Pour vous rendre à Saou à partir de Lyon prendre l'autoroute A7, sortie Loriol suivre la direction Crest via la D104, puis la direction Dieulefit par la D538. Depuis Marseille prendre l'autoroute A7, sortie Montelimar Sud, suivre la direction Puy-Saint-Martin via la D6, puis direction Saoû par la D136. Pour ce qui est du paysage, encore une fois la forêt est généreuse où faunes et flores spécifiques des Alpes et de la Provence se côtoient. Le petit village Saou est blotti au pied du Roc et du plus haut synclinal perché d'Europe. Lové au pied de gigantesques tours rocheuses tapissées de forêts, le village de Saoû offre une vision saisissante, protégé par ces géants naturels..
L'occupation humaine sur le remonte à environ 6 000 ans avec les premiers agriculteurs sédentaires. Vers 600, Saoû se construit autour d'un château, tout là-haut sur le roc. Puis en 900, autour de l'abbaye fortifiée de Saint-Thiers, fondée au IXe siècle par les Augustins. C'est à ces moines que l'on doit les moulins sur la Vèbre et les nombreux canaux du réseau d'irrigation. Au Moyen Âge, le bourg appartient aux comtes de Valentinois.
Au fil du temps, le village se dessine peu à peu. Il se compose de trois quartiers : le château situé au pied et au sud du Roc au-dessous des ruines du château de Saou, plus bas, le Bourg de l'Oume (ou de Lorme, ou de l'Homme) et le Bourg des Églises qui s'étendent de part et d’autre de la Vèbre. L'abbaye de Saint-Thiers se trouve dans le bourg des Églises. Dans ce village, se trouvent les ruines de la première église paroissiale : ecclesia Sancti Stephani Saonis.
Le stationnement étant compliqué l’été à Saoû, pensez au parking "Le Clos" à l’entrée du village, derrière le bâtiment des pompiers. Le village de Saoû est d'une grande curiosité avec ses anciennes hautes maisons et les grandes tours rocheuses à l'arrière plan : l'Aiguille de la Tour, le Roc. Une fois votre véhicule stationnné, vous pouvez commencer votre promenade par Le mur des Insurgés sur la route de rochecolombe. Mémorial en souvenir des insurgés de Saoû face au coup d’état de Napoléon III en 1851 : une répression sanglante arrête les citoyens et de nombreux emprisonnements ont lieu.
Revenez vers la place des Cagnards où vous pourrez découvrir la sculpture de Odon Lallemand réalisée en mémoire du bombardement du 30 juin 1944 qui a détruit toutes les ruelles qui se trouvaient à l’emplacement de la place dite aujourd’hui "des cagnards". Les Allemands, considérant le village de Saoû comme un "nid" de résistants, bénéficiant de l’abri de la Forêt, bombarde sévèrement l’agglomération. En quelques minutes, le bombardement par neuf avions allemands détruit une bonne partie du village et fait 15 morts.
Poursuivre en direction de la Vèbre pour découvrir l'ancien Moulin à huile de Saou qui fonctionnait à l'énergie hydraulique grâce au canal de la Vèbre qui passe sous les maisons du village. On le signale dès le XVIIe siècle, il a fonctionné jusque dans les années 80. Restauré en 2020, il peut se visiter sur demande auprès de l’office de tourisme et à l’association "à la découverte de la forêt de Saoû". Moulin ouvert lors des évènements suivants: journées du patrimoine, de la foire aux fruits d'hiver, la fête du picodon, désirs des arts.
Entre Saoû et l’eau c’est une véritable histoire d’amour : Saoû signifie « le village traversé par l’eau », en effet il y a 6 canaux à travers le village. La rivière qui traverse Saoû est la Vèbre (du latin fiber = castor) . L’eau est filtrée par la forêt de Saoû qui agit comme un impluvium d’où l’appellation « eau de source de montagne ». Fraîche en toutes saisons, on dit dans la Drôme d’une personne vigoureuse qu’ « elle a bu l’eau de la Vèbre ».
