L’abbatiale Saint-Pierre fut placée sous la protection spéciale du Saint-Siège en 1165 par une bulle du pape Alexandre III. Elle fut à nouveau dotée par Louis VII en 1169. Jusqu'au règne de François Ier, l'abbaye de Mozac était l'une des plus puissantes du royaume. A partir de cette date, elle tomba en commende et commença à décroître. Depuis la Révolution, les bâtiments sont partagés entre commune et particuliers. Le début XIIe siècle annonce le début de la construction de l'abbatiale romane.
De 1477 et 1490, l'abbaye de Mozac est partiellement détruite par une série de tremblements de terre. De l'église romane et préromane, seuls subsistent la nef centrale avec ses quarante-sept fameux chapiteaux, le bas-côté Nord, la façade visible depuis la rue, et la base et le premier étage du porche carolingien à l'Ouest . Le reste : le chœur, le transept, le bas-côté sud, le cloître et les bâtiments conventuels est restauré par l'abbé Raimond de Marcenat. Un nouveau style architectural, le gothique, est dans ce cas utilisé. La pierre de Volvic (pierre volcanique) est utilisée à la place du calcaire. Les parties romanes écroulées, y compris les chapiteaux, sont réemployées dans les nouveaux murs gothiques. Cela explique pourquoi le Club historique mozacois a découvert depuis 1980 trente-deux chapiteaux romans qui sont exposés au musée lapidaire.
L'abbatiale Saint-Pierre est mise en commende en 1516, l'abbé est directement désigné par le roi. Le 27 juin 1783 : Un torrent de boue après un violent orage traverse l'enclos de l'abbaye et écroule partiellement un moulin au sud de la propriété et plusieurs lieux de l'enceinte murale. Suite aux intempéries, une grande partie du territoire de Mozac est noyée et les récoltes de vignes, blés, etc... sont détruites. En 1790 : Les six derniers moines doivent quitter le monastère qui deviendra bientôt l'église paroissiale unique de la commune de Mozac. L’édifice actuel est le reflet de cette histoire mouvementée.
L'église abbatiale et les bâtiments conventuels autour de l'ancien cloître sont un haut-lieu de l'architecture romane en Auvergne. Ils demeurent de nos jours le joyau de la commune, même si les religieux ont quitté le site à la Révolution. L'abbaye est inscrite dans le "Grand itinéraire culturel européen" comme un des sites clunisiens emblématiques, label décerné par le Conseil de l'Europe à la Fédération européenne des sites clunisiens dont fait partie la commune de Mozac. L'ancienne abbaye est située au sud de l'église.
De l'église primitive de l'abbaye, fondée au VIIe siècle, subsistent une crypte et les étages inférieurs du clocher-porche. L'église romane qui la remplaça au milieu du XIIe siècle a été remaniée au XVe suite à un tremblement de terre : le choeur roman (ce dernier sera entièrement rebâti au XVe siècle avec les stalles des moines), le transept, le bas-coté sud et le cloitre sont alors restaurés, et ce dans le style gothique et en pierre de Volvic. Toutefois, on note que de nombreux éléments de l'ancien édifice ont été réutilisés ou sont aujourd'hui exposés dans le musée lapidaire. La voûte écroulée a été reconstruite en 1741. L’abbatiale Saint-Pierre-et-Saint-Caprais de Mozac est renommée pour la richesse de son programme sculpté : un ensemble de 47 chapiteaux remarquables historiés du XIIe siècle.
Deux chapiteaux de l’ancien chœur roman, les Éphèbes dans des feuillages, et les Saintes femmes au tombeau sont déposés dans la nef ; un autre, les Quatre anges et les quatre vents, dans le chœur.Le premier, aussi appelé chapiteau des Atlantes illustre un thème antiquisant : quatre jeunes hommes nus tenant des pommes de pin et des grappes de raisin sont disposés aux angles de la corbeille.L’autre met en scène un épisode des Évangiles : l’ange accueille les trois Saintes femmes ; le tombeau du Christ ressemble à une église, tandis que les gardes, vêtus comme des soldats du XIIe siècle, sont représentés endormis. Le chapiteau consacré aux Quatre anges et aux quatre vents présente un thème iconographique unique, inspiré de l ’Apocalypse de saint Jean : quatre anges aux angles de la corbeille empêchent les vents de souffler.
