Caen est une ville étonnante. Née d’une île fortifiée par les Normands au confluent de l’Orne et de l’Odon, Caen était la ville préférée de Guillaume le Conquérant qui y fit construire un château et deux abbayes : l’Abbaye aux Hommes et l’Abbaye aux Dames. La ville offre aujourd’hui un aspect très accueillant avec ses maisons construites en pierre de Caen, ses monuments anciens et ses réalisations modernes. L’âme de la ville de Caen, riche de ses 1000 ans d’histoire, se niche dans les quartiers anciens du centre ville.
Dirigez-vous vers la place Saint-Pierre, où se situe l’Hôtel d’Escoville, siège de l'office de Tourisme et des Congrès de Caen la mer. L'hôtel d’Escoville est un hôtel particulier construit dans les années 1530 et reconstruit après la Seconde Guerre mondiale. A proximité sur votre droite, boulevard du Maréchal Leclerc, admirez l’Hôtel de Than, probablement achevé vers 1527 pour Thomas Morel, seigneur de Secqueville-en-Bessin et de Thaon, sur les bords de l’Odon. Vous pouvez commencer vos visites, par l'église Saint-Pierre, joyau gothique en Normandie. Remplaçant une église romane du XIIe siècle, l'église Saint-Pierre actuelle a été construite du XIIIe au XVIe siècle, en pierre de Caen.
L'église étant située au pied de la colline du château médiéval de Caen, votre promenade vous permettra d'entrez dans cette vaste enceinte castrale de 5 ha protégée par 13 tours par la porte Saint Pierre. Construit vers 1060 par Guillaume le Conquérant, le château ducal est devenu une résidence favorite des ducs de Normandie, rois d'Angleterre. Derrière les hauts murs de cette forteresse se cachent les vestiges d’une histoire chargée, que l’on retrouve aujourd’hui dans le Musée de Normandie, le Musée des Beaux-arts ou à travers les fouilles qui continuent d’animer le cœur du château et de révéler les secrets passés.
Quittez le château médiéval de Caen par la porte des Champs. Puis, rejoignez le quartier du Vaugueux par les fossés du Château. Quartier pittoresque où vécut la famille d’Edith Piaf. Située dans le quartier du Vaugueux, avenue de la libération, la collégiale du Saint-Sépulcre a été fondée au XIIIe siècle. Empruntez la rue Saint-Anne jusqu’à la place Maurice Fouques, puis rejoignez l’Abbaye-aux-Dames en passant par le square où se trouvent les vestiges de l’église Saint-Gilles. L'église était située sur les hauteurs de la ville entre la venelle Campion et la rue des Chanoines.
Continuez votre déhambulation vers la rue Haute, anciennement rue Haute-Saint-Gilles. Au n°45, admirez la Maison dite des Templiers du XVIe siècle. L'histoire de cette maison est mal connue. Continuez dans la rue Manissier, puis suivre la rue Basse. Au n°88, se trouve la Maison Sainte-Blaise, elle possède un beau portail d'entree avec ses vantaux en menuiserie. Un peu plus loin, la maison dite des Gens d'Armes, manoir du XVe siècle, également appelé manoir de Nollent ou manoir de la Talbotière.
Prendre à gauche, en direction du canal de Caen. Vous arrivez ensuite sur le port de plaisance, espace de respiration en plein centre-ville et qui rappelle que Caen est proche de la mer. Longez le Quai Vendeuvre qui aligne restaurants et bars. Il offre une belle promenade avec une vue sur le nouveau quartier de la Presqu’île et ses édifices comme la bibliothèque Alexis de Tocqueville ou le Pavillon, ancienne construction portuaire devenue lieu d’exposition et d’animation. A l’extrémité du Quai Vendeuvre, vous apercevez le Cargö, salle de musiques actuelles, et le Dôme, centre de sciences de Caen-Normandie.
