Le pastel - isatis tinctorial de son vrai nom - permet de produire tous les bleus. Du bleu naissant au bleu d'enfer, la gamme tinctoriale de ce colorant végétal est exceptionnelle. Sous François 1er, les teinturiers de toute l'Europe ne juraient que par lui.
A cette même époque, les villes de Toulouse, Albi-Carcassonne formaient le triangle d'Or du Pastel. C'est là, dans ce « pays de cocagne » qu'on fabriquait ces petites pelotes à base de feuilles de pastel hachées dans les moulins, puis fermentées et mises à sécher plusieurs mois.
De cette période de fabrication, il reste peu de témoins. Sauf au château de Magrin, dans le Tarn. Ici, tout a commencé avec la découverte intrigante de ce séchoir à pastel.
Pour mieux comprendre cette région et son histoire, une visite au château du musée du Pastel de Magrin est un passage obligé situé sur le circuit de la Route Historique du Pastel au Pays de Cocagne. Fort de ce conseil avisé, nous voilà devant le château de Magrin, construit sur un ancien oppidum celte, sur la plus haute colline du secteur entre Puylaurens et Lavaur, à 330 mètres d’altitude, d’où l’on peut bénéficier, dit-on, d’un panorama grandiose sur la chaîne des Pyrénées, la Montagne Noire et la Grésigne par temps clair.
Aménagé dans un bâtiment du 18ème, le musée repose sur des salles médiévales voûtées. Divisé en quatre niveaux il est entièrement consacré à l’histoire, mais aussi au devenir de la plante «bleue» : Isatis tinctoria.
Le Pays de Cocagne existe ou du moins ; il a existé, laissant le souvenir d’un pays imaginaire, véritable paradis terrestre où les richesses abondaient sans que l’on ait besoin de s’échiner au travail.
Tracez un triangle sur une carte : Toulouse, Albi, Carcassonne. Vous y êtes... C’est le triangle d’or du pastel. Le pastel, c’est cette fleur qui a donné la teinture bleue qu’on a appelé bleu pastel. Inutile de chercher des fleurs bleues dans les champs. La fleur du pastel est jaune !
Et c’est quand même sacrément joli de voir les champs se couvrir d’or à l’époque de la floraison