Dirigez-vous en direction de l'Hôtel de ville de Sées après avoir stationné votre véhicule. Construit en 1848 en pierres de la carrière de Chailloué, l’Hôtel de Ville accueille au rez-de-chaussée, l’Office de Tourisme. Au premier étage se succèdent des expositions artistiques. Vous voici dans le quartier des chanoines, Sées est l'une des rares villes épiscopales qui a conservé une partie de son quartier canonial, là où vivaient les chanoines de la cathédrale. Il subsiste un ensemble de bâtiments des XIIIe et XVIIIe siècles, dénommés "Ancien chapitre".
Si aujourd'hui l'édifice, improprement baptisé « chapelle », accueille des manifestations culturelles, son usage passé était bien différent. C'était le lieu de vie collective pour les chanoines. Ce logis du chapitre, ancien dortoir des chanoines, est également souvent appelé chapelle canoniale est l'un des derniers témoins de l'ancien enclos des chanoines. A l'origine, les chanoines utilisaient le rez-de-chaussée de cet édifice comme réfectoire et l'étage comme dortoir. Ces derniers vivaient de la mise en valeur des terres épiscopales. Au XVIe, lorsque la vie communautaire des chanoines s'est assouplie, habitations individuelles et granges ont été créées.
Le porche d'entrée ouvre l'accès à une salle voûtée qui ne se visite pas. Au-dessus d'une promenade qui fait penser à un cloître, on remarque des fenêtres et les vitraux de style gothique alors que sur les pignons les ouvertures sont de style roman. La charpente en forme de coque de navire inversée est recouverte de tuiles. Les fenêtres et les portes dans l'angle du terrain du XVIIe ou XVIIIe siècle. Au milieu du XXe siècle cet ensemble a été utilisé comme marché couvert. A présent, il accueille diverses manifestations culturelles.
A proximité visitez la Cathédrale Notre-Dame de Sées, symbole de la ville, la cathédrale Notre-Dame de Sées serait, selon des chroniques médiévales, la cinquième construction chrétienne sur le même emplacement. L’histoire de l’édifice est plus que mouvementée, alternant destructions dues aux guerres ou aux incendies et périodes de restauration. Malgré les outrages subis, la cathédrale reste un chef-d’œuvre d’architecture gothique Normand qui séduit chaque année de nombreux visiteurs. L’édifice abrite de nombreux trésors. Haute de 70 mètres, les tours de cette élégante construction dominent les toits du village de Sées. Malgré les années et les nombreuses épreuves, la vieille dame de pierre a survécu et vaut le détour. Une beauté qui s’apprécie également à la nuit tombée, sous les feux des Musilumières…
La cathédrale Notre-Dame de Sées domine la plaine alentour de toute sa majesté, Autour s’étend un lacis de ruelles et de places séduisantes à découvrir. Engagez-vous dans la rue conté, prendre à gauche la rue du Rasle, puis à droite la rue des Cordonniers pour déhambuler dans ce Quartier des hôtels particuliers. Les hôtels particuliers se concentrent dans le quartier Saint-Gervais, c'est-à-dire le quartier Bourg-l'Evêque. La rue Conté et la rue des Cordeliers constituaient le quartier résidentiel des notables de la cité de Sées avec une extension vers la rue du Vivier et les bords de l'Orne. Au n°13 de la rue des Cordeliers se trouve l'ancien hôtel du Comte Curial du XVIe siècle. Au bout de la rue des Cordeliers prendre à droite la rue des Fontaine pour voir la tour d'Argentan, reste des anciennes portes de défense de la ville, bâties vers le XIIe siècle. Témoin d'un passé défensif, elle se situe en face de la basilique de l'Immaculée Conception.
La Basilique de l'Immaculée Conception est le premier édifice français élevé au moment de l'institution, par le pape Pie IX, du dogme de l'Immaculée Conception. Le projet est lancé en 1854. Ruprich-Robert conçoit un édifice à nef unique d'inspiration néo-romane. Le chantier démarre en 1855. L'église est ouverte au culte en 1859. L'ensemble de la statuaire est confié au sculpteur Leharivel-Durocher. Les vitraux de Maréchal et Champigneulle, mis en place en 1872, remplacent les verrières en grisaille dessinées par Ruprich-Robert. L'édifice néo-médiéval prend la relève, en terme de courant stylistique, de l'architecture néo-classique. Il inaugure ainsi, dans le département, la nouvelle école d'architectes diocésains inspirés par la vogue de l'architecture nationale en réaction aux références classiques. L’histoire de la Basilique est indissociable de celle du petit séminaire de Sées.