Longez l'Orne par le quai de Juillet. Sur la rive opposée, vous découvrez le quartier des Rives de l’Orne qui a remplacé une vaste friche. Logements, immeubles de bureaux, commerces, loisirs et restaurants ont profondément modifié la physionomie de cette partie de la ville. Engagez-vous dans l’avenue du 6 juin. Ses six tours baptisées "Marines" construites de 1951 à fin 1953, dans cette partie de l’avenue, lui confèrent son aspect monumental. Elles ouvrent la "voie triomphale" qui conduit au Château. Remarquez les façades très travaillées recouvertes de pierre calcaire. Des bas-reliefs ornent le dessus des portes d’entrée.
Vous voilà arrivé place de la Résistance avec sa statue de Jeanne d’arc. Prendre sur la gauche, la rue des Equipes d’Urgence. Vous voilà devant l'église Saint-Jean. L'église est mentionnée pour la première fois en 1059 dans la charte de fondation de l'abbaye Saint-Martin de Troarn. Très endommagée pendant la guerre de Cent Ans surtout pendant le siège de 1417, l'église est reconstruite au XVe siècle pour le portail, la tour-porche et la nef et XVIe siècle pour l'abside et le chœur. Elle n’a jamais été terminée comme le laisse supposer une base de tour inachevée. Contournez l’église pour emprunter la rue Saint-Jean puis tournez sur la droite dans l'avenue de Verdun. Admirez l'Hôtel Le Brun de Fontenay, actuelle Banque de France.
Le cas de la Banque de France, ancien hôtel de Fontenay, est unique à Caen : la reconstruction en a été menée à l'identique détruit par les bombardements de juin 1944. L’Hôtel de la Banque de France témoigne de ce que fut la magnificence du quartier. Les immeubles alentours sont inspirés du style haussmannien. Face à vous, se trouve la Prairie et l’Hippodrome. Le lieu est un vaste poumon vert dans la ville encadré par l’Odon et l’Orne. Passez devant le Temple sur votre droite et empruntez la rue Mélingue, puis à gauche rue Choron, avant de prendre à droite rue Daniel Huet. Admirez le Pavillon des Sociétés Savantes, également appelé par le passé "Pavillon de la foire" ou "Musée Langlois", bâtiment construit au XVIIIe siècle, à l'origine pour abriter les échevins de la ville lors des foires.
Contournez les immeubles de la Préfecture, avant de déboucher Place Gambetta. A voir sur la place l’hôtel particulier de la Préfecture et la Poste. Empruntez sur votre droite le boulevard du Maréchal Leclerc, longez le Théâtre, en chemin admirez l'ancienne chambre de commerce et d'industrie. Prendre à gauche, rue Pierre Aimé Lair, vous arrivez sur la place de la République (ancienne place royale) où se situe l'ancien hôtel Daumesnil, construit au XVIIe siècle par un riche marchand, Gaspard Daumesnil.
Poursuivez par la rue de Strasbourg, remarquez les maisons à pans de bois sur votre droite, rue Saint Pierre. Vous arrivez Place Bouchard au chevet de l’église Saint Sauveur. Sur la place Bouchard drône la statue de Malherbe (poète caennais 1555-1628). Rendez-vous au 7 de la Rue Gemare pour découvrir l'Hôtel de Mondrainville, dit aussi grand hôtel de la Monnaie, est un hôtel particulier construit entre 1531 et 1562. Revenez sur vos pas, puis empruntez la rue de la Monnaie sur la gauche, au passage à voir également la cour des Imprimeurs. Dirigez-vous vers la rue Froide où se trouve un bel ensemble homogène de maisons et l'ancienne église Notre-Dame-de-Froide-Rue, également appelée l'église Saint-Sauveur.
