Le site occupe l’extrémité occidentale d’une petite plaine dégagée par la Sénouire. Un rocher dominant la rivière sert de base aux premières implantations humaines. L'histoire de Lavaudieu est intimement liée à celle de l'abbaye voisine de La Chaise-Dieu. Après avoir fondé en 1043 l’abbaye de la Chaise-Dieu dans le Livradois, le site de Lavaudieu fut choisi par Robert de Turlande en 1057, pour l’implantation d’un monastère de Bénédictines. Alors qu'il venait d'implanter sa communauté de moines sur les monts du Livradois, Robert de Turlande (saint Robert) songea à créer un établissement pour des moniales, dans un lieu moins soumis aux rigueurs du climat de montagne.
La vallée de la Senouire, avec la douceur de son climat, permettait d’offrir à des femmes des conditions de vie moins dure que dans le Livradois et un lien direct avec l’abbaye-mère par la rivière. Robert de Turlande choisit de fonder ce second monastère sur la dépendance de Comps, signalée parmi les possessions de La Chaise-Dieu dans un diplôme du roi Henri Ier daté de 1052. Le monastère de Bénédictines porta le nom de Saint-André-de-Comps jusqu'à la fin du XVe siècle, avant de prendre celui de Vallis Dei (le Vallon de Dieu) en 1487. Après les vœux monastiques prononcés par sa fille en 1070, le comte d’Auvergne accorda sa protection au prieuré et procéda à de nombreuses donations. S’ensuit une période de vive expansion, ainsi qu’une existence florissante dont témoigne l’ampleur des bâtiments. Lavaudieu resta simple prieuré jusqu'au XVIIIe siècle et devint une abbaye en 1718 ou 1719.
Les moniales, tout en faisant preuve de charité, menèrent une existence semi-mondaine, en paix avec la population rurale qui les entoure. Les religieuses vécurent dans ce monastère jusqu’à la révolution. Le monastère fut par la suite désaffecté et les bâtiments vendus par lots comme bien nationaux en 1791, et transformés en bâtiments agricoles. Le clocher subit alors l'ablation de sa flèche en pierre. Les bâtiments abbatiaux tombèrent à l'abandon et ne firent l'objet d'aucun soin durant 150 ans. L'abbaye fit ensuite l'objet d'importantes campagnes de restauration et de mise en valeur successives.
Prenez le soin de laisser son véhicule en bas du village de Lavaudieu, la circulation est interdite dans la cité sauf pour les habitants. Des parkings sont aménagés près de la Senouire. Le temps de se garer le long de la Senouire, sous les arbres et voilà Lavaudieu qui s’offre au visiteur, la quasi-absence de voitures ajoute à la tranquillité du village. Autour de la fontaine, on enviera sans doute les habitants de ce lieu hors du temps, de ce village qui a su résister à cette course effrénée qui nous est bien trop souvent imposée. De petite taille, il est facile de retrouver son chemin, mais il est aussi possible de suivre une petite boucle depuis les parkings situés en contrebas du village.
Entrez dans Lavaudieu à pied à travers la voûte de pierre. Tout autour de l’abbaye Saint-André, la communauté villageoise se développa sur les bords de la Senouire. Prenez le temps de vous promener dans ses ruelles moyenâgeuses pour y admirer ses maisons en pierres dorées coiffées de tuiles rondes. Les habitations typiques de l'architecture régionale en font un lieu apprécié des visiteurs et des amateurs de vieilles pierres et d'histoire. Les maisons vigneronnes traditionnelles aux façades ornées de balcons fleuris et les petits jardins invitent à la balade et à la flânerie.
Dans le village de Lavaudieu, une croix en fer du milieu du XVIIIe siècle se dresse encore fièrement. Pour continuer votre visite du village, prendre la direction de l'abbaye Saint-André de Lavaudieu, aujourd'hui, elle est la seule abbaye romane d'Auvergne à avoir conservé son cloître roman. Il présente une série d’arcade en plein cintre, qui repose sur des colonnettes variées, surmontés de chapiteaux sculptés d’animaux et de feuillages. Dans le réfectoire, on peut admirer une impressionnante peinture murale d’origine byzantine et copte. L’église romane quant à elle, est dédiée à l’apôtre André et possède un remarquable ensemble de peintures murales allant du XIIe au XVIIIe siècle. La flèche du clocher tronquée à la révolution est surmontée d’une pique et d’un bonnet Phrygien. Ces éléments remarquables confèrent au lieu un charme incomparable.
Cet édifice vaut à lui seul une visite de Lavaudieu, mais le charme et le pittoresque du reste du village vous séduiront tout autant. Juste en dessous de l'abbaye de Saint-André, il y a un endroit particulièrement agréable où vous pouvez vous asseoir sur les bancs de pierre. L'occasion d'admirer la vue de l'abbaye avec le village au-dessus et la rivière en bas.
Pour découvrir le quotidien d'autrefois du village, direction le musée des Arts et Traditions populaires de la Haute-Loire, installé dans une ancienne maison de boulanger, où vous pourrez découvrir la reconstitution d'un intérieur auvergnat traditionnel, ainsi que de nombreux objets de la vie et des métiers d'antan. Le musée occupe une ancienne maison de boulanger à Lavaudieu, il est entretenu par les Amis de Lavaudieu.
Dirigez-vous vers le pont de pierre, à plusieurs arches, il regarde toujours tranquillement couler la Senouire. Complété au XIXe siècle, il est l’héritier d’un ancien pont médiéval. Lui aussi tout de pierre vêtu, il peaufine le tableau plein de charme. Prenez ensuite le temps de vous promener le long de la Senouire, pour profiter de vues pittoresques le long de la rivière. A proximité de Lavaudieu, les vestiges du château de Domeyrat se dresse sur la rive gauche de la Senouire. Chaque été des animations font revivre les lieux.