Continuez en direction de l'église romane Notre-Dame de Saoû, en plein cœur du village. Construite à la fin du XIIe siècle, elle a été plusieurs fois restaurée. Bien que de simple ouvrage, elle s'inscrit dans le patrimoine typique de la vallée de la Drôme. Elle dispose d’un parvis de l'architecte Pierre Bossan, de beaux vitraux et de deux pierres d’angles taillées. A proximité le rouleau compresseur a servi à réaliser les 27km de pistes en forêt de Saoû.
De son passé tumultueux, le village de Saoû a conservé son beffroi, qui domine les toits coiffés de tuiles des vieilles maisons traditionnelles pourtant hautes. Le beffroi a été aménagé au XVIe siècle sur une ancienne tour de l'enceinte de l'abbaye Saint-Thiers de Saou, construite au IXème siècle. Remarquez les traces de meurtrières sur la façade Sud. On sait qu'au XIIIe siècle, l'ordre de l'Abbaye du Saint-Thiers de Saoû possédait nombre de prieurés dont celui de Marsanne. Tout porte à croire qu'il a été le bâtisseur du prieuré Saint-Félix au XIIe siècle. D’ une hauteur de 18 mètres, le beffroi porte aujourd‘hui l’horloge communale.
Dans la belle rue de l’Oume, vous pourrez y apercevoir plusieurs linteaux datés et les fenêtres des échoppes en demi-cercles. Montez à présent vers l’ancien village perché : Le Roc, rocher isolé emblématique de Saoû qui s’élève à 501m, portait au Moyen-âge un château détruit par Louis XIII car "huguenot », véritable nid d’aigle, difficilement prenable. On sait qu’au XVe siècle, un escalier de 120 marches taillées dans le rocher permettait d’y accéder. Aucune trace du château ne persiste aujourd’hui mais le hameau qui est toujours habité porte encore le nom de « Château ».
Saoû possède également un temple protestant situé route de Bourdeaux. Le temple de Saoû existe depuis 1568 mais fut rénové en 1846 , Saoû est un des hauts lieux des guerres de religion dans la Drôme. A l'orée de ce village pittoresque se trouve le site naturel remarquable de la forêt de Saoû. Un muret de pierres sèches joint le village de Saoû à la forêt, laissé habité par la végétation, il est aujourd’hui agrémenté par des oeuvres d’art. Mêlant différentes techniques artistiques et prenant comme outils le temps et la nature, ce muret s’inscrit dans un parcours reliant le village Saoû à celui de Sierra de Guara en Espagne. Les murets de pierres sèches jalonnent les paysages de la Drôme. D’utilité agricole, pour séparer les terres et pour isoler les pierres impropres à la culture, ils longeaient autrefois les chemins qui reliaient les villages. Le Château de Lastic est une maison forte qui a été transformée en 1577. Il est malheureusement traversé aujourd'hui par la route qui conduit à la forêt de Saou.
Premier site naturel visité en Drôme, la forêt de Saoû fait partie des lieux incontournables de la Drôme. La forêt de Saou est un espace quasiment fermé en forme de navire de 12 km de long sur 2 km de large : le synclinal perché. Son point culminant se trouve à l'est à 1589 m : les Trois Becs (Roche Courbe, le Signal et le Veyou). A l'ouest, Roche Colombe est à 885 m. Les deux entrées se situent sur la largeur du site : le Pas de Lauzens où jaillit le ruisseau de Lauzens et le défilé du Pertuis d'où débouche la Vèbre. La forêt de Saoû attire les grimpeurs de falaises, les randonneurs et les familles qui viennent pique-niquer à l'orée du bois.
Sur la commune se trouve le Château d'Eurre, édifice construit au XIVe siècle et mentionné comme maison forte dite Bastida de Montecalmo en 1339 dans un inventaire de la Cour des Comptes, nommé "chasteau de Montchamp" en 1447 puis "hostel d'Eurre et de Saint-Arnoel" en 1541. Le bâtiment a été entièrement détruit en 1586 durant les guerres de religion par les Suisses du Duc de la Vallette, puis reconstruit à la fin du XVIe siècle. Le bâtiment a perdu sa fonction de maison forte et a été incendié à de nombreuses reprises par la suite. (propriété privée, ne se visite pas).