Tournez à droite rue Froide où se trouve un bel ensemble homogène de maisons et l'ancienne église Notre-Dame-de-Froide-Rue, également appelée depuis 1802, l'église Saint-Sauveur (Jésus-Christ). Les circonstances de la fondation de l'église sont mal connues. Remontez la rue Froide, jusqu'au n°33 et 35, admirez une maison du début du XVIe siècle, période de transition entre les architectures gothique et Renaissance. Tournez à droite rue des Croisiers, dans l'angle de la rue aux Namps, remarquez la Maison du XVe siècle. Dans cette rue, profitez pour pénétrer dans les nombreuses librairies et les galeries d’art. Au n°14, le fronton de la maison à Caen est daté de 1653. Au n°13, l'ancien hôtel Lebourguignon-Duperré a été édifié dans la seconde moitié du XVIIe. Constantin Lebourguignon du Perré de Lisle, homme de loi, l'achète en 1763 à la famille de Jumilly. La maison au n°8 possède une remarquable porte d'entrée et deux belles lucarnes du XVIIe siècle. L'ancien hôtel de Colomby au n°6 construit au XVIIe siècle possède une tourelle carrée en encorbellement, également à voir les belles scuptures a la porte cochère
Tournez à gauche et de nouveau à gauche, pour suivre la rue des Cordeliers. Au bout de la rue, admirez la façade de la Maison à l'angle de la rue aux Namps. La Maison date du XIVe et XVIIe siècle. Poursuivez rue Pasteur avant d’arriver sur la Place Saint-Sauveur. Au centre de la place, la statue de Louis XIV a été réalisée par Louis Petitot en 1828. Autour de la place Saint-Sauveur, plusieurs édifices méritent votre attention, en commençant par l'ancien Hôtel Fouet au n°20 du XVIIIe siècle et l'Hôtel Canteil de Condé au n°19 bâti en pierre de Caen. La façade de l'Hôtel Canteil de Condé sur la rue comporte une belle porte cochère décorée d'un fronton.
Dirigez-vous vers l’église du Vieux Saint-Sauveur ou église Saint-Sauveur-du-Marché (ancienne halle au beurre) en empruntant la rue du même nom. L'église Saint-Sauveur, sans doute fondée à la fin de l'époque carolingienne, est un édifice dont les plus anciennes parties remontent à la fin du XIe siècle ou début du XIIe siècle (pour la tour notamment). A présent, tournez à droite rue Vauquelin, vous voici dans le Vieux Caen. Au passage, admirez au n°23 l'immeuble du XVIIe siècle construit sur un terrain appartement à l'abbaye d'Ardenne. Il possède une belle façade. Tournez à droite rue Quimcampoix avant de revenir place Saint-Sauveur par la rue aux Fromages.
Longez les façades en direction de la place Fontette et de l’ensemble monumental qui se distingue face à vous. Commencez votre exploration de la place par l'ancien Palais de Justice, dit aussi palais Fontette, construit entre la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe siècle. Les deux édifices situés à l'entrée de la rue Guillaume-le-Conquérant sont remarquables. Le pavillon nord, "pavillon Saint-Sauveur ou "de la Ville" est mis en construction en 1757, mais interrompus, les travaux ne reprennent qu'en 1773. Le pavillon sud, "pavillon de l'Abbaye", est construit en 1758. En face des deux pavillons, l'édifice du n°3 date du XVIIIe siècle, le Mur est décoré de balustres avec une ancienne fontaine. Engagez-vous dans la rue Ecuyère, au n°42 l'ancien hôtel de Girard-Bureau ou hôtel des Écuyers date en partie du XVe siècle.
Continuez jusqu’à la place Malherbe où se trouve, à l'angle de la rue Vauquelin, la maison familiale des Malherbe et où serait né le poète François de Malherbe en 1555. En réalité, la maison aurait été reconstruite en 1586. Suivre la rue Arcisse de Caumont, au passage admirez au n°26, la construction de l'édifice est datée du XVIe siècle. Suivre la rue Arcisse de Caumont qui vous mène à l’église Saint-Étienne-le-Vieux des XIVe et XVe siècles. L'église Saint-Étienne-le-Vieux est une ancienne église, aujourd'hui en partie ruinée, souvent confondue avec l'église Saint-Étienne : ancienne abbatiale de l'abbaye aux Hommes.
