A la lisière du Béarn et du Pays-Basque, au cœur du Béarn des Gaves, Navarrenx est la première cité bastionnée de France, un siècle avant l’apparition des célèbres fortifications militaires de Vauban. Classée parmi les "Plus Beaux Villages de France", cette bastide vaut bien le détour pour un voyage initiatique au cœur de l’histoire. Sur place, difficile de ne pas succomber à son charme et sa sérénité. Véritable musée à ciel ouvert, le cœur historique de la bastide, ceint de ses remparts, a globalement été préservé.
Protégée par d'imposantes fortifications, Navarrenx, domine fièrement le gave d'Oloron. Malgré son ancienneté, Navarrenx est quasiment intacte, la porte Saint-Antoine, les remparts de Navarrenx, hauts de 10m, et ses constructions militaires témoignent aujourd’hui de son riche passé historique. Cette ville porte l’empreinte d’une dynastie : les Moncade, et d’une ambition : faire du Béarn un Etat indépendant !
L’organisation de l’habitat au centre de la cité de Navarrenx reste fidèle au plan de la bastide: au-delà d’une place centrale, rues perpendiculaires rythmées par des maisons de 6 à 7 mètres de large, avec jardins derrière l’habitation et d’étroits passages entre les maisons (venelles). Les contours de la ville ont été remaniés par l’architecture militaire. Tombez sous le charme de ce village, baladez-vous dans les ruelles, arrêtez-vous dans les petites boutiques de la cité bastionnée. Ou alors faites un tour au marché pour retrouver les bons produits du terroir local.
Pour profiter pleinement d’une promenade à Navarrenx, il est préférable de laisser la voiture à l’extérieur de la cité et d’explorer la bastide à pied. Commencez par rendre visite à l'office de tourisme de Navarrenx au coin de la Place des Casernes afin de demander un plan de la cité. Vous pouvez stationner votre véhicule sur le parking de la place du Foirail.
Les vestiges du premièr château féodal défendant l'accès de la cité, construit en 1185 par le Vicomte Gaston VII de Moncade, sont visible en dehors des remparts actuels. Il s'agit de la Casterasse dont il ne persiste que des pierres. En arrivant devant Navarrenx, les imposantes fortifications dominent la vallée du gave d’Oloron et offre un spectacle des plus originaux. Les remparts longs de 1,6km encerclent la bastide de Navarrenx et présentent une demi-lune, des portes fortifiées et des échauguettes.
Construits entre 1538 et 1547 par l’architecte italien Fabricio Siciliano sur demande d’Henri II d’Albret, roi de Navarre, ces remparts sont capables de résister à l’artillerie à poudre et aux boulets métalliques. Une grande première en France au XIVème siècle en termes d’architecture militaire et défensive. Navarrenx devient ainsi le premier exemple de cité bastionnée du pays, précurseur des fortifications dites « à l'italienne » qui s’imposent dans la défense des places fortes avec Vauban un siècle plus tard. Navarrenx ne fut jamais vaincue et conserva sa fonction militaire jusqu‘au XIXème siècle, d‘où l’excellente préservation des fortifications.
Vous pouvez accèder à l’intérieur du village de Navarrenx par la Porte Saint-Antoine. Judicieusement placée dans un flanc, protégée par un orillon, la porte était à l’abri des tirs directs, surmontée d’une échauguette en surplomb pour mieux permettre la surveillance du pont avec deux postes de garde à l’intérieur. Cette porte tire son nom de sa proximité avec la chapelle éponyme. On l’appelle également porte d’Espagne, compte tenu de son exposition.
Passée la Porte Saint-Antoine, la Place des Casernes est cernée d’un impressionnant bâtiment militaire prévu pour loger 344 hommes de troupe, les autres allaient chez des particuliers, le 2eme étage est construit au XIXe pour les soldats convalescents. Un escalier mène aux remparts et au sommet de l’échauguette, cette petite pièce cylindrique construite en encorbellement destinée à abriter un guetteur et dotée de mâchicoulis et de meurtrières. La vue est imprenable sur toute la vallée du Gave d’Oloron et sur la bastide ceinturée de remparts majestueux.
