Le village de Montcaret est rasé plusieurs fois et les habitants se réfugient à Montravel. Montcaret ne sera reconstruit que vers 1080 par des moines bénédictins. Montcaret est le village de paix, Montravel est le village de guerre. En 1154, Aliénor d'Aquitaine, après avoir été répudiée par Louis VII, se remarie avec Henri II Plantagenêt futur roi d'Angleterre. Montravel et Montcaret sont donc Anglais. En 1224, par le jeu des alliances, Montcaret redevient Français. Durant la période des guerres franco-anglaises, époque de la création des bastides, Montcaret change de nationalité plusieurs fois.
Au milieu du XIVe siècle, Montravel est une des plus puissantes forteresses de l'Aquitaine. En 1451, le vent tourne et Charles VII reprend Montravel et Bordeaux. Les Bordelais mécontents rappellent les Anglais et c'est l'épisode de la bataille dite de Castillon. Les Anglais sont défaits, le Général anglais Talbot meurt, ils sont repoussés hors de France et ne conservent que Calais. Dès 1540, le protestantisme s'installe à Montcaret (réforme prêchée par Luther et Calvin). Les premières guerres civiles éclatent (1562 à 1598) jusqu'à l'Édit de Nantes en mars 1598.
En 1622, les protestants s'emparent de La Rochelle et bloquent Bordeaux. Louis XIII envoie le Duc d'Elbeuf avec 7 régiments pour forcer le dispositif. Il se heurte à la forteresse de Montravel. Il fait venir de l'artillerie par voie d'eau et la place en surplomb de la citadelle. Le bombardement commence le 22 février 1622 et dure jusqu'au 1er mars. La citadelle tombe et pour éviter qu'elle ne reprenne plus tard de la puissance, Louis XIII ordonne qu'elle soit "entièrement rasée jusqu'à son fondement". Pendant un mois, les troupes du Duc d'Elbeuf vont s'adonner à cette tâche. Montravel n'existe plus. La juridiction de Montravel est reportée sur Lamothe St Paixans qui prendra le nom de Lamothe Montravel. Pour rappeler l'histoire de Montravel et sa fin tragique, une stèle est érigée sur le lieu même où se trouvait le village de Montravel. Il faudra attendre la Révolution Française de 1789 pour que Montcaret soit rattaché au département de la Dordogne.
Lors des rébellions huguenotes, après huit jours de siège, la ville et le château de Montravel sont pris le 22 février 1622 par les troupes royales commandées par Charles, duc d'Elbeuf. La ville est brûlée, les femmes violées, les hommes tués. Dès 1750, la paroisse de Montcaret est mentionnée par le colloque des églises du Bas-Agenais. Une grange aménagée en temple est détruite sur ordre du roi en 1770. Le culte est rétabli légalement le 8 avril 1802. C'est en 1827 que, lors du creusement d'un lavoir, une mosaïque de la villa gallo-romaine est mise au jour.
La commune de Montcaret, forte de son histoire, présente un patrimoine important. Une commune visitée pour ses ruines de la villa gallo romaine, son Eglise St Pierre du XIème siècle, la richesse de son petit patrimoine. Outre sa Villa Gallo romaine mise au jour grâce aux efforts d'un enfant du pays Pierre Tauziac, Montcaret peut également s'enorgueillir d'une église reconstruite par des moines bénédictins à la fin du XIe siècle en utilisant des pierres et des éléments de la villa gallo romaine notamment quelques chapiteaux de l'époque mérovingienne.
Admirez l'église de Saint-Pierre-Es-Liens de Montcaret consacrée par M.Gosselin de Parthenay, évêque de Bordeaux en 1080. L'église à subit les outrages des guerres de Cent Ans et des guerres de religion. Elle est désertée par ses derniers fidèles et "ouverte à tous les vents". Il faudra attendre 1858 et l'abbé Bergère pour que l'église reprenne son allure actuelle. Cette église est typique des églises de village construites dans la région au début de l'époque médiévale. A l'extérieur vous pouvez voir une sculpture en pierre qui représente Adam et Eve, tandis qu'à l'intérieur de l'église vous pouvez voir les sculptures typiques de l'architecture de style romaine. Une ancienne tour de pierre se trouve juste à côté de l'église.
L’histoire du patrimoine de Montcaret ne peut s’écrire sans parler des Temples. Dès 1530, Montcaret devient un bastion de l’église réformée. Après la destruction de la citadelle de Montravel en 1622, Louis XIII décide la fermeture de l’école protestante en 1685 et ordonne la destruction du Temple. Après le rétablissement du culte protestant en 1803,Montcaret reprend son rôle de chef lieu du Consistoire et en 1817, le pasteur SCHLICK ouvre une souscription qui permet le rachat d’une maison de colon à l’Hirondelle qui sera transformée en Temple. Les travaux se poursuivront jusqu’en 1822. Le Temple actuel existe donc sous une forme presque inchangée depuis 190 ans.
Montcaret possède encore d’autres fleurons comme ces châteaux. Le Château du Maret existait déjà en 1723 puisqu’il était répertorié dans les documents d’imposition de l’époque. Le château du Maret a connu 6 propriétaires différents. Le domaine s’étendait sur 63ha dont 12ha consacrés à la vigne. Le château de Fonroques, est un manoir situé sur les hauteurs de Montcaret, au milieu des vignes est antérieur à 1629. Il est resté propriété d’une même famille pendant 3 siècles. L’actuel propriétaire continue la tradition vinicole du domaine et accueille aussi des touristes dans des gîtes et des roulottes aménagées. Le château de Montravel est situé sur les hauteurs à l’ouest de Montcaret date du 19ème siècle. Il a été bâti sur les fondations du château de Nogaret tombé en ruine après sa vente en 1871. Le parc du château qui fait face à l’entrée principale, se situe à l’emplacement de l’ancienne cité de Montravel détruite par les armées de Louis XIII en 1622. Une stèle implantée à proximité rappelle l’histoire de cette période et la fin dramatique du siège de la ville de Montravel.
Le petit patrimoine ne doit pas être oublié. Ainsi, le puits de la Nine situé au hameau du Fauresourd. Il a été restauré en 2005 par le propriétaire actuel avec la participation de la Fondation du Patrimoine. Avec ses pierres rejointoyées et sa couverture refaite selon la coutume en Sud Ouest, le puits de la Nine a retrouvé une deuxième jeunesse. Le pigeonnier de la Kibola, domaine privé, illustre l’évolution de la société après la Révolution de 1789 puisque précédemment seuls les seigneurs hauts justiciers pouvaient posséder un pigeonnier. Celui-ci pouvait recevoir jusqu’à 200 pigeons. Autre site également du domaine privé, le moulin de Nogaret situé sur les hauteurs, il daterait de la fin du XVI ème /début XVII ème siècle. Il est construit sur le point le plus haut de la commune à 107 mètres. Sa toiture entièrement rénovée en 2007 a nécessité quelques 5000 tuiles en châtaignier.