Marquées notamment par la Seconde Guerre mondiale, comme une majeure partie des cités normandes. Le bombardement du 6 Juin 1944 fit de nombreuses victimes parmi la population civile, et la chapelle du cimetière rappelle leurs noms ainsi que ceux des militaires tombés lors des combats qui s’y déroulèrent du 13 au 20 Août 1944 pendant lesquels le groupement WARABIOT de la 2 D.B. fit face aux retours offensifs de l’ennemi. Au cours des combats un char d'assaut Sherman "le Massouah" de la 1 compagnie du 501 R.C.C. fût frappé à mort, il est érigé en monument du souvenir à l’endroit où il contribua à la libération de notre sol. Son histoire trouvent à s’illustrer dans le nom des rues du bourg d’Écouché mais aussi et surtout dans le patrimoine qui a été préservé…
Un dédale de ruelles permet de déambuler dans la petite cité de caractère d’Écouché, véritable labyrinthe de ruelles. On en dénombre plus d’une douzaine. Celles-ci sont bordées de grands murs laissant cependant entrevoir des tourelles datant des XVe et XVIe siècles, situées en façade arrière et desservant les étages de ces maisons souvent bourgeoises. Dirigez-vous vers l'office de Tourisme d'Écouché les Vallées, situé Place du Général Warabiot. Votre visite du vieil Écouché peut commencer ici, depuis la plaque commémorative du 40ème anniversaire du jumelage avec la commune allemande d’Elze, située en Basse-Saxe.
Les anciennes halles situées sur la place du Général Warabiot ont été diminuées de moitié à ce jour. Les halles recouvraient pratiquement tout le centre de la place. Elles abritaient le vendredi, le marché qui a toujours lieu ce jour là. On trouvait la halle au beurre et la halle ouverte, les dames apportaient le beurre dans leurs grands paniers en osier recouverts d’un beau torchon fantaisie pour protéger la motte de beurre, chacune avait sa couleur. Le seul vestige est ce bâtiment à colombages.
Au Moyen-Age, les halles abritaient autrefois à l’étage l’Auditoire où étaient rendues la basse et la haute justice. Au rez-de-chaussée on y vendait de la viande, du grain et des draps. L’accès de cet ancien tribunal se faisait par l’escalier extérieur. Face à vous, vous apercevez une jolie demeure de commerçants. Elle fait penser aux bastides dans le Sud et à la rue de Rivoli à Paris. La galerie voûtée s’étendait de part et d’autre de la maison et abritait des commerces.
Dirigez-vous vers le début de la rue du Général Warabiot. Sur la gauche, un passage avec un escalier, maintenant bouché, permettait d’accéder à une cour où se trouvaient d’autres petites maisons. Prendre à gauche la Rue des Trois Frères Terrier, à l'angle de la Rue Pierre Trevin, se trouvait l’hôtellerie de la Corne de Cerf, renommée depuis hôtel de la Corne où logea le bon roi d’Henri IV lors de ses chevauchées pendant l’hiver 1589.
A présent, rejoignez directement la cour du Pot d’étain sur votre gauche. Le nom des rues ou des places se rapporte souvent à une activité : ici par exemple les potiers d’étain. Dans cette cour, nous découvrons une des 15 tours recensées à Écouché. Il y en avait 16 tours dans la petite cité, mais la 16ème fut détruite durant la deuxième Guerre Mondiale. Celle-ci est singulière car elle est ronde à la base et carrée au sommet, le plus souvent les tours sont de forme hexagonale. Elle appartient à cette maison d’angle, qui a la particularité de posséder deux tours. A remarquer que les tours sont toujours coté cour, rarement coté rue.
Hormis celle de la porte de Bourges, les tours servaient d’escalier pour desservir les étages des maisons. Une légende raconte qu’un souterrain rejoindrait deux des tours dans lequel serait caché un tonneau rempli d’or … A l’époque, la tour était un signe de richesse, d’appartenance à un certain rang social. La cité d'Écouché était bourgeoise comme l’indiquent certains actes de ventes. Les bourgeois ne payaient pas l’impôt seigneurial, mais avaient la charge d’entretenir la motte féodale et les fossés. Poursuivre par la ruelle très étroite pour déboucher place de la Mairie avec la deuxième tour de cette maison.
