Au VIIe siècle, Calmin, descendant de famille sénatoriale romaine, comte d'Auvergne et duc d'Aquitaine, y fonde un monastère. Les reliques de saint Calmin et de saint Austremoine, premier évêque d'Auvergne feront de Mozac un important centre de pèlerinage au IXe siècle. L'histoire de la localité est très vite ensuite liée celle de l'abbaye bénédictine richement dotée par Pépin le Bref. Elle deviendra après l'an Mil l'une des plus grandes et puissantes
de France. Le rattachement à Cluny en 1095 fera connaître à l'abbaye et au bourg des heures fastes. A la Révolution, les derniers religieux sont chassés.
Au XIXe siècle, apparaît l'industrie avec la filature de chanvre et l'usine d'émaillage sur lave. L'installation d'une usine d'émaillage de lave de Volvic en 1882 fera de Mozac le berceau mondial de la lave émaillée. Un atelier artisanal perpétue cette activité et produit entre autres des tables d'orientation. A travers cette étape sur la route de vos vacances découvrez le bourg de Mozac et son abbatiale Saint-Pierre, l'un des plus grands édifices de l'art roman auvergnat.
Vous n'aurez aucun mal a stationner votre véhicule dans Mozac. Commencez votre visite par l'église abbatiale des XIIe et XVIe siècles et les bâtiments conventuels, repris au XVIIIe, ils demeurent de nos jours le joyau de la commune, même si les religieux ont quitté le site. L'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Caprais de Mozac, plus communément appelée abbaye de Mozac ou Mozat, est l'une des plus anciennes et des plus importantes abbayes de Basse-Auvergne.
La grande renommée de l'abbatiale Saint-Pierre est due à la qualité de la facture de ses chapiteaux romans, à sa crypte préromane découverte en 1849 et à la conservation de la châsse de son fondateur, saint Calmin, qui est le plus grand reliquaire au monde en émaux limousins du Moyen Âge. L'abbaye possède aussi, depuis le viiie ou ixe siècle, les reliques de saint Austremoine, premier évêque de Clermont et évangélisateur de l'Auvergne. Les ossements sont conservés dans une châsse en bois peint du XVIe siècle.
Le bourg de Mozac qui s'est développé dans le sillage de son abbaye conserve d'autres éléments patrimoniaux notables. Citons ainsi une borne de justice servant de limite territoriale au XIVe siècle au croisement des rues Henri-Pourrat et Saint-Calmin, ou des éléments de remparts d'époque romane. L’absence de pierre de Volvic sur les vestiges, longs d’une quarantaine de mètres, permet la datation de cette construction comme antérieure au XIIIe siècle. En 1969, les archères romanes ont été rouvertes.
Les limites du territoire de Mozac ont été fixées pour la première fois le 3 juin 1348, à la suite d'un conflit entre les religieux de l'abbaye de Mozac et les consuls de la ville de Riom. Pour l'occasion, sept bornes dites de justice en pierre de Volvic ont été plantées entre Riom et Mozac sur l'actuel tracé de la rue Henri-Pourrat, mitoyenne aux deux communes. Une borne est restée en place ; deux autres en meilleur état sont conservées au musée lapidaire de Mozac. Une face représente une crosse symbole de l'abbaye de Mozac, tandis que sur le revers est gravée une fleur de lys désignant la ville royale de Riom.
La salle capitulaire, ancienne salle de réunion du chapitre des moines, située au rez-de-chaussée du presbytère de l'abbaye est utilisée par la commune et les associations comme lieu d'expositions d'art. Prendre la direction de la rue Coste pour admirer la Maison Gaby du XVIème siècle. Sa porte est en arcade sont construits en raison des tremblements de terre antérieurs. Un numéro est peint sur l’arcade de la porte, il s’agissait d’une numérotation globale des bâtiments de Mozac.
Les vieux quartiers de Mozac ont conservé les éléments architecturaux typiques, bien que modestes, de l’habitat traditionnel vigneron, comme les escaliers extérieur reliant la cave au logement. Au XVIIIe siècle, des demeures de plaisance ont été construites aux abords du village.
Continuez vers la rue de l'Abbaye où se trouve le Moulin Cheminat. Il est un des 17 moulins que Mozac possédait en 1789. Il est le seul alimenté par deux ruisseaux : l’Ambène et le Saint-Martin. Il pouvait fonctionner avec un seul de ces cours d’eau ou les deux. Un système hydraulique très complexe composé d'un répartiteur et d'une série de biefs permettait le partage des eaux entre l'abbaye, les moulins et les zones de maraîchage depuis Enval jusqu'à Riom. Certains éléments sont encore visibles.
A voir également, au sud de l'abbaye, le château de Portabéraud, ancienne place forte de l’Abbaye où Louis XI aurait signé un traité de paix en 1463, devenue gentilhommière au XVIIIème siècle, la propriété comprend le château, la chapelle, les communs et le parc décoré de statues en terre cuite... Cette demeure seigneuriale a été réaménagée en agréable résidence d'agrément ou "folie" au XVIIIe siècle. Le portail et autres ferronneries et les sculptures du parc sont remarquables. La propriété n'est pas ouverte au public.