La terre de Saint-Chamand avait titre de marquisat et était considérable. L'une des premières évocations du fief de Saint-Chamant remonte à 1332 par l'hommage que rend Bertrand de Scorailles à Robert de Comminges, évêque de Clermont. Une Marie de Saint-Chamand, qui vivait en 1420, l'apporta sans doute en dot à Antoine de Saint-Christophe ou de Lagarde qu'elle épousa, car il en était seigneur en 1434. Le fief de Saint-Chamand passa ensuite, on ne sait par quelle voie, dans la famille de Balzac, et de cette famille dans celle de Lignerac, en la personne de Jean de Lignerac, baron de Pleaux.
Robert de Balzac, au décès de son frère Rauffet II, en devint seigneur en 1473. Il acquérit de nombreuses terres pour constituer son domaine et en retirer des subsides non négligeables. Robert de Balsac, personnage important du royaume en tant que sénéchal d’Agenais et de Gascogne, il prend part à des campagnes militaires pour le compte des rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII. Robert de Balsac meurt en 1503, il s’y fit inhumer auprès de sa femme, dans le chapitre collégial qu'il fît bâtir dès 1483.
Robert de Balsac fait construire le donjon, il comportait deux tours, celle à trois pans, contenant l'escalier sur la façade sud et sa symétrique au nord qui était circulaire et dont seule la base est visible dans les soubassements de la demeure aujourd'hui. Le fief de Saint-Chamand passa de la famille de Balzac, dans celle de Lignerac, en la personne de Jean de Lignerac, baron de Pleaux, dont la veuve, Louise de Lhospital, la vendit, en 1589, à Catherine d'Hautefort, seconde femme de François Robert de Lignerac, pour la somme de quarante mille livres.
Les descendants de François-Robert de Lignerac remodèleront le château de Saint-Chamand en lui donnant son aspect actuel. Entre 1620 et 1700, plusieurs campagnes de travaux donnèrent naissance au grand corps de logis qui prolonge la façade ouest du donjon. La famille de Robert de Lignerac l’aménage à la mode de l’époque. La famille de Lignerac, s’est inspirée de Versailles pour l’agencement des pièces : larges espaces, des boiseries recouvrent les parois de toutes les pièces, plafonds à caissons.
Héritier du titre de Duc de Caylus, Achille-Joseph Robert de Lignerac mène grand train à Paris et Versailles. Criblé de dettes, le dernier propriétaire de la lignée de Lignerac, doit vendre le domaine et de la Seigneurie de Saint-Chamant en 1783, sous la pression de ses créanciers. Pierre Couderc, Secrétaire du Roi au Présidial d’Aurillac (tribunal de justice de l’Ancien Régime) s’en porte acquéreur. Ce sont ses descendants qui, depuis cette date, s’efforcent de maintenir le domaine et continuent à perpétuer l’héritage historique familial.
Paul Couderc de Saint-Chamant, maire de la commune au début du XXe siècle, fait reconstruire l’église paroissiale. Son fils, François devint artiste-peintre. Une sélection de ses œuvres est d’ailleurs exposée au château. Membre de la Société des Artistes Français, François de Saint-Chamant, propriétaire du château pendant une grande partie du XXème siècle, aimait plus que tout s’adonner à la peinture et une exposition permanente est
consacrée à ses oeuvres.
S’il maîtrisait de nombreuses techniques artistiques, son domaine de prédilection était la peinture de paysages. Sur les pas des grands maîtres classiques, il s’exerçait à capter la lumière des paysages de Touraine, de Provence, du Cantal, du Parc Monceau, ou des nombreux pays qu’il visitait, Espagne, Maroc, dont il rapportait de superbes dessins et croquis.
Vers 1820, construction à l'est et au nord du donjon, d'un corps de logis entraîna l'arasement de la tour ronde, dont les matériaux servirent dans le nouveau bâtiment. Chaque pièce du Château de Saint-Chamant est meublée et décorée, comme les pièces de réception ornées de tapisseries des Flandres du XVIème siècle et d’Aubusson. La chapelle en bois doré, recèle un retable du XVIIe siècle, vestige du chapitre disparu à la Révolution.
A l'extérieur, dans le parc du Château de Saint-Chamant du XIXe siècle, bien entretenu, des massifs colorés égayent le gris de la pierre volcanique, des allées rectilignes, invite à des promenades sereines. Créé sur les bases d’un jardin français, ce jardin suspendu, du XIXème siècle, est de style mixte : deux belles allées de tilleuls, dont une bordée de charmilles et de buis taillés, encadre un boulingrin de pelouse. Des rosiers tiges soulignes les parterres de pelouse le long des allées latérales. Tout autour du château, des massifs colorés atténuent le caractère austère de la roche basaltique dont il est construit. La terrasse domine largement la vallée, et le jeux des allées accompagne le regard jusqu’au fond de la vallée où se profilent les monts du Cantal. Parterres de pelouses, deux allées de tilleuls, des rosiers tiges et massifs colorés s’offrent aux visiteurs, en complément de la visite intérieure.
Les montagnes toutes proches donnent une solennité à tout le site du Château de Saint-Chamant. Le château de Saint-Chamant est inscrit sur la liste de l’Association de la Route Historique des Châteaux d’Auvergne.