La cité de Thiviers, sur le chemin du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, devient une place forte construite autour de son église et de ses châteaux au nombre de trois à l’époque : Les Pélisses se trouvant en face de l’église. Erigé à l’aplomb de la falaise au-dessus du Val qui court en direction de l’Isle, le château de Vaucocourt renfermé dans l’enceinte même des remparts la protégeait et le château de Banceil servant de première défense pour les attaques venant de Périgueux. De plus, de nombreux châteaux et manoirs fortifiés fleurirent autour de Thiviers tels que le manoir des Limagnes, le château de la Filolie, ou celui de Planeau, aujourd’hui disparu, constituait, dans la plaine, la sentinelle avancée vers le nord.
Thiviers fut occupée et saccagée plusieurs fois : possession anglaise annexée par Richard Cœur de Lion, la ville redevint française au XIIe siècle. Jean Sans Terre, le roi d’Angleterre, s’en empara en 1211 et Guy, vicomte de Limoges, la conquit en 1212. Elle est de nouveau reprise par les Anglais qui en sont chassés sous le règne de Charles VI. Érigée au XIVe siècle en prévôté, la catholique ville de Thiviers subit en 1575 le siège des calvinistes de Henri, vicomte de Turenne. Lieu de passage fréquenté, Thiviers changea régulièrement de « propriétaire » à la suite des guerres internes et des rivalités, révoltes et révolutions. Elle dut également souffrir de famines, ou d'épidémies de peste.
On entrait dans la cité close de Thiviers par trois portes : la porte de Pèze au nord, la porte de la Tour à l'ouest et la porte du Thou ou du Thon au sud ; mais l’accès ou plus exactement la sortie de la ville pouvait s'effectuer par des souterrains, ensevelis pour la plupart ensuite. Les rues des Recollets, Jules Sarlandie et André Gay, qui s’appelaient naguère rues des Fossés, suivent encore le tracé des anciens remparts.
Thiviers est l'une des 6 villes portes d'entrée du Parc Périgord Limousin, dirigez-vous vers la place Foche où se trouve l'office de tourisme pour préparer votre visite. Commencez votre visite autour de l'office de tourisme se trouvent quelques rues étroites avec d'intéressantes vieilles maisons à colombages. Suivre la rue André Gay, prendre la rue Jean-Jaurès, puis la rue des Huiles où se trouve le manoir de la Bastardie, datant du XVe siècle pour ses parties les plus anciennes. Le manoir se trouve aujourd'hui à l'angle de la rue des Huiles et de la rue de la Mourenne habité par des particuliers. Propriété privée, ne se visite pas. Ce manoir ressemble à une Maison-Forte; il se compose d'un corps de bâtiment unique, carré et haut de trois niveaux sous combles, avec soubassement. Il présente un appareillage régulier en pierres de taille. Ce Manoir a connu plusieurs remaniements au cours des siècles.
Près du manoir de la Bastardie, vous pouvez voir la façade du style de la renaissance du Château de Vaucocourt. Au XIIe siècle, un château fort est inclus dans l'enceinte de la ville, établi au bord d'un escarpement surplombant l'axe Limoges - Périgueux et permettant ainsi de le surveiller. Lors du passage des huguenots en 1575, le château comme les remparts de la ville sont détruits. L'édifice actuel fut construit sur les substructures de l'ancienne demeure au XVIe siècle son aspect médiéval n’étant quasiment plus apparent suite à de très nombreuses rénovations au cours des siècles, propriété privée, ne se visite pas, visible de l'extérieur.
A quelques dizaines de mètres du Château de Vaucocourt, poursuivez vers l'église Notre-Dame de l'Assomption de Thiviers du XIIe siècle. Elle a été plusieurs fois remaniée et même détruite en partie durant les guerres de religion. Ne manquez pas les sculptures diaboliques sur les colonnes à l'intérieur de l'église. Deux chapiteaux de l'église de Thiviers figurent des monstres engoulant des hommes, ils sont si semblables à des chapiteaux de San Isidro de Léon qu'il faut croire à des poncifs circulant sur les chemins de pèlerinage, transportés par des "ymagiers" ambulants. L’explication réside dans le fait que Thiviers était un des jalons du chemin de Saint Jacques de Compostelle.
Après votre visite de l'église Notre-Dame de l'Assomption, prendre la rue Rochefort, admirez l'une des maison du XIVe siècle, c'est la plus ancienne maison de Thiviers. Le vieux quartier médiéval de Thiviers près de l'église est la plus intéressante pour les visiteurs, il offre les divers témoignages d’un riche passé historique. Pendant votre flanerie découvrez quelques jolies maisons à colombages des XVe et XVIe siècle. Le nom de certaines portes percées dans l’enceinte survit encore dans la rue de la Tour et l’impasse Pèze : la porte Pèze était celle qui s’ouvrait vers Limoges. Par la rue Traversière (la rue Lamy) et la rue du Thou (rue Jean Jaurès), on parvenait à la porte du Thou près du château Banceil.
Prendre sur votre droite la rue Julès Sarlandrie vers la place du marché. Vous pouvez y voir la Maison Hautefort qui était autrefois un hôpital lépreux appartenant à l'ordre de Saint Lazare de Jérusalem. Prolongez votre visite jusqu'au couvent des Récollets situé rue Bertrand de Born. Le couvent à été fondé en 1870 par Mlle Augustine Faure (1826-1880), fille d'un avocat de Thiviers. Elle fait appel aux sœurs du Saint-Cœur de Marie, venue de Treignac, qui y ouvrent un orphelinat, externat et pensionnat de jeunes filles ; mais elles sont expulsées par les lois anticongrégationistes de 1901. Cet édifice néoroman dans le style périgourdin présente au milieu de la façade, au-dessus de la porte d'entrée de l'ancien couvent, les statues de Marie. À droite de l'édifice rectangulaire se trouve la chapelle.
Le plus beau fleuron de Thiviers, en dehors de son architecture historique est sans conteste son parc Theulier. Les hévéas ont disparu mais les séquoïas, les cèdres du Liban et les tulipiers de Virginie constituent toujours le cadre incomparable des terrains de sport, de la piscine, du théâtre de verdure et de la salle des fêtes. L’eau, captée dans le haut de la ville, alimentait les bassins situés sur les terrasses étagées et une orangerie occupait même l’emplacement de la Perception.
La ville de Thiviers s'est elle-même désignée 'la capitale du foie gras en Périgord vert' et pour en savoir plus sur le foie-gras, visitez le musée de Thiviers consacré à sa production. Le musée est situé dans la Maison du Foie Gras dans le même bâtiment que l'office de tourisme. Au sein d’une architecture associant traditions et modernité, la Maison du Foie Gras à Thiviers permet au visiteur de découvrir une scénographie mettant en scène la vie de l’oie et du canard de la préhistoire à nos jours, en passant par la cuisine du foie gras sous toutes ses formes. Des recettes, des métiers, un espace enfants autour du foie gras vous seront proposés. Cette Maison est la vitrine départementale autour de ce produit emblématique du Périgord.
Depuis des siècles Thiviers est une place commerciale de foires et marchés réputée ; cette dimension autour du palmipède gras a été confortée au début des années 60 avec la création de marchés primés, les premiers créés en Dordogne, donnant à Thiviers le statut de Capitale du foie gras en Périgord Vert. Ces marchés (de novembre à mars) attirent un large public de connaisseurs et de clients exigeants qui trouvent sur ce marché des produits d'une qualité remarquable.