Des Guerres de Religion à Louis XIV
Sa nièce, Françoise, épouse Louis d'Ancienville. De 1591 à 1595, la Ligue s'empare du château d’Epoisses, le pille, et fait édifier des fortifications supplémentaires. Louis d'Ancienville devra les rembourser pour rentrer de nouveau en possession de sa demeure.
Deux générations plus tard, c'est leur petite-fille qui hérite d'Epoisses. Madeleine de La Grange d'Arquien épouse en 1661 Guillaume de Pechpeyrou-Comminges de Guitaut (1626-1685), un lointain descendant par les femmes de la maison de Comminges et un proche du Grand Condé.
Mais Madeleine meurt jeune, en 1667, sans avoir donné d'enfants à Guillaume. Elle trouve cependant le moyen de léguer à son époux ses terres d'Epoisses, par l'intermédiaire du prince de Condé. Celui-ci n'est propriétaire que peu de temps mais aurait, selon la légende, un jour formulé le vœu de voir construire un balcon sur la tour nord, afin d'admirer pleinement la vue. Ce balcon qui existe toujours sur la tour qui aujourd'hui porte le nom de Condé aurait été construit en une journée !
Quoi qu'il en soit, Condé restitue à son fidèle ami les terres de sa défunte épouse et Guillaume, désormais riche et remarié à Antoinette Elisabeth de Verthamon, dame de Bréau, de 24 ans sa cadette. Il restaure et transforme la vieille place forte en une demeure agréable et confortable, et n'a de cesse de l'embellir.
Il s'y installe même définitivement après l'incendie de son hôtel particulier à Paris, et il y reçoit ses amis, parmi lesquels figure la marquise de Sévigné qui a même une chambre au château. Cette fin de XVIIe siècle est l'apogée d'Epoisses.
De Louis XIV à nos jours
Un siècle plus tard cependant, la révolution de 1789 assombri ce tableau. Le Comité de Salut Public juge cette forteresse dangereuse, surtout entre les mains d'une famille dont certains membres ont émigré. Il est décidé après bien des négociations que seules les parties fortifiées du château d’Epoisses seraient rasées. C'est ainsi que la partie sud d'Epoisses disparaît et que les tours sont ramenées à hauteur des toits.
Après la Révolution, les Guitaut entreprennent la restauration de la demeure et bordent la terrasse par une balustrade. La comtesse de Guitaut née Thomassin de Bienville fait reconstruire les écuries et sa belle-fille née Le Cornu de Balivière entreprend la décoration des plafonds de plusieurs salons : salon de musique, vestibule...).
Le château d'Époisses a été depuis préservé par la continuité familiale.
Préparer votre visite touristique au Château d’Époisses
Situé au centre du village, le château d'Époisses en Bourgogne est composé d'un grand bâtiment flanqué de deux petites ailes et de grosses tours à base carrée. Un beau parc fleuri, entouré d'une double enceinte de fortifications, avec des douves, encadre l'ensemble. Sur la muraille extérieure, se détachent des échauguettes.
A l'intérieur, le décor des XVIIe , XVIIIe et XIXe siècles comprend un beau mobilier ancien, de nombreux portraits de personnages illustres et des souvenirs de Madame de Sévigné et du Grand Condé, qui ont vécu à Epoisses. Un beau parc très fleuri encadre le château.
Dans le parc du château, sont également à remarquer une église qui est devenue l'église paroissiale du village d'Époisses avec une représentation murale du Dit des trois morts et des trois vifs : trois jeunes gentilshommes sont interpelés dans un cimetière par trois morts, qui leur rappellent la brièveté de la vie et l'importance du salut de leur âme, ainsi qu'un magnifique colombier du XVIIe siècle, avec une échelle tournante et près de 3000 boulins ou niches.
Les douves, les ponts, les deux enceintes ainsi que le sol et tous les bâtiments entre les enceintes, les dépendances, l'église et le château ont été classés monument historique le 12 juin 1992.
Le parc du château d'Époissesest un site inscrit depuis le 22 février 1946.
Côté avant-cour du château d’Epoisses
Au Moyen Age, le château d’Epoisses fut fortifié pour résister aux invasions venues de tous côtés. Le château d’Epoisses, à cette époque, avait un aspect beaucoup plus sévère. Le parc actuel n’existait pas, l’espace étant occupé par l’arsenal militaire, les hommes d’armes et leurs équipages.
Le colombier du XVIe siècle abrite 3 000 niches qui correspondaient à la superficie de la seigneurie de l’époque (1'000 hectares). L’église, édifiée au XIIe siècle, était à l’origine la chapelle privée du château et les seigneurs y étaient inhumés. Pour accéder au château d’Epoisses on passe une deuxième enceinte de fossés, asséchés depuis la Révolution par un double pont-levis, transformé en pont dormant au XVIIe siècle.
Côté cour du château d’Epoisses
Jusqu’à la Révolution, château d’Epoisses était flanqué de sept tours couronnées de créneaux, reliées par des courtines surmontées d’un chemin de ronde. Trois tours et la moitié sud du château ont été détruits en 1794. Vers 1850, une balustrade a été construite pour border la cour.
La partie nord du château d’Epoisses a toujours abrité les pièces d’habitation et de réception. La façade a été modifiée du XVIe au XIXe siècle.
La ferronnerie du XVIe siècle qui surmonte le puits était peinte aux couleurs des armoiries du seigneur de l’époque, le maréchal de Bourdillon, soit or, argent, noir et rouge.
Le château d’Epoisses et l'extérieur se visite toute l'année et en juillet et août l'intérieur.