Cette tour située à l’entrée d’Écouché possédait un poste de guet. Il s’agissait de la porte Saint-Mathurin, nommée jusqu’au XIVe siècle porte de Bourges. Écouché possédait quatre portes, la porte de Falaise de l’autre coté du bourg en direction du pont de l’Orne, la porte Saint Nicolas vers Loucé, Joué-du-Plain, Carrouges et la porte d’Udon vers Flers et la Bretagne. En direction d’Argentan, l’EHPAD (maison de retraite) se trouve à l’emplacement de l’ancien Hôtel Dieu, datant du XIIIème siècle et situé à l’extérieur du bourg pour éviter les contagions.
Engagez-vous dans la rue aux Sieurs, tel un véritable livre d'histoire mis à la disposition des regards, les vieilles pierres vous conteront, au détour des ruelles, la glorieuse histoire de cette. Portez votre regard au dessus des murs pour découvrir quelques belles tours. Une tour se trouve à angle droit d’un coté et à angle coupé de l’autre, et possède un escalier tourne-à-gauche dit à l’anglaise. Les tours écubéennes sont des tours d’escalier, et non pas de défense. Vous constatez la manière dont les maisons de cette époque étaient construites, les toits très pointus et les cheminées massives en pierres avec plusieurs conduits, chaque pièce ayant une cheminée.
Admirez la deuxième tour appartenant à la maison à arcades vue au départ du parcours. L’angle coupé de cette maison facilitait le passage des charrettes. Les anneaux en façade servaient à attacher les chevaux. A l’arrière de la même maison, la pierre dépassant du mur, matérialise la largeur du droit d’échelle, droit d'installer sur le terrain voisin, des échelles ou échafaudages pour réaliser les travaux d’entretien. Le droit d’échelle existe toujours.
En poursuivant dans la rue aux Sieurs, vous découvrez sur la gauche, la tour de Guet située dans un passage commun. Un fossé partait de la tour de guet jusqu’au bout de la rue aux scieurs. Ce fossé s’appelait le fossé de l’angevine. C’était un canal de protection. Au Moyen Age, les arcades de cette maison étaient ouvertes, ce qui offrait aux passants un abri de la pluie.
Cette tour de guet est l’une des plus jolies tours octogonales d'Écouché-les-Vallées. Il semble que la construction ait été modifiée à une époque, vous apercevez les marches au dessus de la petite porte. Vous remarquez également les toits pointus à la mode à l’époque, comme ceux des châteaux de la Loire des XVe et XVIe siècles. Le bandeau en milieu de façade permettait d’éloigner la pluie afin d’éviter les détériorations. Sur la cheminée, admirez les vestiges du solin, assurant l’étanchéité entre la cheminée et le toit, marquant les limites du toit pointu.
Revenons place du Général Warabiot (place des Halles), engagez-vous dans la rue du Moulin. Dirigez-vous vers le moulin, en bas de la rue. A droite du moulin, la vieille demeure en partie endommagée, fut construite par Gabriel II, comte de Montgomery, seigneur de Lorges. Il s’agit d’un logis seigneurial. Le nom d’Écouché est cité pour la première fois quand Guillaume le Conquérant accorde à la reine Mathilde les revenus des moulins d’Écouché, de Gacé, de Trun pour l’entretien de l’abbaye aux Dames, actuellement conseil régional à Caen.
Vous arrivez dans la ruelle de la Queue de l’Eau où se trouve une porte étonnante, dont le jambage creusé en arrondi, permettait le passage des tonneaux. A l’extrémité de la ruelle qui débouche place d’Armes, admirez le porche. Bien que la place d’Armes ne soit pas grande, vers le XIIe siècle, il s’y est tenu une revue d’armée de trois cents hommes. A cette époque, la place d’Arme se situait à l’intérieur de l’ensemble des maisons allant jusqu’à l’église. Elle était ouverte sur ses quatre côtés. Sur votre gauche, le manoir de la cour Bailleul porte le nom d’un ancien propriétaire. Il a été rénové dans les années 1990.
