En 1268, le château de Cordès appartenait à Guillaume de Chalus, la famille de Chalus le conserva pendant près de 400 ans. C’est en 1659 qu’elle le vendit à Emmanuel d’Allègre. C’est à l’initiative de son fils, Yves de Tourzel, marquis d’Allègre, Gouverneur et Lieutenant Général de Metz et devenu maréchal de France en 1724, que le château est fortement remanié de manière à en faire une demeure de plaisance telle qu’on les appréciait au début du XVIIIe siècle. Familier de Versailles, Yves d’Alègre souhaite en effet faire de cette forteresse féodale une demeure d’agrément.
Les façades nord et ouest sont alors ouvertes avec de grandes fenêtres sur les façades nord et ouest, la façade sud est percée avec une porte, qui sert d'entrée à la chapelle, d'un style très nettement marqué de la fin du XVIIe, les courtines sont abattues, et des jardins sont créés. En 1695 il fit appel à l’atelier de André Le Nôtre, le célèbre jardinier du roi Louis XIV, pour dessiner les jardins à la française et pour planter les charmilles, haies de charmes et de hêtres, uniques en leur genre à cette altitude. Lors du partage de la succession de la Duchesse d'Harcourt, fille du Maréchal d'Allègre, ses filles firent vendre Cordes en 1755, moyennant 100.000 livres. L'acquéreur fut Monsieur Pierre Grangier, Avocat au Parlement de Riom. Le nouveau propriétaire, poursuit l’embellissement en s’attachant notamment à modifier les décors intérieurs.
Le château resta dans sa descendance jusqu'au 14 mai 1873. Il fut alors vendu à Félix Marta Becker, Comte de Mons, et ses descendants le conservèrent jusqu'en 1928. Par la suite, il changea plusieurs fois de main. Il a été entièrement restauré par le dernier propriétaire. Si le château de Cordès présente une façade ayant tous les aspects d’une construction du XVème siècle, il a cependant été élevé sur des soubassements plus anciens dont l’origine est probablement du XIIIe siècle. Le noyau initial du château actuel a ainsi été construit au XVe siècle.
Jusqu'au XVIIIe siècle, ses tours sont restées couronnées de mâchicoulis dont on voit encore très distinctement l'emplacement des corbeaux qui les soutenaient. Ces mâchicoulis subsistent encore sur la façade nord ainsi qu'à l'est et à l'ouest, mais il semble qu'il n'y en eut jamais sur les façades donnant sur la cour d'honneur, car au Moyen Age, il s'agissait d'une cour intérieure fermée par un mur d'enceinte fortifié. Avant d’arriver au portail à balustrade qui donne sur la cour d’honneur, on peut admirer les jardins à la française dessinés par Le Nôtre en 1695. C’est à la même période que le château a été remanié en beau manoir par la famille d’Allègre. Elle ajouta des communs, des ouvertures sur l’ancien édifice du XIIe siècle, qui avait déjà connu quelques changements au cours du XVe siècle.
Si ce Château de Cordès a conservé l’apparence d’une maison forte, son intérieur offre un aspect tout autre. Lors de votre visite, vous aurez l’occasion de contempler de très beaux éléments. De belles pièces dont le salon et ses meubles aux formes galbées et aux lignes chantournées, typiques du XVIIIe siècle. Le salon, qui était initialement une salle à manger, est une pièce de grand intérêt, des boiseries ont garni les murs. Remaniée en 1750 par son propriétaire Pierre Grangier, elle est dotée de délicates gypseries à décors de fleurs, de fruits et de guirlandes ayant été réalisées par des artistes italiens. L’ensemble du décor intérieur est de toute beauté et se compose de stucs, de bois peint, de cheminées en pierre et de pavements en carreaux de terre cuite. Une grande partie du mobilier du château de Cordès est d’origine.
Cependant, parmi les aménagements entrepris, on citera également la salle à manger de style rustique avec un plafond d’origine du XVe siècle, la salle des gardes et son mobilier Louis XIII. Le clou de la visite est la chapelle, où se trouve le gisant d’Yves II d’Allègre, compagnon de Bayard, mort à la bataille de Ravenne en 1512. A voir notamment l’autel et un retable Renaissance en marbre de Carrare du XVIe siècle, qui proviennent d’un autre château de la famille Allègre situé dans la Haute-Loire. Deux tapisseries d’Aubusson représentant une scène des Croisades, ornent les murs de la chapelle.
C'est dans ce cadre que Paul Bourget a noué l'intrigue de son roman "Le Démon de midi". Rejoignez ensuite les terrasses, celles-ci comprennent deux jardins identiques. Il s’agit de jardins à la française comprenant plusieurs allées rayonnant à partir d’un bassin central. Les extérieurs du château sont très agréables à visiter et offrent une belle promenade. On ne peut pas quitter Orcival sans être entré dans la basilique Notre-Dame, joyau de l’art roman auvergnat, qui fut édifiée entre 1146 et 1178. Elle émarge au classement des Monuments Historiques depuis 1840.