffreu avait épousé une des filles jusqu'à la Révolution de 1789. Il est actuellement la propriété des descendant.es de Germaine Chesneau qui reçue en 1969 le titre de Juste parmi les Nations pour avoir hébergé et sauvé 139 personnes entre 1942 et 1945. C’est une propriété privée, toutefois, des animations sont réalisées par l’association l’Orangerie compagnie , pendant lesquelles le spectateur peut découvrir le château et son parc. Des chambres d’hôtes sont également proposées.
Dans le centre du village, la maison communale Anne-Sylvestre. Au XVIee siècle, cette maison appartenait à Jacques Auberjon seigneur de Buissonrond. Vers 1740, elle est vendue à Charles Delacour d’Ambézieux, qui sera élu député aux Etats de la province et aux Etats généraux du royaume en 1788. Il la vend vers 1760 à la famille Ferrier qui possède une filature de soie. En 1905 elle est acquise par le curé de la paroisse qui en fait l’école libre sainte-Thérèse. Acquise par la municipalité, la demeure abrite une école de musique et un centre de loisirs. A l’intérieur de la tour, les boulins des pigeons sont encore visibles.
Pour ce qui concerne le patrimoine religieux, vous trouverez l'église paroissiale Saint-Martin. D'origine romane, l'édifice fut considérablement agrandi et remanié en 1873. Il abrite au niveau du choeur un tableau en bois sculpté. Adossé au mur sud de l’église se trouve le tombeau de la famille Sallmard dans lequel est enseveli Charles de Sallmard qui accompagna Napoléon Ier à la campagne de Russie.
Outre l'église Saint-Martin, la chapelle Saint-Roch se trouve sur la route de Margès, tandis que église Saint-Ange est située sur la colline du hameau de Saint-Ange. Les moines arrivés à Romans avec Barnard en l’an 837 christianisent la contrée et bâtissent un premier édifice en bois probablement à l’emplacement d’un temple païen. L’église ayant comme saint-patron Saint-Ange (Saint Michel) apparaît dans le cartulaire de l’église de Saint-Barnard dès 990. L’abbaye en perçoit les dîmes. Saint-Ange est une seigneurie. Les Poterlat achètent la seigneurie au seigneur de Chaste de Geyssans en 1552. Ces seigneurs sont enterrés dans l’église dans la travée centrale sous la pierre tombale qui porte une croix qui s’estompe avec les années. L’église échappe à la destruction au moment des guerres de religion. La paroisse de Saint-Ange est l’une des quatre paroisses du mandement de Peyrins comprenant Peyrins, Génissieux et Mours. Les registres paroissiaux commencent en 1671, les limites de la paroisse sont vérifiées régulièrement. A la Révolution française, l’église et la cure sont vendues à des particuliers. Bien que privée, l’église reste un lieu de culte. L’acquéreur la transmet à des voisins et à son gendre contre une fondation de messes. En 1820, le gendre la cède à la paroisse de Saint-Ange. En 1905, lors de la séparation de l’église et de l’Etat, l’église devient un bien patrimonial peyrinois.
Cette église romane du XIIe siècle présente une grande qualité architecturale d’autant mieux en valeur qu’elle est située dans un environnement naturel à dominante végétale d’où l’on découvre un large panorama sur les contreforts et monts du Vercors, les monts du massif central, le Gerbier des joncs’ et le Mont Mézenc. Le site offre également une vue sur la vallée du Rhône avec notamment le Mont-Pilat et la vallée de l’Isère. L’église de Saint-Ange a conservé son clocher et un chœur roman, le chevet visible du cimetière est en pierres bien appareillées. Son plan pentagonal rappelle les églises méridionales. A l’intérieur, on remarque un tombeau au sol. Le vitrail représentant saint Michel terrassant le dragon a été exécuté par les ateliers Thomas de Valence en 1943. Par ailleurs, la rosace, au-dessus de la porte, et deux autres petits vitraux ont été réalisés par Eva Roucka en 1995. A l’extérieur, la croix en pierre a été sculptée par Jacques Veilleux en 2010 suivant une ancienne carte postale. Le site est doté d’une aire de pique-nique avec barbecue, d’une plateforme de spectacle, d’un jeu de boules, des circuits de randonnées équestres et pédestres. Par ailleurs, la traversée du hameau de Saint-Ange accède au Col de Tournu offre également une vue exceptionnelle.