Entre 986 et 1006, l’évêque Azon fait bâtir une troisième cathédrale. Mais elle brûle accidentellement en 1048, à cause de l’évêque Yves de Bellême. En effet, en voulant chasser des brigands venus se réfugier dans l’édifice sacré, il voulut les faire sortir en les enfumant. Condamné par le
Pape à reconstruire l’édifice, l’incendiaire part en pèlerinage pour récolter des fonds. Il meurt avant de voir l’œuvre achevée. Ses successeurs terminent les travaux en 1128, mais la cathédrale est incendiée vingt ans plus tard lors de la lutte entre le roi de France Louis VII et Henri II Plantagenêt pour le contrôle de la Normandie.
La cinquième cathédrale Notre-Dame, celle que nous connaissons aujourd’hui, voit le jour au début du XIIIe siècle. L’actuelle nef gothique s’élève entre 1220 et 1240 ; le chœur et le transept sont achevés au début du 14e. La dédicace a lieu en 1310, en l’honneur de Notre-Dame. Gravement endommagée pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453), la cathédrale doit être consolidée au XVe siècle car ses fondations, trop fragiles, ne garantissent plus sa stabilité : deux contreforts viennent alors encadrer la façade, alourdissant les lignes du monument.
Attaquée par les Protestants pendant les guerres de religion, mal entretenue aux XVIe et XVIIe siècles, la cathédrale est fermée aux fidèles en 1740. Vers 1780, l’évêque Jean-Baptiste du Plessis d’Argentré consolide l’édifice, restaure la charpente et le grand clocher et lance des travaux de décoration intérieure. Mais la Révolution entreprend de détruire toutes les sculptures, en particulier celles du tympan. C’est sous Napoléon Ier que sont lancées d’importantes restaurations, réalisées du XIXe au début du 20e siècle par de grands architectes. On retiendra plus particulièrement l’un deux, Victor Ruprich-Robert, dont l’atelier (bâti en 1851) est encore visible aujourd’hui sur le flanc de la cathédrale.
Contemporaine de la sainte chapelle de Paris, construite par Saint Louis, de 1240 à 1248, pour abriter la couronne d’épines du Christ et des reliques insignes de la passion, la Cathédrale Notre-Dame de Sées en a l’élégance et la grâce. En approchant de Sées de loin, on aperçoit la cathédrale dont les deux flèches s’élancent vers le ciel. Depuis le parvis, la façade avec un porche central surmonté d’un tympan sculpté, de deux étages d’arcades et entouré de deux tours, est le signe et le symbole du mystère qui se révèle à l’intérieur.
Un fois sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame on remarque 2 gros renforts soutenant la façade, celle-ci menaçait de s’écrouler au XVIe siècle. Vous remarquerez la grille installées au XVIIIe siècle et les portails qui ont perdu les sculptures de leurs voussures vandalisées lors de la Révolution Française. En effet, les dix statues qui ornaient le portail central ont été brisées en 1568, au moment des guerres de religion. Quant au tympan, il a été martelé par les révolutionnaires en 1793, mais on peut reconstituer ce qui s’y trouvait represénté : au sommet : deux personnages, le Christ à droite avec son auréole crucifère, à gauche la Vierge couronnée par son Fils. Een dessous : apôtres et anges près de sarcophages décorés de quatre-feuilles entourent la Vierge sur son lit de mort et lors de son Assomption.
Quand vous pénétrez à l’intérieur, une nef et deux bas-côtés les vitraux “grisaille de Sées” vous accueille suivi par le Chœur de style français. Les
petites sculptures des colonnettes sont remarquables et même amusantes. Les piliers supportent un 1er étage qui ressemble à un cloître et un 2ème étage avec des fenêtres. Au- dessus les ogives soutiennent la voûte. La nef a les caractères du gothique normand : pureté des proportions, lignes verticales accentuées, chapiteaux décorés de motifs végétaux; la frise au sommet du 1er étage est également décorée de trèfles évidés.
Le chœur date de la fin du XIIIe siècle/début du XIVe siècle. Il appartient au gothique rayonnant. Le chœur, comme dans presque toutes les églises, est orienté, ainsi au lever du soleil le rayon lumineux frappe exactement le vitrail central du chœur et vient vers l’autel et la nef. A l’entrée du chœur, l’autel face à l’assemblée, avec à gauche la cathèdre, siège de l’évêque, en-dessous de ses armoiries et de sa devise ; à droite, le siège du célébrant.
Dans l’arrière-chœur, le lutrin, destiné à porter le livre de chants, est décoré de bas-reliefs dorés évoquant la musique et la parole de l’Evangile : David et sa harpe, Ste Cécile et son orgue, l’Ange du Jugement dernier et sa trompette. En dessous, St Matthieu et l’ange, St Marc et le lion, St Luc et le taureau, l’aigle au sommet représente St Jean.
Les deux transepts de style différents : au sud 2 travées et une rosace fort belle surtout lors d’après-midis ensoleillés qui font resplendir les couleurs rouge et or des vitraux. Le transept nord comprend 3 travées et mène à une rosace fort différente tant au niveau des formes qu’au niveau des couleurs, ici le bleu l’emporte. Chacune des rosaces est chargée de symboles rappelant les sources du christianisme.