Témoin de l’art des bâtisseurs de l’époque, Abbaye de Cadouin dresse fièrement ses murs du haut de ses 900 ans. Les bâtiments aujourd’hui accessibles à la visite présentent deux architectures différentes : le roman dans lʼéglise, le gothique dans le cloître reconstruit à la fin du XVe siècle. L’Abbaye de Cadouin est inscrite parmi les sites du Patrimoine mondial sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Une double fonction qui se retrouve dans l’architecture contrastée de l’abbaye. L’Est de l’église, construit avant l’affiliation à l’ordre de Cîteaux, se montre beaucoup moins austère que la partie Ouest, constituée d’un grand mur massif extrêmement sobre.
L’église abbatiale romane de Cadouin respire toute la spiritualité cistercienne du XIIe siècle. L'église possède la particularité d'être percée de trois oculi (petite fenêtre ronde) alignés, un sur la façade et deux sur la coupole. À chaque équinoxe, ces oculi sont traversés par un rayon de soleil, matérialisant l'orientation symbolique de l'église vers l'Orient. La façade occidentale est du type roman saintongenais, se présente comme un grand mur austère et massif, avec un porche à quatre rouleaux en son centre, trois grandes baies, en plein cintre et plusieurs arcatures aveugles.
L'intérieur est marqué par la sobriété de la décoration. La croisée du transept est dominée par une superbe coupole à pendentifs. Le chœur est décoré de chapiteaux aux motifs végétaux traditionnels dans l'architecture cistercienne primitive. Les chapiteaux de la nef sont en revanche plus frustes. La visite du Cloître de l'Abbaye de Cadouin construit aux XVe et XVIe siècles, est un chef-d'oeuvre de l'art gothique flamboyant. Ce cloître comporte 4 galeries et 26 travées voutées dʼogives.
Le cloître de Cadouin, de fonds roman, est décoré du XVe au XVIe siècle. Des colonnes richement sculptées supportent des voûtes compliquées. Les galeries du cloître entourent un espace rectangulaire et sʼouvrent sur un jardin intérieur par des baies à claire-voie. Les galeries Nord, Est et Sud sont de style gothique flamboyant, on y trouve un magnifique siège abbatial en pierre. Aux angles se trouvent des portes flamboyantes du XVe siècle et des portes Renaissance du XVIe siècle.
La galerie ouest, construite au début du XVIe siècle est de style renaissance, les voûtes à liernes et à tiercerons, décorées de clefs pendantes, retombent sur des colonnettes en forme de tours. Où que vous posiez votre regard, c’est l’émerveillement. Le musée du suaire, situé dans la salle capitulaire de l'Abbaye de Cadouin, évoque huit siècles de pèlerinage et de ferveur religieuse. Vestiges inestimables, les manuscrits sont protégés et inaccessibles au public. 17 panneaux didactiques, photos, reproductions,... constituent alors cette rétrospective unique, là même où ces textes ont guidé la vie monastique. Certains de ces manuscrits de chant présentent des spécificités liées au culte du suaire.
Malgré les ravages du temps, les manuscrits de Cadouin restent un témoin important de la richesse de sa bibliothèque. Outre la prière et le travail, la lecture et l’étude des textes saints faisaient partie de la vie monastique. Les livres étaient copiés, décorés, reliés d'une grande finesse. Nous retrouvons parmi eux des évangiles glosés, des commentaires bibliques et théologiques, dont la plupart datent du XIIe siècle. Les pièces les plus imposantes de cette collection sont constituées de manuscrits de chant, deux antiphonaires et deux graduels, confectionnés du XIIIe au XVe siècle. Ces textes de chant sont les seuls du corpus à être restés en usage jusqu’à la Révolution et à avoir par ailleurs suscité l’intérêt des musicologues dès le XIXe siècle.
L’un des manuscrits les plus anciens du fonds est le Sacramentaire grégorien dit « Sacramentaire de Cahors », qui date de la première moitié du Xème siècle. Confectionné pour être utilisé à Cahors, il est par la suite arrivé en Périgord où il a été adapté au culte local. Enfin, l’une des pièces maîtresses de l’exposition est le manuscrit des « Constitutions de l’Ordre » qui présente les directives officielles pour la conduite de la messe et de l’office ainsi que pour la vie quotidienne des moines : lectures, repas, travail et repos, fonctions de l’abbé, du prieur, du sous- prieur, du chantre. Pièce de référence, il a, à l’époque, été envoyé à toutes les abbayes de l’ordre cistercien.
Cette bibliothèque de l'Abbaye de Cadouin était renommée au XVIIIe siècle. En 1712, dom Jacques Boyer, de la congrégation de Saint-Maur, signale l'existence de « quantités de beaux manuscrits » dans les archives de Cadouin. Autour du cloître se trouvent des bâtiments abbatiaux restaurés au XVIIIe siècle et qui abritent aujourd'hui une auberge de jeunesse. La Porte Saint-Louis est également remarquable, vestige de l’enceinte primitive protégeant l’abbaye.