Revenez sur vos pas en direction du Cours des fontaines. Le site du Cours des fontaines comprend, en plus du lavoir et de l'étang, une ancienne maison du Maître écuyer. En effet, un corps de dressage privé existait à cet endroit depuis le début du XVIIIe siècle. Il sera racheté par la ville en 1851 qui y adjoindra un manège et des stalles pour dix chevaux. Converties en abattoir en 1926, l'ancienne maison de maître et ses dépendances accueillent aujourd'hui des logements sociaux. Longeant la rue du Cours, bordée par d’anciennes maisons de ville du XIXè siècle, le cours des fontaines à la forme d’un trapèze rectangle s’inclinant vers l’Orne qui passe non loin de là. Le site est délimité par les voies qui le bordent dont il est séparé, sur trois côtés, par un muret en pierre. Les lieux ne semblent guère avoir changé depuis le XVIIIè siècle. Le plan d'eau artificiel date du XVIIIe siècle, le cours des Fontaines est alimenté par les multiples sources du quartier. Au sein de cet îlot de verdure, où de nombreux tilleuls s'épanouissent, le magnifique lavoir ancien et sa promenade méritent le détour.
Le cours des fontaines est aujourd’hui identifié par la Ville comme un de ses espaces historiques majeurs qui jalonnent la cité. La ville de Sées se développe au Moyen-Age autour du noyau antique de la cathédrale et du cours de l’Orne : Bourg l’Evêque au nord du fleuve, Bourg le Comte au sud et Bourg l’Abbé au sud-est de la rivière. Les moines cordeliers (nom donné aux moines franciscains à cause de la corde à noeuds qui tombait au pied de leur robe de bure), installés à Bourg-l’Evêque depuis le XIIIè siècle, mettent progressivement en valeur les marais qu’ils ont reçus lors de la fondation de leur abbaye : canal de pisciculture, cressonnière, prairies, maraîchage… Il faut attendre le XVIIIè siècle, et la nomination comme évêque de Jean-Baptiste du Plessis d’Argentré, pour que la ville bénéficie des préoccupations hygiénistes du siècle des lumières. Le cours des fontaines est conçu de 1786 à 1788.
Après cette promenade bucolique du Cours des Fontaines, empruntez la ruelle vers le petit pont de bois qui franchit l'Orne pour rejoindre le pré humide, anciens marécages devenus pâturages. La jolie passerelle en bois permet de traverser la mégaphorbiaie. Avec un peu de chance, vous y observerez une petite fougère primitive surnommée "langue de serpent" ou encore un triton crêté, deux espèces protégées. Poursuivez votre parcours, vous atteindrez une aire de jeux en bois, avec bancs et tables, pour des pauses pouvant s'étirer à loisir...
Au sortir du pré humide, le visiteur n'est pas brutalement lâché dans la ville puisqu'il longe alors les Jardins familiaux... Quoi de mieux que de se retrouver auprès des fleurs et légumes du potager ! Prendre la ruelle des marais pour continuez votre balade vers le quartier des anciennes halles où vous pourrez admirez l'Halle aux grains de Sées. Cet emplacement existe depuis le Moyen Âge, au XVIIIe siècle, les trois marchés hebdomadaires leur font prendre de l'importance. Cette ancienne halle aux grains, en rotonde comme celle d'Alençon, abrite aujourd’hui une médiathèque Emile Zola et quelques associations. Traversez la place des halle, suivre la rue Saint-Pierre, prendre à gauche la rue du docteur Hommey et engagez-vous dans la venelle Saint-Pierre pour découvrir la motte castrale.
Construite à l’orée du XIe siècle, sans doute par Yves de Bellême qui était à la fois évêque de Sées et héritier du comte de Bellême, la motte castrale se situe dans le quartier de l’église Saint-Pierre. Symbole de l’autorité seigneuriale et poste d’observation pour la défense du bourg, cette butte est contemporaine d’une série de mottes qui s’inscrivaient dans un schéma défensif sur une ligne frontière entre le Maine et la Normandie. Elle était entourée d’une basse-cour fortifiée, dont le tracé circulaire est encore perceptible dans le réseau des rues. Cette enceinte comprenait l’ancienne église paroissiale Saint-Pierre-du-Château, à l’emplacement même de la première chapelle fondée en même temps que la fortification castrale. Ce tertre artificiel de 11 m de haut, d’inspiration viking, était autrefois surmonté d’une construction en bois ou en pierre. L’ensemble était encerclé d’eau et de muraille. Les larges fossés se remplissaient facilement, car la nappe phréatique affleure en ce quartier.
Traversez la place Saint-Pierre, sur votre droite se trouve l'Hôtel-Dieu, fondé en 1298 par Guillaume Bérard et son épouse, pour accueillir les malades, les vieillards et les indigents. La plupart des bâtiments actuels datent du XVIIIe siècle, il conserve un pilier doté d’un chapiteau romain sur un mur de la chapelle. Celle-ci présente des boiseries ornées de peintures du XVIIIe siècle, œuvre de Nicolas Jacques Conté (1755-1805), natif de la région et inventeur du crayon à papier.
Flanez tranquillement dans le centre historique de Sées. Il s'agit de l'actuelle rue de la République, ancienne rue Grande et avant rue des Boucheries. Au n° 70 de la rue de la République est l'une des plus anciennes maisons de la ville. Construite en colombages, sur deux niveaux. Cette bâtisse a été habitée le 20 février 1770 par les filles “d'Escolle” actuelles soeurs de la congrégation de la Providence, dont la communauté est aujourd'hui route de Rouen.