Située sous le chevet actuel, la crypte du XIe siècle, en partie visible de l’extérieur, a subi de nombreuses transformations. La crypte de l’église abbatiale est l’une des plus anciennes de l’Auvergne. Elle date de l’époque carolingienne et son plan présente des grandes similitudes avec celui de la crypte préromane de la cathédrale de Clermont-Ferrand… La vocation première d’une crypte est la conservation des reliques des saints et des martyrs d’où le nom de "martyrium" donné à 3 niches où étaient exposés des reliquaires. A Mozac, la niche centrale possède un puits de 60 cm. de diamètre et de 2 m de profondeur. Entre les couloirs d’accès Nord et Sud, d’énormes murs, de 2.40 m d’épaisseur, sont bâtis avec des remplois gallo-romains où l’on découvre des trous de louve. Agrémentés au XIIe siècle d’un déambulatoire et de 4 chapelles rayonnantes, la crypte fut utilisée jusqu’au XVe siècle.
A cette époque plusieurs tremblements de terre endommagèrent grandement l’Abbaye. Le chœur roman s’écoula. et la crypte fut comblée. En 1616, elle fut partiellement dégagée pour l’aménagement d’un caveau. En 1849, l’architecte Mallay, qui travaillait pour Violet le Duc, procéda au déblaiement complet et à sa restauration. Les travaux permirent la découverte de 2 magnifiques chapiteaux de l’ancien chœur, exposés aujourd’hui au fond de l’église. Ouverte "à tous vents" depuis 1849 elle se dégrada peu à peu. En 1966 et 1967 des fouilles faites dans le jardin du presbytère permirent de retrouver les vestiges du déambulatoire et des 4 chapelles de la crypte.
Parmi les chapiteaux du XIIe siècle, ceux de la nef et des bas-côtés offrent une grande diversité de thèmes issus de l’Ancien Testament : Jonas et la baleine, Tobie et le poisson, Samson et le lion. D’autres représentations, dragons, griffons, centaures, puisent au répertoire antique.
Les bâtiments monastiques, remaniés, du XVIIIe siècle dans leur ensemble, mais avec des parties plus anciennes, notamment trois portes dans la cour de l'ancien cloître : une gothique et deux Renaissance, ainsi que d'intéressants vestiges de l'époque romane. Autour du cloître s'organisait la vie monastique. Cette cour permettait aux moines de se rendre à l'église, à la sacristie, à la salle capitulaire, au dortoir, au réfectoire, à la bibliothèque, au scriptorium ou encore aux écuries et autres ateliers, sans quitter leur enclos. Malgré les multiples modifications architecturales au fil des siècles, l'ensemble des bâtiments a été conservé. Le sous-sol des alentours immédiats des bâtiments recèle de nombreuses sépultures monastiques.
Le Musée Lapidaire, attenant à l’église abbatiale Saint-Pierre, possède une importante collection de sculptures romanes provenant des parties détruites de l’Abbaye et de ses prieurés. Le musée renferme des vestiges sculptés, issus des parties démolies de l’abbaye de Mozac et de ses prieurés. On peut y admirer la châsse de Calmin et Namadie. Si la grande renommée de l’église abbatiale Saint-Pierre est due à la qualité de la facture de ses chapiteaux romans, elle est également dû à la châsse de saint Calmin, fondateur de l'abbaye qui est le plus grand reliquaire en émaux limousins du Moyen Âge conservé au monde. La châsse de Saint Austremoine, L'abbaye possède aussi, depuis le VIIIe ou IXe siècle, les reliques de saint Austremoine, premier évêque de Clermont et évangélisateur de l'Auvergne. Les ossements sont conservés dans une châsse en bois peint du XVIe siècle, sa tête se trouve à Issoire, en bois peint, mais moins bien présentée. D'autres châsses, des calices, des chasubles : brodées d'or et d'argent. Le reste a disparu, a été dilapidé ou vendu, tel ce beau tissu byzantin cédé au musée des tissus de Lyon, pour payer la réfection de la toiture.
Mais qui etait donc Calmin, aussi prénommé Calminius en latin, ou saint Calmin, comte d'Auvergne puis duc d'Aquitaine, fondateur mythique des abbayes de Mozac (Puy-de-Dôme), Laguenne près de Tulle (Corrèze) et du Monastier-Saint-Chaffre (Haute-Loire) ?
Calmin est au départ un homme de guerre, mais il se résout à vivre dans l'austérité de la vie religieuse. Dès lors, il décide de construire trois monastères. Il commence par se rendre dans les montagnes du Velay au lieu nommé Le Villars, où il fonde un oratoire, Saint-Chaffre du Monastier. Quelques cénobites le rejoignent, et l'endroit devient un véritable monastère. Puis il part pour l'évêché de Limoges, où il entame une existence d'ermite. Lorsqu'il refait surface, il fonde son deuxième monastère près de Tulle. Cet établissement se nomme plus précisément Laguenne.
Mais il préfère finir ses jours en Auvergne, bien avant sa mort, il s'installe à Mozac, lieu propice à la méditation puisqu'il est calme et abonde en eau. Il y fonde sa dernière abbaye. Mozac jouit d'emblée de la réputation de son saint patron.