Admirez la vue imprenable qui s’offre à vous depuis un point d’intérêt de choix : le canon, orienté plein ouest, surplombant la Porte Saint-Antoine, il veille sur le pont. Depuis cet emplacement ou bien du haut des remparts qui surplombent le gave d’Oloron, vous pourrez alors observer la chaîne des Pyrénées. Au pied des remparts, à ce niveau se trouve le Glacis Sud : ce sont des talus et contre-forts défensifs de la ville, ingénieusement réfléchis par les stratèges de l'époque.
Longez la terrasse jusqu'au bastion, d'où vous avez une belle vue sur la porte Saint-Antoine ainsi qu'un beau panorama sur la rivière, le Gave d'Oloron, et le pont. Les bastions que vous pouvez voir à divers endroits le long des murs ont été construits pour permettre aux autres parties des murs d'être surveillés et protégés. Le Bastion des Contremines : ce dispositif ingénieux permettait d'écouter les ennemis de la cité qui tentaient de l'atteindre en la minant. Un passage secret descend à l'intérieur de ses murs et permet d'en faire le tour. En forme d'as de pique, il est le plus complet de la place forte et le mieux conservé dans son « jus » d'origine.
Le théâtre des Echos, son bastion a pour vocation de défendre la Porte Saint Germain. Une poterne, aménagée dans la courtine, permettait une sortie discrète de secours des assiégés. La Porte Saint-Germain, aussi appelée Porte de France, malheureusement détruite en 1885. Un pont dormant, muni de plusieurs arches, existe toujours sous la route actuelle. L'échauguette du bastion des Noyers, vouée à la défense de l'entrée de la porte Saint-Germain, elle est située sur le bastion le plus vaste de Navarrenx. La Poterne de Méritein, tunnel caché, permettant aux habitants de fuir lors d'un siège. Il est orienté vers le Nord. A proximité, le Glacis Nord Et enfin, la Demi-Lune, avant-poste de défense extérieur aux remparts, relié par un pont-levis. Il abritait, en son centre, une cartoucherie. L’espace séparatif fut comblé au XIXe siècle.
Poursuivez votre flanerie dans les petites rues encore imprégnées de leur passé médiéval. La beauté des maisons anciennes est harmonieusement mise en valeur par une palette de volets colorés qui confèrent un cachet indéniable à ce village. Dirigez-vous vers l’Arsenal, en dépassant la Place d’Arme. C'est un édifice avec 3 corps de bâtiments posés en U, construit en 1680 sur l’ancienne maison de Navarre, avec une vaste cours qui pouvait abriter 30 000 boulets ou grenades, des armes et des provisions en cas de siège. Ce superbe bâtiment abrite aujourd’hui un musée : le centre d'interprétation de Navarrenx où les férus d’Histoire peuvent découvrir des maquettes et des plans de la bastide. De nombreux ouvrages historiques y sont en vente, dont ceux sur les célèbres Trois Mousquetaires.
En face de l'ancien arsenal, la maison du Lieutenant du Roi. Redescendez au niveau de la rue de la poudrière, vous verrez un bâtiment carré en pierre. C'est l’ancienne poudrière où la poudre à canon était stockée après 1580, elle témoigne de l’architecture militaire en pierre de taille. Avant 1580, la poudre à canon était stockée dans l'église ! Elle abrite aujourd’hui une exposition sur l'histoire de la bastide de Navarrenx., où la poudre à canon était stockée après 1580. Vous pouvez entrer pour voir l'intérieur spacieux.