Dirigez-vous vers l'’église Notre-Dame d'Écouché, elle mérite le détour avec ses vestiges des XIIIe, XVe et XVIe siècles. L'église se compose d'une nef paraissant remonter au XIIIe siècle, accostée de deux bas-côtés. De la tour ne reste qu'un pan de muraille. Le pignon occidental est ajouré de fenêtres et meneaux flamboyants. Le choeur a été démoli au XVIe siècle pour être remplacé par un transept et une abside dont l'axe a été rejeté vers le nord. Chaque partie du transept se termine par des chevets à trois pans. Le triforium se compose d'une balustrade ajourée dont chaque travée comporte trois arcades cintrées. Les voûtes sont à nervures et les clefs pendantes sculptées datent du XVIIe siècle. Sur la toiture, tour carrée dont
chaque face est ajourée de deux baies cintrées prises entre des pilastres. Tourelle cylindrique à l'angle sud-ouest, abritant l'escalier menant aux chambres des cloches.
Suite à ces découvertes, prendre la ruelle aux Oies pour aller voir la fontaine Isabeau et prendre un peu de repos à la fraicheur de la source. Prendre la passage Notre-Dame, puis tournez à droite et engagez-vous dans la venelle de la Motte. A l’entrée, le mur présente des pierres dites "à boire". On raconte qu’on les laissait dépasser du mur pour poser un verre. D’autres disent que c’était pour marquer le travail de la journée ou de la semaine.
La venelle de la motte tient son nom de la motte féodale située près de l’église. De la motte féodale, il ne reste aujourd’hui qu’ 1/3 de la motte construite. Sur cette motte avait été construite une bretèche, c’est-à-dire un château en bois. Les mottes féodales se généraliseront au XIème siècle. Elles servaient de poste de guet et de refuge en cas d’alerte. Elles préfiguraient les châteaux forts. Ce donjon était probablement entouré de palissades. La motte a été rapetissée au fil des siècles car les écubéens avaient besoin de place pour construire de nouvelles habitations.
Tournez à gauche vers la Place de Juillet, où se trouve un autel révolutionnaire dit aussi autel républicain. C’est un édifice très rare, le seul autre que nous connaissions est l’autel de la Patrie de Thionville, près de Metz, en forme de pyramide. A l’époque de la révolution française, l’autel remplace l’église en devenant le lieu des grands actes de la vie privée (naissances, mariages,…) et des rassemblements publics. On l’appelle également autel décadaire en référence à la semaine révolutionnaire, la décade, qui durait 10 jours.
Au fond de la place de Juillet, la tour coiffée située dans une cour privée, aurait servi de grenier. En revenant place Lefèvre Lemercier, ancienne place du Fourneau, admirez la maison avec une fenêtre à meneau ; élément en pierre de taille qui divise la fenêtre en deux. Certains éléments de l’architecture sont travaillés comme l’embrasure de cette fenêtre avec ses décorations en gerbes de blé et fleurs. Sur cette place il y avait un four banal, appartenant au seigneur, utilisé pour la cuisson du pain, moyennant un droit payant, les habitants faisaient cuire le pain.
Prenez maintenant la ruelle du fourneau pour nous rendre ruelle Dodemans, sur votre gauche une belle maison et sa tour. Un peu plus loin, vous voyez une autre tour appartenant à la maison bourgeoise des Dodemans, seigneurs de Mesnil Glaise. La façade de cette maison est visible depuis la rue Dodemans. Vers le XIIe siècle, les Angevins avec qui les Normands étaient souvent en bisbille, arrivaient par la Mayenne. Ils ont incendié Carrouges, et quand les Écubéens en ont eu connaissance, ils ont brûlé leur village, puis l’ont tous quitté car à Carrouges, les Angevins avaient non seulement brûlé la ville, mais ils avaient tué les femmes et les enfants. La maison à colombages dans la ruelle Dodemans, ancienne cordonnerie, est le seul vestige de cette époque. Revenez vers la place du Général Warabiot.