Lieu des derniers combats de la Seconde Guerre mondiale en 1940, les Allemands arrivent le 17 juin 1940 dans les faubourgs de Cherbourg. Le 19, le conseil municipal déclare la ville ouverte, et Erwin Rommel reçoit la reddition de la place des mains du préfet maritime, le vice-amiral Jules Le Bigot, qui a fait détruire auparavant les sous-marins en construction à l'arsenal et le fort de l'Est. Le Fort du Roule est renforcé par les Allemands en 1943 par une batterie située sur le flanc dominant la rade, au-dessous du fort. Elle est également dotée de peintures de camouflage vert sombre. Composée de quatre casemates pour canons de 105 mm et un poste de direction de tir, avec plusieurs tunnels souterrains et accès creusés dans la roche, elle devient pour les Allemands le point fort de la bataille de Cherbourg et du mur de l'Atlantique.
Quatre années plus tard, Cherbourg, seul port en eau profonde de la région, est l'objectif premier des troupes américaines débarquées à Utah Beach. La conquête du port en eau profonde de Cherbourg était absolument cruciale pour assurer le succès des troupes alliées sur le vieux continent. Reprendre ce port permettrait en effet aux navires américains de naviguer directement depuis les États-Unis jusqu'en Europe. La bataille de Cherbourg doit donner aux alliés un soutien logistique pour le ravitaillement humain et matériel des troupes. Les troupes américaines encerclent la ville le 21 juin.
Au terme de furieux combats de rue et d’une âpre résistance du fort du Roule, le général Karl-Wilhelm von Schlieben, l’amiral Walter Hennecke et 37 000 soldats se rendent le 26 juin au général Joseph Lawton Collins. Prise d'assaut par les Américains de la 79e division d'infanterie, elle tombe le 25 juin, alors que la batterie aménagée à flanc de colline continue de se battre ; elle cède à son tour le 26 juin vers 17 h.
Après un mois de déminage et de réparations par le génie américain et français, le port, complètement rasé par les Allemands et les bombardements, accueille les premiers liberty ships et devient jusqu’à la victoire de 1945, le plus grand port du monde, avec un trafic double de celui de New York70. C'était aussi le point d'arrivée de l’essence qui traverse la Manche via l'oléoduc sous-marin PLUTO (Pipe Line Under The Ocean), et le point de départ du Red Ball Express, circuit de transport par camions vers Chartres.
Premier musée français de la Libération, le Musée de la Libération de Cherbourg inauguré le 6 juin 1954 par René Coty, président de la République, commémore cette période importante. Découvrez-y le quotidien des civils et militaires, des photos de la ville occupée et libérée, des objets ainsi que l’histoire. L’itinéraire, pédagogique et scénographié, enrichi d’un nouveau dispositif multimédia Cherbourg 1944-1945, baptisé Cherbourg 1944-1945, Port de la Liberté, permet aux visiteurs de découvrir le rôle du port de Cherbourg dans la logistique du Débarquement, en mettant l’accent sur le quotidien des civils et des militaires. Des ateliers enfants ont lieu pendant les vacances scolaires.
Le dispositif utilise également le très beau panorama sur la ville et la rade visibles depuis le Fort du Roule. Sept emplacements sont retenus pour évoquer les principaux moments de la libération de la ville et de la remise en état du port, totalement détruit par les troupes allemandes d’occupation avant leur reddition, le 26 août 1944. Vous pourrez poursuivre votre visite de cet événement majeur de l’histoire de la France en vous aventurant sur les plages et sites du Débarquement à Utah Beach, Saint-Mère-Eglise, la batterie de Crisbecq…