Le territoire de la commune Montferrand-du-Périgord a été habité depuis la préhistoire. En témoignent plusieurs gisements de silex taillés sur les coteaux au nord et au sud de la Couze, ainsi que la présence, à quelques mètres de la commune, mais sur le territoire de Saint-Avit-Sénieur, du gisement néandertalien de Combe-Capelle. C'est sur ce site qu'on a trouvé l'un des plus anciens outils fabriqués par l'homme : un lissoir. Trois sarcophages de l’époque mérovingienne ont été également découverts à Piquepoul et dans une carrière de Bellevue.
D'après une tradition orale non vérifiée, le village médiéval primitif se situait sur le plateau dominant le bourg actuel. Il aurait été incendié à la suite d'une épidémie de peste et rebâti sous la protection du château fort médiéval. Celui-ci était une place forte avancée de la baronnie de Biron. Deux autres monuments sont associés à la famille de Biron sur le territoire de la commune : le château de Regagnac et une métairie. Le premier était initialement un repaire noble construit au XIIIe siècle par la famille de Regagnac.
Ce superbe village de la vallée de la couze, mérite votre visite avec ses belles demeures en pierres jaunes typiquement périgourdines. Vous trouverez de nombreux endroit pour garer votre véhicule à Montferrand-du-Périgord, notamment derrière l’église. Flanez vers le bas du bourg et la Couze. Quittez la place de la mairie par la rue principale, sur votre droite, juste après le carrefour, une maison du XVIIe dite "la chartreuse". Après le bâtiment de l’école, prendre un petit chemin à gauche, tout contre la maison situé sur le chemin de la Capellonie. Il longe la vallée de la Couze jusqu’aux abords de l’ancien moulin de Granjou.
Reprendre à gauche sur la route goudronnée ou poursuivre le balisage jaune, une boucle de 3km qui vous fera passer par l’ancienne église romane Saint-Christophe du XIIe siècle qui renferme un trésor exceptionnel... Le vestige de la nef et le choeur abritent un ensemble iconographique tout à fait exceptionnel pour un monument aussi modeste. Les peintures s'échelonnent du XIIe siècle au XVIe siècle. Le Christ en majesté, entouré des symboles des quatre évangélistes, le patron de l'église, Saint Christophe, un "miracle" de saint Léonard, patron des prisonniers, sont les principales scènes représentées sur les parois.
Sur la voûte, le Pantocrator entouré du Tétramorphe, et sur le mur oriental du chevet, l'Annonciation et Saint Christophe sont des peintures. Sur la façade ouest du clocher, les traces d'un départ de toiture laissent penser qu’elle possédait deux ou trois travées au total. L'amputation principale du bâtiment a porté sur sa longueur, raccourcie de moitié au XIXe siècle. Le chœur est voûté en berceau. Il est parcouru d'une corniche qui souligne la naissance de la voûte. Au Nord et au Sud, des arcatures plein cintre reposent sur des tablettes saillantes (impostes), elles-mêmes soutenues par des piles carrées.
Le clocher est une tour élevée qui recouvre tout le chœur. Il est ceinturé à son sommet d'une corniche supportée par des corbeaux qui à chaque angle sont sculptés de visages humains. Chaque face du clocher est ornée de deux baies. Les éléments médiévaux sont perceptibles mais c’est surtout la pierre qui attire l’attention des visiteurs. Une statue de la Vierge est installée juste en face, elle donne encore plus de couleurs à l’édifice. Dirigez-vous vers la Halle du XVIe, à l'origine elle comportait 24 piliers. Fin du XVIe siècle, elle abritait les foires et marchés. Le XVIe siècle est marqué par la construction de la halle. Au XIXe siècle, quatre foires annuelles reflétaient l'ampleur de l'activité commerciale du village dans son environnement.
Passez derrière le chevet de l’église pour admirer la maison renaissance du XVIe siècle, au-dessus de la halle. Une très belles maisons qui semblent par un effet d'optique pencher. Revenir sur la rue principale et la remonter. Devant la belle demeure classée du XVIe, ancienne épicerie Goubie ; tournez à droite vers le château du XIe et XIIe siècle (propriété privé), en passant au pied de l’ancien presbytère. Le château est un ancien repaire noble qui appartenait au XIIe siècle à la bastide de Beaumont. Au XIVe siècle, c'est une châtellenie tenue par une branche des Gontaut-Biron.
Juché sur le bord du plateau dont il s'isolait par une profonde saignée dans le sol, il se composait de deux enceintes séparées par une douve que dominait un gros donjon carré crénelé du XIIe siècle. Les courtines s'appuyaient sur des tours rondes. Il fut pendant de nombreuses années l'objet de pillages de ses pierres servant alors à édifier des maisons d'alentours. La rue piétonne passe sous un pont entre le donjon et le reste de l’enceinte. Ensuite longez l’esplanade en restant bien sur le chemin (ne franchissez pas les chaînes). Redescendez la rue principale, ou prenez à droite le chemin balisé vers Saint-Christophe (20 min A/R).
Comme dans toutes les communes en milieu rural où les habitants vivaient autrefois en autarcie, furent bâtis sur la commune de Montferrand-du-Périgord des petits édifices utilitaires tels que lavoirs, fontaines, fours, pontets, ou liés à des pratiques religieuses, par exemple croix sur le passage des processions des Rogations, croix jubilaires en souvenir de missions comme la croix de Couquette ou à la mémoire d'un défunt.