Si la plupart des venelles du quartier sont du domaine privé, elles permettaient autrefois aux piétons de se rendre dans les lieux collectifs comme un lavoir, un abreuvoir ou une fontaine. Vous pouvez également voir les restes de l'église Notre-Dame-du-Vivier du XIIIe siècle. Ce site serait celui du premier lieu de culte à Sées. L'église a été reconstruite à l'époque gothique et est à l'abandon depuis la Révolution. Il n'en reste plus que les murs latéraux des deux nefs et le chevet, conservant les traces d'un décor flamboyant. Vous prendrez plaisir à circuler dans le Quartier du vivier.
Vous serez également charmés par une balade aux Jardins du palais d’Argentré. L'allée ombragée pour vous y rendre, longée par l’Orne, permet de passer non loin de l'abbaye Saint-Martin et mène au palais d'Argentré et ses jardins. En son temps, Monseigneur d’Argentré, fondateur du palais avait fait dévier le cours d’eau afin qu’il ne franchisse pas ses jardins et y avait ajouté un lavoir.
Situé dans le Quartier Saint-Martin, l'ancienne abbaye Saint-Martin a été fondée au VIe siècle par des moines bénédictins de l'abbaye de Saint-Evroult. De ce premier monastère, détruit par les invasions normandes, ne subsiste rien. L'abbaye renaît au XIe siècle, à la faveur de la réforme monastique. De l'église romane, terminée vers cette époque, subsistent une baie en plein cintre et une série d'arcatures à l'étage. Au XIIIe siècle, l'abbaye est à son apogée. Saint-Louis y séjourne en 1256 et lui remet des terres. En 1359, Les Anglais s'y réfugient. Assaillie et prise par Du Guesclin, l'abbaye est mutilée. En 1562, elle est pillée par les bandes de l'Amiral Coligny. Gabriel de Montgommery, converti au protestantisme, incendie les lieux : le couvent, la nef et le clocher sont détruits. Avec la réforme catholique, l'abbaye connaît une seconde résurrection. En 1636, la réforme de Saint-Maur y est introduite. A cette époque est construit l'édifice actuel. A cette période fait suite la décadence religieuse du XVIIIe siècle. A la Révolution, Richard Lenoir y installe sa filature. Au milieu du XIXe siècle, après la faillite de la filature, l'évêque de Sées y installe le séminaire diocésain. L'église du XIe siècle est alors remplacée par l'actuelle, de style néo-Renaissance.
Le Jardins sud du palais d’Argentré conserve l'esprit du jardin d'origine. Il s'organise en 4 espaces de part et d'autre d'une allée centrale, axe de la grande perspective du palais. Un quinconce de tilleuls a été replanté sur la terrasse au niveau de la cour d'honneur. Les carrés du verger-potager ont été restitués. Ils sont bordés par des arbres fruitiers. Les jardins accueillent chaque année la fête des plantes (dernier week-end de mai) et la fête des arbres (dernier week-end d'octobre).
Encadré au nord et au sud par deux grands jardins, le palais épiscopal d'Argentré de Sées a été construit à la fin du XVIIIe siècle (1778-1786) pour l'évêque Jean-Baptiste du Plessis d'Argentré par l'architecte Joseph Brousseau. L'un des plus beaux spécimens de l'architecture néoclassique de Normandie. D'architecture néoclassique, le palais d'Argentré est édifié au XVIIIe siècle à la demande de Monseigneur Jean-Baptiste du Plessis d'Argentré, précepteur des enfants de Louis XVI. Siège épiscopal, le palais d'Argentré devient propriété de l'Etat en 1905 puis hôpital militaire. Il est désormais un institut catholique.
Le palais épiscopal est composé d'un bâtiment principal avec deux pavillons d'angle formant avant-corps. Il s'élève sur trois niveaux, dont le rez-de-chaussée est marqué par un bossage. Le corps central à trois baies, dont celles du rez-de-chaussée comprennent des baies cintrées, est couronné par un fronton triangulaire. Les ailes ont trois baies de chaque côté de forme rectangulaire. Les pavillons formant avant-corps présentent trois baies en façade.
Passez devant la statue de Nicolas-Jacques Conté, né le 4 août 1755, à Saint-Cénéry, près de Seés. À la Révolution il se consacra à des travaux mécaniques et chimiques. C’est ainsi qu’il mit au point un projet de transformation de la machine élévatoire de Marly qui fut classé le premier de tous. Il découvrit aussi une méthode de blanchiment des toiles. Ce fut encore lui qui, dans la fabrication des crayons, eut l’idée de remplacer la plombagine anglaise par du graphite des mines des Alpes convenablement traité. Il fut aussi l’un des organisateurs du Conservatoire national des Arts et Métiers. Dès le 22 août 1798, Conté fut membre du premier Institut d’Égypte et devint président de la compagnie en 1800.