Continuez vers la rue Saint-Antoine, si vous suivez la rue vous passez devant une maison de style renaissance où vécut autrefois Jeanne d'Albret, mère d'Henri IV, elle deviendra plus tard reine de Navarre et du Béarn. Peu de choses nous rappellent l'intérêt historique de la maison mis à part un entourage en pierre décorative autour de la porte et une petite plaque et son nom : Maison Jeanne d'Albert. Un peu plus loin, la Maison du Gouverneur, formée à la fin du XVIIe siècle par l'acquisition de plusieurs maisons, elle fut le logement des Gouverneurs de Navarrenx.
Egalement dans cette rue vous trouverez la Maison Darralde, Le Dr Darralde, médecin de l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, vécut à Navarrenx dont il fut premier magistrat au cours du XIXe siècle. Cette bâtisse fut léguée à la commune par son fils pour la création d'un hospice et d'un presbytère.
Plus loin sur la même rue, vous atteignez l'église Saint-Germain-d'Auxerre de Navarrenx, construite en 1551 dans un style relevant du gothique tardif. Successivement église catholique puis temple protestant sous le règne de Jeanne d'Albret, Louis XIII y vint rétablir le culte catholique en 1620. Malmené durant la Révolution, l'édifice est remanié une dernière fois en 1852, et est doté d'un clocher d'entrée. On observera des décorations intérieures surprenantes comme des masques de pierre : l'un porte le chapeau de pèlerin. Il n’est pas interdit d’y reconnaître de grands personnages, contemporains d’Henri II d’Albret. Une porte, située sur le côté, serait celle réservée aux cagots. L'église abrite par ailleurs des tableaux offerts par Napoléon III.
Un peu plus loin, la Fontaine militaire permettait de fournir en eau la garnison en cas de siège. Dans la rue de la Poterne, admirer la Maison Ayze, dite Lamarre, : fenêtres Renaissance avec “meneaux et estanfigues”. Au fil des rues qui se prêtent parfaitement à la déambulation contemplative, d’autres curiosités du patrimoine se présentent. De nombreux artisans d'art sont établis dans le centre historique, et l'on peut en outre visiter la Maison du Cigare, labellisée "Entreprise du Patrimoine Vivant". De petites boutiques pleines de charme, une douceur de vivre et la convivialité des habitants viennent parfaire ce petit inventaire patrimonial.
Vous pouvez terminer votre visite par une balade bucolique ; faites un tour du côté de l’île de Charon au plus près du gave d’Oloron, vous pourrez y observer la faune et notamment le saumon sauvage…
Au passage, appréciez le pont de pierre aux trois arches qui enjambe le gave d’Oloron. En 1180, le vicomte de Béarn Gaston VI octroie la Charte dite du Pont de Navarrenx » prescrivant la construction d’une passerelle de bois, qui sera remplacée par le pont de pierre actuel en 1289. Fortifié en 1538 par Henri II d'Albret, au même moment où les fortifications autour de la ville ont été construites. Le pont avait à l'origine une tour de sentinelle, et était à son tour surveillé par des tours de guet sur les remparts. Ce pont historique etait destiné à faciliter le franchissement de la rivière aux pèlerins de Saint Jacques depuis le Moyen-Âge.
Navarrenx est également une étape de la via Podiensis ou voie du Puy-en-Velay (GR65) du pèlerinage des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Navarrenx cultive depuis toujours un esprit d’hospitalité, il y eut longtemps près de la porte sud une commanderie, un hôpital et une chapelle Saint-Antoine, ces établissements prévoyaient l'accueil des pèlerins et des voyageurs. La Via Podiensis est la voie la plus fréquentée reliant le Puy en Velay aux Pyrénées. Navarrenx constitue la dernière halte avant le Pays Basque et la traversée de la chaîne montagneuse vers Roncevaux.
Navarrenx est aussi la capitale de la pêche car le gave d’Oloron, qui prend sa source dans les Pyrénées, est aussi la plus longue rivière à saumons de France. Sur les eaux vives du gave, on peut aussi pratiquer différents sports : raft, canoë, paddle… Ici, c’est aussi le pays de la randonnée : baladez-vous sous les arbres et sur les chemins qui entourent Navarrenx.