Face à vous, l’ensemble monumental de l’Abbaye-aux-Hommes, grand monastère bénédictin fondés vers 1060 par Guillaume le Conquérant et sa femme, Mathilde, en réparation de l’irrégularité de leur mariage dénoncée par le Pape. L'abbaye offre un très bel ensemble architectural construit entre les XIe et XVIIIe siècles et l'impact de l'église Saint-Étienne de Caen est essentiel sur l'histoire de l'art en Normandie et en Angleterre. Après cette visite, prendre le passage Guillaume le Conquérant, puis à gauche rue Guillaume le Conquérant. Sur la place Mgr des Hameaux, dirigez-vous vers le Palais Ducal siège de l’Artothèque. Ce bâtiment, d'une qualité architecturale exceptionnelle, également appelé palais de Guillaume ou Logis du Roi, a été construit au XIVe siècle, probablement pour accueillir les hôtes de marque de l'Abbaye-aux-Hommes. Prenez le passage Saint-Benoît sur la droite, traversez la place de l’ancienne Boucherie avant d’emprunter la venelle Saint-Nicolas qui mène à l’église du même nom.
L'ancienne église Saint-Nicolas est l’illustration parfaite de l’art roman normand. L'église Saint-Nicolas, parfois appelée Saint-Nicolas-des-Champs, n’a pas été remanié depuis le XIe siècle. L'église s'inspire de la tradition monastique bénédictine normande comme l'abbatiale de Cerisy ou de Boscherville. Elle est connue pour sa confrérie et son matrologue. Au pied de l'église Saint-Nicolas, au nord-est de l'abside, l'ancien cimentière utilisé jusqu'à la fin du XIXe siècle est planté d'arbustes monumentaux et abandonné, il disparaît sous la végétation. Prendre la rue Saint-Nicolas, puis à gauche rue Bicoquet, la maison au n°10 date du XVIIe siècle. Prendre sur votre gauche la rue Saint-Martin, au passage découvrez les restes de l'église Saint-Martin. Cette église romane a été édifiée au début du XIIe et reconstruite dans le style gothique au XVe siècle. L'immeuble du 25 rue Saint-Martin est un édifice du XVIIe siècle. Vous arrivez sur la place du même nom avec une statue du Connétable Duguesclin. Le soin apporté au traitement du vêtement, à l'armure et à l'équipement du cheval donne à la scène une vérité historique.
Suivre les fossés Saint Julien. Ces fossés ont été comblés en 1786 pour en faire une promenade. Remontez à gauche l’avenue du Canada et prendre à droite, face à l’ancienne gare, la rue du docteur Rayer. Vous êtes dans le Caen du XIXe siècle et des maisons bourgeoises aux styles éclectiques. Tournez à gauche rue Desmoueux. Profitez du Jardin des Plantes pour une promenade bucolique. Il occupe 3,5 hectares et comporte une partie basse avec serre, orangerie, jardin médicinal et thématique et une partie haute avec des arbres remarquables. Traversez le Jardin des Plantes pour sortir place Blot, que vous coupez pour emprunter le passage piéton encadré de verdure, qui mène à l’église Saint-Julien, bel exemple d’architecture religieuse de la Reconstruction de Caen.
Rejoignez la rue du Gaillon qui vous mène à l’Université de Caen. Et terminez votre visite en traversant le Château ducal pour revenir vers la place Saint-Pierre. Pour les plus courageux, nous vous conseillons de déhambuler dans la rue Saint Pierre. Au Moyen Âge, le tissu urbain se densifiant toujours davantage à l'intérieur des fortifications de Caen, les édifices, construits sur des parcelles longues et étroites, s'élevaient sur trois à quatre étages avec pignon sur rue ; les 52-54 rue Saint-Pierre en sont un bon exemple. A voir également la maison ou ancien hôtel Chibourg, la construction de l'édifice, à l'emplacement de l'hôtel Mabrey de Merville, est datée du XVIIIe siècle, plus précisément 1767-1768. Son commanditaire est Joseph-Pierre Chibourg (1725-1806), recteur de l'Université de Caen ou Pierre Chibourg, marchand droguiste.
Caen est aussi le point de départ de nombreuses escapades vers les plages du Débarquement. Les plus courageux se dirigeront, quant à eux, plus au sud vers la Suisse Normande, pour un parcours plus vallonné.